L. Un
DROPJLX (SptanaJE,)» Nom donné par les Anciens à un emplâtre adhésif dont on se servait pour arracher les poils. On l'appliquait chaud et on l'enlevait brusquement après refroidissement. La base de cet emplâtre était la poix mêlée à Tbuile. On s*en servait aussi comme d*un topique excitant, mais alors on y ajoutait ordinairement des poudres excitantes. Plus tard le dropax, dans lequel on a fait entrer des substances de diverses sortes, aromatiques, épispastiques, etc., a été employé à dissiper, à détourner les humeurs amassées dans une partie (voy. Discussite).
Lacalolte qu*on employait si souvent autrefois pour Tépilationde la létechez les teigneux était préparée avec le vinaigre, le froment et la poix (voy, Épiu- TioN, Favds, Poix). D.
DROPE (John). Médecin anglais, cité par la biographie médicale. Il fit ses études à TUniversité de Cambridge, puis exerça son art à Borough. Il s'occupa, parait-il, de poésie. Il a publié en outre un ouvrage sur la culture des arbres fruitiers (Oxford, 1661,in.8*>; 1672, in.l2). L. Hs.
DBOSÉRJL. § I. Botanique. Genre de plantes Dicotylédones appa^t^ nant à la famille des Droséracées. Ces plantes, qu*on nomme encore Roisolis, sont des herbes de taille peu élevée, qui croissent dans les marais spongieai. sur les Sphagnum qui forment le fond des tourbières. Les feuilles sont curieuses parce qu'elles sont toutes chargées à la partie supérieure, et particuliè*
DROSÉRA (THéRJkPEDTIQUB). 589
rement sur les bords, de longs poils roogeâtres, portant une glande à leur extrémité. Une sécrétion limpide forme comme une petite goutte de rosée à Textrânité des poik, de là le nom de Ros Solis (Roiée du Soleil) que nous aTOOS indiqué plus haut. Du milieu des feuilles radicales s^élève une petite hampe droite, filiforme, portant une grappe grêle de petites fleurs tournées toutes d*un même côté. Ces fleurs, blanches, ont un calice à 5 sépales ; 5 pétales marcescents ; 5 étamines hypogynes ; un ovaire uniloculaire surmonté de
3 à 5 stjles. Le fruit est une capsule uniloculaire à placentation pariétale, s*oayrant supérieurement en plusieurs valves, qui portent sur leur milieu de petites graines enveloppées d*un arillc réticulé.
Nous avons en France et dans les parties tourbeuses de TEurope 5 on
4 espèces de Droséra :
Le Drvsera rotundifolia L., dont les feuilles péliolées et étalées en rosette ont un limbe orbicnlaire;
Le Drosera obovata M. et K., dont les feuilles sont obovales, dressées, insensiblement atténuées en pétiole.
Le Drosera longifolia L., dont les feuilles sont linéaires oblongues, obtuses et dressées.
La sécrétion brillante de ces plantes a depuis longtemps attiré Tattention ; les alchimistes l'estimaient fort. Elle est âcrc, acide et un peu corrosive. Dans ces derniers temps on a étudié l'action qu'elle produit sur les insectes, qui sont retenus sur les feuilles par leur viscosité, ou enlacés par les poils, qui se replient autour d'eux, et on a cru y reconnaître une action analogue à celle des sues digestifs : aussi a-t-on fait rentrer des Drosera dans le groupe des plantes qu*on a appelées Carnivores,
Les propriétés de ce suc ont du reste été utilisées en thérapeutique et on fait attribuer à ces plantes bien des vertus. Vicat dit qu'en les broyant avec du sei on peut en faire des épispastiques. On les a conseillées contre les bydropisies, les maladies de poumon, les fièvres intermittentes, les ophthalmies ; enfin de nos jours les Droséra ont été de nouveau introduits dans la thérapeutique pour les usages dont il va être question dans le paragraphe suivant :
BiBUOGRAPHiE. — TooRNEFOKT. luttitutioneê , t. GXXYII. — LixKÊ. Gênera^ 391 ; Species, 403. — Lamabck. Encyclopédie; lUuslraiion des genren, t. GGXX, f. 1. — Dk Caxdolue. Flore française, 4291, et Proflromus^ I, 38. — Grettier et Goorox. Flore de France^ 1, 191. — Le Maoct et Décaisse. Traité général de Botanique. Pl.
