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mande un voisin. — Oui, monsieur, et vous? — Moi de même. — Alors si nous nous en allions? — Je ne peu\ pas, moi, je suis le maître de la maison. »
luTocation utile.
Forbin, dans une de ses expéditions, avait eu son vaisseau frappé par un coup de vent, qui le remplit d'eau. L'équipage etfrajé se lamentait, et faisait des vœux à tous les saints. Mais Forhin, persuadé que c'était le moment d'agir : « Courage, mes enfauts, cria-t-il aux matelots, tous ces vœux sont bons ; mais sainte Pompe, sainte Pompe ! c'est à elle qu'il faut s'adresser; n'en doutez pas, elle vous sauvera. » 11 donna l'exemple, et l'équipage fut sauvé.
[Galerie de l'ancienne cour.)
Irouie.
Le marquis d'Humières venait d'être fait maréchal de France, à la sollicitation du vicomte de Turenne, qui ne put résister aux charmes et à l'esprit de la marquise son épouse. Le jour même Louis XIV, rencontrant le comte de Grammont, lui dit : « Savez-vous qui je viens de faire maréchal?— Oui, sire, lui répoudit-il, c'est madame d'flumières. »
Le mardi 10 du courant (décembre 17 18), le Prétendant fut arrêté, en entrant à rOpéra. Madame de Tallemont, qui avait eu un de ses laquais mis à la Bastille avec les gens du Prétendant, écrivit le lendemain la lettre suiv^iite à M. de Maurepas :
» Le roi vient, monsieur, de se couvriid'une gloire immortelle en faisant arrêter le prince Edouard. Je ne doute point que Sa Majesté ne fasse chanter le Te Deum, pour remercier Dieu d'une victoire qui lui fait tant d'honneur. Mais, comme mou laquais , qui a été pris dans cette grande journée, ne peut rien ajouter aux lauriers de Sa Majesté, je vous prie de me le renvoyer.
« Je suis, etc. n
(Collé, Journal.)
Ironie barbare.
Un maître fouetta si cruellement son
laquais, que le père de cet enfant tout écorché ot outragé s'en plaignit à la justice. Ce larbare répondit au juge, qui lui disait qu'il avait bien fouetté ce pauvre garçon : « S'il a été bien fouetté, de quoi se plaint-il ? Si mal, qu'il revienne, et je le fouetteiai mieux. »
[Le Bouffon de la cour.)
M. de Tavanes, le jour de la Saint- Barthélémy, se montra fort cruel; et se promenant tout le jour par la ville, et voyant tant de sang répandu , il disait et criait au peuple: « Saignez, saignez; les médecins disent que la saignée est aussi bonne en tout ce mois d'août comme eu mai. »
(Brantôme , Hommes illustres.)
Ironie courag^euse.
Une ville, prise d'assaut , était livrée à la fureur du soldat. Un ^officier entre dans la chambre d'une jeune fille d'une beauté éblouissante. Elle essaye en vain de l'airêter par ses supplications. Elle allait succomber, quand, s'arrachant par un violent effort à ses brutales étreintes, elle s'élance vers la fenêtre ouverte, puis, jetant sur le vainqueur un legard de mépris et d'ironie : « Qui m'aime me suive ! » s'écrie-t-elle, et elle se précipite.
Irouie iusultaute.
Le duc de Caudale, qui aspirait au titre de prince, à cause de sa mère qui était fille naturelle de Henri IV, parlant un jour de ses parents devant le Grand Coudé, disait : « Monsieur mon père, madame ma mère, etc. » M. le Prince, que ce ridicule ennuyait, se mit à crier aussitôt : « Monsieur mon écuyer, allez dire à monsieui mon cocher, qu'il mette messieurs mes chevaux à mon carrosse. »
'' ^ [Jlenioires anecdotes,)
Ivrog^nes.
QueUpies jeunes gens, s'étant enivrés, eurent la tête tellement échauffée par les fumées du vin qu'ils perdirent la raison, et prirent la maison où ils étaient pour une galère. S'imaginant donc voguer dedans, et être battus d'une furieuse tempête, ils poussèrent l'extravagance jusqu'à jeter par les fenêtres tous les vases et tous
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les meubles, croyant que c'était le pilotequi leur ordonnait d'alléger ainsi le vaisseau, à cause de la tempête. Pendant ce temps, la foule, assemblée dans la rue, pillait tout ce qu'ils jetaient ainsi.
