CIRCONFLEXES
La circonflexe antérieure, toujours plus grêle que la pustenent. qoctpdvk double, provient tantôt de l'a\illaire, tantôt de la circonflexe postaient- Elk x dirige eu dehors, passe sous le coraco-brachial et sous la courte partial 4a Uoej*. puis s'engage sous le tendon de la longue portion de ce musde et crot*c fer|*odiculairement la gouttière bicipitale de l'humérus, pour arriver aoii* W «iehûidV où elle s'anastomose avec la circonflexe postérieure. Réunie à crttc tierak-ft artère, elle tonne un cercle complet autour du col chirurgical de llrameni*. Dans ce trajet, la circonflexe antérieure donne quelques petite* brandies àt&x* liantes sans importance et un rameau ascendant qui parcourt, de bas en haut la coulisse bicipitale et se perd dans la tète de l'humérus.
Membre inférieur. Les deux artères circonflexes de la cuisse repréatutdil assez exactement les circonflexes du bras ; comme celles-ci, elles eulutirait l'extrémité supérieure du fémur.
La circonflexe interne ou postérieure se détache ordinairement de Ij kaunk profonde près de sou origine et exceptionnellement du tronc de la iemorak. Sun calibre, assez variable du reste, est parfois plus considérable que celui de b grande musculaire. Située, à sa naissance, au coté interne du tendon du ps», elle s'enfonce presque immédiatement entre le pectine et le col du fémur dott elle suit la face interne, puis la face postérieure, de même que la circooflcir postérieure du bras contourne le col de l'humérus. Parvenue au niveau du burd supérieur du carré crural, elle se divise en deux branches terminales, une ascendante et une descendante. La branche ascendante peut être suivie jusqu'à b cavité digitale du grand trochauter ; elle fournit des rameaux aux muscle? |*lutrochautérieus et s'anastomose avec l'ischialique, la fessière et la bonteu* interne. La branche descendante donne au grand fessier, au biceps, au deniitendineux, au demi-inembraneux, au grand nerf scia tique et communique ivre la première perforante et la circonflexe externe. Avant sa terminaison, la cùruullcxe interne émet plusieurs branches collatérales parmi lesquelles nous menti*»lierons : 1° une branche articulaire qui se dirige eu haut, s'applique sur la capsule orbiculaire de l'articulation coxo-fémorale, pénètre dans cette articulât*» par la grande échancrure de la cavité cotyloïde et suit le ligament rond poui * perdre dans le tissu adipeux qui garnit I arrière-fond de racétabultiiu : quelquesuns de ses rameaux s'introduisent dans le tissu osseux de la tête fémorale, t» passant par le point d'implantation du ligament rond; 2° des branches anûilomotiques qui s'unissent à des ramifications de l'artère obturatrice; 5U des branches périostiques pour le col du fémur ; 4° des branches musculaires doliner> à l'obturateur externe, au pectine et aux adducteurs.
La circonflexe externe ou antérieure est toujours plus petite que la riromitlexe interne. Son origine est très-variable ; tantôt elle provient de la féumrak profonde, tantôt, niais plus rarement, de la fémorale: le plus souvent, elle «ait par un troue commun avec la grande musculaire. Elle se dirige horiioutaleiiKiil en dehors, passe au devant du psoas qu'elle croise et auquel elle donne quelque!» rameaux, puis s'engage entre le grand droit antérieur et le vaste interne. K«t"i. elle contourne le grand trochauter et arrive sur la face intérieure du fémur** elle se termine eu fournissant des rameaux asceudauts et des rameaux transtiisau\. Les premiers vont au muselé tenseur du fascia lata, au moyeu fes>ier. a" petit fessier et à la partie postéro-externe de la capsule orbiculaire ; ils s'aua>limoseiit avrela fessière. Les rameaux transversaux s'épuiseut dans le va>te citer»' et s'unissent à des branches de l'ischiatique et de la circonflexe interne.
