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PARIER POUR UNE PLACE. — PARIEUR CONTRE

propriétaires des deux chevaux partagent eux-mêmes le prix.

Si on a parié qu'un môme cheval gagnerait plusieurs des courses dans lesquelles il est engagé, le pari doit être considéré comme nul, au cas où ce cheval ferait dead-heat dans l'une de ces courses. Mais si, môme par suite d'un arrangement, il recourait seul la seconde manche, il devrait ôtre considéré comme ayant gagné.

Les jurys des courses ne peuvent décider les questions concernant les paris, à moins qu'ils n'aicDt été pris comme arbitres du consentement des deux parties. Ce droit appartient au Comité du Salon des courses, mais seulement pour les personnes faisant partie de cette Société.

PARIER POUR UNE PLAGE. Quand on parie qu'un cheval sera placé, cela veuT dire qu'il faut pour gagner que le cheval désigné, arrive dans les trois premiers, le juge n'indiquant presque invariablement que la place occupée par les trois chevaux qui ont les premiers dépassé le poteau d'arrivée. Il peut se faire que le juge place également un quatrième, mais au point de\ue du pari placé, il ne saurait compter. La condition d'un pari pour une place, comporte toujours, implicitement, que le cheval désigné arrivera dans les trois premiers.

PARIEUR CONTRE. La distinction à établir entre les parieurs est nécessairement la môme qu'entre les paris eux-mômes, ils se divisent en parieurs contre et parieurs pour. Le parieur contre dans l'organisation actuelle des paris est un spéculateur en grand, qui opère sur une vaste échelle, ne se préoccupe des chevaux que comme des cartes dont il faut équilibrer les chances, de manière à ce qu'il gfigae le plus possible, quoi qu'il arrive. On lui donne communément le nom de book-maker ou faiseur de livres. Le livre est uce liste de paris combinés, et la cote l'ensemble des proportions par lesquelles se formulent les chances de chaque cheval dans une course.

Ainsi, par exemple, si le champ d'une course se compose de dix concurrents et que leurs chances paraissent parfaitement égales, il faudrait parier neuf contre un contre chacun d'eux. Mais si, au contraire, l'un des concurrents est jugé assez supé-

rieur pour que sa seule chance soit égale à celle de tous les autres réunis, il s'en trouve parmi ces derniers qui n*ont plus qu'une chance de gagner sur quinze ou vingt.

C'est dans cette éventualité, que résident toutes les combinaisons du faiseur de livre. Il y a deux manières de faire un livre. La première, la plus simple et la plus sûre, est de parier contre le plus grand nombre de chevaux possible; comme il ne peut toujours y avoir qu'un seul vainqueur, le parieur contre gagnera sur tous les autres. De cette manière, on arrive à gagner presque sûrement, mais une somme minime relativement aux capitaux engagés. Supposons, par exemple, une course composée d'un champ de dix chevaux dont les différentes cotes seraient établies ainsi qu'il suit :

Chevaux

En supposant, pour rendre l'exemple plus clair, qu'une somme égale de cent francs ait été tenue par le parieur contre chaque cheval, avec proportions indiquées plus haut, si le cheval A gagne, le parieur contre paye au parieur pour qui l'a pris, 100 francs; il reçoit du parieur du cheval B, 40 fr.; d i cheval C, 20 fr.; du cheval D, 18 fr.; du cheval E, 10 fr.; du cheval F, 5 fr.; du cheval G, 5 fr.; du cheval H, 4 fr. ; du cheval I, 2 fr.: du cheval J, 1 fr. Comme il a dû payer 100 francs au parieur du cheval A, le faiseur de livre gagne donc 5 francs.

La victoire du cheval B eût donné pour bénéfice 15 francs, celle du cheval C, 35 ; celle du cheval D, 37 ; celle du cheval E 45; celle du cheval F, 50; celle du cheval G, 50; celle du chel val H, 51 ; celle du cheval I, 53 ; celle du cheval J,54. Le parieur contre ne pouvait donc perdre en tout état de cause ; son

gain était plusv ou moins élevé, suivant que la cote du cheval gagant se trouvait plus ou moins forte. La victoire du fayori est donc la chance la moins favorable du parieur contre. Les outsiders, c'est-à-dire les chevaui qui, étant cotés à des taux élevés, lui. laissent toujours un bénéfice plos grand. Il faut nécessairement, pour le succès de cette combinaison, que le parieur contre puisse trouver à parier à une cote quelconqu'e contre tous les chevaux de la' cout*se. Là est toute la difficulté de son opération. Car évidemment, à de bien rares exceptions près, le vainqueur se trouvera toujours au nombre des chevattx contre lesquels il parie, et si parmi les autres il s'en trouve quelques-uns, sur lesquels il n'ait rien fait, son bénéfice peut être très compromis.

