GROOM
noirs et de poils blancs. C'est une des robes composées qui comprennent le plus de variétés dans la race chevaline, mais elle est extrêmement rare chez les chevaux de course : on peut facilement fréquenter plusieurs années un grand hippodrome, sans y rencontrer un seul poulain gris, aussi est-il bien aisé de faire le signalement d'un cheval de pur-sang sous poil gris.
Le poil gris se compose de nombreuses variétés. Elles peuvent être infinies en raison même de l'étendue de la ganmie grise pure. Parfois la présence d'une certaine quantité de poils bais, ou alezans, vient encore multiplier les nuances et former des gris vineux.
Il est inutile d'insister sur les proportions de noir et de blanc qui constituent les robes grises : les qualifications diverses que l'usage a adoptées, caractérisent assez bien les variétés. Ainsi les mots gris clair, gris foncé^ gris sale^ gris argenté, gris ardoisé^ gris de fer sont bien significatifs, mais ils n'enchaînent pas r homme spécial. En face d'un poil gris qui n'est pas classé et dont il faut préciser la nuance ou les accidents, pour l'exactitude du signalement, il n'hésitera point à écrire le mot qui, pour lui, qualifie exactement- une robe. La plupart des termes ont pris leur origine dans des situations analogues. Exemple : gris tourdille (turdus grive) gris étoumeau, pommelé y tigré ^eio. Et encore gris vineux^ truite, etc.
Il importe de faire remarquer que le poil gris est un de ceux qui se modifient le plus rapidement avec l'âge. Dans la vieillesse, et môme beaucoup plus tôt, la robe grise devient presque blanche. Voila pourquoi on ne saurait insister sur les détails de nuances qui n'ont pas un caractère si fugace. Les zébrures du plat des cuisses, lorsqu'elles existent, la présence de certains poils étrangers au caractère général sont très-importants à signaler et peuvent être d'un réel secours dans certaines circonstances.
GROOM. On donne ce nom à un jeune garçon, ou à un homme de petite taille employé au service d'une écurie. Ce terme s'applique au reste peu aux écuries de course, il désigne beaucoup plus fréquemment un homme suivant son maître à cheval à la promenade.
GROUPE. — GUINCHEUR. 325
GROUPE. Ce mot désigne Tensemble des chevaux composant une course, une fois qu'il soDt partis. La signification est, au reste, à peu près la môme que celle de champ, avec cette différence, toutefois, que groupe exprime Tidée de chevaux galopant ensemble tellement serrés que Ton peut difficilement les distinguer. Il s'applique également le plus souvent à tous les chevaux partis dans une course, sauf un ou deux. On dit tel ou tel cheval galopait devant ou derrière le groupe, pour dire qu'il se tenait devant ou derrière les autres.
GUINCHEUR. Un cheval guincheur est celui qui, quand on rapproche à l'écurie, couche les oreill' s, cherche ou fait semblant de chercher à mordre, et frappe du pied quand on le touche. Guincheur n'est pas synonyme de méchant, le mot chatouilleux en donnerait plutôt le véritable sens. Un cheval simplement guincheur n*a aucune idée de faire mal à l'homme qui l'approche, c'est un sorte de nervosité ou de marque d'impatience, parce qu'il prévoit que l'on va lui ôter les couvertures, lui*mettre la selle ou le harnais ; tous les chevaux sont plus ou moins guincheurs, à de très rares exceptions près. 11 est difficile qu'il en soit autrement, le pansement et les soins indispensables dont ils sont l'objet, forçant de les brosser ou de passer un torchon sous le ventre, entru les jambes de derrièrj, au poitrail, dans toutes les parties de l'animal enfin, où l'attouchement irrite et produit la sensation définie par le mot chatouillement. Le cheval cherche nécessairement à se soustraire à cette tracasserie, et comme il ne peut y échapper, il manifeste par ces divers mouvements son impatience et son irritation. Sans aucune méchanceté, tous les chevaux cherchent ou font semblant de chercher à mordre quand on les sangle, la compression qu'ils éprouvent leur causant une sensation désagréable qui reste souvent très-longtemps à s'effacer chtz les jeunes chevaux.
Le degré auquel un cheval possède cette sorte d'irritabilité, constitue seul un défaut ou une habitude insignifiante : l'homme chargé de le soigner doit le connaître et prendre les précautions nécessaires.
En dehors des dispositions naturelles du cheval, à être toujours plus ou moins guincheur, ce défaut est essentiellement
inhérent à l'homme qui le soigne. Certains palefreniers^ avftc une main trop rude, ou une manière brutale de toucher l'animal, ont le don de l'exaspérer ; avec d'autres, au contraire il se montre relativement doux et résigné. Quelques-uns tiennent à vanité de rendre leurs chevaux guincheurs, ils les chatouillent, les traitent avec intention d'une manière irritante; c'est une très- mauvaise habitude. Ce défaut, comme au reste presque tous ceux, contractés par le cheval, en dehors, comme en dedans de l'écurie, proviennent du fait de l'homme.