g IL ThérapMtlque. I. HISTORIQUE. Cette curieuse petite plante, à laquelle l'aspect si spécial de ses feuilles qui semblent parsemées de gouttelettes de rosée a fait donner les noms bien significatifs de Droséra {ipétroç, rosée), Ros solis^ herbe de la rosée, etc., n'est guère connue des médecins que depuis le seizième siècle, peu de temps après que Dodoens l'eut décrite au point de Tue botanique sous le nom de RoreUa,
Après Dodoens, Tabemaemontanus (1588) signala quelques qualités de cette herbe, ses usages dans diverses maladies et surtout dans la phthisie pulmonaire, usages dérivés, parait-il, de cette théorie singulière que les rorelles, conservant lenr humidité jusque sous l'ardeur du soleil, devaient évidemment convenir aux poitrinaires, qui eux aussi sécrètent des matières pituiteuses, même alors qu'ils sont en proie à leurs fièvres et brûlés par une chaleur excessive.
An début du dix-huitième siècle, elle est étudiée par Hermann, qui la consi-
590 [DROSÉRA (thérapeutique).
dère aussi comme utile dans la pbthisie et contre la laryngite, et la dote de qualités toniques, propres à relever les forces des malades affaiblis (1715).
L'année suivante, Siegesbeck préconisait la décoction de Therbe fraîche contre la toux humide et dans les bronchites, puis vantait la teinture de droséri comme propre à combattre la gi'ippe et la coqueluche.
Si j'ajoute avec Curie, auquel nous devons une étude assez récente de cette plante, que Ualler et Vicat la considéraient comme corrosive, acre, irritante, mais malgré cela utile contre la toux, Tasthme et Tulcère des poumons; que Linné, dans sa Materia medica de 1782, signale son action caustique utilisable contre les verrues, j*aurai indiqué les principaux auteurs qui ont cité le droséra dans leurs ouvrages, et relaté ses plus importantes applications médicales dans cette période de près de deux cents ans qui commence à Dodœns et finit avec le dix-huitième siècle.
A notre époque la rorelle, tout à fait inusitée, ne figurait plus guère que dans les écrits des médecins homœopathes, lesquels, lui reconnaissant la propriété d*exciter la toux chez les animaux qui la mangent, Tavaient nécessairement désignée comme remède propre à guérir les affections où domine ce symptôme.
L'attention a été cependant rappelée sur les propriétés thérapeutiques do droséra dans ces dernières années par les travaux intéressants de E. Curie, Louvet-Lamare et Vigier.
Je devrais citer aussi la remarquable monographie de Darwin sur les droséras, intercalée dans son ouvrage sur les plantes insectivores, où sont relatées les expériences ingénieuses, les recherches patientes, délicates et vraiment pleines d'intérêt, du célèbre naturaliste, sur ces petites plantes tout à fait étonnantes.
On demeure confondu, à la lecture de l'ouvrage de Darwin, de la sonune de faits curieux et merveilleux que l'étude d'une plante bien petite et tout humble a pu révéler à cet observateur puissant.
L'une des remarques les plus importantes de Darwin, d'un intérêt tout aussi bien thérapeutique que philosophique, c'est que les droséras sécrètent un véritable suc digestif qui leur permet de digérer les insectes attirés sur leurs feuilles et maintenus là par les tentacules de ces feuilles aussi longtemps que durent la digestion et l'absorption de la proie, et de vivre en réalité à la façon des animaux qui mangent.
Eh bien, ce suc digestif du droséra ne diffère pas de notre suc gastrique, ce (jui fait dire à Darwin :
« Qu'une plante et un animal sécrètent le même ou presque le même liquide complexe, adapté à un même but, la digestion, voilà sans contredit un fait nouveau et étonnant dans la physiologie. >
Je reviendrai bientôt sur ce fait particulier et curieux à propos des usages du droséra.
