SAINT ARNOULT
Cette abbaye fut fondée vers le milieu du 4* siècle, par Saint Patient* Elle était située au Champà -Panne, où est maintenant le fort appelé la Lunette, Consacrée d'abord aux saints apôtres et particulièrement à Saint Jean , elle prit le nom de Saint Arnoult, lorsqu'en 642, S.1 Goërie y fit la translation du corps de ce saint prélat qui fut , comme on le sait, la tige de la maison de Charle magne.
L'Eglise de Saint Arnoult , ornée de colonnes de marbre et de granit, était la plus belle et la plus riche basilique des Gaules. Ruinée par Attila eu 45 1 , elle fut relevée vers le milieu du neuvième siècle, par rÉvêque Drogon , fils de Charlemagne.
Chilpéric , Pépin , Charlemagne , Louis - le- Débonnaire et les Empereurs d'Allemagne enrichirent cette abbaye d'une foule de donations. Elle était desservie par des chanoines dont l'opulence corrompit bientôt les mœurs* Drogon entreprît de les réformer , mais la maison claustrale que cet illustre prélat avait commencée, ne fut achevée que par Adalbéron I.er, qui y introduisit des religieux de l'ordre de saint Benoît, en 941 .
Ce célèbre monastère durait depuis plus de six siècles , lorsqu'au mois de septembre i55a , le duc de Guise le fit raser de fond eu comble k rapproche de l'armée de Charles-Quint. U fut transféré dans le couvent des Frères-Prêcheurs, où est aujourd'hui l'école du génie et de l'artillerie (i).
L'Eglise de Saint Arnoult contenait les reliques de plusieurs saints , ainsi qué les dépouilles d'un grand nombre de princes et de rois.
En agrandissant le chœur de cette Eglise , en i *3g , on découvrit vingt-six sépulcres qui renfermaient des sceptres , des couronnes et des anneaux. On conjectura que c'étaient les tombeaux des Rois d'Austrasie : ils furent tous rassemblés sous un même mausolée , avec une épitaphe commune qui commençait ainsi :
Intus erant multi comités regesque sepulti.
On voyait aussi à Saint Arnoult les tombeaux de l'Impératrice Hildegarde, femme de Char- Icmagne, morte à Thionville$ de Louis-le-Débonnaire leur fils ; de Drogon , frère de Louis ; . d'Adelphe et de Hildegarde, filles aussi de Gharlemagne j de Rothalde et d'Adelphe , filles de Pépin.
Enfin, une inscription sur les murs de PEglise rapportait qu'en ce même lieu avaient été inhumés deux Othons et le Roi Zuentibole.
Les épitaphes de ces illustres personnages ont —
(0 En vertu d'un "décret du 4 octobre i8oat cette école Rétablit k Wut-ArnoiJt It 21 janvier i8o3.
été recueillies dans l'histoire des Evêques de Metz (i).
Leurs précieux restes furent transportés par les soins du duc de Guise dans l'Eglise actuelle de Saint Àrnoult , où Henry II les fit réunir sous un mausolée de marbre blanc. Ce mausolée fut vendu en 1794 (2). La châsse d'argent où était déposé le corps de Saint Ârnoult fut portée à la Monnaie.
Ainsi, après avoir été pendant plus de onze siècles l'objet de la vénération des peuples , les dépouilles des saints, des rois et des princes, furent dispersées et perdues pour jamais.
On conservait, dans l'abbaye de Saint Arnoult , les annales de Metz , qui ont beaucoup servi à éclaircir l'histoire des deux premières races . de nos Rois. Elles furent prêtées au père Sirmon jésuite, qui ne les rendit pas.