HACK. La signification propre du mot hack dérive de l'ancienne expression hacquenée, et s'applique, dans le sens strict du mot, aux chevaux exclusivement destinés à la promenade. Un hack veut donc dire, dans le langage habituel, un cheval doué du caractère, des allures, de l'apparence extérieure, de toutes les qualités enfin qui constituent un cheval de selle, cpmmode et agréable à monter.
Par .opposition, et parlant au figuré, relativement du moins à la signification réelle du mot, on nomme hack dans les écuries d'entraîQement tout ce qui n'est pas, ou n'est plus, apte à faire un cheval de course. L'esprit tendu et absorbé par leur spécialité unique, les entraîneurs cessent absolument de s'occuper d un cheval dès qu'il leur est démontré que l'animal est impropre à ce qu'ils attendent de lui ; c'est-à-dire q^u'il ne galope pas et est incapable de gagner une course. On l'abandonne alors, lui donnant à manger pour qu'il ne meure pas de faim, le traitant absolument comme un pcTrc ou un bœuf, jusqu'au jour ovi on le vend pour le prix que l'on en trouve. C'est dans ces circonstances que les entraîneurs disent, sans bien se rendre compte de la valeur de leur appréciation : il sera toujours assez bon pour faire un hack. Ils se trompent en cela, comme il ai*-
rive souvent, quand on juge une chose que l'on ne connaît pas, ou que Ton dédaigne d'apprendre. Un bon hack est, toute proportion gardée, relativement à son prix et à l'ensemble des qualités qu'on lui demande, tout aussi difficile à trouver qu'un bon cheval de course. Si Ton voulait se montrer aussi exigeant sur le mérite d'un hack, que sur la qualité d'un cheval de course, on serait contraint d'en réformer autant dans l'une de ces spécialilés que dans l'autre. Seulement, l'une .étant positive et absolue ne saurait donner lieu à aucune contestation. Le cheval de course, en effet, galope ou ne galope pas. C'est un fait. On l'essaie ; si l'on n'est pas convaincu, on le fait courir une ou plusieurs fois, le doute alors n'est plus permis. Un hack, au contraire, peut convenir aune personne et déplaire aune autre, mais, pour réaliser l'ensemble des qualités qu'un cheval doit posséder comme type parfait d'un hack, il faut un animal que l'on ne rencontre pas toujours aisément. Les exigences sont aussi élevées pour l'un que pour l'autre, seulement elles sont différentes. Elles sont même plus nombreuses pour le hack, en ce sens qu'il doit réunir des conditions multiples de robe, de forme extérieure, de caractère et d'allures absolument indifférentes au cheval de course, auquel on ne demande qu'une seule et unique qualité, galoper dans le meilleur ordre possible. Son extérieur, le plus ou moins d'agrément qu'il procure à son cavalier sont absolument étrangers à la question.
La qualification de hack n'est donc pas absolue, et reste toujours subordonnée à la fantaisie ou au goût particulier de celui qui l'emploie. Pour les uns c'est un cheval grand, élégant, ayant, avant toutjun excellent galop. D'autres, au contraire, préfèrent un poney avec de hautes actions au trot. En France surtout il existe à cet égard, presqu'autant d'opinions que de cavaliers. Cependant la forme-type d'un hack peut être décrite d'une manière plus définie. C'est un cheval généralement de pur-sang, ou tout au moins très-près de sang, sorti d'entraînement depuis assez longtemps pour avoir perdu les habitudes, les allures et l'aspect rigide qu'il y contracte nécessairement. Il doit avoir une tête distinguée et expressive, une encolure longue et bien sortie, un beau port de queue, un excellent caractère, des allures souples et agréables
pour le cavalier ; ses qualités peuvent au reste se résumer en deux mots: élégance et agrément. Ce n*est pas comme on voit très-aisé à rencontrer. Les hacks se prennent presqu'invariablement parmi les chevaux de course, réformés jeunes d'entraînoment, soumis à un régime spécial, dressés pour faire disparaître la raideur générale, conséquence inévitable du travail qui leur est imposé pendant leur préparation de cheval de course, ayant pris l'habitude des allures ralenties et complètement oublié celles de la course, impraticables dans Thabttude ordinaire de la vie. Les chevaux de pur-sang réunissent l'ensemble de ces qualités à un degré que n'atteignent jamais les autres chevaux. Mais comme dès leur naissance ils sont exclusivement destinés à la course, il est assez difficile de les -mettre à même de les démontrer. Si un poulain de pur-sang donne à son propriétaire l'espoir d'être assez bon pour gagner même un prix peu important, il est entraîné jusqu'au jour ou il tombe broken-down, ou devient impropre à la destination de la course par une raison quelconque. Il peut encore devenir un hack à ce moment, à la condition de tomber dans des mains a^sez patientes pour lui laisser le temps d'opérer une transformation indispensable.
