‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 115 sur 339 · DIFFICULTÉ. — DISQUALIFIÉ · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉ. — DISQUALIFIÉ

trer en France. C'est un terrain presque naturel. Il est, paraltil, question de donner une importance nouvelle à la réunion par la création de courses plates. Il serait préférable de faire de Dieppe un grand Centre de steeple-chases, car on ne trouvera nulle part ailleurs un terrain plus favorable.

DIFFICULTÉ. Un cheval est en difficulté quand, dans une course,il éprouve quelque peine à faire ce que Ton lui demande. La difficulté n'est pas encore la détresse, elle la précède. Un cheval en difficulté n'est pas un cheval battu, mais seulement en danger de l'être, ou tout au moins rencontrant un adversaire dangereux, dont il ne peut se débarrasser aisément.

DISQUALIFIE. On nomme qualification, l'ensemble des conditions imposées à un cheval, à un propriétaire, ou àun jockey, pour avoir le droit de courir. La qualification peut être absolue ou relative, c'est-à-dire qu'elle s'étend à toutes les courses en général, ou à une course spéciale en particulier.

La disqualification est donc, à proprement parler, la perte ou l'annulation de la qualification. La disqualification est une pénalité pour une faute volontaire ou involontaire, elle peut également s'appliquer aux propriétaires, aux jockeys ou aux chevaux. Gomme presque toutes les pénalités elle est permanente, temporaire ou définitive. Elle est prononcée dans les cas déterminés par le règlement. Par exemple: dans le cas d'une substitution d'un cheval à un autre, non -seulement le cheval lui-même, mais encore tous ceux qui ont pris part à la fraude sont disqualifiés pour toujours. Cette disposition est appliquée par les règlements français, anglais et belges.

On inflige, également, une disqualification temporaire aux propriétaires, entraîneurs, et jockeys. En Angleterre, les propriétaires et les chevaux inscrits au Forfeit-List, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas pas payé le forfait ou l'entrée (Voyez ces mots) des courses où ils étaient engagés, sont disqualifiés temporairement, jusqu'au payement des forfaits et entrées qu'ils doivent. Cependant le cheval qui serait parti dans une course, tout en étant inscrit au forfeit-list, ne peut être disqualifié pour cette course. On doit mettre le propriétaire en demeure de

payer avant la course, et .disqualifier le cheval en cas de refus.

Un cheval peut être disqualifié pour avoir, dans une course, coupé un de ses adversaires. Mais, dans ce cas, tous les chevaux de la même écurie présents dans la course, le sont également. Cette règle a été appliquée à Paris en 1862. Dans le prix de l'Empereur, poule des produits, Benjamin, à M. le comte de Lagrange, étant arrivé le premier, fut convaincu d'avoir coupé Ghoisy-le-Roi appartenant à M. Schickler. Benjamin fut disqualifié et, avec lui, Généalogie appartenant à M. le baron Nivière associé de M. le comte de Lagrange.

DISTANCE. On entend par distance l'étendue de terrain que les chevaux doivent parcourir pour accomplir la première condition d'une course : elle est toujours annoncée au progranune de chacune des courses. Les distances varient en France de 800 mètres pour la plus courte, à 6200 mètres pour la plus longue. Cette dernière, au reste, est exceptionnelle et unique : elle n'a lieu que pour une seule course, le prix Gladiateur à la réunion d'automne à Paris.

Il s*est établi, depuis longtemps, des discussions longues et animées sur le plus ou moins de signification d'une course, en raison de la distance qu'elle imposait aux concurrents. Ces appréciations sont justes en partie, mais le plus souvent exagérées et tout à fait à côté de la question. Elles prennent leur source dans une sorte de trompe-Pceil, assez naturel d'ailleurs, chez les personnes qui n'ont pas étudié spécialement les courses et les conditions qui en font l'épreuve la plus sévère, qui puisse être imposée à un cheval. Il est tout naturel de croire, que, plus la distance est longue, plus elle exige de qualités, surtout celle que Ton est convenu de désigner par le mot fond. Gela est vrai dans une certaine limite, mais on perd trop souvent de vue que le train est la première de toutes les conditions, pour rendre une épreuve sévère. Cet axiome étant admis, il devient évident que le cheval dont le train est le meilleur gagnera sur toutes les distances excédant celles qui sont le domaine exclusif de la vitesse proprement dite, c'est-à-dire de 800 à 1500 mètres. Dès lors, il devient absolument inutile de prolonger les distances à

parcourir au delà d'une certaine limite. Ce principe semble, au premier abord, paradoxal, mais il est aisé de s'en rendre compte. En marchant soi-même, le pas qui tous est habituel et que l'on peut soutenir sans efforts, on ira presque indéfiniment, tandis qu'au contraire, si l'on est contraint à forcer son pas naturel pour suivre une personne dont la marche est naturellement supérieure, on sera hors d'haleine en très-peu de temps, quelque bon marcheur que l'on puisse être.

