‹ Dictionnaire du département de la MoselleChapitre 49 sur 118 · LXXVIIL* GEORGES DE BADE · texte numérisé non relu

LXXVIIL* GEORGES DE BADE

Pour s'assurer un si riche bénéfice, Georges de Bade avait eu la précaution de se faire agréer par le chapitre et confirmer par le Pape,, du vivant même de son prédécesseur; mais celui-ci étant mort lorsque le jeune Prince achevait ses études à Paris, plusieurs chanoines, au nombre de treize, voulurent le faire supplanter par Olry de Blamont , l'un de leurs confrères , qui courut aussitôt à Rome pour obtenir des bulles ; mais le Pape refusa de l'entendre, censura les chanoines et maintint Georges de Bade sur le siège épiscopal de Metz. Il ne fit néanmoins son entrée dans cette ville qu'en 1 461 5 il était à cheval, 'vêtu d'une chappe rouge, et escorté de plus de sept cents cavaliers, entre lesquels se faisaient remarquer l'archevêque da Trêves , le comte de Nassau , le sir de Fénestranges (1).

(1) La Tille lui fit présent de quatre bœufs, de six queues de Tin et de six cent vingt quartes d'avoine. Les quatre bœufs contèrent 5<j liv. 10 s. , le vin a© liy. 16 s.

Dans la croisade que le Pape Pie II fit en i4&a, contre Dither d'Isembourg , archevêque de Mayence (2) , Georges de Bade qui, pour obéir à la cour de Rome, avait pris les armes non sans répugnance , avec le marquis de Bade son frère , le comte de Nassau , le duc de Virtemberg , fut complettement battu , tomba au pouvoir de l'ennemi et ne recouvra sa liberté qu'en payant une forte rançon.

Les Messins , qui avaient refusé de prendre part a cette guerre , furent frappés de plus de quinze excommunications, dont ils se mirent peu en peine. L'Evêque ne cessa d'être médiateur entre eux et la cour de Rome. Dans cette conjoncture difficile, il eut le bonheur, par sa prudence et sa modération , de pacifier l'Eglise de Metz. Aussi les Messins , reconnaissâns des bons offices qu'il n'avait cessé de leur rendre, lui prêtèrent leurs troupes pour chasser de ses places fortes les Français qui y étaient restés depuis l'expédition de Charles VII , contre Metz ; mais il ne put recouvrer Epinal , qui passa définitivement à la Lorraine.

En 1474 1 ^ se v°fr encore dans la nécessité de livrer ces mêmes places au duc de Bourgogne , Charies-le-Téméraire, qui le fait son premier conseiller. Ce Prince ayant été tué devant Nancy, Georges de Bade fait épouser sa fille unique à

(2) Voyez page l53 et suivantes.

Maximilien d'Autriche qui, par ce niariàge , hérite des provinces Belgique» et du duché de Luxembourg, dont la maison d'Autriche a joui jusqu'en 1795, et qui, d'après le traité de Paris, du 3o mai i8i4, sont iucorporés au royaume des Pays-Bas,

Georges de Bade reçut, en récompense du service signalé qu'il venait de rendre au Roi des Ro mains , Tévêché d'Utrecht qu'il garda jusqu'à sa mort, sans toutefois s'y faire recevoir.

Le relâchement qui se reproduisait toujours dans la discipline des Abbayes, le porta , en 1481 , à publier plusieurs statuts pour leur reformations mais son autorité fut méconnue et il les révoqua. Conrard de Boppart , son prédécesseur, avait échoué dans la même entreprise ctf i433. On voit par les défenses qui furent faites alors aux moines et dont ils ne tinrent aucun cas, combien ils s'étaient écartés de la règle, puisqu'il leur est prescrit de n'avoir, ni maisons particulières, ni femmes dans leurs Couvents , ni chiens de Chasse , ni oiseaux de proie ou faucons.

Georges de Bade, après avoir gouverné son Eglise pendant vingt-cinq ans, avec autant de Sagesse et de prudence que de piété, mourut i Moyen en 1484. Quoiqu'il n'eut jamais reçu les ordres sacrés, ni par conséquent l'onction épis- «îopalc, Ses vertus1 lui' avaient attiré une si grande vénération, qu'il passa long-temps pour un saint.

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