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SPORTSMAN

La qualification de sportsman est précise et le mot sport doit s'arrêter à une certaine limite. On ne saurait, par exemple, y comprendre la boxe, la savate, le bâton, et tous les goûts qui ne sont pas inhérents à une certaine manière de vivre et à certaines aptitudes d^une nature élevée relativement , dans Tordre d'idées dont ils sont l'expression. Ou s'il fallait, génériquement, les comprendre dans la classification des sports, on devrait les considérer comme une dégénérescence. Ils seraient, toute proportion gardée, dans le rapport de l'ivrognerie à la bonne chcre, du vice à la passion. Le mot sport et par conséquent celui de sportsman, comprend toujours un certain désir ou besoin d'excitation dirigé sur un exercice quelconque qui lui donne satisfaction, et parfois le passionne. C'est dans ce sens que la dernière catégorie dont nous venons de parler, peut, à la rigueur, avoir la prétention de figurer parmi les sportsmen- Ghes eux, c'est Texcitation brutale et physique poussée à Textrôme ; ils pourraient, sous ce rapport, être assimilés aux buveurs d'abs!nthe.

Comme on le voit, la signification des mots sport et sportsman, est peu comprise en France, et a surtout été détournée de son sens vrai. Les gens qui, à un titre quelconque, s*occupent de chevaux et principalement des courses, se l'attribuent à tort exclusivement. Il en est même, parmi eux, qui ne sauraient y avoir aucun droit. Le sportsman s'occupe toujours du sport, qui forme sa passion dominante, avec un certain désintéressement, un amour de l'art inséparable d'un goût exclusif. Celte distinction n'exclut nullement l'idée de jeu et de gain ; mais chez le vrai sportsman, elle est toujours dominée par une satisfaction morale, le plaisir d'avoir réussi, soit dans une opinion, soit dans l'exercice d'une chose qu'il aime ; Taccessoire n'emporte jamais le principal. Qu'il gagne ou qu'il perde, il reste sportsman ; en ce qui concerne les courses, par exemple, il préférerait perdre son argent et voir gagner son cheval. Celui-là est un sportsman. Quant à ceux que Tidée de gain, seule, amène sur un terrain de courses, qui, par des calculs plus ou moins ingénieux, cherchent à en tirer profit, sans que le goût de cheval ou la passion de la course domine chez eux la pensée du lucre, ceux-là spéculent à propos de sport, mais ne font pas

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de sport, et ne peuvent ayoir droit à être rangés dans la classe des sportsmen, que sons la seule dénomination de bande noire du iport.

STAKES (mot anglais), les enjeux, ce que nous appelons Entrées, en matière de course. La plupart des sommes gagnées en courses en Angleterre, ne sont que le résultat des enjeux. Le nombre de chevaux engagés rend souvent cette somme importante. Le Derby lui-même n'est qu'une poule monstre, l'argent accordé est très-peu important. Les Queen's Plates et quelques autres donations particulières, constituent des prix spéciaux, dont la valeur ne dépasse que rarement 100 liv. (2500 fr.). Ce sont donc les stakes, seulement, qui peuvent donner à la course gagnée une certaine valeur pécuniaire, qui, comme dans le Derby, les Oaks, le Saint-Léger, atteignent souvent le chiffre de 125 à 150000 francs, quelquefois davantage.

STEEPLE-CHASE (Le) proprement dit, tel qu'il existe aujourd'hui, ne remonte pas à une époque très-ancienne, même en Angleterre; il existait depuis fort longtemps, mais sous une autre dénomination, présentant un caractère et un aspect beaucoup plus en rapport avec sa raison d'être réelle. L'origine du steeple-chase est, on le comprend, intimement liée à l'idée de la chasse à courre, surtout telle qu'elle se pratique en Angleterre» On peut les définir ainsi INin et l'autre : un point de départ étant donné, aller devant soi à l'aventure, dans un pays que l'on ne connaît souvent pafe, jusqu'à un autre point déterminé. Dans la chasse en Angleterre, le renard remplit parfaitement cet office,, les chiens servent de drapeaux, et l'on s'en va ainsi devant soi chacun pour son compte, et Dieu pour tous, affrontant ou escamotant les difficultés .que Ton rencontre, tombant,' se relevant ou restant à terre suivant les circonstances. Cette énuméralion des diverses péripéties d'une chasse ou d'un steeple-chase naturel, peuvent paraître une étrange manière de passer son temps (quand on n'y est pas forcé), à ceux que leurs goûts, leurs passions ou les conditions de leur existence, ne portent pas vers cet ordre d'idées. C'est précisément là où glt la différence du sportsman et de celui qui ne Test pas. Pour le premier, le danger, les ennuis d'une chute disparaissent, une fois à cheval,.

