‹ Dictionnaire du pêcheur; traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée, histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacésChapitre 77 sur 112 · MULET · texte numérisé non relu

MULET

Les poissons connus en Poitou et en Aunis sous la dénomination de mnlet sont à peu près ronds; ils vont communément par troupe; on en prend de petits qui n'ont que six pouces de longueur, et aussi de gros qui ont quelquefois près de trois pieds; ceux-là sont les plus estimés. On en pèche peu en grande eau ; c'est un poisson littoral qui passe dans

les étangs, et même remonte les rivières; c'est pmifquoi on en trouve fréquemment dans les parcs, pêcheries ou étante à la basse eau, surtout dans les mois de mal, juin et juillet. Néanmoins il s'en reaiiontre accidentellement quelques-uns toute l'année, même Thiver ; et quand les pécheurs eu aperç(Hvent un banc qui donne dans une anse, ce qui arrive rarement dans cette saisoû, ils les enveloppent avec des filets d'enceinte et en pi*ennent une grande quantité. On les confond quelquefois mais à tort avec le bar. Le mulet ne mange presque point de poisson; on assure qu'il ne se nourrit que d'herbe et de vase; c'est pourquoi on n'en prend jamais avec des baims.

BUJRÈN£.

Murâsna.

C'est un poisson de haute mer, qu'on trouve cependant quelquefois vers le rivage. Il est long de plus de trois pieds, semblable à l'anguille, mais plus large ; l'ouverture de sa bouche est grande, sa mâchoire est aquUine, garnie à son extrémité de deux espèces de verrues bien fournies de dents longues, fort aiguës, courbes au dedans de la bouche. Ses yeux sont blancs et ronds, ses ouïes smit brun&tres, sa peau est lisse et tachetée de blanc, il nage et avance dans la mer par tortuosités, comme font les serpents sur terre, ce qui lui est commun avec

MBRÉNE, 25 f

tous les poissons fort longs. La murène vit de chair; elle se tient cachée pendant le froid dans les rochers, ce qui fait qu'on n'en pêche que dans certains temps. Les pécheurs craignent la morsure de ce poison parce qu'il est venimeux et dangereux ; ils ne le touchent lorsqu'il est vivant qu'avec des pincettes; ils lui coupent la tête. On ne pêche de murènes que sur les bords caillouteux des rochers ; on y jette un peu de Siang, et à Tintant on y voit venir la murène qui avance sa tête entre deux rochers. Aussitôt qu'on lui présente un hameçon amorcé de chair de crabe, ou de quelque autre poisson^ elle se jette dessus^ et l'en traîne dans son trou. D faut alors avoir l'adresse de la tirer tout d'un coup ; car si on lui donnait le temps de s'attacher par la queue, on lui arracherait plutôt la mâchoire que de la prendre. Quoique la murène soit hors de l'eau, on ne la fait pas mourrir sans beaucoup de peine, à moins qu'on ne lui coupe le bout de la queue.

La chair de murène est blanche, grasse, molle, d'assez bon goût, et à peu près nourrissante comme celle de l'anguille. Les grandes sont beaucoup meilleures que les petites*

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