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SUZERAIN

et nerveux, proTieat presque toujours de la manière dont ils sont dressés et montés; très-souyent desjockeysynerrmuc: euxmêmes et brutaux, au lieu, en abordant ces obstacles, de rester tranquilles sur leur selle, et de laisser au cheval le temps de regarder ce qu'il a devant lui, le poussent au contraire, à grand renfort de cravache et d'éperons, et le forcent à charger l'obstacle. L'animal éperdu, affolé, se jette à croix 4)ii pile» faisant un bond désespéré pour se débarrasser à la fois de Tobstacle et de celui qui le brutalise et le bouscule. Plus tard sa mémoire le ramène de Teffet à la cause, et quand il entre sur un terrain de course, il se démoralise et devient comme fou. Il est à remarquer que les chevaux dressés par de véritables hommes de chevaux, comme ceux de M. le baron Finot, par exemple, se sursautent très-rarement. Un cheval sautant en liberté prend toujours son saut sagement et juste, parce que Pinstinct de conservation suffit pour lui faire prendre toutes les précautions possibles.

SUZERAIN. Cheval bai brun, par The Nabob et Bravery, naquit en 1865 et appartient à M. Schickler.

Il gagna en I868 le prix de TEmpereur à Paris (290O0 fr.}; le prix du Jockey-Club à Chantilly (59 900 fr.), et arriva 2^ dans le Grand prix de Paris, à Paris (10 000 fr.)

Suzerain aurait laissé dans les annales des courses les souvenirs de Tun des meilleurs produits de Télevage français, si sa carrière n'eut été arrêté par un accident, presque à son début. Il gagna très-facilement le prix du Jockey-Club en 1868, battant, il est vrai, un champ assez médiocre, puisque Gondoher était second, Piétro troisième, et qu'il n'y avait, derrière eox^ rien qui vaille la peine d'être noté.

Suzerain, après cette victoire, se présenta pour disputer le grand prix de Paris à The Ëarl ; il succomba devant le cheval anglûs, mais il arriva second après une très-belle course, battant Nelusko pour la deuxième place. Suzerain avait reçu, pendant la course, une atteinte qui fut sur le moment jugée insignifiante. £st-ce à cet accident ou à toute auk« circonstance qu'il faut attribuer sa disparition de l'hippodrome ? Toujours est-il qu'il fut depuis impossible de le remettre en condition, et Ton

-dut le retirer d'entraînement. Il fait aujourd'hui la monte chez son propriétaire, M. A. Schickler.

Suzerain est un cheval de grande taille, bai brun, tellement foncé qu'il peut passer pour noir, d'une origine irréprochable et d'une grande qualité.

T^LEAÏÏ. On donne le nom de tableau à un mécanisme très-ingénieux qui fonctionne, depuis plusieurs années déjà, sur les hippodromes de Paris et de Chantilly , et dont au reste toutes les réunions de quelque importance sont pourvues sous une forme ou une autre. Son but est d'initier le public au nom des chevaux partants, au fur et à mesure que les jockeys se pèsent, et de désigner, d'une façon authentique et légale, le nom du vainqueur après la course.

Les modes employés, pour établir cette sorte de télégraphie, sont divers et subordonné» à l'ensemble de l'organisation matérielle de chaque réunion. Pour qu'un tableau fonctionne commodément et, surtout, avec instantanéité, il faut avoir recours à un mécanisme qui nécessite un appareil, et par conséquent la permanence des constructions constituant l'ensemble de l'hippodrome. Le modèle en ce genre est le tableau existant à Paris et à Chantilly. Il consiste dans un grand tableau noir, sur lequel se trouvent des cases où sont placés les numéros indiquant le nom de chaque cheval, et correspondant à celui placé en regard de chaque concurrent engagé sur le programme ; à l'état ordinaire, ces cases sont recouvertes de plaques de tôle de la même couleur que le tableau lui-même. A Faide d'un appareil électrique, au moment où un jockey se met sur la balance, la plaque recouvrant le numéro du cheval qu'il monte, se soulève et rentre dans une coulisse pratiquée à cet effet dans le tableau. Le numéro indiquant le nom du cheval apparaît, et tout le public en regardant sur son programme