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (morphologie). 33»
Circonflexe iliaque. Branche de l'iliaque externe qui naît au niveau ou un <eu au-dessous de l'épigastrique et provient même quelquefois de la crurale* iOg& dans un dédoublement aponévrotique qui la maintient appliquée contre le igaineut de Fallope, la circonflexe iliaque se porte en haut et en dehors, pour agiter l'épine iliaque antérieure et supérieure où elle se divise en deux branlies, une ascendante et une horizontale. La branche ascendante monte verticalement dans l'interstice des muscles transverse et petit oblique, parallèlement à ëpigastrique ; elle s'anastomose avec cette dernière artère, avec les lombaires et ivec les intercostales les plus inférieures. La branche horizontale ou circonflexe iroprement dite suit l'arête de l'angle rentrant formé par les muscles transverse :t iliaque. Elle longe d'abord la lèvre interne de la crèlc iliaque, puis s'en éloiraeun peu, pour se perdre dans le transverse et le petit oblique. Ses rameaux •ont au muscle iliaque ainsi qu'aux muscles et aux téguments de l'abdomen; ils s'anastomosent avec la quatrième lombaire, l'obturatrice et l'iléo-lombairCâ
11. Veines. Toutes les veine* circonflexes suivent rigoureusement le trajet des artères correspondantes. Elles sont au nombre de deux pour chaque branche artérielle et se réunissent en un seul tronc près de leur terminaison. Celles du bras aboutissent à la veine axillaire ou à la veine numérale ; il est fréquent de les voir ^ jeter dans une grosse veine qui longe la veine humorale comme un canal collatéral et communique avec elle seulement par ses deux extrémités. Celles de la cuisse s'abouchent dans la veine fémorale. Les veines satellites de l'artère circonflexe iliaque se rendent à la veine iliaque externe près du ligament de Fallope ou à la veine crurale. V. Paulet.
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES. (Synonymie : Gyri, meandri, procc$tu$ anteroidei, plis cérébraux), g I. Morphologie. Lorsqu'on a enlevé la voûte du crâne et incisé les méninges, on voit surgir de cette ouverture une masse hémisphérique qui parait composée d'une grande quantité de replis juxtaposés et pressés les uns contre les autres. Certes, cet aspect ne rappelle que de bien loin celui que présente le paquet de l'intestin grêle à l'ouverture de l'abdomen; et cependant c'est d'après cette analogie grossière que les anciens anatomistes ont dénommé les éminences de la convexité cérébrale. Les figures qu'ils nous ont laissées montrent jusqu'à quel point ils avaient cru pouvoir pousser la comparaison (voy. en particulier la figure de Spigel, De corporis humani férkâ, lib. X, tab. 2).
Cette dénomination défectueuse n'a peut-être pas été étrangère à l'indifférence •les anatomistes pour une aussi importante partie du corps humain» Elle consacrait d'avance l'idée de la variabilité absolue dans la disposition de ces plis multiples, et la variabilité relative qu'ils présentent en effet a longtemps suffi pour •ceréditer un pareil préjugé.
Il n'en est rien cependant. Grâce aux travaux modernes, nous savons aujourd'hui que les anfractuosités et les éminences de la surface cérébrale sont, comme tous les détails de nos organes, disposés suivant un type défini et constant. 11 ktbieïi vrai qu'ici plus que partout ailleurs cette forme typique n'est pas d'une rigueur inflexible, qu'elle est sujette à des variétés individuelles parfois considérables. On n'a même pas, me semble-t-il, assez fait ressortir l'importance philosophique de cette diversité de l'organe cérébral qui tranche si fortement avec 'uniformité remarquable de tous les autres viscères, et qui est si propre à monter les liens étroits qui unissent la fonction à son instrument. Quoi qu'il en soit*
MO CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (■•sraoï.oeis).
If.* différence* ne sont jamais aussi nombreuse» que les ressemblances qu'elles masquent plu» ou moins. On peut les comparer à de simples variations sur uu thème identique, îi (les oscillations autour d'une position d'équilibre qui rote, on définitive, toujours la même dans l'espèce.
Mou* devons à Fuuatoinic. comparée d'avoir débrouillé le chaos apparent dr> circonvolutions chc* l'homme. Les premiers pas avaient été faits dans cette voie dè> lu plus h<iute antiquité. Erasistratc écrivait : Les circonvolutions sont plus nombreuse* dans rhouuuo que dans les animaux, parce que l'homme l'emporte sur le* iMiiuuuiv par Fesprit et par le raisonnement. A quoi Galieu répondait: Je ne p(Mtaue pn* cet unis» car d'après cette règle, les ânes étant des animaux abrutis et ntupide«k il> devraient avoir uu cerveau tout à fait simple, sans aucun sillou ou <iuuo*ité\ taudis qu'ils out beaucoup de circonvolutions. (De usu parlim, lib H. t hap. 13,)
Mat* il a tallu de longs siècles pour que l'idée d'Erasistrate servit de guide à Fuuatointe humaine,
{\\*+\ a heuv tiiatudel que la science est redevable de cette conquête. Avec lui eomiuemv. ou peut le dire, une ère nouvelle pour l'étude de la morphologie céréhttde, et le* nombreux travaux qui, en France, eu Allemagne et en Angleterre, tient \etut« ^ajouter a son œuvre, procèdent tous de la méthode féconde inaugurée ptu notre tllu«lre WUipatllotC.
