Clinides contiguës et formant par leur juxtaposition une
couche ou membrane clinhymène recouvrant complètement le stroma ; spores plutôt rondes, simples, à mince paroi, sans spicule Hïméisostromes. 30
{. Stroma charnu, superficiel, stipité et capité, ou bien sessile et pulviné, ou discoïde; mou, puis déliquescent, puis pulvérulent, . [21] TUBERGULARIÉS.
2. Stroma membraneux excipulé, superficiel, rarement semiimmergé [22] Exgifulés.
l. Parasites non-seulement sur plantes vivantes, mais paraissant parasites sur d'autres parasites (les Urédinés) dont ils sont la sporification d'hiver., constitués par des clinides isolées, courtes, portant des spores longues, coniques, sombres, à épispore épais, se détachant avec leur spicule.
(Sur la même feuille, en dehors du stroma de l'Uredo, on rencontre aussi ces mêmes clinides éparses, isolées, et portant ces mêmes spores') ; [23] PacciNÉs.
Saprophytes, clinides plus ou moins espacées sur stroma capitulé ou allongé, ou rameux. . . . [24] gymnostromés.
ASARCODÉS.
Nématés.
Nématés exospores.
Nématés endospores.
CONIDIACÉS,
. Composés de filaments tubuleux, libres, isolés ou faiblement juxtaposés ou emmêlés, mais non soudés ni circonscrits dans un mucus, dressés ou couchés, mais sur ou dans lesquels les spores ont des insertions déterminées . . Nématés. 32
. Composés de spores éparses couvrant le substratum et les tiiaments sur lesquels on ne leur voit pas d'insertion déterminée CONIDIACÉS. 40
. Spores enfin attachées sur les filaments : — exospores. 34
. Spores produites et demeurant jusqu'à leur dispersion dans
l'intérieur des filaments plus ou moins dilatés en ampoule :
ENDOSPORES. 37
. Filaments portant à leur sommet des spores isolées ou enchaînées, mais alors en petit nombre ou dont les chaînes ne sont pas plus longues que les filaments porteurs souvent
capités 55
. Spores enchaînées, dressées ou couchées, constituant presque exclusivement le champignon, le filament basique étant beaucoup plus court que la chaîne. . [37] Sporidesmiés.
Filaments dressés, simples ou rameux 35
Filament principal couché, même avec courts rameaux re-
^'^'^^' [36] Clinotriohés.
Filaments solides, comme pleins, foncés ou charbonués le
plus souvent multiseptés ; spores ordinairement composées,
souvent enchaînées, sombres, se détachant sans spicule!
(A comparer et à distinguer des clinides isolées de Puccinés; voyez
"° ^'' [3^] SCLÉROTRICHÉS.
Filaments blanchâtres ou hyalins, ou colorés, rarement sombres, fragiles ou flexibles, simples ou ramifiés; spores le plus souvent simples, isolées ou enchaînées. [35] mucédinés.
Saprophytes ou croissant sur des matières organiques en décomposition putride 58
Parasites, se développant sur des tissus pleins de vie. . . 39
Saprophytes aériens présentant trois modes de sporification : sporangiale constante, chiamydosporée soit emboliaire, soit terminale des courts rameaux, ou zygospores. [30] Mucorinés. -
Saprophytes aquatiques, sur insectes ou brindilles tombés à l'eau ; deux modes de sporification : zoosporée et oosporée.
[51] Saprolégniés.
Parasites endophytes, dont les filaments fertiles sortent par les stomates ; deux sporifications : zoosporée et oosporée. . . .
[ô2] PÉRONOSPORÉS.
Parasites épiphytes sur les feuilles, et dont les courts filaments tubuleux, un peu claviformes, renferment les spores mises en liberté par décadence [53] Ascomycés.
Voyez Exoascus.
Parasites endophytes, profonds et permanents 41
Saprophytes généralement superficiels. . . [38] Coniodés,
{. