LE TROT
Le trot n'est, en résumé, que le pas exécuté avec une rapidité croissante qui arrive à une vitesse variable en moyenne de trois à cinq lieues à l'heure. Tout dbevalyà moins d'être usé, fa* tigué ou tout à fait inférieur, doit faire sans peine trois lieues en une heure, ceux qui dépassent la distance de cinq lieues, dans le même espace de temps, sont une exception. Le fait se produit rarement» du moins à l'allure régulière du trot. Les trotteurs qui atteignent une vitesse plus élevée, prennent un» manière particulière de marcher, et Ton est convenu de les appeler trotteurs, expression asses impropre, puisqu'à vrai dire» ils ne trottent pas dans la véritable acception du mot. Us ne ga-
lopent pas, il est vrai, et prennent généralement une allure spéciale , dans laquelle ils trottent devant et galopent derrière» C'est ce qu'on nomme traquenard. Us vont ainsi beaucoup plus^ vite qu'au trot, moins vite qu'au galop, mais soirt généralement assez désagréables à monter, sauf pour quelques personnes, qui ont ce goût particulier.
On peut citer plusieurs exceptions à cette règle. Un cheval anglais, du nom de Rocbester, importé il j a une quinzaino d'années, par M. le prince Etienne de Beauvau , trottait attelé, d'une vitesse remarquable sans se désunir , ni traquenarder. Il était, il est vrai, très-fin à mener et s'enlevait fréquemment au galop. Ce fait se produit assez souvent chez presque tous les trotteurs régaliers, qui, une fois sur la limite de leur train, sont disposés à prendre le galop, si on les pousse. Le traquenardeur au^ contraire ayant sa masse plus fixée à terre» grâce à cette allure défectueuse , ne s'enlève pas , et acquiert parfois dans cette manière de marcher une excessive vitesse.
Tout cheval qui peut faire quatre kilomètres en moins de huit minutes , doit être considéré comme ce que l'on est convenu d'appeler trotteur. En deçà de cette limite ils commencent à devenir des exceptions. Sept minutes et demie pour quatre kilomètres sont très-rares à rencontrer, même avec une allure défectueuse. Bien que certains chronomètres constatent la même distance parcourue en sept minutes, nous croyons le fait au moins discutable. Quant aux longues distances, le temps dans lequel elles peuvent être parcourues varie suivant la condition, ou la qualité du cheval. Rochester dont nous parlions plus haut» avait fait dix-neuf milles, soit sept lieues et demie en une heure. Mais cette prouesse fut à cette époque considérée comme un tour de force. On demanda la revanche en portant la distance à vingt milles, le propriétaire de Rochester refusa.
Il est généralement admis que le trot doit être considéré conune une allure artificielle et transmise par Thomme à ranimai. Cette opinion est absolument erronée, le cheval trotte naturellement comme presque tous les quadrupèdes. Non-seulement un poulain derrière sa mère trotte en la suivant; mais encore il prend de préférence cette allure au début de son. dressage. Â moins d'une disposition particulière , les jeunes.
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chevaux, quand on leur demande d'aller vite, préfèrent le galop, et ce n'est que par l'habitude et le dressage qu'on leur fait prendre une grande extension au trot. Mais il n'en est pas moins vrai que cette allure leur est naturelle et que tous la prennent d'eux-mêmes en liberté et sans qu'elle leur soit imposée. Il est inutile de s'étendre sur le mécanisme physique de Tallure du trot, qui est absolument le même qu'au pas ; seulement la vitesse étant plus grande, l'extension des membres est plus considérable.