Produits chimiques et droguerie
Les nombres de fa colonne 1899 accompagnés d'an point (-) se rapportent à 1898.
Allemagne. — Les produits de l'industrie chimique allemande sont de plus en plus estimés dans le monde entier, grâce à la Badische Anilin und Soda Fabrik de Ludwigshafen, à la fabrique de Hoechst, près Francfortsnr-.Mein, et à d'autres, qui ont contribué à en assurer le succès. Aussi, l'import. des couleurs d'aniline en Allemagne n'a plus d'importance; elle a été, dans le premier semestre de 1900, de 3.314 quintaux métriques ponr 1.820.000 marks, contre 4.889 qx pour 1.613.000 marks, pendant la période correspondante de 1899. La Suisse fournit la moitié de l'import. des matières colorantes issues du goudron de houille, 2.771 quintaux dans le !•' semestre 1900; l'Angleterre 848 qx, la France 522, la Hollande 474, l'Autriche-Hongrie 455, la Belgique 243. Cette import, ne concerne que des spécialités.
L'export. a atteint, pendant le premier semestre de 1900, 127.213 quintaux pour 41.890.000 marks, contre 102.965 pour 33.978.000 marks pendant la période correspondante de 1899. Les deux principaux clients sont : l'Angleterre 26.366 quintaux ou 28,8 '/. de l'export. totale de couleurs d'aniline, et les États-Unis 20.674 qx ou 23 */.; la Chine 14.936 qx ou 11,7 */. (!es affaires avec ce pays sont actuellement paralysées), r.\ntriche-Hongrie 10.539 qx, l'Italie 6.318, les Indes anglaises 4.811, le Japon 4.402,1a France 3.665, la Suède 2.286.
L'export. des matières colorantes extraites de l'anilina et dn goudron de houille est sapérieare à l'import. de
PRODUITS CHIMIQUES
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121.699 qx et de 40.160.000 marks pour les six premiers «ois de 1900 : ces chiflres montrent l'importance de la fabrication allemande des couleurs extraites du goudron.
Pour les neuf années antérieures à 1899, l'export. des matières colorantes d'aniline et similaires, a donné, en milliers de marks, les chiffres suivants :
L'Allemagne a acheté en 1899, 407.457 T. de phosphates : 20.553 en Belgique, 30.018 en Algérie, 348.648 aux États- Unis. L'import. totale avait été, en 1898, de 270.980 T.; «n 1897, de 289.234 T. La part de la France dans cette import, est très faible comparée à celle des Etats-Unis. La raison de la préférence accordée au phosphate américain, Dotamment à celui de la Floride, serait sa richesse en phosphate de chaux (environ 78 %) et le peu de fer et 4'aluminium (1 à 2 %) qu'il contient; ces conditions le rendent éminemment propre à la fabrication du superphosphate employé par l'agriculture allemande, qui exige une teneur de 18 % d'acide phosphorique.
En ce qui concerne les superphosphates, le mouvement d'import. et d'export. en Allemagne a été en 1899 :
Importation : du port libre de Hambourg, 24.386 T.; de Belgique, 36.842 ; de Grande-Bretagne, 13.649 ; de Hollande, 7.734; total 82.611 T., contre 111.104 en 1898 et 100.782 en 1897.
Exportation : en Autriche-Hongrie 36.336 T., en Suisse 21.067, en Suède 7.769, en Russie 4.886, en Danemark 4.122, en France 2.370, divers 2.287; total 79.039 T., contre 72.284 en 1898 et 61.799 en 1897.
L'export. allemande de chlorure de potasse a été de : S0.387 T. en 1897, 96.235 en 1898, 101.045 en 1899, dont : 50.825 T. aux États-Unis, 14.849 en France, 11.852 en Grande-Bretagne, 7.311 en Belgique, 3.178 en Italie, 2.428 en Suède, 2.253 en Espagne, 1.144 en Suisse, et 2.727 en pays divers.
Russie. — Les statistiques officielles du Département du Commerce et des Manufactures donnent le tableau suivant du développement de l'industrie des produits chimiques en Russie de 1883 à 1895 (la production en roubles) : Années Usines Production Ouvriers
Les mêmes statistiques officielles indiquent comme il soit la marche de la fabrication de la soude de 1887 à 1898 (en ponds de 16 kgr. 4) :
Production (exprimée en carbonate de soude à 100 °/o)
Sonde caustique. ...
Bicarbonate de soude
Sonde et potasse
Totaux
En ajoutant à ces chiffres ceux de l'import. de la soude, on aura la consommation de ce produit en Russie. Voici quelle a été cette import., en milliers de pouds de 16 kgr. 4, dans les années 1894 à 1898 :
788 761 1.077 1.318 1.022 L'import. russe du chlorure de chaux diminue constamment depuis 1883, comme le prouvent les chiffres suivants :
1885-1889 535.000 pouds valant 1.177.000 roubles.