(Athénée.)
Le jeune Cyrus ayant obtenu d'Asfyage, songraud-père, la permission de lui donner à boire pour imiter l'échanson de ce prince, il s'en acquitta de fort bonne grâce : «Je suiscontcnt, mon fils, lui dit Astyage, on ne peut pas mieux servir. Mais, puisque vous vouliez imiter Sacas (c'était le nom de l'échanson),pourquoi n'avez- vous pas, comme lui, goûté le vin.' — J'ai craint, répondit avec naïveté le jeune prince, qu'il n'y eût dans cette liqueur du poison. Car au festin que vous donnâtes, le jour de votre "naissance, aux grands seigneurs de votre cour, je vis clairement que Sacas vous avait tous empoisonnés. — Comment vîtes-vous cela, dit le roi.' — C'est, repartit Cyrus, que je m'aperçus qu'après qu'on cyt un peu bu de cette liqueur, la tète tourna à tous les convives. Je vous voyais faire des choses que vous ne pardonneriez pas à des enfants , crier tous à la fois sans vous entendre, puis chanter tous ensemble de la façon la plus ridicule ; et lorsqu'un de vous chantait seul, vous juriez, sans l'avoir écouté, qu'il chantait admirablement bien. Chacun de vous vantait ses forces; mais lorsqu'il fallut se lever pour danser, loin de pouvoir faire un pas en cadence, vous ne pouviez pas même vous tenir fermes sur vos pieds. — Comment ! reprit Astyage, la même chose n'arrive-t-elle pas à votre père? — Jamais, réjjondit Cyins. — Que lui arrive-t-il donc quand il a bu, ajouta le roi. — Il cesse d'avoir soif, » répliqua l'enfant.
(Xénophon, Cyropédie.)
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Pompone de Bellièvre fut envoyé ambassadeur en Suisse; il faut boire en dépit qu'on en ait. On l'enivra; c'était dans un lieu public. En sortant, il saluait les piliers : « Monsieur, ce sont des piliers, » lui dit-on. il ne laissait pas toujours île saluer, et disait : « A tous seigneurs tous honneurs! »
(Tallemant des Uéaux.)
Un jour que Dancourt jouait lui-même clans son Opéra de village (1691), le marquis de Sablé s'en vint, à peu près ivre, prendre place sur une des banquettes de la scène. Comme il s'asseyait, il entendit chanter :
En parterre il boutra nos blés, Choux et poireaux seront sablés.
Il crut qu'on l'insultait, et, se levant avec la gravité d'un ivrogne qui veut faire une action d'éclat, il marcha droit à l'auteur et le souffleta en plein théâtre.
Un médecin de la ville de Strasbourg, voyant qu'un Suisse de ses amis perdait la vue à force de boire, lui dit .• « Mon cher ami, je souhaiterais pour votre santé que vous vous pussiez empêcher de faire la débauche I Car je crains que si vous continuez de boire comme vous avez fait et faites tous les jours, vous ne perdiez la vue. » Le Suisse, qui ne pouvait quitter cette aimable liqueur, lui dit : « Monsieur, je vous remercie de la bonne volonté que vous avez pour moi ; mais j'aime mieux laisser perdre les fenêtres du logis que de voir périr tout le bâtiment. ».
{Facétieux réveille-matin.)
On connaît l'aventure de la Thorillière, comédien célèbre, qui, au sortir d'un bon dîner, dans le moment d'une grande pluie, fit inutilement chercher un carrosse de louage pour se rendre au spectacle, et n'eut qu'une brouette, jjetile voiture traînée par un homme, qu'il s'estimait heureux de trouver, pour mettre son habillement et sa clt ussure à couvert. Voici comme il en profita : se voyant pressé par l'heure du spectacle, il demanda à l'homme qui le traînait, pourquoi il n'allait pas plus vite : « Monsieur, je n'ai pas de diligence. — Que veux-tii dire avec ta diligence? — C'est un homme qui, poussant la voiture par derrière , allège mon fardeau : — Eh, que ne parlais-tu plus tôt! « s'écria la ïhorillière en s'élançant hors de la brouette. Mon comédien se met à faire la diligence et arrive à la porte de la comédie en poussant sa voiture, tout crotté, tout mouillé, tout essoufflé, etc.