Composition, Elle a été recherchée, en 1878, par le docteur G. Lugan (de Caen), assez sommairement et d'une façon simplement qualitative. On trouverait dans le droséra de la chlorophylle, une substance albumineuse, une matière colorante jaune, de la cire, une résine acre corrosive, un acide organique libre, de la glycose et des sels.
L'acide organique n'a pas été désigné ou plutôt déterminé par G. Lugan. En tout cas, il affirme que ce n'est pas l'acide formique comme l'ont indiqué Reiss et Will.
Pour Darwin, ce serait l'acide propionique ou bien un mélange d*acide acé-
DROSERA (THÉRirEUTiQrB). t^\
tique et d*a£ide butyrique ; en tout cas, l*acide appartiendrait à la série grasse*
n. Effets pkgsioiogiquet. Les droséras sÂ:rèlent un suc (Knrfaitemenl irritant et presque caustique qui corrode les tissus animaux avec lesquels on le met en oontact. C*est ainsi que les gens qui manient sans procautions d*a$sei grandes quantités de ces plantes ont facilement des ulcérations aux mains.
Ces mêmes eflets topiques irritants doivent être à plus forte raison trèsviolents sur les muqueuses, ce qui explique les accidents graves observes il y a bien longtemps déjà chez les animaux, les moutons principalement, qui ont brouté des droséras.
Vicaty le collaborateur de Tillustre Haller, a Tun des premiers signalé cette action topique corrosive funeste aux herbivores, et il ajoute que le suc de droséra attaque même les dents, ce qui a été confirmé.
En effet, les patientes recherches de Darwin viennent de nous montrer qu*aucun tissu animal ne résiste à ce suc, qui dissout ou ramollit même les cartilages, les os et les dents.
Quant aux effets généraux , ils nont été à ma connaissance recherchés que par Eugène Curie. Les résultats de ses expériences me semblent tout à (ait extraordinaires et tendraient à prouver que les droséras sont des plantes véritablement dangereuses, quand on en fait un usage prolongé, et qu*elles déterminent dans ces conditions chez les animaux des lésions profondes des organes et d*un ordre tout particulier que nous ne retrouvons dans aucun autre empoisonnement par les toxiques végétaux.
Administrant à des chats Talcoolature de droséra à la dose graduelle de i à 1600 gouttes par jour, Texpérimentateur observa au bout de six semaines chez Tun de ces animaux du dévoiement et de la raucité de la voix. A Tautopsie de ce chat qu*on tua exprès par suffocation, £. Curie trouva des dépôts gélatineux sous la plèvre et des noyaux d*apparence tuberculeuse dans les poumons. La trachée et le larynx étaient intacts. Enfin, les ganglions roéscntériques étaient tuméfiés.
Chez un autre chat sacrifie seulement au bout d*un an, les lésions étaient les mêmes, mais plus caractérisées : granulations de la grosseur d'une tête d'épingle, sous la plèvre pulmonaire seulement, le parenchyme du poumon étant sain.
Ces granulations de la plèvre étaient grises, de résistance moyenne, et oRiraient les caractères suivants au microscope : elles étaient constituées par une masse finement granuleuse, les granulations extérieures étant brillantes et inattaquables par Tacide acétique.
En outre, on constata un développement exagéré des ganglions sous-maxillaires, une hypertrophie des glandes de Peyer et des vésicules closes du gros intestin, gorgée d*un liquide trouble renfermant de nombreux corpuscules ganglionnaires.
Enfin, les acinî de la rate offraient un volume exagéré, dépassant celui d*nne tête d*épingle, et renfermaient une masse de corpuscules ganglionnaires.
Cette fois les glandes mésentériques paraissaient normales.
E. Curie n'hésite pas, en présence de ces deux faits, à dire que le droséra délennine chez les chats la formation de tubercules pulmonaires et qu*en outre il irrite le système lymphatique, qui prend sous son influence un développement anomuJ.