te n e*t |s*« Umtefois qu'axant la publication du « Mémoire sur les pliscéré- Im*ui\ * qui e*t venu dominer à cotte partie de Fanatomie un caractère synthétique, quelque* paiticulariles isolées n Yussettt i*é bien observées. Certaines cir- HUtudithou*. phi* simples et mieux dessincVs ifie les autres, avaient frappe I >it lent ton de* auteurs. II faut citer en particufcir la circonvolution du corp> mII»>m* et le* circonvolutions pariétales de la f*of- externe qui avaient été assa ItliM Indiquée* par Yicq d'Azyr, Sœmering, GalJ <c Spurzheim. Rolando avait lUahiueiil lunislé sur certaines scissures, et donné ûok très-exacte description de I Hiatilti et île la circonvolution crétee qui a conserva suci nom. Cruveilhier avait Ittultx de décrire les circonvolutions les plus conslairtes et de leur assigner de» unuia. Knlin, M. Foville, frappé de la continuité 6e <?rtains plis dans le sens ttiitéi-o-postérieur, avait présenté quelques aperçus remarquables. Mais, je fc répète, ces essais trop incomplets étaient demeures stériles, et la géograpk* du globe cérébral, si Fou peut ainsi dire, restait pour les anatomistes presque complètement inconnue.
Il faut bien l'avouer : livrée à ses propres forces Fanatomîe humaiue eut sa» doute été toujours incapable de se reconnaître dans ce nnandre compliqué.
(".lie/ l'homme eu effet, les détails sont si nombreux, ils présentent tant de variétés individuelles, que les traits principaux y sont comme perdus et noves Pour trouver un fil conducteur dans ce dédale, il faut déjà être familiarisé a ut la comiaifitaiicc de ce qu'on pourrait appeler le plan ou schéma des circonvolutions nWhiules. Or (et c'est là la découverte capitale de Gratioleti ce plan, ce schéma, lioiih h* trouvons ehei les animaux.
Main (mmii h* rencontrer, il ne faut jus le cliereher sur les cerveaux d'uiK' «*• père trèfc-élnjgnce de la notre, comme le renard par exemple. Leuret avait cou* mi» eelte grave erreur, aussi n'a-t-il retire d'uue pareille comparaison que dr* ii^ultati iiixigtiitiant* (|ui se rédiUM-nt à la notion médiocre des circonvolutK^ Hilihlumurllv* ou tir )>crlcctionnanent. Foville, égare dans la même voie, >J 6U1I peidu tout à lait et déclarait que le cerveau de Fhouuiie et celui des afl**
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (morphologie). 541
aux n'ont pas plus d'analogie entre eux que la tête, la station, la voix de lomme n'en ont avec la tête, la station, la voix des animaux les plus élevés ins la série.
C'est qu'en effet, pour trouver un sujet de comparaison utile il fallait s'adresser us haut, à nos voisins immédiats, les membres de la grande famille des Priâtes. « Si nous comparons entre eux les cerveaux de différentes espèces de figes, dit Gratiolet (loc. cit., p. 10), les plis se développent à nos yeux dans us ces cerveaux avec des ressemblances si évidentes qu'il est au premier abord ipossible de n'en être point frappé. Si maintenant nous essayons la compatisoii entre le cerveau de l'homme et celui des singes, nous retrouvons les lémes ressemblances, les mêmes parties essentielles, la même disposition généue; seulement il y a plus de simplicité dans les singes et plus de complication ans l'homme. Or, à cause de ces analogies si évidentes, la complication du prolème, dans l'un, peut être résolue grâce à la simplicité du problème dans les Mires. C'est là une analyse dont les procédés n'ont rien d'artiGciel et qui est ondée sur la nature même. J'ai donc conçu le dessein de m'élever ainsi à la connaissance des plis cérébraux de l'homme. »
J'ajouterai que l'élude des encéphales d'embryons est venue confirmer pleinement les résultats obtenus par cette méthode comparative.
Assurément, le plan d'exposition le plus commode dans ce difficile sujet, serait à l'exemple de Gratiolet, de commencer par la description du cerveau d'un pithécien où se retrouvent, avec une simplicité vraiment schématique, les «assures, les lobes et les circonvolutions. Mais cette marche, excellente dans un travail de recherche, paraîtrait peut-être déplacée dans un article comme »luki.