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devant Texcitatioii d'un semblable exercice ; Pamonr qu^fl porte à son cheyal, le désir d'arriver le premier, le plaisir physique, existant poar les hommes possédés de cette passion, de se sentir emporté au galop cadencé et régulier d^un cheval de noble race^ de s'envoler comme un oiseau par-dessus des obstacles réputés infranchissables; tout cela prime, chez lui, les chances aléatoires de ce périlleux plaisir, qui perdrait, au reste, beaucoup de son charme s'il présentait une sécurité absolue. On attribue généralement à Famour-propre seul, le mobile qui pousse un homme à braver inutilement un danger, sinon certain, au moins probable, car on ne saurait chasser régulièrement le renard en Angleterre, ou courir plusieurs steeple-chases, sans tomber plus ou moins, quelle que soit d'ailleurs la qualité du cheval que Ton associe à ses dangers. On se trompe cependant : la chasse et le steeple-chase sont une véritable passion, pas plus extraordinaire, en fin de compte, que celle des combats de taureaux en Espagne. Le danger, quel qu'il soit, a pour certaines natures une attraction qui les domine, et à laquelle il leur est impossible de se soustraire. Cette disposition se porte nécessairement sur les exercices auxquels les conditions de la vie de chacun, lui permettent de se livrer.

t)n peut, au reste, se rendre compte de Tattrait de ces spectacles, par l'empressement que le public met à y assister : il en suit anxieusement les diverses péripéties; il s'émotionne platoniquement, parce qu'il n'ose ou ne peut faire autrement. Ceux, au contraire qui, dominés par cette passion, s'y livrent pratiquement, éprouvent la jouissance réelle et positive. Les exercices de cette nature ont eu et conservent encore chez les peuples ot ils sont en honneur, une influence beaucoup plus grande qu'on ne le pense, sur la vitalité et l'ensemble de l'organisation sociale elle-même. Si étrange que puisse paraître cette assertion, elle est exacte; mais il faut pour la confirmer une génération forte, énergique, et possédant des qualités viriles, qui manquent peut-être un peu aux hommes de notre temps.

Ces considérations n'ont pas été étrangères aux modifications successives subies par le steeple -chase. Dérivé de la chasse au renard, et portant primitivement le nom de coursa au clocher, il

était invariablement couru par des chasseurs, c*est-à-<lire des gentlemen. Pour exercer leurs chevaux avant Pouverture de la chasse ou se rendre compte de leurs qualités respectives à la fin de la saison, on se réunissait dans une contrée connue pour présenter de sérieuses difficultés. Les coureurs réunis avisaient un clocher lointain, on le prenait pour but; on partait à l'aventure, chacun prenant le chemin qui lui convenait, affrontant les chances diverses de cette ligne inconnue, et le premier arrivé au clocher désigné était le vainqueur.