Autrefois, Vicat avait déjà indiqué que la rorelle est un poison pour les moutons dont elle gâte le foie et les poumons.
U me pandt diificile de tirer des conclusions légitimes de ces assertions
592 DROSÉRA (tuérapeutiqub).
produites par Yicat et Eugène Curie. A coup sûr, cependant, nul n'admettra que le droséra puisse rendre les animaux tuberculeux et provoquer chez eux une maladie, la tuberculose, dont on admet aujourd'hui de plus en plus la nature parasitaire et le développement sous Tinfluence du bacille spécial bien décrit récemment par TAllemaud Koch.
Quant aux lésions du système lymphatique, elles devront être recherchées à nouveau et ne sauraient s'imposer à l'esprit du thérapeutiste par la seule lecture des deux observations de Curie.
Il est bien certain que, sous prétexte d'administrer à des chats du droséra, cet expérimentateur leur donnait en réalité beaucoup d'alcool, puisqu'il a employé l'alcoolature à la dose de 1600 gouttes, et une préparation acide très-sapable d'irriter les voies digestives et d'agir par contre-coup sur les glandes lymphatiques du mésentère et sous-maxillaires. Je ne prétends pas dire que le droséra est absolument inoiTensif chez les animaux, loin de là, je crois au contraire que ses propriétés caustiques le rendent chez eux redoutable quand ils l'ingèrent en nature comme font les herbivores. Mais je ne puis admettre sans nouvelles preuves l'action si spéciale que lui attribue E. Curie sur le système lymphatique en général, pas plus que je n'ai admis qu'il engendre la tuberculose.
Chez r homme, il n'a pas été fait de recherches spéciales pour établir ses effets physiologiques. Les cliniciens qui ont administré les préparations de droséra n'ont pas observé qu'il modifiât sensiblement les fonctions de cirtalation ou de caiorificatioa même à doses élevées : 5 grammes d'extrait et 200 gouttes d'alcoolature.
Peut-être agit-il comme eupeptique à la façon de la pepsine ou de la papaïne, cette autre pepsine végétale, et rend les digestions meilleures et plus actives.
Pour mon compte, j'ai vu souvent chez les enfants atteints de coqueluche et vomissant avec la plus excessive facilité les préparations de droséra iiaire cesser les vomissements et rendre aux malades l'appétit perdu.
111. Usages en médecine. J'ai dit déjà en retraçant l'histoire de l'emploi médical des droséras qu'au seizième et au dix-septième siècle ces petites plantes passaient pour guérir ou améliorer la goutte, d'oii leur nom d'herbe aux goutteux; la phthisie pulmonaire, les bronchites catarrhales et la coqueluche, et qu'en outre on s'en servait comme irritant local et caustique superficiel contre les verrues ou les cors aux pieds. Or, la science moderne n'a rien ajouté, absolument rien, à ces données de la tradition, et les médecins qui se sont occupés des droséras pour les remettre en honneur ont montré simplement que l'on pourrait tirer un bon parti d'un remède oublié à tort depuis longtemps.
£. Curie a particulièrement appelé l'attention de ses confrères sur les propriétés thérapeutiques des droséras dans la phthisie pulmonaire.
Quand la maladie débute, les etTets du médicament sont des plus remarquables, selon lui, toutes les fois que l'état général des sujets reste bon. 11 suffit d'une vingtaine de gouttes d'alcoolature de droséra données chaque jour pour faire disparaître au bout d'une quinzaine la toux, les douleurs thonciques, l'oppression, les sueurs nocturnes, relever les forces des patients, leur rendre l'appétit et l'embonpoint disparus. En même temps, on constate que les signes physiques observés s'amendent manifestement.
Malheureusement, dans les^cas avancés, la drogue n'a plus aucune efQcacité.
Voilà donc» suivant Cmie, qui confirmerait la loi des semblables en théra-
DROSÉRA (TuéRAPBUTiQUB). 593
peutique, car, ainsi que Je lai rapporté plus liaut, les droséras produiraient d'après lui la tuberculisation chez les chats et les moutons.