J'aborderai donc d'emblée l'étude des circonvolutions chez l'homme, et sans aire assister le lecteur au travail d'analyse qui a permis de les déterminer et de es classer exactement, je me bornerai à lui en donner le résultat. Je m'attaiberai essentiellement à être clair et précis ; cependant, il me sera impossible Uns le cours de la description de procéder absolument pas à pas, comme si le ecteur n'avait aucune notion du sujet. C'est ainsi qu'il m'ar rivera parfois à 'ropos des scissures, d'énoncer quelques faits relatifs aux circonvolutions voiines afin d'éviter de fastidieuses répétitions.
Je l'ai déjà dit : au milieu de la complexité apparente que présentent les plis e l'écorce cérébrale, on peut reconnaître les marques d'un plan uniforme, et )mme l'esquisse d'un même dessin. Ce sont ces traits généraux sensiblement ivariables qui constituent la morphologie de l'organe. Ce sont eux que nous lions étudier ; nous indiquerons, chemin faisant, les variétés principales qu'on eut rencontrer soit dans les divers individus, soit dans les diverses races. Il ne sera question dans cet article que des circonvolutions apparentes à la surtee cérébrale. Pour Vinsula et les hippocampes, je renvoie à l'article Encéphale.
Lobes. Lobules. La surface externe du cerveau a été divisée depuis Burdach t Arnold en régions distinctes, ou lobes. Nous verrons plus loin à propos de chacun ou quelles sont les limites exactes qu'on doit leur assigner. Il suffit pour le •ornent d'indiquer leur position respective.
En avant, la portion de l'écorce cérébrale qui est recouverte par le frontal emmnte le nom de l'os qui la recouvre. En arrière de ce lobe frontal nous trouvons iroéme le lobe pariétal, puis le lobe occipital. Enfin, au-dessous d'eux, couché
34* CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (moepbolocii).
sur l'étage moyeu de la base du crâne est le lobe temporal ; au fond de la scissure de Sylvius se cache le petit lobe de l'insula. A la face interne de l'hémisphère nous distinguerons aussi trois lobes ou lobules : le frontal, le pariétal, fi l'occipital.
Ce mot de lobe appliqué à la topographie du cerveau est assez malheureusement choisi. Chacune de ces divisions ne se distingue pas, en effet, de ses voisines par une saillie particulière. Il n'y a là à proprement parler que des région différentes. Mais l'usage a consacré ce terme, et il y aurait plus d'inconvénient* que d'avantages à ne pas s'y conformer.
La remarque précédente s'applique au mot de lobule, employé par divers auteurs pour spécifier une portion déterminée de tel ou tel lobe. C'est ainsi que Gratiolet divise le lobe frontal en deux lobules : L'inférieur, lobule orbitairt, le supérieur, lobule frontal. Nous emploierons dans le même sens, durant le cours de notre description, les mots de lobule occipital interne, lobule quadrilatère, etc.
Scissures. Sillons. Fossettes. Circonvolutions. Plis. Parmi les nonbreuses dépressions qui sillonnent les hémisphères, il en est qui frappent tout d'abord par leur étendue et leur profondeur. Telles sont, par exemple, les srôsures dites de Sylvius et de Rolando. Ce sont presque les seules que connaisse* la généralité des anatomistes, les seules que l'on trouve décrites avec quelque détail dans les traités les plus récents. Cependant l'observation, aidée de l'anatomie comparée et de l'embryologie a définitivement montré qu'à côté de e» scissures qui attirent davantage le regard, il en est de moins apparentes peutêtre mais qui ne leur cèdent en rien par la constance et l'importance morphologique. C'est ce que nous appellerons les scissures lobaires et lobulaires.
Après ces scissures de premier ordre, s'en placent d'autres un peu plus sujettes à variation que nous nommerons scissures gyr aires. Elles limitent les plis cérébraux simples ou dédoublés qui forment chaque circonvolution : le* dépressions qui ne rentrent pas dans la classe des scissures, c'est-à-dire qui oat un caractère essentiellement variable et qui peuvent subdiviser les circonvolutions, formeront pour nous des sillons.
Enfin, lorsque ces dépressions mériteront ce nom par leur exiguïté et leur forme, nous les appellerons des fossettes.