La seconde manière de faire un livre, plus lucrative mais moins sûre, consiste à le faire en vue de l'éventualité du gain d'un seul cheval. Si le parieur contre a confiance dans un cheval, pourvu que celui-ci ne figure pas parmi les premiers favoris, il pourra presque toujours combiner son livre de manière à se ménager, dans tous les cas, un bénéfice si léger qu'il soit, ou s'arranger du moins de manière à écarter toute chance de perte en se niénagearit la possibilité de gagner beaucoup, dans l'éventualité du succès du cheval qu'il a choisi.

En prenant de nouveau l'exemple cité plus haut, et supposant que le parieur contre ait eu la pensée que lé cheval F dût gagner, il n'aurait pas parié contre lui, et aurait établi son Kvre sur la combinaison suivante :

1000/500 contre le cheval A } 000/400 contre le cheval B 1000/200 contre le cheval G 1000/180 contre le cheval D 1000/100 contra h cheval E Rien contre le cheval F i 100/55 contre le cheval G 1100.44 contre le cheval H ^ 1200/24 coQtre le cheval 1

1300, 13 contie le cheval J.

D'après cette combinaison, dans le cas de la victoire du che-

val A, le parieur contre payerait 1000 et recevrait 400 + 260 4- 180 + 100 + 55+44 + 24 + 13, total : 1016. Il gagnerait donc 16.

Si au contraire le cheval B gagnait, le bénéfice du parieur contre était de 1)6, de 316 avec le cheval G, de 336 avec le cheval D, de 416 avec le cheval Ë; pour le^ cheval 6 il lui eût fallu payer 1100 et recevoir 1461, son bénéfice eût donc été de 361 ; pour le cheval H, on payait 1100 et on recevait 1470, on gagnait donc 372; pour le cheval I, on payait 1200 pour recevoir 1493, le bénéfice était de 292 ; pour le cheval J, on payait 1300 et on recevait 1503, on gagnait donc 203.

Dans le cas, au contraire, oti le cheval F eût gagné, le parieur contre aurait reçu de tous les chevaux sans rien payer, son bénéfice eût été de 1516. 11 aurait fait ce que Ton est convenu <l'appeler un coup.

La profession de parieur contre a pris une grande extension en Angleterre, et constitue un métier très-lucratif qui mène parfois à la fortune. , Il ne saurait en être de même en France, où il ne peut jamais dépasser une certaine limite. Malgré le développement pris par les paris» ils s'effectuent dans une proportion beaucoup moindre, et sur des sommes sensiblement moins considérables. Une des premières conditions de la réussite de la combinaison du parieur contre, est quMl trouve à placer, si ce n*est tous les chevaux, au moins le plus grand nombre. Cette facilité se trouve en Angleterre tout au moins dans une proportion suffisante. En France, au contraire, les parieurs pour se jettent tous sur deux ou trois chevaux parmi lesquels le vainqueur se trouve nécessairement, et il devient à peu près impossible de placer les autres à n'importe quelle cote. Le parieur contre, s'il voulait faire son livre sur une assez vaste échelle, se trouverait donc toujours à découvert.

Le parieur contre n'exerce pas, à vrai dire, une profession en France, les faiseurs de livres sont des amateurs qui, préférant cette manière de spéculer, s'y livrent avec une excessive prudence, donnent des proportions très-minimes et s'efforcent toujours de garder, autant que possible, le cheval qu'ils supposent avoir la meilleure chance. Quand on le leur demande, ils disent que leur livre est fermé sur lui, c'est-à-dire qu'ils ont fait en ce

kB(f PARIEUR POUR.

qui le concerne toutes les opérations qu'il leur convient de risquer. Ce n'est qu'à de rares occasions, pour le grand prix de Paris, par exemple, que l'on peut se faire une idée, en France, de ce qu'est véritablement 'un book-maker, parce que plusieurs de ces industriels passent la Manche pour venir opérer en France à cette occ^iaon; encore est-il difficile de se rendre compte bien exactement de leur manière de faire, le marché français étant beaucoup plus restreint que celui d'Angleterre et ne présentant pas les mêmes ressources. Leurs opérations doivent nécessairement se mettre au niveau de la place sur laquelle ils se trouvent. L'intervention des parieurs anglais se fait néan^ moins sentir immédiatement , par l'énormilé comparative des sommes qu'ils proposent contre tous les chevaux, surtout quand ils ont une idée accentuée sur l'un des concurrents anglais.