Hëlasl il n*estpas plus démontré que la rorelle guérit la tuberculose pulmonaire qu*il n*est prouvé qu*elle la donne aux animaux. De sorte que la doctrine homœopathique ne trouve encore dans l'histoire thérapeutique des droséras qu'un bien pauvre argument à l'appui de sa valeur.
H est présumable que, si les préparations de droséras sont utiles aux phthisiques, c'est à titre d'eupeptique. Ceux de ces malades qui digèrent et mangent bien résistent mieux que d'autres et peuvent finir par triompher de l'aflection consomptive.
L'action thérapeutique de la rorelle a été mieux étudiée récemment dans une autre maladie beaucoup moins grave, mais qui cependant fait parfois le désespoir des médecins et des familles, je veux parler de la coqueluche. Ici j'entrerai dans quelques développements, car on a pu croire un instant qu'enfin le remède tant cherché de cette désagréable et souvent grave maladie était trouvé et résidait dans l'emploi des préparations de droséra.
C'est en 1878 qu'elles ont été préconisées par Louvet-Lamare, dans une communication à la Société de thérapeutique, comme particulièi*ement propres au traitement de la seconde période de la coqueluche, alors que les quintes ont apparu. Suivant cet honorable praticien, sous Tinfluence de la teinture de droséra, administrée d'abord à la dose quotidienne de 1 gramme pour les enfants de sept ans, et augmentée graduellement tous les jours de quelques gouttes, la fréquence et la violence des quintes diminuent et la durée de la maladie est de beaucoup abrégée; au lieu d'évoluer en six semaines ou deux mois elle s'arrête après un temps moitié moindre.
Bien que les enfants supportent sans le moindre inconvénient la teinture de droséra à la dose de 10 grammes, il n'est pas nécessaire d'aller au delà de 2 à 3 grammes pour obtenir la sédation des quintes de coqueluche.
Louvet-Lamare se déclare incapable d'expli(}uer le mode d'action du droséra dans la coqueluche, mais il affirme sa supériorité sur les agents prescrits d'ordinaire contre cette maladie, dans laquelle il se montre aussi efficace qu'inoflensif.
Paul Catrice confirme les appréciations précédentes et voit dans les préparations de droséra un remède commode à manier autant que sûr pour combattre la coqueluche (Thèse inaugurale).
Depuis 1878, bien des médecins ont essayé le nouveau médicament suivant la méthode de Louvet-Lamare et sont arrivés à des résultats fort variables. Tantôt le médicament paraissait agir merveilleusement, tantôt il échouait complètement ou à peu près.
En définitive, si le droséra peut rendre quelques services dans le traitement de la coqueluche, il n'y a pas plus à compter sur lui que sur bien d'autres agents tout aussi vantés lors des premiers essais et tombés plus tard dans l'oubli.
J'ai, de mon côté, souvent prescrit la teinture de cette plante à de jeunes enfants affectés de coqueluche, sans grand succès. Sans doute, les vomissements et la violence des quintes paraissaient s'amender, mais l'affection poui^uivait fatalement son cours ordinaire. Je dois même dire que rhydmte de chloral, seul ou associé i la belladone, m'a beaucoup mieux réussi que les préparations de rorelle, à titre de caUnant des crises de toux. Aussi bien, je me borne maia*
Mcr. ne XXX. ^^
594 DROSÉRA (thérapeutique).
tenant à faire prendre ce remède après les repas à titre de médicament •eupeptique, précisëment parce que j*ai cru remarquer que les enfants ainsi traités vomissaient moins facilement et digéraient mieux. D*où la conclusion •que la teinture ou Tulcoolature de droséra ne peuvent être que des auxiliaires dans le traitement de la coqueluche, ou des médicaments applicables seulement dans les cas exceptionnels où les malades ne supportent pas le chloral et la belladone ou d*autres préparations usitées contre cette maladie.
J*ai essayé encore la teinture de droséra dans la bronchite avec toux spasmodiqne, dans la grippe, sans résultats avantageux. Ce médicament s*esl montré dans ces cas très-inférieur à Topium.