Nous devons bien définir la valeur que nous attacherons au mot de ciramtslutions. Nous l'appliquerons à tout pli, dont l'embryologie et l'anatomie c*f parée ont montré la constance et l'importance typique. C'est ce que GrauoleJ appelait étages pour le lobe frontal, vu leur superpositiou dans cette légion, e* plis dans les autres lobes. Nous préférons réserver ce nom de pli pour design*1 toute saillie de l'écorce grise, quelle que soit d'ailleurs sa valeur morphologique* Nous aurons ainsi un certain parallélisme entre la division des émineoe» k la surface cérébrale, et celle que nous avons établie parmi les anfrartuoatA qui les séparent : les plis sont aux circonvolutions ce que les sillons sont an scissures. Le lobe ou lobule est un département de l'écorce en majeure put* limité par des scissures lobaires : toute circonvolution est un relief simple • composé bonté par des scissures lobaires et gyraires. Tout pli accessoire e*t £ paré d'un autre pli accessoire de la même circonvolution par un sillon, poufl* être réduit à l'état de fossette. Les scissures sont un élément constant, le» «II* un élément contingent dans la morphologie des circonvolutions.
Cette classification, quelque artificielle qu'elle soit encore, nous paraît an*
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (morphologie). 34"
avantage d'indiquer l'importance réciproque de ces divers détails anatomiques t de faciliter ainsi la description.
Abordons maintenant l'étude détaillée de la face externe.
Scissures principales (lobaires et lobdlaires). 1. Scissure de Sylvius. ynonymie : Fissura sive Fossa Sylvii. Grande scissure inter-lobulaire (Chausier) (fig. I, S. S").
Si Ton tenait compte de son mode de formation, cette scissure devrait à elle «ule former une classe à part. On pourrait indiquer cette distinction en lui régnant exclusivement le nom de fissure. Mais cela donnerait lieu à une certaine omplication; nous la conserverons donc dans le groupe des scissures principales mi lobaires en lui assignant le premier rang.
Telle qu'elle est constituée chez l'adulte, la scissure de Sylvius prend naissance inférieurement, à peu près à l'union du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de la base des hémisphères et se dirige transversalement de dedans en dehors, en décrivant une courbe a concavité postérieure. Son extrémité interne est en rapport avec l'origine des nerfs olfactifs, et se trouve placée en dehors du chiasma des nerfs optiques. Cette partie interne est formée de substance blanche criblée d'orifices vasculaires ; Vicq d'Azyr Ta décrite sous le nom de tubitance perforée antérieure. A mesure qu'elle s'éloigne de son origine, la «isnure devient plus étroite. Lorsqu'elle atteint la convexité de l'hémisphère, elle se coude et se divise en deux rameaux, l'un antérieur plus petit qui monte vers le lobe frontal (S"); l'autre beaucoup plus long, postérieur et presque horizontal (S), qui se dirige vers la partie moyenne du lobe pariétal.
Variétés. On observe parfois la persistance d'un état fœtal caractérisé par I ecartement des bords de la fissure de Sylvius, qui laisse à découvert l'insula. Ce n'est guère que chez les idiots et les microcéphales que cette anomalie s'accuse d'une manière un peu marquée. Les figures VU et VIII en reproduisent un exemple.
L'extrémité supérieure des deux rameaux donne souvent naissance à des sillons secondaires.
2. Scissure de Roi and o (Leuret). Synonymie : Suie us centralis (Ecker), Fitmra transversa anterior (Pansch), Postero-parietal suicus (Huxley) (fig. 1 rt II, c). Nous croyons, avec Leuret, devoir conserver à cette scissure le nom «le l'anatomiste qui l'a, le premier, bien décrite. Elle est constante dans le cerveau des Primates, mais, chez l'homme seul, elle est située notablement en arrière du coude de la scissure de Sylvius, particularité qui est en rapport avec le grand développement de la région frontale.
Cette scissure commence un peu au-dessus de la grande branche de la scissure de Sylvius, non loin de l'origine du rameau antérieur, et se porte obliquement en haut et en arrière pour se terminer tout près du bord supérieur de l'hémisphère. Lorsqu'on examine la face convexe du cerveau en se plaçant directement au-dessus de lui, de manière à voir sa projection horizontale ou ce qu'on appelle en craniologie la norma verticalis (fig. H), on remarque que les scissures de Rolando des deux côtés, par suite de leur convergence vers la ligne médiane, limitent un angle ouvert en avant ; cet angle est d'autant plus aigu que le lobe frontal est plus développé (Ecker).
La scissure de Rolando sépare le lobe frontal du lobe pariétal, pour la majorité des anatomistes.
Craliolet croyait qu'elle était située directement au-dessous de la suture ce-
544 CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (i
ronale. Cette opinion l'avait conduit à accorder une importance toute partiolière à l'élude ne cette suture, qui devait permettre d'établir une relation bitn précise entre la région frontale du crâne et les lobes antérieurs du cerveau. On comprend quelle importance aurait eu celte domine pour le parallèle de» racr* humaines. M. Droca a démontré que cette donnée est tout à fait inexacte. t Variétés. Turner a vu la scissure de Roland» s'aboucher à sou origine itk Ii
Fig. I. — Tact latérale du cerveau (llgnrt de Ecker).
