A PROPOS DE LA PÊCHE
sais-je — il faut un fusil, de la poudre — c'est assez cher — de plus c'est dangereux. Tous les ans, un mois après Vouverture de la chasse, on constate tristement qu'il s'est tué plus de chasseurs que de perdreaux.
Que font la plupart des chasseurs parisiens ? ils se promènent toute la journée, ils rentrent suants, harassés, chargés de ce poids fatiguant d'un carnier vide, et ils tuent des moineaux sur le bord du toit d'une des premières maisons du faubourg.
La chasse quand on ne tue pas est une fatigue sans plaisir ; j'ai établi dans un chapitre précédent — que la pêche serait un plaisir ravissant — même quand il n'y aurait pas de poissons au monde.
Le chasseur à chaque instant est humilié — il se sent pauvre — il a toujours un pied sur la terre de quelqu'un.
Mais le pêcheur, celui de la mer surtout, tout est à lui, tout est au plus adroit et au plus brave.
Ensuite comme profession, la pêche a tout l'attrait du jeu.