L'extension des paris est telle en Angleterre, qu'ils ont nécessité rétablissement de maisons de commission, à l'usage de toutes les personnes qui veulent parier et que leurs occupations ou leur position empêche de fréquenter les betting-rooms, où sa traitent d'ordinaire ces sortes de transactions. Ces maisons de conimission font des affaires considérables, leur gain n'est pas aléatoire, bien qu'il ait pour base les chances des courses. Leurs opérations se bornent en général à donner à leurs clients tel ou. tel cheval, à une cote quelque peu inférieure à celle établie par le cours moyen du marché au betting-room, puis à négocier ce pari au taux régulier au betting ; ils profitent ainsi de la différence.

PARIEUR POUR. Le parieur pour est celui qui, à rencontre du parieur contre, choisit un seul cheval dans le champ, et parie à une cote, débattue entre lui et le parieur contre, ou établie par le marché. £n Angleterre on donne au parieur pour le nom de hacker.

Le parieur pour est d'abord le propriétaire de chevaux. Nul ne peut avoir une opinion mieux justifiée sur le mérite de son cheval et un espoir plus fondé de le voir gagner. Derrière le propriétaire viennent se ranger ses amis, h qui il a pu confier ses espérances, et tous les étrangers qui ont confiance dans son cheval, ou veulent risquer une somme

quelconque, avec la chance d'en gagner une proportionnelle- I ment beaucoup plus élevée.

Le rôle du parieur p>ur est donc très-simple: il choisit dans le champ de la course le cheval qui lui convient, s'informe de la cote à laquelle on veut le lui donner, et s'il la trouve suffisante, l'opération est conclue. Dans ce cas le parieur pour risque une unité contre un chiffre variable suivant les oscillations du marché. Si le cheval est à 5/i, en cas de succès, le parieur pour gagne cinq. Si au contraire le cheval est battu, il paye un au parieur contre.

Les parieurs pour sont généralement la hôte noire des propriétaires de chevaux, parce qu'ils marchent sur leurs brisées, épient leurs démarches, tâchent de surprendre leurs secrets, et font malgré eux, par leur empressement, monter le cheval dans la cote. 11 est aisé de comprendre que, plus un cheval est demandé, moins la proportion que Tou donne contre lui est élevée. Dans une seule séance du salon des courses, un cheval peut varier de 20/1 à 5 et à 4/1 suivant qu'un plus grand nombre dlndividus placent leur argent sur lui. Les parieurs contre voyant cet empressement, baissent la proportion qu'ils donnent au fur et à mesure que les demandes se multiplient. Les pa- \ lieurs pour^ impatients et craignant de voir la cote du cheval,

sur lequel ils veulent mettre leur argent baisser encore, accep- I tent l'offre de leurs adversaires. Les intérêts du propriétaire se

I trouvent fort compromis au milieu de ce conflit, son interven-

tion ne peut qu'augmenter le mouvement de baisse, il est le plus souvent obligé de se tenir col, de prendre son cheval à une cote peu avantageuse, ou de faire faire ses paris par une tierce personne.

P n s'établit donc une lutte constante entre les parieurs contre

et les parieurs pour^ les uns pour donier la cote la moins éle- \ vée, les autres pour obtenir la plus haute possible. Le môme

débat se reproduit entre le parieur pour et le propriétaire, les premiers pour découvrir si le second place de l'argent sur ;. son cheval, celui-ci pour le cacher. Les ruses qui se déploient

I dans cet antagonisme sont un curieux spectacle. Le rôle du pro-

• priétaire est de rester impénétrable au milieu de la confusion

^ de l'assemblée, d'entendre, sans sourciller, le nom de son cheval

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offert ou demandé à une certaine cote, comme si on parlait autour de lui d'une chose qui lui fût absolument étrangère. Ses adversaires au contraire cherchent par tous les moyens possibles à le faire se départir de son impassibilité, lui proposent son cheval à une cote avantageuse, mais pour une faible somme, afin de trouver une indication dans son acceptation ou son refus.

