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Sigismond Ier ne laissa pas de traces dans l'histoire

31. Henri IV releva les affaires du diocèse et paya les dettes de ses prédécesseurs. Il dégagea Scopau et acheta le château de Libenau, du seigneur de Werde. En 1368 il assista à la dédicace de la cathédrale de Magdebourg.

82. Frédéric II, postulé en même temps qu'Albert, comte de Mansfeld, devint évêque, parce qu'Albert mourut dans la nuit même de son élection.

En 1368 il fut élu archevêque de Magdebourg, mais il fut obligé de se retirer devaut le caudidat de l'empereur Charles IV, Albert. Cependant en 1382 il fut de nouveau postulé comme archevêque de Magdebourg et reçut l'hommage de son clergé ; mais il mourut dès le 9 novembre de la même année, à Mersebourg, et y fut enseveli dans la calheJrale.

33. Il fut remplacé par Burkhard de Querfurt, chanoine de Magdebourg, qui mourut le 8 juin 1384.

34. Le 5 août de la même année le chapitre élut le prévôt de la cathédrale, Henri V, comte de Stollberg. Son élection ne fut approuvée qu'au bout de huit ans, en 1302, par le Pape Boniface IX, le candidat rival, André de Duba, s'étant retiré. L'histoire dit, à la louange d'Henri V, qui mourut en 1303, qu'il améliora la situation de son diocèse, augmenta les revenus de son Église, et qu'il fut un évêque charitable et pieux.

MERSEBOURG

35. Le chapitre élut de nouveau le prévôt de la cathédrale, Henri VII, qui gouverna Mersebourg pendant sept ans, et prit ensuite, contre le gré du chapitre, Othon de Hohensteiu pour son coadjuteur, avec future succession.

Henri lui-même se retira chez les Augustins de Leipzig , célèbres par la rigueur de leur discipline (1400), et il y mourut.

36. Après sa mort le diocèse fut disputé entre Othon de Hohenstein et le comte de Stollberg, que le chapitre désirait voir à sa tête. Cependant ce dernier se retira, et Othon régna de 1402 à 1407. En 1405 il se mêla à la guerre de Gùnther, archevêque de Magdebourg, avec les princes d'Anhalt, et chargea le diocèse de dettes.

37. Après lui le chapitre élut à l'unanimité le chanoine Walther. Durant les quatre années de son administration il dégagea tous les biens hypothéqués du diocèse et paya ses dettes. Il laissa aussi après lui une caisse renfermant à peu près 2000 florins hongrois en argent, et la réputation d'un prince sage et modéré. Son règne fut encore remarquable, en 1409, par la fondation de l'université de Leipzig. Le Pape, dans la bulle d'érection, nomma les évêques du diocèse de Mersebourg, auquel appartenait Leipzig, chanceliers de l'université nouvelle.

38. Nicolas, chancelier de l'électeur Frédéric Ier de Saxe, doyen d'Erfurt, élu évéque, assista au concile de Constance. Jean Vulpius, dans son Histoire de Mersebourg, s'exprime en ces termes à son sujet : « C'était un seigneur savant, sage et économe, qui améliora la situation de son diocèse , montra toute espèce de bienveillance à la ville, au conseil et à tout le pays, augmenta les revenus des églises, acheta et incorpora au diocèse le château de Lauchstàdt, et rendit, en général , de grands services à son peuple. Seulement, ce

qu'il faut lui reprocher, c'est qu'au concile de Constance il donna son y lacet à l'arrêt qui condamna au feu l'innocent maître Jean Hus. » Nicolas vivait encore lorsque commencèrent les dévastations des Hussites (1).I1 fit construire, de concert avec le chapitre, en 1430, les hautes murailles de la porte de Neumark jusqu'à la porte du château. Nicolas mourut en 1431.

39. Sou successeur, Jean II Bose, administra glorieusement pendant trente ans et fut enlevé par la peste en 1463. Il bâtit la porte royale et les murailles des fossés du château, avec les tours qui rejoignent la Saale. Il commença aussi le rempart de la porte de Gotthardetle prolongea jusqu'à la porte royale, que Tévéque Tilo de Trota acheva ; enfin il bâtit la porte de Sixte. Sous son administration on reconstruisit à neuf l'église de Saint-Maxime, dont le chœur ne fut achevé qu'en 1485, et qui ne fut elle-même complètement terminée qu'au bout de soixante-neuf ans. On raconte ce qui suit de la mort de l'évêque Jean Bose. Le vingt-neuvième abbé du couvent de Saint-Pierre, Jean II de Hobourg, entra en conflit avec l'évéque à l'occasion d'un pré que celui-ci avait retiré à l'abbé. L'abbé, se voyant près de mourir, appela l'évêque au jugement de Dieu, ce dont l'évêque ne s'inquiéta guère ; mais, l'abbé étant décédé et les cloches annonçant sa mortt l'évêque fut saisi de frayeur, tomba malade de la peste et mourut (2).

40. Le chapitre lui donna pour successeur le prévôt de la cathédrale, Jean III de Werder, prélat humble, bienveillant, bon administrateur. Le conflit relatif au pré dont il a été question plus haut continua et fut porté devant le Saint-Siège. Jean III mourut le 24 décembre 1466.

(1) Foy. HcssrrEg.

(2) V oy. Meinwerk.

MERSEBOURG

41. Après lui régna le prévôt de la cathédrale de Magdebourg, Tilo de Trota , prince doux, clément, protecteur de ses sujets, gouvernant avec sagesse, qui enrichit plus qu'aucun de ses prédécesseurs le diocèse de domaines, de revenus, de constructions nouvelles.