Je croirais assez volontiers aux vertus reconstituantes de cette plante, indiquées anciennement, en raison de ses qualités eupeptiques, comparables à oelks de la pepsine. Elle peut, en effet, concourir à perfectionner les digestions, â rendre Tassimilation des matières alimentaires meilleure et à remonter un organisme débilité.
111. Modes d*âdministratioi« et doses. Il y a en France, je crois, quatre espèces de droséras : D. rotundifolia, D> longifolia, D. obovatay et D. inkrmédia. Les deux premières étant les plus communes servent le plus souvent aux préparations pharmaceutiques courantes, qui sont l'alcooiature, la teinture et rextrait alcoolique.
Les décoctions, la poudre en nature, sont aujourd'hui complètement inusitées.
P. Vigier a comitiuniqué à la Société de thérapeutique quelques indications sur les préparations de droséra que je résume ici.
Valcoolature se prépare avec la plante fraîche, qu'on met macérer un mois dans son poids d*alcool à 36 degrés. On soumet alors à la presse ce produit de macération, puis on liltre.
Le liquide obtenu est brun foncé, d'une odeur sui generisj caractéristique.
Un kilogramme de droséra kais fournit 1500 grammes d*alcoolature.
La teinture doit être préparée au cinquième comme la plupart des teintures du Codex.
On prendra, par exemple :
Alcool à 60 (Jegrcs 1000 grammes.
Droséra sec SOO — *
On fera macérer quinze jours, on exprimera et fUlrera.
Cette teinture contient plus d'extrait que lalcoolature, dans la proportion du simple au double. C'est pourquoi Vigier avait proposé de mettre les deui préparations sur le même pian en préparant une teinture au dixième seulement de droséra sec. De cette façon, teinture et alcoolature contiendraient l'une et l'autre 25 grammes d'extrait et seraient de même force.
Cette proposition ne me paraît aucunement acceptable, car l'ordre établi par le Codex s'impose et ne doit pas varier au gré de chaque pharmacien.
Le médecin saura parfaitement que l'alcoolature de droséra est moins forte de moitié que la teinture et construira ses formules en conséquence.
Teinture et alcoolature ont une odeur et une saveur qui n'ont rien de désagréable, aromatique et piquante, aussi bien sont-elles prises sans aucune répugnance par les enfants.
Lextrait se prépare en distillant les préparations précédentes. On le prescrit en pilules ou bien en potion et l'on pourrait en faire un sirop.
DROWNE. 595
Hais, je le répète, les deux préparations courantes sont Talcoolature et la teinture qu'on donne à la dose de i à 2 grammes et plus aux enfants. Les <ioses d'adulte peuvent varier de 2 à 10 gtammes.
Quant à l'extrait, il s'administre à la dose de 5 à 20 centigrammes aux -enfants.
La dose d'adulte serait triple ou quadruple sans le plus petit inconvénient, •car Yigier a pu ingérer d'un coup 5 grammes de cet extrait sans être le moins da monde impressionné désagréablement. Ernest Labbée.
BnuoGBAPBiB. — Etselius. De Boreto/is, vulgo Soimen-Thau, Erfordiae, 1715. — Siegesbece. J)€ Borella. WiUemberg, 1716. — IIernanx. Cynosurœ materiœ medicœ. 1728. — Vicàt. UUt. •de$ plante* vénéneu9es de la Suiste, p. 121, 1776. — Likhêe. Maieria medicOy 1782. — EmcjfciopéUie méthodique. Partie médicale^ t. XII, 1826. — Hérat et de Lexs. Dict, de Mat. méd. et thér.t t. II, 1830. — Ccrie. (Eugène). Recherches expérimeiUaUe sur leê propriétés phyêiologiques et thérapeutiques des Droséras, Mém. lu à l*Acad. d. se. le 2 rept. 1861. — Cazm. Traité pratique et raisonné des fiantes médic. indigènes et acclimatées y 1876. — DABwi.f. Les plantes insectivores. Trad. franc, de Ed. Barbier. Paris, 1877. — G. Lugak. Journ. 4e la Soc, de méd. de Caen et du Calvados, 1877. — I/)ctet-Lahare. Bull, et Mém. de la Soc. de thérap., t série, t. V, p. 65, 1878. — V. Vicier. Idem., p. 76, 1878. — Catrice (Paul). Eesai sur le traitement de la coqueluche et spécialement sur l'emploi du Droséra. Thèse 4Se doct. en méd. Paris, 1878, n? 449. Ë. L.