Il y a loin, comme on voit, du steeple-chase primitif à celui existant de nos jours. Aussi est-il dépourvu aujourd'hui de son intérêt principal et de sa raison d'être réelle ; c'est-à-dire d'habituer des chevaux et des hommes à courir à travers pays sans tenir aucun compte des difficultés qui arrêtent un cavalier ordinaire. S'éloignant de plus en plus du caractère de son origine, le steeple-chase a* pris îéfinitivement l'aspect d'une course ordinaire parsemée d'obstacles (Voy. ce mot). Il constitue seulement, dans ces conditions, un spectacle très-attractif pour les masses, et une sorte de sport intermédiaire, qui se rapproche beaucoup de la course, sans présenter cependant la même signification et le même intérêt. Les gentlemen s'en sont peu à peu éloignés, et n'y prennent qu'exceptionnellement une part active. Un des grands inconvénients qu'il présente, consiste dans le nombre assez limité des chevaux consacrés à ce genre de luttes, la difficulté qu'ils ont à se renouveler, et surtout la possibilité qu'ils trouvent de pouvoir suivre cette carrière, pendant un temps dont la limite est souvent celle de leur existence. Le handicap devient donc à peu près Tunique ressource des steeple-chases, puisqu'il a presque toujours lieu pendant plusieurs années de suite entre les mêmes chevaux. Ce n'est pas une besogne facile que de les équilibrer, de manière à leur laisser, à tour de rôle, la chance de gagner au moins une fois. Une supériorité transcendante en steeple-chase est beaucoup plus difficile à paralyser qu'en courses plates, parce qu'elle réside dans une certaine aptitude naturelle, développée par l'expérience, et non dans une qualité absolue et réelle. Néanmoins, tels qu'ib sont constitués, les steeple-chases sont un très-utile auxiliaire des courses plates; ils ofirentaux chevaux, qui ontac-

coropli cette première phase de leur carrière, ou qui ont élé contraints de Tabandonner par manque de qualité, une spéciali'é souvent fructueuse. Un cheyal de course plate, si médiocre qu'il soit, a toujours assez de train pour gagner un steeple-cbase, s'il joint à ce mérite intrinsèque une certaine aptitude de sauteur. Les noms des héros de ce genre de luttes, suffiront à confirmer cette assertion. Franc- Picard, Auricula,yalentino, Magenta, etc. étaient des chevaux incapables de gagner une course plate, même d'un mauvais ordre. Quant à Astrolabe, sa qualité ne s'est jamais élevée au-dessus de celle d*un concurrent de prix à réclamer,.et cependant aujourd'hui encore, quand elle est en forme, elle peut impunément rendre vingt livres aux meilleurs concurrents de la spécialité, même à ceux qui, en courses plates, lui seraient très-supérieurs. Ënsteeple-chases, ce n'est donc pas comme dans une course, le meilleur cheval qui gagne, même à poids égal, ce n'est du moins pas le meilleur dans Tacception stricte du mot, c^st-à-dire celui dont la qualité est la plus éle • vée. Les mots bon et mauvais ^ont toujours relatifs et subordonnés au but que Ton poursuit. La qualité réelle, c'est-à dire la supériorité positive, est seule absolue, parce qu'elles les comprend toutes ; elle se révèle seulement dans la course proprement dite, c'est-à-dire la course plate, la seule qui soit réellement une course à proprement parler; cela est tellement vrai, que le seul cheval de grande classe qui ait été affecté aux steeple-chases depuis vingt ans. Cosmopolite, était en fin de compte, un sauteur médiocre, mais sautait cependant suffisamment. Il faisait absolument ce qu'il voulait de tous les chevaux de steeple-chases existants, à n'importe quel poids. Il était cependant à moitié en condition, car il avait été retiré de l'entraînement régulier, en raison de l'état inquiétant de l'une de ses jambes antérieures. Non-seulement il a trouvé de faciles succès en steeple-chascs, mais sa jambe s'est durcie suffisamment pour permettre de le remettre en entraînement, et de lui faire encore gagner quelques courses plates d'une certaine importance. L'Africain, ex-Falendre, était un cheval de seconde classe seulement, et passait pour à peu près imbattable, tant qu'il est resté dans sa bonne forme.

