‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 4 sur 98 · RESULTATS FOURNIS PAR LE CAPITAINE RACK · texte numérisé non relu

RESULTATS FOURNIS PAR LE CAPITAINE RACK

DÉSIGNATION

DE l'animal.

TEMPÉRATURE DE l'animal.

lEMI'ÉRATUKE

DE l'atmosphère.

DIFFERENCE

Gélinole noire (l'Amérique (mâle). . . .

Gélinote d'Amérique (mâle)

— — (femelle) '

Lagopède des saules (mâle) ,

Répartition de la température chez les animaux supérieurs. Les divers régions du corps d'un même animal n'ont pas toutes la même température. Dans ses recherches, Martine a trouvé à la peau un degré de moins que dans les viscères intérieurs, et dans ceux-ci un degré de moins que dans le sang. Sur un chien, J. Hunter a trouvé 38% 06 dans le rectum, 38°, 20 dans le tissu du foie, 58°,33 dans l'estomac et dans les cavités droites du cœur. Le même observateur, ayant exploré l'urèthre à diverses profondeurs, trouva 33«,53 dans ce canal à un pouce de l'extrémité du gland, 33°,89 à deux pouces, U\U à quatre pouces, 36°, H au niveau du bulbe. Par une température extérieure de 17°, 78, J. Hunter constata, sur un loir bien portant, que le thermomètre montait à 23°, 33 dans le milieu de l'abdomen, à 27°,67 près du diaphragme, à 37°,50 prèsdu foie; la température de l'air ambiant était de 17°,8. Sur un cheval tué par la section de la moelle épinière, Carlisle trouva 36°,! 1 dans la vessie, 36»,67 dans le côlon, 38°,33 dans l'estomac, 39°,44 dans la rate. C'est surtout J. Davy qui a pubHé de nombreux et importants résultats sur la répartition de la température dans les diveises régions du corps d'un même animal. Sur cinq agneaux, ou moment de la mort il a trouvé moyennement 40°,45 dans le rectum, 40°,67 dans le veutric.ile droit du cœur, 41°,22 dans le ventricule gauche. Sur quatre agneaux récemment tués, la température. du cerveau s'éleva moyennement à 40 ',53 et celle du rectum k 40", 91. Nous devons au même auteur le tableau suivant de la répartition de la température dans les diverses régions du corps d'un agneau qu'on venait de sacrifier :

Sur l'os du tarse 32' ,22

Sur l'os du métatarse 36 ,11

Sur l'articulation du genou 58 ,89

Vers le haut de la cuisse 59 ,44

Sur la hanche 40 ,00

Au milieu de la matière cérébrale .... 40 ,00

Dans le rectum 40 ,56

Dans le sang de la reine jugulaire 40,84

Vers la base du foie 41 ,11

Dans le ventricule droit du cœur .... 41 ,11

Dans le parenchyme du foie 41 ,39

Dans le parenchyme du poumon 41 ,39

Dans le sang de la carotide 41 ,67

Dans le ventricule gauche du cœur. ... 41 ,67

Les températures locales superficielles rapportées dans le tableau précédent ont été prises en plaçant le réservoir du tliermomètre sous la peau au moyen d'une incision. La même précaution n'a pas pu être observée dans les recherches stii-

vantes qui portent sur l'homme vivant; cependant, bien qu'elles aient moins de valeur que les précédentes, nous croyons devoir les mentionner : .