DK0S09IELI. Nom donné anciennement à la Manne. Pl.
•mosSANDER (Andréas). Médecin suédois, né en 1648, dans la Sudermanie, fit ses études à Upsal et visita la Hollande, la France et l'Angleterre. Il séjourna à Leyde et à Paris et vint enfin prendre le grade de docteur à Reims. En 1685, il fut nommé professeur à Upsal. Il mourut en 1696. C'est lui qui a Tulgarisé dans sa patrie l'usage du baromètre, du thermomètre, de Thygromètre» etc. Parmi les nombreux opuscules qu'il a publiés, nous nous bornerons 4 citer :
I. Diss. de aula mentis. Upsaliae, 1678, in-8*. — II. Diss. de acltone^ passione et resistenlia, etc. Upsaliae, 1678, in-8*. — III. Diss. de caeteris causis varialionis motus, etc. Up68liae, 1678, in-8*. — IV. Diss. de terrae ortu et incremento, etc. Upsaliae, 1678, in-8*. — T. Coçiialione9 physico-medicae de humore melancholico. Upsaliae, 1684, in-8*. — YI. Diss. de sale volalili. Upsaliae, 1687, in-8*. — VU. Diss. de spiritu animali. Upsaliae, 1689, in-S*. •— > Yill. Dise, de prœsagiis physico-medicis. Upsaliae, 1691, in-8*. — IX. Diss. ie sudare ejusque speciebus insuetis. Upsaliae« 1692, in-8*. — X. Diss. de motu musculari. Upsaliae, 1692. in-8*. » XI. Diss. de urinatoribus. Upsaliae, 1692, iD-8*. ^ XII. Diss. de halœna. Upsaliae, 1694, in-8*. L. Hm.
BBINJUV (Yijkcent-Denys). Ce médecin naquit à Saint-Paul-Trois-Châteaux, département de la Drôme, en 1660, et mourut à Paris le 14 avril 1722. Après avoir exercé pendant quelque temps aux armées, où il parvint au grade de chimrgien-major, la réputation qu'il acquit par son habileté lui valut d'être admis dans le Collège de Saint-Côme, sans subir les examens nécessaires. La place de chirurgien en chef de l'Hôpital général et des Petites-Maisons lui fut ensuite accordée^ et il la garda jusqu'à sa mort. Outre plusieurs observations insérées dans le Journal des Savants, on lui doit une description succincte du eenreau et de ses membranes : Description du cerveau^ Paris, 1691. in-12.
MHVNE (Solomom). Médecin américain, né dans Rhode hland, le li mars IISS» servit en qualité de chirurgien lors de la guerre de l'Indépen-
90 DRUITT.
dance, puis après la paix conclue se fixa à ProTidence. En 1788, il s'établit à Harietta (Oliio). Après un séjour à Morgan town (Virginie) et un autre de sept ans à Uniontown (Pennsylvanie], il revint en 1801 à Providence et eu 1811 fat nommé professeur dé matière médicale et de botanique à Brown University. U Société médicale de Rhode Island le nomma en 1819 membre de la délégation chargée d*élaborer la pharmacopée nationale. Drowne mourut le 5 février 1854. C'était un professeur de talent et un écrivain remarquable. Il a laissé, entre autres, divers éloges, ceux de Yarnum, de Washington, etc., et quatre oraisons commémora tives de Tindépendance américaine. L. H».