F, Lnbe frontal; P. lobe pariétal; 0, lobe occipital ; T. lobe teroporo-iphénoïdal; S. tciaorr itSjWm S', >• brancha horiioiiiile; S", h brancha nrtkalaj; t, uiuure de Ftoiando. ip, ici More inlenariMt;
mine noilirieuremenl dan» une ariisure verticale, tronçon mpérieur de la tatuire parallèle fueia*. ft, aeiteure frontale inférieure terminée en arrière din> le tronçon inférieur île la aritMire pana* r.-ouialc; /",, tronçon inférieur rie Ii tciuure parallèle frontale; F,, premieru circontolution tuaa*. F*, seconde circonrolulion Tromale; F,, Iroi.ième •irconrolulion IronU»; A. quatrième circoanau* trustait; B, cireontoluiion pariétale atcendanle ; P,, lobule pariétal tnpeiiaur; IV pli court*" lobule du pii courba ou lobule du pli marginal tuperienr: 0|. première circonvolution denawaie piné» occipitale; P',, «coude ci rco mal ut ion de piuage perléto-wcipilale ; o, > il Ion occipital IniaMBt; o,. «iinure wcipilalr inférieure; T(, premièie circontolution temporale ; ft, aillon lemuuiu iii»"* qui tubdiTiie Irrégulièrement la wonde cirooriToluiion temporale; T, al Tt. accoude ciruuwiaaiai emporele ; cm, eneoche qui correspond au lommet de la sci-sure fionlo- pariétale inleroe.
scissure de Sylvîus. C'est là un fait Ires-rare. Ecker ne l'a jamais vu, etjeu'eM pas non plus rencontré d'exemple.
Wagner a ligure un cerveau sur lequel la scissure de Rolando est iiiterronpt par un pli accessoire qui réunit le lobe frontal et le pariétal.
J'ai déjà dit que la situation et l'obliquité de la scissure étaient variable* «me t développement plus ou moins grand du lobe frontal.
3. Sciiture perpendiculaire externe (Gratiolet) (fig. I et II, t (f Synonymie : Purs tuperior live lateralù fistvrœ parieto-occipitalis (Eeker). Future ocdpito-parie'tale (Huxley). Fissure pariélo-occipitaU (Turuer). £■■ occipital trantverte (Broca).
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (morphologie). 545
\ est très-accusée chez tous les singes , où elle sépare nettement le lobe ail du lobe occipital, qui se trouve ainsi coiffer en arrière les lobes antécomme une sorte de calotte; en outre, sa lèvre antérieure étant alors ; élevée que la postérieure, celle-ci la recouvre eu formant ce qu'on a ié Yopercule. Chez l'homme, cette scissure est presque entièrement mas- )ar deux circonvolutions subdivisées en plis de passage, allant du lobe parié-
Fig. H. — Face aupêrieure du cerveau (figuro de F.cker). (Voy. la légende de la fig. 1.)
il lobe occipital. Nous montrerons bientôt que leur développement et iége sont sujets à des variations très-grandes qui amoindrissent considérant l'importance que leur avait attribuée Gratiolet. Il n'en est pas moins vrai type le plus ordinaire de la scissure perpendiculaire externe, chez l'homme, ^-caractéristique : c'est une simple encoche placée au bord supérieur de isphère, que fait reconnaître facilement, du reste, sa continuité sur la face e avec une profonde scissure qui n'en est que le prolongement, la scissure idiculaire interne.
Broca a constaté qu'il y a une relation assez constante entre la suture oïde et le sillon occipital transverse, comme il l'appelle. iétés. Lorsque le premier pli de passage est très-peu développé, et surmqu'il est profondément caché, ainsi qu'il n'est pas très-rare de l'ob- , en particulier chez la femme, la scissure perpendiculaire externe des-
546 CIRCONVOLUTION* CÉRÉBRALES (kohholobib),
cend sur la convexité de l'hémisphère, Ce fait coïncide avec un fort déjeltme latéral du deuxième pli de passage, dont la concavité vient alors encadrer it scissure perpendiculaire externe qui rappelle, par sou aspect, celle de» > thropoïdes.
Les figures VI, VU et VIII reproduisent un exemple très-accusé de cette i riété. Le cerveau qu'elles représentent est celui d'une imbécile, dont j'ai don la description complète dans la Revue d'anthropologie, n° d'avril 1875.
