GEORGETTE. — GLADIATEUR
Jockey-Club, où elle était partie première favorite, elle n'en est pas moins demeurée le premier cheval de son année.
Géologie a gagné, en 1859 : la Poule des produits et le prix de Diane. Elle doit être classée parmi les meilleurs chevaux de la production française et figure à côté d'Hermine, Jouvence et Stradella.
6£0R6£TT£. Poulinière alzane, née en France, en 1839, chez M. Boutton-L'Ëvêqae ; par Hœmus et Lustre, issue de Swiss; morte en 1863. Mère en 1853 de Miss Gath; en 1855 de Goélette; en 1856 de Géologie ; en 1857 de Georges; en 1858 de Good By; en 1860 de Gentilhomme, connu depuis sous le nom de Bénazet.
Georgelte était une de ces rares poulinières avec lesquelles on est toujours à peu près certain d'obtenir un poulain galopant dans un certain ordre, quel que soit d'ailleurs i'étalon qu'on lui donne.
Tous ces produits, sans exception, ont gagné des courses d'une certaine importance, et, parmi eux. Miss Gath, Goélette et Géologie sont des animaux de premier ordre. Miss Cath n'a pas hérité de la puissance de transmission de sa mère; ses enfants, tout en étant excellents comme individus, n'appartiennent pas à une très-bonne classe. Goélette est mère d'Étoile Filante et d'Etoile Polaire. Géologie a produit Géophobe, un excellent cheval, et Golos, qui annonce un mérite positif.
GLADIATEUR. Étalon bai, appartint jusqu'en 1871 à M. le comte F. de Lagrange, né en 1862, en France, chez son propriétaire , par Mouarque et Miss Gladiator, issue de Gladiator.
On a donné à Gladiateur le surnom de l'Éclipsé moderne . Cette comparaison est d'autant plus juste, que, comme son illustre devancier, Gladiateur est plutôt un phénomène qu'un cheval, une de ces exceptions qui semblent un jeu de la nature, comme un défi jeté à la science. Aucune recherche, aucun raisonnement ne pourraient, môme par induction, saisir les causes de ces caprices de la création. Monarque est sans contredit le plus remarquable étalon de notre époque ; Miss Gladiator était une jument assez inconnue , n'ayant presque pas
couru ; son meilleur produit, avant Tillustration du turf moderne, avait été Villafranca, assez bonne jument de seconde classe, rien de plus, rien de moins. Il n'y avait donc aucune raison plausible pour qu'un animal aussi remarquable sortit de cette union, plutôt que d'une autre. La moyenne de la production de Monarque est évidemment excellente ; mais Gladiadiateur la dépasse au delà de toute mesure, indispensable pour servir de base à une comparaison quelconque. La devise nec plurihus impar semble faite pour Eclipse comme pour Gladiateur ; ils n'ont pas d'égaux, pas de pareils ; ils sont eux, c'està-dire un fait exceptionnel et unique, sans précédents comme sans suite. On reconmiencera vingt fois le même croisement, sans obtenir un résultat semblable ; il se reproduira peut-être un jour, au moment oh on s'y attendra le moins.
Ces apparentes et inexplicables contradictions devraient quelque peu faire réfléchir les savants théoriciens, qui veulent tout connaître» tout savoir» tout expliquer, et formulent des règles toutes faites, à l'aide desquelles ils prétendent pétrir et manier la matière vivante à leur gré et à leur caprice. Certes , un bon étalon et une bonne jument doivent, logiquement, produire un bon cheval, bien que le contraire arrive souvent, sans qu'il soit possible de se rendre compte de différences aussi radicales entre deux poulains du même père et de la même mère, élevés dans les mêmes conditions, soumis au même régime, et cependant souvent aussi dissemblables. Quant aux phénomènes isolés, comme Gladiateur et Eclipse, on peut à peine dire qu'ils sont issus de leur père et de leur mère, puisqu'ils ne ressemblent à rien qu'à eux-mêmes. Il est au moins douteux qulls se reproduisent.
Gladiateur, cependant portait Tempreinte, si reconnaissable des enfants de Monarque , celui de tous les reproducteurs, qui signe le mieux ses produits , et leur donne davantage l'empreinte de son admirable silhouette. Gladiateur rappelait Monarque , mais comme cent rappelle vingt. C'étaient bien les mêmes lignes, la même longueur d'encolure, la môme direction d'épaules et de hanches, mais dans des proportions si colossales, que Ton restait, malgré soi , les yeux fixés sur cette formidable machine , dont la puissance semblait sans limites.