Il en est de même pour les chevaux : celui qui a le plus de train, ou, pour mieux dire, dont l'allure, couvre le plus de terrain, grâce au jeu naturel et aisé de son mécanisme physique, battra toujours, sur n'importe quelle distance, celui dont la foulée de galop est moins puissante, et qui se trouve, par conséquent, forcé de sortir de son mouvement naturel, pour se maintenir dans une allure au-dessus de lui. L'un ne faisant aucun effort, Tautre, au contraire, marchant dans une sorte de tension, le premier ira toujours plus longtemps, quelle que soit la distance. Au contraire, plus elle sera longue, plus celui qui se trouve au-dessous du train aura de peine à le suivre.

La question change, quand les parcours cessent d'être des distances de courses, c'est-à-dire quand il s'agît de routes de quinze à vingt lieues, parce qu*ici,il est impossible de marcher aucun train. Nul animal ne peut tenir, au delà d'une certaine limite, un train de nature à mettre ses adversaires en dehors de leur allure. La lutte devient donc, ici, une question de santé et de courage. Il n'y aucune raison pour que le cheval du meilleur train ne réunisse pas ces conditions aussi bien que celui d'une classe inférieure. A condition démérite individuel égal, le cheval du meilleur ordre gagnera toujours, quand bien même on prolongerait indéfiniment la distance. Si on voulait se con- . vaincre de -cette vérité, on éviterait une discussion qui dure depuis cinquante ans, sans avoir fait avancer la question d'un pas.

Les distances de course varient de 800 mètres à 6200 mètres, qui est la plus longue usitée en France, et, comme nous l'avons dit, existe pour un seul prix; mais les distances moyennes de 2000, 2400, 3000, 3200 et 4000 mètres, sont les plus usitées comme les plus exactes, c'est-à-dire celles qui sont de

nature à donner la mesure réelle du mérite des concurrents. Il est très-rare, en effet, que le cheval vainqueur sur un parcours de 3200 mètres ne gagne pas sur n'importe quelle distance. Les courses dont les distances dépassent cette limite, peuvent être moins significatives; précisément parce que le traio, étant nécessairement moins vite, peut être suivi par des chevaux médiocres, qui se trouvent ainsi près des meilleurs au moment de l'arrivée, et peuvent causer une surprise, tandis que si la course avait été menée d'un hon train, ils n'auraient pu la suivre et seraient loin derrière, à la fin de la course.

Les distances de 800, 1000, 1200 et 1600 mètres sont adoptées presque ordinairement pour les poulains de deux ans. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle est admise dans certaines courses pour chevaux de tout âge.

La distance de 2400 mètres, soit environ un mille et demi anglais, est reconnue comme la plus propre à donner la mesure exacte du mérite des poulains de trois ans au printemps* C'est la distance du Derby d'Epsom et du prix du Jockey-Club, à Chantilly. Le grand prix de Paris et le Saint Léger de Doncaster, ayant lieu, Tun au milieu de l'été, l'autre presqu'àTarrière-saison (la distance augmente avec l'âge des chevaux), elle est portée à 3000 mètres. Les courses pour chevaux de quatre et cinq ans sont généralement de 3200, 3500 et 4000 mètres.

On attachait, autrefois, une grande importance au temps plus ou moins court, dans lequel une distance avait été parcourue. On a reconnu que cette mesure était absolument fausse. Les circonstances qui* font qu'une course est menée vite ou lentement, étant indépendantes de la vitesse même des chevaux. Il résulte, en effet, d'expériences nombreuses faites à ce sujet, qu'un cheval, ayant parcouru, seul, une distance donnée dans un espace de temps déterminé, peut parfaitement être battu par un adversaire qui aurait mis plus de temps à accomplir le même parcours dans les mêmes conditions. On se sert, néanmoins, encore de la mesure du temps pour certaines grandes courses, mais sans attacher aucune importance aux comparaisons, auxquelles cette constatation peut donner lieu.

Quant à cette distance de 6200 mètres, exigée seulement pour le prix Gladiateur, elle donne généralement lieu à une

<^ourse peu intéressante , et menée d'un train tel, qu'un cheval de prix à réclamer pourrait presque toujoars le suivre ; elle est néanmoins, à de très-rares exceptions près, toujours gagnée par le cheval qui serait également vainqueur sur un parcours de 3500 à 4000 mètres. C'est une sorte de satisfaction donnée aux partisans des courses à longues distances.

La distance indiquée au programme de chaque course doit toujours être intégralement parcourue, c'est-à-dire qu'en raison des difficultés du départ, elle peut être quelque peu allongée, mais jamais raccourcie. D'après le règlement anglais, toute course qui a eu lieu sur une distance inférieure à celle du programme est nulle et vide; au contraire, la course faite sur une distance trop considérable est bonne et valable. Toute réclamation concernant la distance doit être faite avant la course. Une fois la course accomplie, il est donc impossible d'élever une réclamation sur la distance , soit qu'elle ait été mal mesurée ou que le starter ait donué le signal en deçà du poteau ; mais si elle ne se trouve pas conforme aux conditions du programme, tout intéressé est en droit de la faire rectifier avant la course.

Page 1