‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 3)Chapitre 49 sur 95 · EXEMPLE · texte numérisé non relu

EXEMPLE

oi loi

OUI soio

oui fouine

Mt lui

lié daègue

oué fouel

Xais il ne faudrait pas croire que au, ai, eu, œu, ou, sont des diphthongues.

Ainsi que nous l'avons précédemment démontré, ce sont des sons voyelles» V*on peut appeler, si on veut, polygrammes, par opposilion aux voyelles a, e, t»o» tt, qui sont monogrammes.

D ne faut pas non plus regarder comme de véritables diphtliongues ien, ié, \ ùùy tan, îa, ion, que quelques grammairiens ont appelées diphthongues mouillées. On s'est laissé tromper par Torthogi-aphe, on a dit te, par exemple, se compose de la voyelle i et de la voyelle é, deux sons différents : donc c'est One diphthongue ; on n'a pas pris garde que ié se prononce comme s'il s'écrivait yé ou illé avec un / mouillé. Ceux qui les ont appelées diphthongues mouillées avaient entrevu la chose, car à la vérité c'est tout simplement une ^llabe formée par l'articulation de la consonneT/, mouillée, avec la voyelle e. Ainsi :

iai est la même fehoï« que yen, iliiii, illain.

ié — yé, illé.

iai — yai, yè, illd, illai.

ion — van. 'Ilan.

ta — ya, illa.

ion — yoa, iiloQ.

L'y, ici, n'est pas une voyelle, mais bien une consonne. Qu'on essaye, en effet» de prolonger cette lettre comme cela se fait pour les \oyelles, on ne le pourra pas. Ce n'est autre chose que la consonne //, et, de même qu'au point de vue phonétique on peut écrire indifféremment :

ai ou è on peut écrire aussi :

iai, té, yai, illai.

Il faut également remarquer que les associaticms de voyelles que nous avons données plus haut comme des diphthongues u*ont pas toujours cette valeur. En poésie, par exemple, il est parfaitement admis que certaines diphthongues sont comptées pour deux syllabes. Nous citerons comme exemple le mot nuagCf qui dans la conversation ordinaire a deux syllabes, tandis que dans un v^rs il devra en former trois par suite de la disparition de la diphthongue ua; exemple : nu-^i-ge.

Cette séparation des deux éléments de la diphthongue est ce qu'on appelle une diérèse.

Vaïsse a émis sur les diphthongues une opinion que nous ne partageons pas, mais que nous ne pouvons passer sous silence, vu la notoriété seîentîfique de Fauteur.

Pour lui, ce qu'on appelle généralement diphthongue n*existe pas. C'est une syllabe ordinaire composée d*une consonne et d'une voyelle.' Des deux démenU d'une diphthongue^ dit-il, il y en a un qui est nécessairement use consonne,

A dire vrai, nous n*avons pas trouvé quelles étaient les raisons pour avancer cette proposition. Nous avons bien vu que pour Vaïsse la voyelle est caraeté' risée par un état particulier de tension des parois du pharynx sous Faction des muscles constricteurs de cette cavité, état de tension qui se produit exdusivement pour les voyelles ^ et nous croyons que dans sa pensée, l'un des éléments de la diphthongue, étant accompagné de cette tension caractéristique, la diphthongue est détruite et devient une syllabe ordinaire.

C*est ainsi que pour lui ou, comme dans les mots ouate, oift, oie, otn/, est une consonne ; de même pour u dans huit, nuage, lueur, suani,

« L'on ne comprend pas, dît encore cet auteur*, comment ceux qui ont défini les diphthongues n*ont pas été frappés de ce fait que toutes les voyelles ne paraissaient pas, après tout, susceptibles de se soumettre à cette union prétendue, à cette fusion de leurs valeurs, et comment ils ne se sont pas demandé i qaoi il tenait que telles voyelles en se rapprochant pussent former une diphthongue, tandis que telles autres ne le pouvaient pas ; pourquoi, par exemple, on peut réunir en une syllabe ia et ai (ail) et non pas éa et aé, »

Nous répondrons à cela que cette impossibilité n*existe pas. De ce qa'eo français on ne prononce pas éa et aé d'une seule émission de voix, il n'en faudrait pas conclure qu'on ne -le peut pas. Cette impossibilité réside uniquement dans les règles de la prononciation française, car l'italien et l'espagnol considèrent éa et aé comme des diphthongues dans une inûnité de mots.