On se sentait en face de quelque chose d'insolite, que l'on n'avait jamais vu, que Ton ne reverrait peut-être jamais.
La mère de Gladiateur , Miss Gladiator, a peu couru, n*a jamais gagné, et fut retirée de boniie heure d'onlraînemant, h la suite d'un accident; tout porte à croire cependant qu'elle était d'un ordre assez médiocre. En 1858, elle eut une pouliche par Peu-d'Espoir, Fille des Joncs, dont on n'entendit jamais parler. Elle produisit depuis, en 1860 : Villafranca, par Monarque. En 1861, elle fut vide, et donna le jour à Gladiateur en 1862 , comme si elle avait eu besoin de se reposer et de se recueillir avant cet événement qui devait illustrer son nom, assez obscur jusque-là. Depuis , elle produisit un assez mauvais cheval, dont la naissance est restée douteuse : Imperator, par Monarque , ou Father-Thames ; en 1865 enfin , une pouliche absolument insignifiante, par Monarque. Si l'on retire Gladiateur, production à part, et en dehors de tout raisonnement et de toute probabilité , la descendance de Miss Gladiator se borne donc h Villafranca, bonne jument de seconde classe ; un seul produit* comme Gladiateur suffît, il est vrai, à l'illustration d'une jument. Il est néanmoins assez curieux de constater qu'en dehors de lui, sa mère n*a non-seulement rien produit de remarquable, mais même rien de réellement bon.
La naissance de Gladiateur a cela de particulier, que Monarque a toujours montré une sorte de répulsion pour Miss Gladiator ; il éprouvait, au contraire, une espèce de passion ( si étrange que soit ce mot, appliqué ici, on ne saurait en trouver un autre) pour Liouba, la mère du Mandarin. Pour déterminer Monarque à accomplir l'alliance, d'oti devait sortir Gladiateur, il fallut le laisser quelque temps en extase devant sa sultane favorite, lui bander les yeux, et substituer Miss Gladiator à la préférée Liouba. Ce fait, en lui-même assez insignifiant, ne doit cependant pas passer inaperçu aux yeux des scrutateurs des secrets de la nature. Qui sait, si cette longue surexcitation, cette attente trompée n'ont pas été pour quelque chose dans cette qualité transmise à sa centième puissance par le père à son fils?
Gladiateur se fit remarquer, dès la première phase de son existence, par un extérieur et une apparence au-dessus de celle
de tous les poulains de son âge ; c'était à la fois un géant^ presqu'un colosse, mais néanmoins excessivement harmonieux. Amené en Angleterre, comme tous les produits du haras de Dangu, il parut pour la première fois sur un terrain de course en 1864, à la réunion d'automne de Newmarket, où il gagna le Clearwell-Stakes, au poids de 8 st. 10 liv., battant Joker, Ostreger, Don Basilic, Verderer , Maid-Marion, et six autres concurrents ; à la même réunion , il arriva troisième dans le Prendergast-Stakes, gagné par Bedminster. Il ne fut pas placé quelques jours plus tard dans le Critérium de Newmarket, gagné par Chattanoga.
Il n'y avait rien dans ce début qui fût de nature à faire présager une aussi haute destinée. Aussi Gladiateur demeura-t-il assez inconnu tout Thiver, pour qu'il fût permis de le prendre à des cotes assez avantageuses. Il a fallu bien des précautions pour dissimuler ce formidable champion pendant tout le cours de sa préparation. Son entraînement restera une légende dans les annales de Técurie. Il mettait tous les chevaux sur les dents ; on ne savait plus avec qui le faire galoper ; deux eu trois des meilleurs, en relais, ne suffisaient plus pour l'étendre, il fallut sacrifier Fille-de-l'Air elle-même ; ce fut, paraît-il, dans un galop avec Gladiateur, que cette célèbre jument trouva la fin de sa carrière. Le Mandarin seul résista, mais il éprouvait» dit-on, une telle appréhension de cette épreuve, que, quand on le sortait du lot pour lui faire accompagner son redoutable frère, il tremblait et se couvrait immédiatement de sueur.
En 1865, Gladiateur préludait au plus grand jour de Télevage français, en gagnant les deux mille guinées , battant Archimède, Liddington, Qambesi, Bedminster, Breadalbane, Kangeroo, Régalia, et dix autres concurrents. Ce premier succès commença à attirer Tattention et fit quelque peu monter Gladiateur dans la cote du Derby, sans cependant le faire encore très-favori, tant on était loin, à cette époque , de s'imaginer qu'un cheval'français pût avoir seulement la pensée de gagner le Derby, c'est-à-dire la plus grande course d'Angleterre.