Les principaux pays importateurs sont l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui ont vendu à la Russie en 1896 : l'Allemagne pour 83.000 roubles de chlorure de chaux, la Grande-Bretagne pour 413.000.
PRODUITS CHIMIQUES dérivés du goudron de HOUILLE. On sait que la houille provient de l'enlisement, aux temps géologiques, des gigantesques forêts qui couvraient à cette époque le globe terrestre. Une fois enfouis, à la suite de phénomènes lents ou brusques, ces végétaux subirent dans le sol un^ décomposition profonde, qui s'accentua avec le temps. Après avoir successivement passé à l'état de tourbe et de lignite, ou de composés plus oh moins analogues, tous ces produits se trouvèrent amenés à l'état de houille, sous lequel nous les retrouvons aujourd'hui. Sans vouloir revenir sur des sujets qui ont été déjà traités dans d'autres articles de ce Dictionnaire, nous rappellerons seulement que les premières notions relatives à la nature des produits fournis par la distillation de la houille sont dues à Clayton (1737). Lebon, le célèbre inventeur de l'éclairage au gaz, attira l'attention sur ces produits et sur le parti qu'on peut en tirer pour la conservation des bois (1786). Depuis, les applications du goudron sont devenues si nombreuses, que ce produit, considéré, il y a quelques dizaines d'années, comme encombrant et presque sans valeur, est devenu l'objet de fabrications spéciales et qu'on a cherché à le produire directement, au lieu d'utiliser uniquement les résidus de la fabrication du gaz. (Voy. Goudron, Houille.)
La houille, soumise à l'action d'une température élevée, soit dans des cornues, comme dans la production du gaz d'éclairage, soit dans des foyers spéciaux, comme dans un certain nombre de fours employés au chauffage industriel, dégage du gaz en même temps qu'elle distille des eaux ammoniacales et du goudron qui se déposent dans les appareils de condensation ; le résidu restant constitue le coke employé aussi au chauffage. La quantité de goudron formée est d'autant plus grande que le chauffage de la houille est progressif; elle atteint en général 3 à 6 % du poids de la houille. Au sortir des appareils de condensation, le goudron est dirigé dans de grandes citernes, où on l'abandonne à lui-même jusqu'à ce qu'il se soit complètement séparé de l'eau ammoniacale qui l'accompagne. C'est delà qu'il est envoyé aux appareils de distillation pour en extraire les divers produits industriels qu'il contient.
Ces substances renfermées dans le goudron de houille sont très complexes et très nombreuses; on peut les classer de la façon suivante :
1° Carbures d'hydrogène gras : Hydrure d'amyle et homologues supérieurs;
2* Carbures d'hydrogène aromatiques : Benzine, toluène et homologues supérieurs, naphtaline, anthracène et analogues;
3' Aminés et composés azotés : Aniline, pyridine et homologues supérieurs; 4* Phénols et homologues supérieurs, Créosote. S" Corps divers, parmi lesquels on peut citer : l'eau, le sulfure de carbone, l'acide acétique.
Une grande partie de ces corps passant à une température très élevée, la distillation des goudrons est effectuée par chauffage à feu nu. Cependant on a également essayé le chauffage à la vapeur sous pression réduite. Le goudron est introduit dans des cornues cylindriques horizontales, en tôle, pouvant contenir jusqu'à 25 T. de matière et munies d'un trou d'homme pour le nettoyage, d'une soupape de sûreté et d'un thermomètre pour suivre la marche de la température. L'emploi de la vapeur empêche
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la snrchanlle du fond. A la snite de la chaudière se trouve un large serpentin en fer destiné à opérer la condensation des produits distillés. A la fin de l'opération, il reste dans la cornue un résida très charbonneux, appelé brai, qui est alors dirigé dans des chambres en maçonnerie où on le laisse refroidir pour l'envoyer ensuite aux fabriques d'agglomérés, dont s'alimentent aujourd'hui un grand nombre de machines motrices et même de foyers particuliers.
Le fractionnement de la distillation est conduit de la façon suivante :
Jasqa'à 110*, il passe l'essence; 210*, l'haile légère; 240*, l'baile à acide carboliqne; 270*, l'haile lourde ou verte; andessas, l'huile à anthracène.
A la Gn de la distillation, le goudron a perdu 25 à 40 Vo de son poids. Au commencement, la réfrigération des produits de condensation doit être énergique, mais à la fin il est important de laisser s'échauffer le condenseur pour éviter que la naphtaline et les autres produits solides ne le bouchent, ce qui déterminerait une explosion.