Le laipiais d'ini de mes amis était l'auti-e soir dans le même état où se trouvait celte
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fois la Thorillièie. Pouvant à peine marcher, il prend un fiacre pour s'en retourner chez lui. Il passe devant ma porte; se rappelant pour lors qu'il avait une lettre à me remettre, il fait arrêter le carrosse, descend, me parle, et oubliant qu'il jouait avec le fiacre le rôle du maître, au lieu de retourner dedans , entraîné par la force de rhal)itude , il se huche de son mieux derrière, s'y cramponne et bientôt s'y endort. Le cocher ne l'avait pas ajjerçu ; il était endormi de son côté , et mes deux ivrognes passent ainsi la nuit. Le laquais s'éveille le premier au point du jour : étonné de sa situation, après avoir bien frotté ses yeux, il veut s'en aller; le mouvement qu'il fait eu descendant, tire le cocher de son long assoupissement. Celui-ci reconnaît l'homme qui l'a loué et il exige son salaire. Le laquais ne se souvient de rien , et prétend que le cocher a eu tort de ne l'avoir pas mené où il lui avait dit, que c'est sa faute de ne pas s'être aperçu qu'il était monté sinon dedans, du moins derrière le carrosse , et qu'après tout, si c'était son goût de se placer derrière, ce n'était pas l'affaire du cocher; enfin il demande des dommages au cocher qui, pour ne l'avoir pas mené, causera la perte de son état, puisque pour avoir découché et manqué le service de son maître il s'attend à recevoir son congé. J'ignore comment le commissaire de police les mettra d'accord.
( Métra , Correspondance secrète. )
Un ivrogne voulait passer par un cul- ,de-sac, croyant que c'était une rue. Comme il ne peut en venir à bout , il se persuade qu'on lui a bouché le j)assage. Il tire son épée, et se bat d'estoc et de taille contre une borne, qu'il prend pour un homme. A force de ferrailler, il fait sortir quelques étincelles : « Ah ! le vilain, dit-il en reculant , il porte des armes à feu ! »
— Un ivrogne, qui avait bien bu, se leva la nuit d'auprès de sa femme, et alla jiisser |)ar la fenêtre. Comme il pleuvait, il entendait l'eau d'une gouttière qui tombait, et croyant que c'était lui qui faisait ce l)ruit, il restait toujours dans la même posture. A la lin sa femme lui cria : « Au-
ras-tu bientôt fini ? — Hélas! répartit l'ivrogne, je finirai quand il plaira à Dieu. » (^Dictionnaire d'anecdotes, )
Un cordonnier, qui se grisait régulièrement trois fois par semaine, et battait sa femme dans ses moments lucides, prit la résolution de s'embarquer pour l'Améri-que, cette terre bénie des sociétés de tempérance. Il écrivit du Havre qu'il venait de retenir son passage sur un navire de 500 tonneaux. « Cinq cents tonneaux ! a dit l'épouse avec conviction ; si la traversée est longue, ça ne suffira pas. »
Eugène Sue et Romieu étaient intime^ ment liés. Un soir qu'ils avaient dîné de compagnie au Calé de Paris et qu'ils se trouvaient dans un état de gaieté très-accentué, Romieu fit un faux pas (1), tomba et se blessa à la jambe. Vite, en sa qualité d'ex-chirurgieu de la marine , Engène Sue se met à panser son ami ; puis il le porte dans son coupé , le reconduit chez lui et passe la nuit dans un fauteuil, au chevet de son lit.
Le lendemain matin, au réveil, il s'empresse de visiter la jambe malade et d'enlever l'appareil.
0 surprise! 6 rires! La veille, en opérant le pansement , Eugène Sue s'était trompé de jambe!... {La Liberté.)
Un célèbre buveur, qui déclamait toujours contre l'eau, sévit menacé de la mort par de fréquents accès d'une fièvre brûlante. Généreux, splendide et goguenard, il était environné d'un cercle nombreux d'amis. Un jour qu'il était pressé de l'ardeur de son mal , il commanda qu'on lui apportât une carafe pleine d'eau.- Les amis de se regarder et de rire comme des fous : « Eh ! quoi, vous riez, leur dit-il, ne savez-vous pas qu'à la fin de sa vie il faut se réconcilier avec ses ennemis.!" » ( Ivrogniana.)
(i) C'est ce même Romieu sur lecorjis duquel, un soir qu'il ét.iit tombe ivre-mort dans la rue, un de ses compagnons d'orgie i)laea un lami>iou pour )e protéger.
FIN Vb LA l'IlliMIEUI:: l'AItTIi:.