Lui-môme fait conclure ses paris par une personne étrangère, donne le change s'il a plusieurs chevaux engagés dans la même course, en pariant ostensiblement pour l'un, pendant que ses agents prennent le véritable champion. C'est une lutte de feintes et de finesses engagée la plupart du temps en pure perte, car il est difficile que la vérité ne transpire pas, et que la cote logique d'un cheval ne s'établisse pas d'elle-même à une juste moyenne.

Le seul avantage réel du propriétaire réside dans les courses à longue échéance, comme le prix du Jockey-Club,' les Poules, le grand prix de Paris, etc., oh. les engagements se font quelquefois un an d'avance. Il peut alors prendre un de ces chevaux complètement inconnu, à une grosse cote, tâcher, si l'animal ne justifie pas entièrement ses prévisions, de le faire monter dans la cote et de le donner à son tour à un taux plus avantageux, de cette façon il est à peu près sûr de se couvrir (voy. ce mot) et môme dans certains cas de gagner en tout état de cause. Mais alors, il se trouve à la fois parieur pour et parieur contre* Si au contraire le cheval justifie ses prévisions, il garde son pari, tel qu'il a été conclu, et se trouve avoir ainsi une meilleure cote, qu'il n'aurait jamais pu obtenir autrement.

PARIS (Ville de). La réunion de Paris doit être considérée non-seulement comme le centre, mais encore l'expression môme des courses en France. L'hippodrome de Paris est sous la direction exclusive et le contrôle de la Société d^encouragement. C'est assez dire qu'il est irréprochable à tous égards. La fondation de l'hippodrome de Longchamps peut ôtre prise en môme temps comme la date de la consécration du turf français. Tant que la Société d'encouragement n'a pu triompher des oppositions systématiques qui ont si longtemps cher-

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ohé à entraver sa marche, les courses avaient lieu au chao^) de Mars, c'est-à-dire sur un terrain exécrable comme piste, peu digne comme aspei^t, d'une ville comme Paris, et de Tidée dont les courses étaient l'expression^ .

C'est vers l'année 3 855 ou 1856 que la Société d'encouragejnent se trouva en mesure de songer à donner aux courses qu'elle avait créées, un théâtre plus digne de l'état prospère où elles étaient arrivées. Les prairies de Longchamps, situées entre la limite occidentale du bois de Boulogne et la Seine, étaient signalées depuis longtemps comme l'emplacement le plus favorable, pour établir un champ de courses aux poHes de Paris. Par suite d'une concession de la Ville, la Société d'encouragement devint propriétaire du terrain actuel de Longchamps, à la charge, acceptée par elle, de faire construire les tribunes spacieuses et permanentes existant aujourd'hui.

Cette translation fut un des événements les plus saillants du turf français; il s'agissait de créer un hippodrome digne d'une ville comme Paris et non un champ de manœuvres cpBverti en hippodrome d'une manière incomplète et insuffisante. Le terrain mesure environ soixante-six hectares de superficie. Sa vaste étendue permet d'y tracer plusieurs pistes de /orme et de dimensions différentes, d'éviter les tournants trop courts ou trop fréquents, et de donner aux chevaux toute facilité pour développer leurs qualités sans entrave aucune. L'hippodrome est gazonné, le terrain aussi bon que peut l'être un sol artificiel. Grâce aux soins de M. Mackensie-Grieves et aux dépenses devant lesquelles la Société d'encouragement ne recule jamais, il est devenu aussi bon qu'il était possible de le désirer.

L'inauguration du terrain de courses de Longchamps a eu lieu le 27 avril 1857. Ce fut une solennité à laquelle rien n'a fait défaut, malgré un temps peu favorable. L'enceinte du peflfage comptait plus de trois mille personnes. Les pavillons et les gradins supérieurs étaient garnis de cinq mille spectate^rs. On comptait sur le terrain de courses même, sept cents voitu- • res dont (mze à , quatre chevaux, quatre mille piétons et deux cent cinquante cavaliers. Malgré ce brillant début, le succès de l'hippodrome de Longchamps a été croissant depuis sa fon-

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dation ; il a fallu augmenter chaque année les proportions, déjà assez vastes, des différentes tribunes.

