LXVII.6 BOUCHARD D'AVESNES
Ce prélat, fils du comte de Hainatit et neveu de l'Empereur , sut faire respecter , par la force des arme* et par la vigueur de son caractère, le bâton pastoral qui avait échappé des mains de Philippe, de Traisnel et de Laurent.
Il commence par terminer les discussions qui subsistaient depuis longtemps avec la Lorraine : il oblige tous les seigneurs ses vassaux à lui rendre foi et hommage 5 il rachète le comté de Castres ou de Bliescastel, que ses prédécesseurs avaient engagé. Ce comté devint, en 1288, l'occasion d'une guerre entre lui et le duc de Lorraine , Ferry III. Il se ligue avec l'Eveque de Strasbourg, et fait en Lorraine des incursions où il amasse beaucoup de butin. Ferry, par représailles, pille Saint- Avold. L'Eveque se met à sa poursuite, le joint à Belrain près de Sai relouis, le met en déroute. Le comte de Linanges est au nombre de ses prisonniers , et il le dépouille de tous les fiefs qu'il tenait de Tévêché.
De-là , Bouchard va mettre le siège devant Preny. Ferry n'osant marcher au secours de cette
forteresse, imagine d'en détourner l'Evêque en le faisant appeler à la cour de l'Empereur pour recevoir l'investiture de son temporel. Il obéit, prend une escorte , va joindre en toute diligence l'Empereur à Mayence, lui prête serment^ et revient au siège de Preny qu'il pousse avec plus de vivacité encore (i). Enfin , le duc de Lorraine reçoit de Bouchard, en 1290, les conditions qu'il veut bien lui imposer. Cependant l'Evêque lui remet, sans rançon, un grand nombre de seigneurs qu'il avait envoyés prisonniers dans la ville de Metz, dont il était Pallié. : L'année suivante, il aide son frère à réduire les habitans de Valenciennes qui s'étaient révoltés.
En 1293, la guerre se rallume entre le duc de Lorraine et lui ; on n'en sait pas d'autres particularités , si ce n'est que , dans un combat qu'ils se livrèrent, Ferry eut la main emportée.
Bouchard meurt en 1296, laissant ses états en paix et respectés de ses voisins.
Pour honorer sa vaillance, on a long-temps porté, dans les Rogations , sa bannière et sa cotte d'armes devant les reliques de Saint-Etienne.