peut acquérir la certitude de son départ. L'apparition d'un numéro sur le tableau acquiert, de cett3 manière, un caractère quasi légal, puisqu'elle se produit seulement aa moment où le .jockey, qui doit monter le cheTal,se place dans la balance pour se faire peser. Le départ du cheval peut donc être considéré comme certain, et Ton peut parier sur lui, sans arrièrepensée aucune ; à moins de circonstances tout exceptionnelles, un cheval ne peut être retiré après le pesage. Si ce cas se présentait le propriétaire serait appelé devant le Commissaire pour donner des explications sur un fait aussi insolite, et, sHl n'avait pas une raison d'être parfaitement justifiée, il s'exposerait aux pénalités prévues par le règlement. Les numéros de tous les chevaux partants paraissent ainsi, tour à tour,' sur le tableau. Quand le pesage est terminé et que Ton est certain qu'aucun jockey ne se présentera plus à la balance, une dernière indication se produit sur le tableau dernier, dont le couvercle se soulève pour laisser voir un petit carré peint en rouge. On appelle ce signe le rouge. Son apparition signifie que le pesage est terminé, et, que, par conséquent, tous les chevaux inscrits au programme, dont le numéro n'est pas découvert au tableau, ne partent pas. Gomme il s'écoule toujours quelque temps entre ce signal et le départ, les parieurs, et ce sont les plus prudents, qui ne veulent s'engager qu'avec la connaissance certaine des chevaux partants, ont encore la faculté de conclure leurs opérations, avant que les concurrents n'entrent sur le terrain

De cette manière, il peut difficilement se produire d'erreur au tableau : cependant le cas n'est pas impossible ; nous ne nous rappelons pas qu'il se soit produit en France, tout au moins sans avoir été immédiatement rectifié, et par conséquent n'ayant pu produire aucune confusion dans le ring. Il existe un précédent à ce sujet en Angleterre. £n 1863, à Ascot, le numéro d'Hippolyta fut inscrit au tableau des chevaux partants, au lieu de celui de Tomato, appartenant au même propriétaire. On ne s'aperçut pas de Terreur : Tomato gagna la course, et sur les réclamations qui furent présentées, les jurés annulèrent tous les paris faits sur Hippolyta après l'affichage de son numéro. On fit appel au Jockey-Club, qui cassa la décision. Ce second juge-

ment est beaucoup plus logique : tous les paris sont connexes, et par conséquent, ceux faits sur d'autres chevaux qu'Hippolyta se trouvaient également annulés par Terreur de Tomato. L'amiral Kous, une des autorités les plus compétentes dans la spécialité, est d'avis que l'on ne doit jamais prendre en considération le tort que peut causer à certa'ns parieurs une erreur faite au tableau des chevaux partants, ce fait, très-exceptionnel d'ail* leurs, devant être assimilé à un cas de force majeure.

La même formalité, relativement à l'affichage du cheval gagnant, se fait après la course, sur plusieurs tableaux placés en dehors de l'enceinte du pesage. Elle s*opère par fe môme procéié en sens contraire, c'est-à-dire que les numéros de tous les chevaux qui ont pris part à la course se recouvrent successivement sauf celui du vainqueur qui reste affiché jusqu'au moment où il doit faire place à ceux des chevaux partants dans la course suivante. Il ne saurait donc s'élever aucune contestation sur le gagnant dans le public de Tintérieur de la piste. Si une erreur se produisait dans ce dernier cas, les conséquences ne pourraient faire l'objet d'aucune discussion. Évidemment tous les paris payés sur un cheval indiqué par erreur comme gagnant, devraient être remboursés. Ce serait ou jamais le cas d'appliquer l'axiome : erreur ne fait pas compte.

Ce mécanisme de tableaux télégraphiques, étant assez cornpliqué> et relativement coûteux, ne se trouve pas à la portée de tous les hippodromes. Il est fréquemment remplacé par un tableau également noir, sur lequel on écrit à la craie le numéro des chevaux partants, mais ce procédé cause une perte de temps qui en rend l'emploi à peu près illusoire. Aussi un grand nombre de réunions de province simplifient la question en supprimant la formalité.

Les hippodromes dont l'organisation est complète, ont également un tableau dans l'intérieur de l'enceinte du pesage ; il est destiné à faire connaître au public les chevaux inscrits au programme, et qui sont officiellement retirés par leurs propriétaires avant la course. On joint à leurs noms l'heure à laquelle ils ont été retirés, et tous les paris faits sur eux, à partir de l'heure indiquée, sont nuls de plein droit.

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