Donc cet argument tiré de Tim possibilité de former des diphthongues pir Tassociation de telles ou telles voyelles ne nous paraît pas fondé et nous croyons au contraire, pour notre part, que toutes les combinaisons possibles de voyelles entre elles sont considérées comme diphthongues dans quelque langue. ^

Kersten fait remarquer, avec beaucoup de raison, qu'il est bien plus facile S d'exécuter les mouvements labiaux d*avant en arrière que d'arrière en avant. C'est ce quVxpliquent les afûnités des voyelles pour former des diphthongues.

Nous ajouterons que ce mariage de voyelles, où chacune d'elles conserve sofl

individualité tout en constituant, grâce à cette union, un tout différent de

chacune d'elles, nous parait être en harmonie complète avec ce que nousobser*

vons, et cette fois sans conteste, pour les consonnes dites doubles.

' Art. Paaole dans le Supplément de Vïtnc^clo^^édie mod., p. 277.

Personne ne songe à nier que U, br, pl^ frr, gly etc., ne soient des combinaisons dans lesquelles chacune des consonnes garde sa prononciation particulière tout en se prononçant cependant dans une seule articulation ; en un root, ne sont^ce pas également des diphthongues? Et si en français oes consonnes doubles ne sont pas plus communes*", la raison en est dans le génie de notre langue qui, sans être dure, ne présente pas cependant les articulations douces de Fitalien* et de Tespagnol. Le français à ce point de vue nous semble être une langue intermédiaire. Voyez en effet Tallemand, Tanglais, le russe, les articulations doubles y sont plus fréquentes que ches nous, tandis que dans Tespagnol ou* ritalien nous n'en rencontrons que fort peu.

Bien que j*aie Toccasion de revenir tout à l'heure sur les consoones diphthongues, je tiens cependant à montrer immédiatement la différence qui sépare ladiphthongue voyelle de la dipbthongae consonne. La diphthongue voyelle, quelle que soit la rapidité de sa prononciation, peut toujours se décomposer ; c'est un soncomposé dont il est toujours facile de dégager les deux composantes. Il n'en est pas de même de la diphthongne consonne. Le son initial peut être modifiéplusieurs fois, mais il n'est pas possible de le décomposer. Et, bien qu'il soit possible de séparer les deux éléments qui forment la diphthongue consonne, tous deux n'existent pas à part comme sons ; il n'y a toujours qu'un seul son.

Pour nous donc il y a des diphthongues voyelles, et, quant au mécanisme de leur prononciation, il n'y a qu'à les décomposer pour le connaître.

Pour la diphthongue oi, par exemple, qui se prononce otui, il faut faire lesmanœuvres nécessitées par ou et par a et prononcer ces deux sons en une seule émission de voix. De même pour toutes les autres diphthongues.

Qu'est-ce qu'une consonne ?

C'est une définition bien difficile à donner et, qui, en tout cas, nécessite quelques explications préalables destinées à faire bien connaître la nature de la consonne.

Le mouvement d'inspiration ayant introduit de l'air dans les poumons, si le courant d'air expiré s'échappe par le larynx en faisant vibrer les cordes vocales, il se produit des sons; l'expiration est dite sonore. Si pour une raison quelconque le passage du courant d'air à travers le larynx n*a pas mis les cordes vocales en vibration d'une manière régulière, l'expiration s'accompagne d'un simple bruit; Texpiration est dite muette. Cette expiration muette ou sonore peut être utilisée pour la parole à haute voix et la parole à voix basse ou chuchotée.

Le5 voyelles elles-mêmes, qui, ainsi que leur nom l'indique, sont des sons, peuvent cependant être produites à voix basse, c'est-à-dire sans le secours des vibrations laryngiennes, mais par la simple résonnance dans la cavité buccale du bruit du courant d'air expiré.

Si maintenant nous prenons cette voyelle produite par une expiration sonore 00 muette et qu'à l'ouverture de la bouche modifiant la caisse de résonnance nous ajoutions des obstacles nouveaux provenant de la position de la langue ou des lèvres, nons aurons la consonne.

