‹ Dictionnaire du pêcheur; traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée, histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacésChapitre 36 sur 112 · CREVETTE · texte numérisé non relu

CREVETTE

La crevette est un crustacé de mer qui ressemble un peu à l'écrevisse. Il y en a deux espèces, Tune, appelée crevette grise, est plus petite que l'autre, et moins estimée quoique d'un goût plus fin, sans doute parce qu'elle est plu3 commune et de beaucoup moins chère.

L'autre, que Ton voit chez les marchands de comestibles, où elle n'a ^n réalité d'autre mérite que d'être toujours fort chère, s'appelle, selon les localités, bouquet au Havre, salicoque à Dieppe, ailleurs grenade et crevette.

On les pêche avec les quièvres ou bout de quièvres (voyez ce lûot], et aussi avec des sennes ou chaluts à mailles serrées, que Ton traîne derrière les bateaux.

Cyprinus auratus, — Dorade de la Chine, ^ Pùissm d'or.

— Doré de la Chine, — Silberfisch, en AUemagne, qaand il est jeune. — Goldsfisch^ en Suède et en Hol-

. lande. — Goldfish, en Angleterre. — Kingjo, à la Chine.

— Kin-ju, au Japon.

Les dorés sont particulièrement originaires d'un

]ac peu éloigné de la haute montagne que les Chinois nomment Tsienking, et qui s'élève dans la provinee de The-Kiang, auprès de la ville de Tehanghou. Leur véritable patrie appartient donc à un climat assez chaud; mais on les a facilement accoutumés à une température moins douce que celle de leur pi*emier séjour ; on les a transportés dans les autres provinces de la Chine, au Japon, en France, en Allemagne, en Hollande, dans presque toute TEurope, dans les autres parties du globe, et, suivant Bloch, TAngleterreen a nourri dès 161 1 , sous le rè>gne de Jacques P^ Lorsqu'on introduit ces poissons dans un vivier ou dans un étang où Ton désire les voir multiplier, il faut, si cette pièce d'eau ne présente ni bords unis^ ni fond tapissé d'herbes, y placer, dans le temps du frai, des branches et des rameaux verts. Cette même pièce d'eau renferme-t-elledut^reau ou delà terre grasse les cyprins dorés trouvent dans cet humus un aliment suffisant. Le fond du bassin est-il sablonneux; on donne aux dorés du fumier, du pain de froment et du pain de chènevis. S'il est vrai, comme on l'a écrit, que les Chinois ne jettent pendant l'hiver aucune nourriture aux dorés qu'ils con^ servent dans leurs jardins, ce ne doit être que dans les provinces de la Chine où cette saison est assez froide pour que ces cyprins y soient soumis nu moins à un commencement de torpem*. Mais, quoi qu'il en soit, il faut procurer à ces poissons un abri de feuil-

lage dont Tombre, s'étendant jusqu'à leur habitattoD, puisse les garantir de l'ardeur du solml, ou des effets d'une viTe lumière^ lorsque cette Qhaleur trop forte ou cette clarté trop grande pourraient les incom:^ moder ou blesser leurs yeux, — Préfère-t-on rapprocher de soi ces abdominaux et les garder dans des ^ases; on les nourrit avec des fragments de petites oublies, de la mie de pain blanc bien fine, des jaunes d'œuf durcis et réduite en poudre, de la chaËr de pore hachée, des mouches, ou de petits limaçon». Pendant l'été, il faut renouveler l'eau de leur vase tous les trois jours, et même plus souvent, si la ehar leur est vive et étouffante ; mais pendant l'hiver, il suffit de changer l'eau dans laquelle ils nagent tous les huit ou tous les quinze jours. L'ouverture du vase doit être telle qu'elle suffise à la sortie des gaz qui doivent s'exhaler, et cependant que les cyprins ne puissent pas s'é({^er facilement par^dessus les bords de cet orifice.

Les dorés fraient dans le printemps, ont une grande abondance d'oeufs ou de laite, multiplient beaucoup, et peuvent vivre quelque temps hors de l'eau. L'organe de l'ouïe est m effet plus seusible chez eux que dans beaucoup d'autres ; ils distinguent aisément le son particulier qui leur annonce l'arrivée de la nourriture qu'on leur donne. Les Chinois les accoutument à ce son par le moyen d'un sifflet; et ces cyprins reconnaissent souvent l'approche de ceux qui leur

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apportent leur nourriture, par le bruit de leur démarche. Cette supériorité d'organisation et d'instinct doit les avoir rendus un peu plus susceptibles des impressions que l'art leur a fait éprouver.

Ces poissons ont ordinairement l'iris jaune, le dessus de la tête rouget et comme saupoudré d'or, les joues dorées , le dos parsemé de diverses taches noires, les côtés d'un rouge mêlé dWangé, lé ventre varié d'argent et de couleur de rose, toutes les nageoires d'un rouge carmin. Ces couleurs cependant n'appartiennent pas à tous les âges des dorés. Com* munémentils sont noirs pendant les premières années de leur vie ; des points argentins annoncent ensuite la parure à laquelle ils sont destinés; ces points s'étendent, se touchent, couvrent toute ]h surface de l'animal, et sont enfin remplacés par un rouge éclatant, auquel se mêlent, à mesure que ce cyprin avance en âge, tous les tons admimirles qui doivent l'embellir : ils perdent en vieillissant eette livrée ri belle, leurs teintes s'affaiblissent, leurs taches pà\ÏB^ sent, leur rouge et leur or se changent en argent, ou se fondent dans une conteur blanche, sans beaucoup d'édat. Lorsque le doré vit dans un étang spacieux, il parvient à la longueur de trois ou quatre décimètres.

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