Le 31 mai 1865 restera un jour mémorable dans les annales du Turf des deux pays. Pour la première fois , ce sceptre incontesté était arraché aux mains de nos voisins ; pour la pre-
mière fois un cheval étranger venait de battre l'élite de la production du Royaume-Uni.
Ce fait eut un long retentissement, c'était le couronnement de l'œuvre entreprise par la Société d'encouragement, la récompense des audacieux efforts de M. le comte de Lagrange. Le premier moment de stupéfaction passé, les Anglais eux-mêmes ne purent contenir leur admiration pour ce merveilleux animal. Quand Gladiateur galope, écrivaient les journaux anglais, les autres chevaux semblent ne plus bouger de place. S. A. R. le Prince de Galles, voulant donner à M. le comte de Lagrange un éclatant témoignage de sa haute sympathie , réunit dans un grand dtner les plus grandes illustrations du monde anglais. Lord Derby, descendant du fondateur de la course nationale, que Gladiateur venait de gagner, félicita M. le comte de Lagrange dans un discours plein de^ courtoisie et de sympathie pour la France. Une ovation plus enthousiaste encore attendait l'heureux propriétaire du grand vainqueur à son retour en France. L'élevage de pursang français avait encore un rival, mais n'avait plus de maître.
Gladiateur lui-môme vint , pour le grand prix de Paris, s*oflrir à l'enthousiasme de ses compatriotes. Cette grande épreuve internationale n'a jamais .présenté l'aspect d'une solennité aussi imposante. Plus de cent cinquante mille personnes étaient venues contempler le héros du jour. C'est à grand' peine que l'heureux vainqueur pût rentrer au pesage. Son jockey avait, au reste, mis de la coquetterie dans cette exhibition, et semblait vouloir montrer sur un terrain français le héros de l'élevage indigène dans toute son écrasante supériorité. Ce n'était pas à vrai dire tout à fait aisé ; bien que. le champ du grand prix de Paris, en 1865, comptât d'excellents chevaux, comme Vertugadin, Contran, Tourmalet et le Mandarin, aucun n'était en état de forcer Gladiateur à s'étendre. Il fallut donc le tenir assez loin derrière, galopant comme à l'exercice. Cette manœuvre fut même tellement exagérée par Grimsbaw, qu'au moment oîi Vertugadin arrivait au dernier tournant, Gladiateur, à sept ou huit longueurs derrière, ne semblait même pas se douter qu'il s'agit d'une course. On put môme un instant croire à l'une de ces déceptions qui viennent parfois donner un dé-
menti aux certitudes les mieux justifiées, quand Gladiateur, arrivant comme un torrent , dépassait tous ses concurrents en trois bonds, pour reprendre en tête son allure aisée et tranquille ; il n*y avait eu ni lutte ni hésitation : Gladiateur s'était mis sur ses jambes, tous les autres n'existaient plus.
Cette première phase ne fut que l'aurore de cette brillante carrière sans précédents depuis la légendaire apparition d'Ëclipse. Les trois vicK)ires de Gladiateur rapportaient ^^1,725 fr. à son propriétaire , sans compter les paris, qui nécessairement dépassaient cette somme déjà assez respectable.
Gladiateur- avait été monté par Harry Grimshaw, qui ne devait lui faire défaut que pour sa dernière course, le grand prix de l'Empereur portant aujourd'hui le nom même du héros du Turf français : le Prix Gladiateur. La mort seule avait pu séparer les deux compagnons. Quelques jours avant les dernières courses d'automne 1866, Henri Grimshaw mourut des sijites d'une chute de voiture. Gladiateur avait gagné le grand Saint- Léger de Doncaster, et n'avait éprouvé qu'un seul échec dans le Cambridgeshire, où il était parti avec un poids presqu'insensé. Encore de l'aveu des juges Jes plus compétents si le terrain ne se fût pas trouvé aussi lourd, le grand cheval aurait gagné quand môme.
Gladiateur était toujours lui-même, mais d'aussi puissantes machines résistent rarement longtemps à leurs propres forces. Un de ses boulets devenait inquiétant ; il se présenta pour sa dernière course et sa dernière victoire dans un état assez incomplet. Sa supériorité était telle, cependant, qu'il battit Vertugadin absolument de la même manière que dans le grand prix de Paris. Il était monté, cette fois, par G. Pratt, frère de G. Pratt.