Sons la plante du pied 32' ,22

Enlre la malléole interne et l'insertion du

tendon d'AcIiille, sur l'artère 33 ,89

Sur le milieu du tibia 5o ,06

Sur le milieu du mollet 33 ,89

Sur l'artère poplitée au pli du genou ... 55 ,00

Sur la fémorale au milieu de la cuisse . . 34 ,U

Sur le milieu du muscle droit 32 ,78

Sur les gros vaisseaux de la hanche ... 3b ,84

1/4 de pouce au-dessous du nombril ... 55 ,00

Sur la sixième côte gauche, sur le cœur. 34 ,44

Sur In sixième cote droite 53 ,89

Sous l'aisselle, où l'on applique la surface

entière du réservoir du thermomètre . 36 ,67

La température relativement très-élevée de l'aisselle tient évidemment à ce que le thermomètre s'est trouvé, là seulement, convenablement placé pour une bonne observation, parce que la totalité du réservoir était en contact avec les parties vivantes. Ce résultat prouve que, pour constater la température des parties superficielles, le thermomètre ordinaire à réservoir sphéii(pie ou cylindrique ne jieut rendre que très-peu de services.

Des tableaux et des résultats qui précèdent on peut conclure ce qui suit: 1" hi température va croissant à mesure que de la peau on pénètre dans l'intérieur do l'animal et que l'on s'avance des extrémités libres des membres vers leurs racines ; 2° les parties contenues dans le crâne ont une température inférieure à celle des viscères du bassin; 5° la température du tronc va croissant de ses deux extrémités vers le diaphragme; 4" le maximum de température est dans le ventricule gauche

flu cœur.

Depuis Boerhaave, les physiologistes les plus recommandables ont admis que la température du sang artériel est supérieure à celle du sang veineux. J. Davy a fourni sur ce sujet des documents d'une haute importance; il a constaté que la température du sang de la carotide l'emporte moyennement de 0°,67 sur celle du sang de la jugulaire chez cinq agneaux, de 0",62 chez trois brebis, de 0«,66 chez deux bœufs. Ces expériences ont été pratiquées sur des animaux vivants ; de très-petits thermomètres étaient introduits dans les vaisseaux. Ce mode opératon-e n'est pas à l'abri de toute objection; il peut en résulter un trouble notable dans la circulation. J. Davy dit avoir constaté, sur des agneaux morts d'hémorrhagie, que les cavités gauches du cœur ont une température supérieure à celle des cavités droites.

M. Becquerel a employé des aiguilles thermo-électriques pour étudier la répartition de la température dans le corps des animaux. Après avoir vérifié l'exactitude des résultats obtenus par J. Davy, il a appliqué très-heureusement cette méthode d'exploration très-délicate et irréprochable à des questions dont le thermomètre à mercure ou à alcool n'aurait jamais pu fournir une solution satisfaisante. Les aiguilles thermo-électriques, en effet, peuvent être glissées dans les interstices des tissus sans les désorganiser ni les déchirer, et poussées dans les vaisseaux sanguins sans occasionner aucun trouble dans la circulation.

Supposons qu'il s'agisse de mesurer la température des masses musculaires du bras. M. Becquerel commence (fig. 1) par traverser le corps des muscles de cette région avec une aiguille thermo-électrique à soudure médiane; il place dans la bouche la soudure de l'autre aiguille. Ces deux aiguilles, mises en communica-

tion avec le galvanomètre par leurs extrémités cuivre, sont reliées l'une à l'autre par leurs extrémités fer, à l'aide d'un fil du même métal. Le sujet en expérience respire par le nez; un très-petit thermomètre placé sous la langue indique la

température de la bouche et montre qu'elle se maintient constante pendant toute la durée de l'observation. Le sens de la déviation de l'aiguille du galvanomètre indique de quel côté existe V excès de température ; une table de réduction construite à l'avance sert à estimer la valeur de cet excès en degrés centésimaux.

Quand il s'agit de comparer la température de deux parties du corps, comme, par exemple, d'un muscle et du tissu cellulaire qui l'entoure, chacune de ces parties est transpercée avec une des deux aiguilles qu'on met ensuite en communication entre elles et avec le galvanomètre; l'opération se termine comme précédemment par l'observation de la déviation et sa transformation en degrés centésimaux. Les faits dont ces recherches de M. Becquerel ont enrichi la science sont trèsimportants; nous consignons ici les principales conclusions de son travail.