Si le deuxième pli de passage externe est également profond en totalité ou > partie, il peut eu résulter la conformation connue sous le nom de calotte, et rora une véritable opercule. De pareils faits sont, à la vérité, exceptionnel». Je n'ea rencontré, pour ma part, qu'un seul exemple, reproduit dans les figures III et P
terueau dr Royrr, faible fnpril.
A, Sciiauralronlllr supérieure; It, iciuure île tlolando; C. rassura intcrpariélal? ; D. tca-vr perai
•olulion pan'Ule ttctndinta; S, lobule pariétal «upirieur,- 6, loliulc du pli courba-, 1. pronrinriao «llulino du païuga piriélo-ocripilal* Irà-fortcirwal rfjatd vers la race inlarne. Ella P'*M •aaUl droiit que grice a un -oiilètfrai-iii irtHtlel de I lafatiafMra : H, nvond* circonTolalioa de fiai parMlD4cri[>ital« Cornu» par li icrmlnaiBon du pli courbe.
C'était sur le cerveau d'un homme de 65 ans, mécanicien, d'une intelligence 1 laidement au-dessous de la moyenne, ainsi que je m'en étais assuré de son vin par une observation prolongée. L'ciicéplialc. dépourvu de ses membranes, pu iiQb grammes. Le cerveau seul 965 grammes. Du côté gauche, le premier; de passage (iîg. III, 7 et fîg. IV, 7) est rejeté sur la faee interne de Ibémispa* son bord supérieur est à peine tangent à la convexité de la fsce externe. La te. sure perpendiculaire externe (Dj offre une longueur inusitée (58milli elle est bordée inlérieu remeut par le second pli de passage (8) offrant m
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (horpbologir). 547
■cavité supérieure. Du côté droit, la scissure est encore plus longue (46 milli- ■iTt-f.) et notablement plus ouverte; c'est que le premier pli de passage , fig. DI et fig. IV), est tout à fait refoulé vers la l'ace interne, de manière à :trr plus du tout apparent à la superficie de l'hémisphère. Le deuxième pli passage se dédouble à droite pour aller se perdre en partie (9, fig. IV) au fond la scissure perpendiculaire, tandis que l'autre partie (8), borde inférieur tient celte scissure.' A gauche le second pli de passage est simple et passe tout lier au-dessous de la scissure pariélo-occipitale. Il résulte de cette déposition que lobe occipital est presque complètement détaché des précédents, et lui forme dotte- . En outre, le bord antérieur du lobe occipital déborde très-notablement In m postérieure de la scissure ; il empiète sur elle, la recouvre d'une véritable trente. L'analogie avec la conformation simienne est poussée ici jusqu'à la si-
Fi». IV. — Région det plii de paany pariUo-oeeipilaïuc uprtt icarltment de la teiaurt prrpeadù
saur.
i, du cei'ivau de ,
'iwintni de li ui»ure perpendiculaire interne ttft Kf ni forteiHDl refoulé en iledent) 8, ictond pli de m réduit à droit* & un irès-mince relief, la majeure t.iiH-ii au fond de la «iunrc perpendiculaire.
puugepj portion CI
précMen
mini reste l'ope mil ta par le prrinier ipilal [armé parle i pli courbe (B) m .
lililn Je. Le cerveau de Rosalie he non court, conservé au laboratoire de H. Broca, i ligure daus la thèse de H. Gromier est, pour ce qui concerne celte région, irêsoroparable à celui que je viens de décrire.
i Scissure inter pariétale (Eclter) (lip. 1 et II, ip). Synonymie : Suint parielalis (Pansch). Finture intraparittale (Turner).
On doit s'étonner que la constance et l'intérêt de-cette scissure aient échappé i Gnlinlet. Ce n'est que depuis les travaux de Pansch et de Turner qu'on lui a famé l'attention qu'elle mérite. Récemment, M. Gromier a essayé de lui allri- «er une place encore plus importante qui la mettrait presque sur le même vg que la scissure perpendiculaire externe. Nous aurons à revenir sur ce point 1 propos du loue pariétal, quand nous parlerons des plu de pauage Iraruverttz distingués par cet auteur.
Comme la précédente, celte scissure olfre sou plus grand développement chez a singes. Son parcours n'y est jamais interrompu par des plis transversaux re* aifnanl le lobule qui surmonte cette scissure à celui qui est placé au-dessous. t le plus souvent, il n'en est pas ainsi chez l'homme, et ces plis anaslomotiques minent compliquer un peu l'élude de la scissure. C'est donc sur les cerveaux i plus simples qu'on pourra en prendre d'abord la meilleure idée.