Après cette dernière consécration de son écrasante suprématie, Gladiateur fut retiré d'entraînement et livré à la reproduction; il fît la monte deux saisons de suite en Angleterre, et une année en France. Lors des derniers événements, il fut compris dans la vente de l'écurie de M. le comte de Lagrange, et monta au prix de près de deux cent mille francs.L' Angleterre, jalouse de notre gloire, n'a pas voulu nous en laisser le trophée.
Le seul des enfants de Gladiateur qui ait couru en France
est on produit de Fille-de-PAir, du nom d'Éole. Si la production avait des règles fixes ou même logiques, il est impossible de prévoir ce que Ton pouvait espérer d'une semblable alliance. Mais, comme il arrive le plus souvent, trop est trop, et deux supériorités aussi transcendantes produisent parfois une médiocrité. Éole a cependant une excuse valable ; il est né avec un pied bot, et se trouve, par conséquent, à peu près estropié. Néanmoins, on a pu le mettre à peu près en état, il a gagné une ou deux mauvaises courses, et ne figure môme pas parmi les cbevaux de prix à réclamer de son âge.
On ne peut donc, quant à présent, avoir une donnée appréciable sur la production de Gladiateur. C'est, d'ailleurs, en Angleterre qu'il faudra le cbercher, car ce brillant météore a quitté' le sol natal, oïl il y a bien peu de juments pleines de lui.
GLADIATEUR (Prix.) Ce prix existe, sous différentes dénominations, à peu près depuis la fondation des courses. Il fut d'abord prix Royal, et Tallocation s'élevait à 14,000 francs, la distance étant de quatre mille mètres en partie liée ; successivemeht prii National et Impérial, il reçut une modification importante lors de cette dernière transformation.
Le chiffre du prix ftit élevé à 10,000fr.et la distance de 4,00a mètres en partie liée, remplacée par celle de 6,000 mètres en une seule épreuve.
En 1869, l'Administration des Haras, qui avait, jusqu'à ce moment, fait les frais du grand prix Impérial, retira l'allocation qu'elle accordait aux courses.
La Société d'encouragement maintint le grand prix Impérial^ en lui donnant le nom de Prix Gladiateur, ce qui le met pour l'avenir à l'abri de ces modifications nominales.
Le Prix Gladiateur est la course la plus carastéristique de la saison d'automne, elle est réservée aux chevaux de 4 ans et au-dessus et considérée comme l'épreuve la plus sévère qui puisse leur être imposée à la fin de leur carrière.
Les vainqueurs du Prix Gladiateur depuis 1856, ont été ;
Années. Chevaui. Propriétaires.
1856 Ronzi Madame Latache de Fay.
1857 Monarque A. Aumont.
Années. Chevaux. PropriéUirei.
1858 Miss Cath Baron Nivière.
1859 Tippler Baron Nivière.
1860 Lysiscote Comte F. de Lagrange.
1861 Surprise Baron Nivière.
1862 Mon-Etoile P. Aumont.
1863 Souvenir Robin.
1864 Nofilie Duc de Morny.
1865 Ninon de Lenclos M.Cartier.
1866 Gladiateur Comte F. de Lagrange.
1867 Vertugadin H. Delamarre.
1868 • Auguste Comte F. de Lagrange.
1869 Trocadéro Comte F. de Ugrange.
1870 (pas couru) (pas couru).
1871 Don Carlos André.
GLADIATOR. Étalon bai, né en 1833, chez M. G. Walker, dansle Yorkshire, et vendu, avant de courir, à lord Wilton. Fils de Partisan et Pauline.
Gladiator ne courut jamais qu'une fois, dans le Derby de 1836^ où il arriva second contre le fameux Bay Middleton, laissant derrière lui Venison troisième.
Il était le favori du Saint-Léger, mais étant tombé boiteux, il fut retiré de l'entraînement.
De 1839 à 1845; Gladiator fit la monte à Nalton, Althorp, etc., et eut un grand nombre de bons produits, dont Napier et Harriost.
A l'automne 1846, TAdministration des Haras Tacheta 62,500 fr. au colonel Anson.
Gladiator eut un très-grand succès en France, mais étant devenu impropre à la reproduction, il fut abattu au haras^ du Pin en 1857.
Gladiator est un des étalons importés d^Angleterre dont Tinfluence a été la plus puissante sur la production française. En mettant môme de côté tous les excellents chevaux issus directement de- Gladiator, il n'est presque pas de cheval de course,, de quelque mérite aujourd'hui, qui n'ait une infusion quelconque du sang de Gladiator dans les veines. 11 peut donc être considéré avec Royal-Oak, Ion et Gatland, comme les principales souches de la race de pur- sang française.