Les steeple-chases aujourd'hui, sont donc tous plus ou moins

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artificiels, c'est-à-dire tracés en général sur des pistes plates, dansPintérieur même de l'hippodrome, où le parcours serpente, reyenant sur lui-même à diverses reprises, pour atteindre la distance moyenne de ces sortes de courses, distance qui comporte rarement moins de 5000 mètres. Quelques localités seulement ont des terrains de steeple -cbases demi-naturels, c'est-à-dire dont les dispositions offirent certaines difficultés ou môme quelques obstacles dont on peut profiter, mais que l'on modifie toujours d'une manière ou d'une autre, et auxquels sont adjoints autant de sauts artificiels qu'il est nécessaire. Ce sont principalement, en France : Dieppe, Porchefontaine, autrefois Maison- Laffite; en Belgique, Spa; et Bade, en Allemagne. Ce dernier tracé est un modèle du genre, mais il est peu de pays où l'on pourrait en trouver l'équivalent. L'état avancé de la culture, la division de la propriété qui rend très-difficile, à des conditions acceptables, le passage sur des terrains appartenant! de nombreux propriétaires différents, sont aatant de difficultés presque impossibles à surmonter. On peut donc dire, d'une manière à peu près absolue, qu'il n'existe pas en France de steeple-cbases ayant même l'apparence d'un terrain naturel.

L'institution des steeple-chases a subi en France, depuis bientôt quarante ans, les phases diverses d'une fortune incertaine. Adoptées d'abord avec une excessive faveur, ces sortes de courses furent successivement abandonnées, reprises, puis délaissées de nouveau; elles ont acquis vers 1863, un développement suffisant et conforme à leur utilité réelle.

L'Administration des Haras, par des mesures prises en 1863, a rendu aux steeple-chases une importance qu'on n'avait pas encore cru devoir leur accorder jusqu'à ce jour. Il y avait alors un nombre très- restreint de chevaux adonnés à cette spécialité. Beaucoup d'entre eux étaient, d'ailleurs, de respectables vétérans ou de glorieux invalides. Le caractère peu sérieux de ces épreuves, peut, seul, leur permettre malgré la vieillesse, de ne pas arrêter le cours de leurs triomphes. On voyait toujours les mômes noms inscrits invariablement sur les programmes de ces sortes de courses. Les nouvelles mesures ont fait surgir de nouveaux concurrents.

Nos chevaux de pur-saog, auxquels on s'obstinait à refuser

le foDd, la force et l'adresse, qu'on cherdiait vainement à trouver ailleurs, du moins au môme degré, montrèrent qu'ils étaient toujours les premiers de tous, quels que fussent les genres d'épreuves.

Les premiers steeple -chases firent leur apparition en France vers 1832, à la Croix-de-Berny ; ils étaient , à cette époque, beaucoup plus dans le vrai sens de leur création, qu'ils ne le sont aujourd'hui. Uniquement réservés aux gentlemen-riders, offrant au public un attrayant spectacle, rempli d'intérêt et d'émotion, ils donnèrent à d'iutrépides cavaliers l'occasion de déployer leur courageuse habileté, et, nécessairement, inspirèrent à d'autres le désir d'entrer en lutte. Ils contribuaient ainsi à propager le goût et la pratique du cheval, sans avoir la prétention d'atteindre un but • plus sérieux, qu'ils sont impuissants à remplir. On n'y faisait, à très- peu d'exceptions près, figurer que des chevaux' pris n'importe oii, sorte d'enùmts perdus n'ayaat aucune qualification, et ne prétendant point à la pureté du sang.

Est-ce à cette circonstance qu'il faut attribuer, en partie, l'opinion longtemps accréditée en France, que le cheval de demisang, ou plutôt de trois quarts de sang, était le seul propre à ce genre d'épreuves, interdites à jamais au cheval de pur-sang, dont la construction grêle et légère ne pouvait, prétendait^on, triompher des terrains lourds, de gros poids et d'obstacles, que son volumineux rival affrontait avec une facilité et un bonheur, très-exagérés d'abord, et uniquement dot dans tous les cas, à l'absence complète de train, conséquence inévitable de ces sortes de luttes? Toujours est-il, qu'il fut longtemps admis et professé, qu'un cheval de pur-sang ne sautait pas, ne pouvait porter le poids, et n'était propre qu'à galoper sur la pelouse de Chantilly. Il fallut à cette époque une conviction bien inébranlable, une foi bien ardente dans la vérité, à ceux qui, au milieu des continuelles attaques passipnnées de quelques-uns, des récriminations bruyantes et ignorantes de presque tous, continuèrent à marcher vers le but qu'ils s'étaient fixé, sans dévier un instant de la route qui devait y conduire.

Cette conviction de l'inaptitude du cheval de pur-sang à tout autre service que celui de la course, et spécialement de son

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