1» Le sang, soit artériel, soit veineux, est d'autîrirtj^Jus chaud qu'on l'examine plus près du cœur. Ainsi, dans la carotide, la température du sang est de 0M5 au-dessus de celle du sang de l'artère crurale; la température du sang de la veine jugulaire l'emporte de 0°,30 sur celle du sang de la veine crurale.

2° La température du sang artériel est toujours notablement supérieure à celle du sang veineux quand l'expérience porte sur des points correspondants de vais-' seaux collatéraux. Ainsi, à l'origine de l'aorte, la température du sang l'emporte de 0°,84 sur celle du sang de la veine cave supérieure, au point où ce dernier vaisseau s'ouvre dans l'oreillette droite ; la température du sang de l'artère crurale est moyennement supérieure de 0°,98 à celle du sang de la veine crurale.

3» La température des muscles l'emporte considérablement sur celle du tissu cellulaire qui leur sert d'enveloppe. M. Becquerel a constaté directement ce fait sur l'homme et sur les animaux. Ainsi, chez l'homme, la moyenne de quatre expériences donne au.biceps brachial une température supérieure de 10,57 à celle •du tissu cellulaire adjacent; sur un chien, la température d'un muscle de la cuisse au repos a été trouvée supérieure de l^^O à celle du tissu cellulaire ambiant.

La question de la répartition de la température dans le sang artériel et dans le sang veineux des diverses régions de l'économie a été reprise dans ces derniers temps par M. Claude Bernard. Nous n'avons pas à entrer ici dans les détails des procédés expérimentaux adoptés par l'éminent physiologiste. 11 a fait usage tantôt des thermomètres métastatiques à mercure de M. Wallerdin, tantôt des thermomètres à mercure construits par M. Fastré. Le réservoir de l'instrument avait de 4 à 5 millimètres de diamètre et de 2 à 5 centimètres de long. Le volume de ce réservoir ne gênait pas la circulation dans les vaisseaux où on le plaçait, et ses parois très-minces donnaient au thermomètre une grande sensibilité. Chaque degré centésimal de Téclielle était divisé en cinq parties égales; on pouvait donc sans

,. . * „« .iwipmp t\o (1c"t6 Toutes les précautions étalent difficulté Vva directement un dixième ac (it il. lu ^

crises pour rendre les observations irréprochables.

P M C B^wd a étudié avec le plus grand soni ks var.afons qu éprouve la teni-

péraUir; du sang pendant le passage de ce liquide à travers 1 appareil d.gestif et a

''"Zl^jTdi^e^^^^ fournis par l'étude des variations de tempé-

raturf du sang pendant que ce liquide traverse l'appareil digestif sont reunis dans

les trois tableaux suivants. •, , , ■ i j

Le premier tableau donne les résultats de la comparaison de la température du sang avant et après l'appareil digestif, c'est-à-dire dans Xaorte ventrale et dans les

''irdeimèr tableau donne la température comparative du sang avant et après l'intestin c'est-à-dire dans Y aorte ventrale et dans la veine porte.

Le troisième tableau donne la température comparative du sang avant et après le foie c'est-à-dire dans la veine porte et dans les veines hépatiques.

Le iremier tableau montre qu'à la sortie de Vappareil digestif, après avoir parcouru les capillaires de l'iuteslm et du foie, le sang est constamment plus chaud quà son entrée. L'état de jeûne et l'état de digestion ne paraissent pas exercer une grande influence sur ce phénomène; souvent l'accroissement de température est plus fort chez les animaux à jeun.

Le deuxième tableau montre que généralement la température du sang s eleve dans les capillaires de l'intestin. Cependant, dans quelques observations, la têmpérature reste stationnaire ou même s'abaisse. Ces particularités s expliquent par ce fait que la muqueuse intestinale est en réalité une surface extérieure sur laquelle peuvent se renconti^er, par suite de l'ingestion des aliments, des substances venues du dehors, capables de produire un refroidissement qui se communique au sang des capillaires.

I" TABLEAU. — TEMPÉRATURE DD SANG COMPARÉE DANS l'AORTE VENTRALE

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