DrCffel (FRAKz-FfcRoiMAifD voii). Médecin de mérite, né à Mynster eo 1765, se fixa dans sa ville natale après avoir obtenu le grade de docteur. Il fat nommé conseiller médical en 1788 et professeur de pathologie à l'Université en 1792. Nous mentionnerons de lui :
I. Nachricht von ungewôhnlichen Erscheinungen bei eiiier mehrjâhrigen Kramken. la Med,'Chir. Zeitung, Bd. I, p. 145, et Bd. II, p. 17, 1814. Tiré à part sous le titre : Ecke Nachricht ûb, die êeltenen Encheinungen bei der Jung fer Anna Katharina Emmeriek, etc. Dorsten, 1815, in-^**. — II. Todeêttrsache des Fr, Leop, Grafen xu Stoliberg. Mikoster (1819), in-8*. — m. Articles dans Mûnsier. genieinnûtzliches WochenblaiL L. Hsr.
DBUITT (Robert). Célèbre chirurgien anglais, né en décembi^e 1814, à ^Vimborne, comté de Dorset, où son père exerçait la chirurgie. Il entra en apprentissage auprès de Charles Mayo, son parent, alors chirurgien au Winchester-Hospital. En 1834, il vint à Londres et continua ses études au King's Collège et au Middlesex-Hospital ; là il fut l'élève d*Herbert Mayo et de Thomas Watson. En 1856, il fut reçu licencié par la Société des apothicaires de Londres et Tannée suivante devint membre du Collège royal des chirurgiens; il se fixa dans la métropole. En 1845, il se fit recevoir fellow du Collège royal des chirurgiens, en 1852, licencié du Collège royal des médecins de Londres, dont il devint /e//ou; en 1874.
Druilt lit en 1852 un voyage à Paris et s*y perfectionna dans les accouchements sous la direction du professeur Pajot. De retour à Londres, il se lim particulièrement à la pratique de Fart obstétrical et y acquit bientôt une grande notoriété. En 1867, le mauvais état de sa santé le força à renoncer à la pratique et en 1872 sa faiblesse toujours croissante lui interdit tout travail actif. 11 mourut le 15 mai 1885, à sa résidence de Strathmorc-gardens (Keusinglon).
Druitt s*est fait surtout connaître par son manuel de chirurgie the Surgeoni Vade-mecum^ qui parut pour la première fois en 1859, eut une seconde édition en 1841 et depuis lors jusqu'à 11 éditions. Plus de 40 000 exemplaires de cet ouvrage ont été vendus en Angleterre et il a été réimprimé en Amérique et traduit en différentes langues.
Un de ses mémoires les plus remarquables est Sur V inflammation et a é\é publié dans Coopers Dictionary of Practical Surgery and Encyclopœdia of Surgical Science ^ eu 1872. 11 a en outre publié un grand nombre d'articles sur les sujets les plus variés dans Obstétrical Transactions^ Medico-Chirurgical Transactions, Médical Times and Gazette, etc., et une série d'articles sous forme de lettres datées de Madras en 1875 et 1874, dans the Médical Tintes and Gazette; à cette époque, il habitait cette contrée pour raison de santé.
Druitt s'était beaucoup appliqué en outre à Tbygiène; en 1856» il fut au
DRUPOSE. M»7
Médical Officer of Health ei garda cette charge jusqu'en 1807; dans Tinlervalle, il avait lu un mémoire remarquable à Tlnstitut royal des architectes sur : the Construction and Management ofHuman Habitations considered in Relation to the Public Health, Ce mémoire a ëtë publié dans les Transactions ofthe Royal Institute of British Architects, 1859-1860. En 1864, Druilt avait éié élu président de TAssociation métropolitaine des Médical Officers of Health et il oe quitta ces fonctions qu'en 1872. D'autres fonctions encore avaient été confiées à Druitt : ainsi en 1857 il fut chargé de celles d'examinateur de la Société des apothicaires, plus tard il fut vice-prcsident de la Société obstétricale de Londres et, de 1862 à 1872, il dirigea l'important journal the Lancet.
Nous aurons dit tout ce qu'il convient de dire de ce savant médecin en rappelant que la botanique, la géologie et la chimie tant organique qu'inorganique n'avaient pas de secrets pour lui, qu'il fut excellent musicien, bon chrétien, comme dit la pieuse Gazette, excellent père de famille et parfait gentleman.