La consonne est donc le résultat de manœuvres spéciales de la langue ou des lèvres ayant pour but de modifier la sortie naturelle de Vair expiré, que cette expiration soit muette ou sonore.

11 résulte de la définition même que nous venons de donner de la consonne que les manœuvres spéciales de la langue ou des lèvTCS joueul V^ ^\>ï& ^^w^

rôle dans leur production. C*est donc ce mécanisme que nous allons étudie maintenant.

Parmi ceux qui se sont le plus distingués dans cette étude, nous citeron HûllerS Kersten', Stephen de la HadelaineS Gerdy^, Fournie*, Morin' Vaîsse''» Hilne-Edwards'y etc. Hais il est regrettable ie dire que des résultat complètement différents séparent trop souvent des observateurs également reoom mandables.

Nous ne voulons pas donner ici la liste complète des classifications proposées mais nous pensons cependant qu*un tableau récapitulatif» comprenant quelques unes d'entre elles, ne serait pas inutile pour résumer brièvement les opinion des auteurs et faire connaître Tétat de la question.

Il est une préoccupation qu*on retrouve dans un grand nombre de classific»* tiens : Quelles sont les consonnes qui peuvent être prolongées ou soutenues? Quelles sont celles qui sont explosives? Au premier abord ces questions ne paraissent pas d'une importance capitale, mais, si on se reporte à Tépoque^è elles furent émises et que l'on considère que les voyelles étaient souvent défini» des som qui peuvent être prolongés^ on voit que le motif de cette investigatioo était de savoir si certaines consonnes ne pourraient pas être dassées parmi ki voyelles.

G*est ainsi que Kersten, Huiler, Vaisse, ont partagé les consonnes en deux grandes catégories : 1® consonnes soutenues; 2® consonnes non soutenues oo explosives.

CUSSinCATIOH DB KBRSTEI

1* ArlicuUUifmM muetiei et inêtanianéei,

Linguo-gulturalef. Linguo-denUlcg. Ubiales.

Intérieures » N M

Moyennes G D B.

Explosives K T P

2* Arliculatiotu bruyante* et continues.

Linguo- Linguo- Linguo- DenU>-

GuUonles. gutturales, palatales, dentales, labiales. Labiales*

Intérieures » » » »• » ir

Moyennes » g » z j v

Fortes h • » » ch f

Roulantes > » r » * >

Coulantes » » / » » •

CLASSIFICATION DE MULLKR 1* Consonneê tonore* soutenue:

Orales V, F, J, G, H, S, R, L, Z.

Nasales M, N.

2* Contonnes muettes explot'aei.

Simples B. D, G.

Aspirées P, T, K.

* Manuel de physiologie. Traduction de Jourdan, 2* êdit., 4851.

' Eêun Mur tactivité du principe pensant considérée dan* Vinêtitution du langage^ t H 5 Théorie» complètes du chant, 2« édit., 1864.

* Notes sur la voix» In Bull, des se. média, de Férussac, t. VU, 1830, et Physioldff didactique et critique, 1830.

B Physiologie de la voix et de la parole, 1866, et Physiologie des sans de la 9oii dà la parole, 1877.

* Traité de prononciation, \9bb,

' Art. Parole dans le Supplément de VEncyclopédie moderne, Firmin Didot. ^ Leçon* eur la phyêiologit^ l. W\, «M. Xon.

r.I.ASSIPICATION DB TAÎSSE

• SODROES

14 SOJnCARTES

OU

APBORBS.

HiMIPUOXES.

Orales. Orales. Nasales.

9 muettes ou dotée,

• sons non soscep- ( Labiales P B \ M

Ubles de se pro- 1 Palatales T D [ N

longer f Gutturales K Gue i Gne

iDento>labiales Inféro-dento-lingnalcs . . • Anléro palato-lingaales. . .

Labiale pure ••....

Linguo-labiale Nédio-palato-lingnale . . •

. Latéro-lingnale

\ Antéro>irémulo-1ingnale. •

11 aepiréee eifflantee,

Gh J

on

D'autres, ont classe les consonnes tantôt suivant les organes qui concourent à leur formation, tantôt suivant leur caractère phonétique; souvent même ces deux modes de classement sont pratiqués en même temps.

C*est ainsi qu*ont procédé Gerdy, Horin, Stephen de la Madelaiœ, Becquerel, Hageudie, Fournie.

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