Quant à ceux qui, dès l'origine, c'est-à-dire à l'âge de deux ans, ne laissent aucun espoir fondé, relativement à la course, ils .sont immédiatement réformés et c'est parmi eux que l'on trouverait le plus d'individus en état de satisfaire à toutes les exigences d'un hack. Mais comme, en raison de leur âge, ils ne peuvebt être employés que par des cavaliers légers de poids et consommés dans la pratique du cheval (deux conditions assez rares à rencontrer réunies), ils sont en général vendus à bas prix, tombent dans le domaine du fiacre ou de certains services. Amsi on les entraîne à un âge où ils devraient être seulement dressés et surtout ménagés, et ils ne tardent pas à disparaître sans que l'on puisse en trouver aucune trace. Si par hasard on en rencontre quelques uns, descendus au dernier degré de la misère, tarés, usés, amaigris par la souffrance et le manque de nourriture, ayant cependant à peine cinq ans, on ne manque pas de dire: Voyez ces chevaux de pur-sang, en voici un qui n'a pas cinq ans, il est déjà perdu et usé. On oublie que si ce gros
et magnifique produit de demi-saDg, qui s^ébaudit encore dans la prairie, avait été soumis à un semblable régime, il serait mort depuis longtemps. Le cheval de pur-sang marche encore cependant et marchera même encore longtenîps dans cet état, mieux et plus vite que son gras, gros et dodu antagoniste quand on essaiera de le mettre en service. Si, convaincu de cette vérité, on remettait à la prairie tous les poulains de deux ans, infructueusement essayés en course, pour les reprendre, les dresser à trois ans et les répartir dans les différents services, auxquels les appellent leurs aptitudes, on n'aurait nul besoin de se préoccuper autant de Tamélioralion du cheval de demisang: on s'en passerait, ce qui vaudrait beaucoup mieux. Le plus grand nombre des chevaux, auxquels on donne la dénomination générique de hacks,se compose donc, généralement, de tous les chevaux de diverses espèces exclusivement destinés à la selle. L'emploi du mothack, pris dans ce sens, n'est pas absolument juste, ce sont des chevaux que Ton monte, mais ce ne sont pas des hacks. Le hack comporte une forme et des qualités parfaitement définies et limitées.
Le mot hack s'applique encore à une certaine catégorie intermédiaire entre le cheval de course et le cheval de selle. Elle se compose d'animaux, en apparence sortis d'entraînement puisqu'ils n'appartiennent à aucune écurie régulière, ayant cependant, ou les restes d'une qualité réelle perdue, ou un bout de vitesse, achetés en vue de faire simultanément un service de cheval de selle et de courir dans certaines courses dites pouîes de hacks, ou réservées, sous une dénomination quelconque, aux concurrents, n'étant pas entraînés, n'ayant pas couru une course publique depuis une époque déterminée, etc., etc. Ils passent leur vie dans une perpétuelle alternative, à laquelle ils ne doivent rien comprendre, montés ostensiblement au bois de Boulogne pour bien établir leur qualification de hacks, entraînés clandestinement par leur propriétaire ou même souvent par un entraîneur. Il serait trèsdifficile de trouver une dénomination pour des animaux d'une destination aussi indécise. Ce ne sont pas des chevaux de course, mais, à coup sûr, on ne saurait les qualifier de hacks.
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HAGKS (Course de). On donne le nom do course de hacks à des courses réservées à des chevaux ayant, à tort ou à raison, reçu la qualification de hacks, c'est-à-dire ne faisant pas partie d'une écurie régulière d'entraînement. Cette nature de courses est aujourd'hui à peu près tombée en désuétude, en raison surtout des continuelles réclamations auxquelles elles donnaient lieu. Presque invariablement, en effet, le second accusait le vainqueur d'avoir pris une préparation illégale, de ne pas se trouver par conséquent dans les conditions exigées. Il est vrai que le troisième aurait pu élever la même réclamation contre le second, et ainsi de suite jusqu'à l'épuisement total du nombre des concurrents.
Les courses de hacks présentaient cependant une certaine utilité relative, elles donnaient à quelques jeunes gens l'occasion de monter en public des chevaux appartenant à eux où à leurs amis. Mais ici s'élevait une nouvelle difficulté. La condition de Gentlemen-Riders (voyez ce mot) était aussi rigoureusement exigée pour les cavaliers que celle de non-entralnement pour les chevaux. Elle était également difficile à constater avant la réglementation intervenue à ce sujet, mais le règlement à cet égard concernant uniquement les courses de la Société d'encouragement, n'était pas en vigueur sur tous les hippodromes, il surgissait parfois des débats d'une solution peu aisée et pénible pour tout le monde.
En raison de toutes ces difficultés, les courses de hacks ont été peu à peu abandonnées, et remplacées par celles, dites de gentlemen-riders, ayant pour unique condition que les chevaux doivent être montés par des cavaliers ayant droit suivant les termes du règlement à la -qualité de gentlemen-riders (voyez ce mot). Les courses de hacks se produisent encore cependant, mais à de rares intervalles, sur quelques hippodromes dont le programme un peu court, et le budget réduit, nécessitent celte addition complémentaire. Elle se produisent généralement en ce cas sous forme de souscription, faite entre les cavaliers eux-mêmes, et prennent alors le nom de poules de hacks. Les cavaliers ou les propriétaires de chevaux qui désirent y prendre part, font chacun la mise d'une somme déterminée dont le total constitue le prix. Parfois, en province, on y joint une cra-