La première course courue sur l'hippodrome de Longchamps fut gagnée par M. Lupin avec Éclaireur, par Master-Waggs et Lanterne. C'est le prix de la Bourse qui inaugure chaque année la réunion du printemps à Paris.

PARIS (Grand prix de). Une création grandiose ne devait pas tarier à venir consacrer l'importance de Phippodrome de Longchamps, et en faire un terrain de courses peut-être unique en Europe. L'association de MM. le comte de Lagraoge et baron Nivière, ayant démontré le développement et la progression ascendante de notre production de pur sang, fit surgir l'idée de fonder un prix d'une importance sans précédent, oti seraient admis les chevaux de tous pays dans une lutte internationale. Telle fut la pensée qui présida à la création du Grand prix de Paris j ou Prix de cent mille francs.

C'est principalement à M. le duc de Morny, qu'est due l'initiative de cette pensée ; il fut énergiquement secondé par plusieurs de ses collègues, et notamment par M. le vicomte Paul Daru. On s'adressa au conseil municipal de la ville de Paris, et aux administrations des cinq grands chemins de fer. Grâce à ces puissants auxiliaires, la somme de cent mille francs, fut attribuée à la nouvelle création, et le grand prix de Paris fut fondé.

La réalisation de cette innovation comportait quelques diffi cultes, la première consistait dans l'opposition que rencontrai en Angleterre la fixation du dimanche pour l'inauguration de cette grande lutte, dont le résultat devait être une date mémorable dans les annales du turf des deux pays. La Société d'encouragement maintint ce jour, malgré un mécontentement peu dissimulé par la presse anglaise.

Le sentiment public était conforme en France à l'opinion de la Société d'encouragement, et pensait avec raison que notre pays ne devait pas s'incliner devant des usages qui n'étaient pas les siens. Le débat fut assez animé et donna lieu à une longue correspondance entre M. le vicomte Paul Daru, chargé de communiquer 'à l'amiral Rous, président du Jockey-Club anglais, les considérations qui avaient décidé le Comité des cour-

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ses de la Société d'encouragement à choisir le dinaanche pour la fixation du grand prix de Paris.

Une fois celte difficulté résolue, et l'opinion de la Société d'encouragement adoptée, les conditions du grand prix de Paris furent ainsi fixées :

Grand prix de Paris: un objet d'art donné par Sa Majesté l'Empereur, et 100000 francs en espèces, donnés, moitié par la \ille de Paris, et moitié par les cinq grandes compagnies de chemins de fer, pour poulains entiers et pouliches de trois ans, de toute espèce et de tous pays. Entrée 1000 francs ; forfait 600 et 500 francs seulement, s'il est déclaré le mercredi qui précède la course, et 100 francs seulement s'il est déclaré le l^^'mai. Le second reçoit 10000 francs et le troisième 5000 francs sur les entrées. Poids 55 kilog. Distance 3000 mètres.

L'inauguration du grand prix de Paris eut lieu le 3 mai 1863, le succès dépassa toutes les espérances. Jamais réunion de courses n'avait attiré en France une assistance aussi considérable. L'enceinte du pesage et les tribunes étaient envahies dès le matin par une foule qu'elles ne pouvaient contenir, el dont l'encombrement mettait un grand nombre de spectateurs dans Timpossibilité de suivre les courses. L'intérieur de l'hippodrome et les abords de la piste étaient couvert de piétons et de voitures. Le chiffre de la recette s'éleva à 81 000 francs. Bien que la première épreuve ait été gagnée par un cheval anglais, l'élevage indigène n'eut pas à regretter d'avoir provoqué celte lutte internationale. La Toucques, le seul concurrent français qui put avoir une prétention quelque peu sérieuse, arriva seconde, battue d'une demi-longueur après une très-belle course. Nous ne devions pas tarder à prendre notre revanche, car dès l'année suivante, le grand prix de Paris était gagné par Vermout, à M. Delamarre, battant Blair-Athol, vainqueur du Derby d'Epsom, et l'un des meilleurs chevaux que l'Angleterre ait produits. La fondation du grand prix de Paris a donc aujourdHiui neuf années d'existence. La course a été de fait courue huit fois seulement; elle n'a pas pii avoir lieu en 1871.

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