320 GLANEUR. — CONTRAN.
Gladiator est un des derniers étalons anglais dont l'intervention ait été prédominante dans Pélevage. Son fils Fitï-Gladiator inaugure avec Monarque, Père des reproducteurs indigènes dont la production, à partir de ce moment, a constamment primé celle des étalons importés.
Gladiator est père d'Aguila, de Fitz-Gladiator, de Constance (mère de Fidélité, de Sarazin, Monitor et la Favorite), de Miss Gladiator, mère de Gladiateur, et de Garem, mère de Gédéon.
GLANEUR. Cheval bai, par Buckthorn et Aima, né en 1866, chez M. Julien Robin, au haras des Douze-Traits.
Devenu la propriété de M. A. Lupin, il gagna, en 1869, le prix de Cars (5425 fr.) ; le prix du Cèdre, à Paris (1200 fr.) le grand prix de Paris (127800 fr.); le prix de FEmpereur (poule des produits, 9100 fr.); le prix principal, à Toulouse (2600 fr.).
La carrière de Glaneur présente des irrégularités communes à tous les chevaux d'un caractère incertain. Battu dans le prix du Jockey-Club, contre toute attente il gagna le grand prix de Paris. Sa carrière ne fut pas de longue durée ; après un dernier succès à Toulouse, à Tâge de trois ans, il disparut de rhippodrome. C'était un assez beau cheval, bien qn^un peu commun ; sa principale qualité résidait dans une grande allure, en dehors de laquelle il ne fallait rien lui demander, sous peine de provoquer des défenses désespérées. Glaneur est aujourd'hui destiné à la reproduction.
CONTRAN. Ëtalon alezan, né en France, chez M. le baron Nivère, en 1862 ; par Fitz-Gladiator et Golconde, issue de Lioubliou.
Gontran est, sans contredit, un des meilleurs chevaux que la France ait produits, et en même temps un des plus méconnus. 11 eut d'abord la mauvaise chance, comme tous les produits de son âge, de naître la même année que le célèbre Gladiateur. Un semblable contemporain écrasait tout ce qui se trouvait autour de lui. L'année 1865 comptait cependant d'excellents produits, tels que Gontran, Le Mandarin, Vertugadin et Tourmalet; tous eussent été considérés comme d'une qualité peu
GOODWOOD CUP. 321
ordinaire si leur mérite ne se fût trouvé effacé par une aussi écrasante supériorité.
L'opinion publique s'était assez énergiquement prononcée contre Contran ; une course malheureuse dans la Poule des Produits avait porté la faveur générale sur Tourmalet, très-bon petit cheval, mais d'un ordre inférieur à celui de Contran. Ce dernier gagna cependant le prix du Jockey-Glub en 1865 avec une très-grande facilité^et s'est, depuis, toujours maintenu au rang oh cette performance l'avait placé au début de sa carrière. Vendu en 1868 par M. le Major Fridolin à l'Administration des Haras, il fait la monte en Normandie ; ses poulains ont, dit-on, une très-belle apparence.
GOODWOOD CUP (Le) est la plus importante des courses connues en Angleterre sous la dénomination générique de Cups. Elle se court à Goodwood, d'ordinaire du 25 au 30 juillet, et se compose d'une coupe de la valeur de 300 souverains, ajoutée à une entrée de 20 souverains chaque, moitié forfait. Le second reçoit 100 souverains sur les entrées. Distance, deux milles et demi (dOOO mètres environ).
La coupe de Goodwood fut longtemps l'objet de la convoitise des propriétaires de chevaux français, à une époque où l'on ne pouvait prévoir encore que le niveau de notre élevage, s'élevant aussi rapidement, nous permettrait de lutter partout à égalité, avec une chance égale, contre les produits anglais, sans les avantages de poids qui étaient faits aux chevaux étrangers dans le Goodwood- Gup. Aussi, chaque fois qu'un concurrent français semblait quelque peu sortir de la ligne ordinaire, il tentait cette aventureuse entreprise. Le but fut à moitié atteirt, en 1840, par M. le duc d'Orléans; les couleurs françaises triomphèrent sur l'hippodrome de Goodwood, mais avec un cheval anglais, Beggarnoan, acheté parM. le duc d'Orléans. Son importation en France donna même lieu à un assez singulier incident.
Beggarman, après sa victoire, était ramené en France, rapportant, pour la première fois, le trophée si convoité, le Bouclier de Goodwood. Le cheval était accompagné de M. le comte de Cambis, qui dirigeait alors les écuries du prince. Le hasard fit que Beggarman débarqua à Boulogne, au moment où il n'était