Tontes les diverses portions provenant de la distillation du goudron sont encore fractionnées de nouveau pour en isoler les différents corps qu'elles renferment. La première portion donne la benzine et le toluène : la seconde fournit les essences à détacher; l'huile à acide earbolique contient les phénols et la naphtaline; l'huile lourde, de la naphtaline, et enfin la dernière portion, de l'anthracène.
Parmi les composés obtenus, il en est plusieurs qui sont d'un usage immédiat : la benzine, l'aniline, le phénol, la créosote, la naphtaline (voy. c«s mots), ont des usages industriels ou pharmaceutiques que tout le monde connaît; mais ils ont en outre, ainsi que les corps qui les accompagnent, des emplois nombreux après qu'ils ont été plus ou moins transformés.
La benzine sert comme dissolvant, comme essence à détacher, à fabriquer la nitrobeuzine ou essence de mirbane (fausse essence d'amandes amèresl, à obtenir l'aniline. Le phénol, outre ses propriétés désinfectantes et antiseptiques, entre dans la composition de l'acide picriqne ou phénol trinitré. La créosote produit un bon effet dans le traitement de diverses maladies. La naphtaline sert comme préservateur des parasites. Enfin, en dehors de ces usages, presque toutes les substances extraites du goudron de houille sont employées à la préparation des matières colorantes.
La benzine, par sa transformation en nitrobeuzine, puis en aniline, permet de préparer la fuchsine, le Weu, le violet et le noir d'aniline, le vert malachite, le vert brillant, le vert Lumière, la fluorescéine, l'éosineet leurs dérivés, le bien de méthylène, le violet de Lauth, enfin la saccharine.
Le phénol donne les picrates et les salicylates ; la naphtaline, des rouges et des jaunes; lanthraoéne fournit la garance artificielle ou alizarine, et 1* purpurine.
Nous nous contentons de citer ces diverses applications qui ont déjà été traitées d'une façon plus détaillée dans les articles A.mli.ne, Benzine, Couleubs, GouDRo.N, Matières colorantes. Phénols, etc.
Pendant un certain temps, on s'est contenté, comme source de goudrons, de ceux produits par l'industrie éa gaz d'éclairage; mais au fur et à mesure que la consommation augmentait et que les recherches permettaient d'étendre les applications des substances
extraites de ces goudrons, on a cherché à en accroîtra la production. Les fabriques de coke métallurgique ont été mises à contribution ; un grand nombre de foyers industriels ont été construits de façon à n'employer que les gaz dégagés de la houille pour le chauffage et à recueillir à part les goudrons qui distillaient, pour les envoyer aux usines de traitement- Toutes les substances provenant de ces diverses sources trouvent aujourd'hui leur emploi; leur production sera assurée aussi longtemps qu'on pourra extraire de la houille des mines actuelles on de celles qu'on pourra encore découvrir.
Quoiqu'il puisse paraître un peu oiseux de rechercher, au moment de l'épuisement de ces mines, quelle sera la nouvelle source de ces matières colorantes ou autres, outre que l'on pourrait extraire alors les goudrons de la distillation du bois et de la tourbe on du lignite, ainsi qu'on le fait déjà sur une petite échelle, on peut aussi et plutôt prévoir que la benzine, et par snite le toluène, les phénols, puis la naphtaline et l'anthracène, pourront se fabriquer alors synthétiquement d'une façon pratique et rémunératrice. M. Berthelot, en opérant la condensation de trois molécules d'acétylène sons forme de benzine par l'infiuence de l'effluve électrique, a déjà indiqué la nouvelle voie dans laquelle on devait s'engager.
Actuellement, la plupart des fabriques qui distillent les goudrons de houille se trouvent dans les grandes villes ou aux environs, au voisinage des usines à gaz ; parfois même elles sont annexées à ces dernières.
L'industrie des couleurs dérivées du goudron de houille est d'origine française et anglaise. Mais grâce à l'organisation méthodique des recherches de laboratoire, grâce à un ensemble de réformes économiques et scientifiques, la rivale commune des industries française et anglaise est devenue maintenant l'industrie allemande, qui est en voie de conquérir le premier rang, non seulement dans la fabrication des matières colorantes, mais ea général dans toutes les branches de l'industrie chimique. Dans son remarquable rapport sur l'industrie chimique à l'Exposition de Chicago, M. Haller constate le fait en ajoutant avec raison qu'a il serait puéril et même dangereux de le méconnaître».
La progression allemande dans l'industrie des couleurs dérivées du goudron de bouille est indiquée par l'estimation suivante de la productioa pendant les années 1874, 1878, 1882 et 18ÎX) :
Fr. Fr.
1874 30.000.000 dont 15.000.0ai d'aiizarint.
Quant au mouvement commercial, il accusait,
pour deux années voisines, les valeurs suivantes (ei
francs), en Allemagne et en France :