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joiincliommede mérile. Je n'ai pu le faire sans vousépouscr ;ct j'ai mieux aimé qu'on (lise queje suis une vieille folleque de donner lieu de dire que je vous entretiens. Je ne vous demande pour toute reconnaissance, qu'ini peu de part dans votre eslime ; et je suis persuadée que vous êtes trop honnête homme pour n'avoir pas do ijonnes manières pour moi. » Jugez de la surprise du marquis à un discours si jieu attendu. Il voulut se jeter aux pieds de sa femme, et lui donner loutes les marques de la plus vive tendresse ; mais elle , le repoussant : « Point de ces choses extraordinaires, monsieur, lui ditelle ; vivons en amis : tout le reste est superflu. » Enfin elle lui fit connaître qu'absolument elle voulait qu'ils ne pensât jamais qu'elle fût sa femme. Le marquis fut obligé de s'y conformer ; ils ont vécu ainsi en parfaite intelligence pendant sept ans ; la dame est morte , et a laissé son mari son héritier universel.
(Baron de Pollnitz, Lettres.^
Sliirioiinettes.
Brioché entreprenait des tournées en province et même en pays étranger. Uu jour, il arriva en Suisse, dans un canton (pii jusqu'alors ne connaissait point les marionnetles. C'était à Solcure. Le spectacle commence. Voilà nos Suisses étonnés d'abord , bientôt effrayés , et comme la sorcellerie se mêlait en toutes clioses à cette époque, soupçonnant làdessous quelque diablerie ! Du soupçon à la certitude il n'y a pas loin en pareil cas. On tient conseil , on délibère en tumulte , et on ne manque pas de conclure que notre héros est un magicien dangereux à la tète d'une troupe de diablotins ; bref, on le dénonce au magistrat qui se hâte de le jeter en prison. Son procès s'instruit; des témoins attestent avoir entendu parler, avoir vu marcher de petites figures de bois qui ne peuvent avoir été animées que par quelque secret infernal. On ne tient compte des |)roteslations du malbeureux, qui va payer de sa vie le tort d'avoir été trop habile dans la pratique de son art, lorsque, par bonheur, un M. Dumont , capitaine aux gardes suisses, arrive à Solcure pour y faire des recrues. Par curiosité, il va visiter le sorcier. Il reconnaît Ihioché, qu'il avait rencontré ailleurs, explique |
au magistrat la bévue des habitants de la ville, et parvient à faire remettre en liberté le pauvre diable, qui s'enfuit de cette ville dangereuse sans regarder en arrière.
(Jotirn. pour tous, d'après d'Artigny.)
Mauvaise fol.
On raconte que Laljéon, vainqueur du roi Antiochus , après lui avoir imposé , dans un traité, la condition de livrer aux Romains la moitié de ses vaisseaux , les fit tous scier en deux, afin de le dépouiller entièrement de sa flotte.
(Valère Maxime.)
llauvais joueur.
La première daupbine avait yni ])age à;;é de douze ou treize ans, fils d'un maître d'hôtel de quartier, qui était supérieur aux joueurs les plus habiles. Feu AL le prince fit un jour une partie avec lui , et croyait gagner ; mais ce fut le page qui remporta la victoire. Quand le prince vit qu'il était échec et mat, il se mit dans un tel transport, qu'il saisit sa perruque et la jeta à la tète de ce petit garçon.
(Duihesse d'Orléans, Correspondance.)
Mauvais lecteur.
Un jour Malherbe dit des vers à Racan , et après lui en demanda son avis. Racan s'en excusa , lui disant : « Je ne les ai pas bien entendus , vous en avez mangé la moitié. » Cela le piqua,' et il répondit en colère : « Mortdieu, si vous me fâchez je les mangerai tout entiers. Ils sont à moi , puisque je les ai faits ; j'en puis faire ce qu'il me plaira. »
Il n'était pas toujours si fâcheux, et il a dit de lui-même qu'il était de Dalbnt en Balbutie. C'était le plus mauvais récitateur du monde. Il gâtait ses beaux vers en les prononçant , outre qu'on ne l'entendait presque point , à cause de l'empêchement de sa langue et de l'obscurité de sa voix ; avec cela , il crachait au moins six fois en disant une stance de quatre vers. C'est pourquoi le cavalier Jlarin disait qu'il n'avait jamais vu d'homme plus humide ni de poëte plus sec.
(Tallemant des Réaux.)