Elle naît à peu de distance en arrière du pied de la scissure de Itolando, ettrarse obliquement la région pariétale en se portant de bas en hnul et d'avant en rière. A son origine, elle est séparée de la scissure de Sylvius par un pli plus ou
348 CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (morphologie).
moins développé selon les sujets, qui constitue, ainsi que nous le verrons plus loin, la racine antérieure du pli courbe, et qui va de la grande circonvolution qui borde en arrière la scissure de Rolando à un lobule compliqué situé iminédiat*ment en arrière de la terminaison de la scissure sylvienne. Vers son milieu, la scissure sépare plus ou moins nettement ce lobule d'un autre lobule situé vers le bord supérieur de l'hémisphère, puis elle passe au-dessous de la circonvolution (première circonvolution de passage) qui encadre l'encoche représentant chez l'homme la scissure perpendiculaire externe et va se perdre dans le lobe occipital ; assez souvent elle s'y jette dans une petite scissure transversale que nom décrirons sous le nom de scissure occipitale transverse, formant ainsi la figure d'un T dont cette dernière constitue la branche transversale (fig. Il, côté gauche).
Variétés. Elles dépendent surtout de la présence ou de l'absence des plis de passage transversaux dont nous avons déjà parlé. Nous renvoyons, pour de plus grands détails, à l'étude du lobe pariétal et de ses circonvolutions.
5. Scissure (temporale) parallèle (Gratiolet) (fig. I, t{). Synonymie : Scissure temporo-sphénoïdale moyenne (Ecker).
Au-dessous de la scissure de Sylvius, naît au sommet du lobe temporo->pbénoïdal une grande scissure qui remoute parallèlement à la fente sylvienne ver» la convexité de l'hémisphère. De cette direction vient le nom que lui a doni* Gratiolet, auquel on doit d'avoir apprécié sa valeur dans l'ordre des primates
Chez les anthropoïdes, la scissure parallèle pariétale remonte très-haut. Cette particularité est en rapport avec la disposition spéciale qu'offre, chez eux, une circonvolution qui la coiffe pour ainsi dire supérieurement (le pli courbe). Chei l'homme, où cette circonvolution, au lieu d'être étirée de haut en bas, comme chez les singes, se replie au contraire sur elle-même de façon à se défigurer en* transformant presque tout entière en un lobule rabougri, la scissure parallèle perd une grande partie de sa hauteur; elle ne s'élève guère au-dessus de l'eitrémité de la scissure sylvienne, et vient se perdre dans les replis compliqués où l'on retrouve parfois avec quelque peine le pli courbe des Primates. Son extrémité tronquée sépare ce lobule (lobule du pli courbe ou lobule du pli marginal supérieur) de la seconde circonvolution die passage.
Variétés. Dans les cerveaux très-simples, on voit réapparaîtra le développe* ment de la scissure parallèle, qui peut s'élever au devant de la scissure perpendiculaire, en supportant le pli courbe revenu à sa gracilité simienne. Telle e*t sa disposition sur l'encéphale de Marie Martel (fig. VI, VU et VIII).
Je viens de passer en revue les scissures les plus importantes, qui donnent ai cerveau des Primates, et de l'homme en particulier, sa physionomie particulier. Celles qu'il me reste à décrire (scissures gyraires) le seront avec plus d'avan* tage à propos de l'étude qui va suivre de chacun des lobes en particulier.
I. Lobe frontal. La portion des hémisphères placée au devant delà scissure de Rolando constitue le lobe frontal. Gratiolet, dans le second volume de l'Automie comparée du système nerveux, commencée par Leuret, adopte «M* limite. Mais, dans son Mémoire sur les plis cérébraux, il abandonne cette frontière toute tracée, et la reporte en avant de la grande circonvolution asceadaute qui limite antérieurement la scissure de Rolando. Il faut avoir ce fait bien présent à l'esprit, pour apprécier les remarques de cet auteur relatives a cr qu'il appelle le lobe frontal, eu particulier à propos des Binges. C'est ainsi qu'il
CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES (morphologie). 349
est conduit à regarder comme nid imen taire le lobe frontal des magots et des cebus, parce qu'il en retranche le premier pli ascendant, dont le grand développement augmente beaucoup, en réalité, les dimensions de cette région.
Ce même auteur subdivise le lobe frontal en deux parties.
L'une inférieure, plus ou moins concave, repond aux voûtes orbitaires de la face du crâne : c'est le lobule orbiiaire.