Son épiscopat se prolongea jusqu'en 1514, et, ainsi nous l avons souvent remarqué (1), l'Église catholique avait été, en somme, sagement administrée et paternellement régie dans les contrées septentrionales de l'empire germanique, jusqu'au momeut où retentirent les clameurs de la réforme. I. Église avait eu de grands évéques, vénérables et puissantes colounes de la vérité et de la justice. La réforme n'avait pas à cette époque le prétexte d'une décadence extérieure de l'Église, et il est temps que les historiens réellement catholiques cessent une bonne fois de dépeindre la situation du clergé, dans ces temps, sous les couleurs les plus effrayantes et les plus exagérées, et d'expliquer la chute des Églises par la corruption même de l'épiscopat. Au moment de la réforme les sièges épiscopaux du nord de l'Allemagne étaient la plupart occupés par des hommes qui, en tout temps, auraient été la gloire et la force de l'Église. L'évêque Tilo consacra, en 1489, Ernest, archevêque de Magdebourg; en 1496 il flt la dédicace de l'église de Saint-Thomas, en 1501 celle de l'église des Carmes déchaussés de Leipzig ; en 1512 il bâtit la porte royale de Mersebourg. 11 rebâtit complètement la cathédrale de Saint-Laurent et de Saint-Jean- Baptiste , et en acheva la reconstruction jusques aux combles; son successeur, Adolphe, termina la voûte et couvrit le toit d'ardoises. En 1517 la cathédrale fut solennellement consacrée.

L'évêque fit encore d'autres construc-

(1) V oy. MEIS8EN.

tions utiles au diocèse. Malgré ces dépenses, et quoique Tilo eût une cour princière, il ne chargea ses sujets d'aucun nouvel impôt, et laissa, argent comptant, après sa mort, 60,000 florins, avec de grandes provisions de blé. Après avoir sagement et glorieusement gouverné son diocèse pendant quarantehuit ans, il passa à l'éternel repos le 5 mars 1514.

42. Il eut pour successeur Adolphe, prince d'Anhalt. Né en 1458, il était devenu, en 1475, recteur de l'université de Leipzig, plus tard chanoine de Hildesheim et prévôt de la cathédrale de Magdebourg. En 1490 il avait été ordonné prêtre. En 1507 l'évêque Tilo le demanda comme coadjuteur, et plus tard il obtint pour lui la future succession. Il avait fait à Rome, en 1513, un voyage dont il se félicita beaucoup à son retour. En 1514 il fut sacré par Jean, évêque de Zeitz. « Jean, dit l'historien cité plut haut, était de petite stature, jouissait d'une grande autorité, était savant, chaste, bon prédicateur et bon théologien, et tenait à ce que les serviteurs de sa maison et les gens de sa cour fussent pieux. Il était l'ennemi des longues processions et faisait en sorte que tout fût expédié promptement ; mais, ce qui ne fut pas habile de sa part, c'est qu'il s'opposa très-énergiquement à la doctrine du docteur M. Luther, et surtout au colloque que celui-ci voulut avoir à Leipzig avec Eck {sic!). » En 1525 il fit la dédicace de l'église de Saint-Nicolas de Leipzig. Il régna pendant douze ans avec une renommée intacte et mourut le 23 mars

43. Le lundi après la semaine de Quasimodo, le chapitre élut à l'unanimité le doyen de la cathédrale de Mersebourg, qui était en même temps chanoine de Naumbourg, Vincent de Schlei • nitz. C'était un seigneur pieux, bon administrateur, qui vivait très-simple-

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ment. Il acheva le château qu'entoure, ainsi que l'église, une cour carrée (c'est aujourd'hui la résidence du directeur du cercle de Mersebourg). Il mourut après un épiscopat de neuf années, le 21 mars 1533, laissant une réserve de 33,000 florins et de grandes provisions de blé.

44. Le chapitre élut à sa place, le 13 avril, le doyen de la cathédrale, Si* gismond II de Lindenau. Ce prélat resta très-uni à son chapitre et résista vigoureusement à toutes les tentatives de réforme. Il mourut en 1544, à l'âge de soixante ans.

A dater de cette époque le diocèse de Mersebourg n'eut plus que des administrateurs. Le premier fut Auguste, frère de Maurice, duc de Saxe, qui nomma le prince Georges d'Anhalt pour le remplacer dans la direction des affaires spirituelles. Alors les nouvelles doctrines fureut introduites par l'autorité supérieure elle-même. Ce nouveau régime fut interrompu à la suite de la bataille de Mùhlberg. Le duc Auguste déposa, dans ces circonstances difficiles, l'administration du diocèse; le prince Georges d'Anhalt renonça à sa « superintendance spirituelle, » en défendant de rien changer au culte réglé par Auguste. Michel Sidonius prit en 1550 possession du siège épiscopal ; son administration fut courte, mais parfaite. Il mourut hors de son diocèse et fut inhumé à Vienne, dans l'église de Saint- Étienne, en 1561; mais, dans l'intervalle, les circonstances politiques avaient de nouveau complètement changé de face, et Alexandre, fils de l'électeur de Saxe Auguste , fut postulé en qualité d'évéque de Mersebourg.

Il n'avait que huit ans, et son père prit en sou nom l'administration diocésaine; mais le jeune Alexandre mourut en 1565. L'électeur Auguste continua à gouverner le diocèse, c'est-à-

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