‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 4 sur 156 · ABU · texte numérisé non relu

ABU

Abréviation.

Un paysan, qui avait un pioccs au ))arleûieut de Bordeaux , était venu chez le premier président du parlement pour lui présenter un placet. Il attendait depuis trois lieures dans son antichambre.

Enfin le premier président vint à passer, et le trouva fort attentif à considérer un portrait où il y avait (piatre P au bas, qui signifiaient :

pierre Pontac, premier prciident.

« Eh bien ! mon ami , lui dit ce magistrat , que penses-tu que désignent ces quatre lettres? — Monseigneur, lui répondit notre villageois, il n'est pas difiicile au bout de trois heures d'en savoir l'explication ; elles signifient :

Pauvre plaiiUur, prends patience (1). " [Pajsaiiiana.)

Catherine de Médicis récompensa les talents et les ouvrages de Philibert de Loriaç , architecte , au delà de ses espérances. On le fit aumônier et conseiller du roi , quoicin'il ne fût que tonsuré. Ronsard en conçut de la jalousie, et composa contre ce nouvel abbé une satire picpiaute , intitulée : La Truelle crossi'e. Ue Lorme n'eut pas la force d'esprit de la mépriser. Un jour que Ronsard voulait entrer dans le jardin des Tuileries, l'architecte , qui en était gouverneur, le fit repousser rudement. Ronsard piqué à son tour, crayonna les trois mots suivants sur la porte qu'on lui avait fermée ; Fort, révèrent, habe. De Loi me, qui ne savait pas le latin, soupçonna que ces mots étaient une insulte; il crut par là que Ronsard l'appi lait par ironie ; Fort révérend ahhe ; il s'en plaignit à la reine. Le poète se justifia en disant que c'était lecommenctmcnt d'un distique d'Ausone, (|ui avertissait les hommes de ne point s'oublier : Fortunani revcrenter habe.

{.inn. lut., 17 lO.)

Lorsque Voltaire donna sa tragédie (TOreste , on avait mis sur les billets du

(l) Cette anecdote est appliquée ii Pontcliar- Iraiii dans le TUemisinmi. Mais le Mena^iaiia et Tallcmant des Ri aux l'appliquent à Ponlnc.

,.!•-. , ,-,!;'. pourquoi , les lettres

iniliaioà de ce vers d'Horace :

Omne TuHt Punctum Qui Miscuit l'iile Dulci-

0. T. P. Q. M. U.D., ainsi qu'elles se trouvaient écrites dans ce temps sur la toile du théâtre. Les faiseurs de calembours du temps iHter|irétèrent ces initiales par . Oreste, Tragédie Pitoyable Que Monsieur Voltaire Donne.

I^Etreiines à T/ialie, 1780.)

L'abbé Pellegrin se promenant au Luxembourg avec un de ses amis ,'peu de temps après avoir fait jouer sa tragédie de Pélopée, vit devant lui une feuille de papier qui contenait un modèle d'écriture, sur lequel il n'y avait que des P. L'ami ramasse cette feuille et dit à l'abbé : « Devinez ce que veulent diie toutes ces lettres? — C'est, répondit l'abbé, la leçon qu'un maître à écrire a donnée à son élève, et que lèvent a fait tomber à nos pieds. — ■ Vous vous trompez, dit son ami; voici le sens de cette longue abréviation : Pélopée, pièce pitoyable, par Pellegrin, poêle, pauvre prêtre provençal .

(Panckoucke.)

Afin de donner, une fois pour toules, un exemple des variantes innombrables que subissent les anecdotes courantes, nous allons citer une autre version, telle qu'on la trouve dans l'Esprit des journaux (17S3),;

<c L'abbé Pellegiin ayant doiuié au théâtre sa pièce de Pélopée, elle fut sifllée à la première représentation ; et l'auteur, le même soir, reçut au café Piocope, où il était , une lettre conçue en ces termes : « P. P. P. P. P. P. p'. P. p. P. P. P. P. P. P. >. Il ne sut ce que cela signifiait ; et comme il en demandait l'explication, un plaisant s'apjnocha de lui, et lui dit : « Celte lettre est écrite en abréviation; elle signifie Pélopée, pièce pitoyable, présentée par Pierre Pellegrin, pauvre petit poète provençal, prêtre, parasite, parfaitement puni.

On lisait, dans le Moniteur du 15 septembre 18 iO : « La-Belle-Poule est |)aitie ce matin, poussée par un joli veut de S, E. )i Un monsieur, qui n'était pas fort

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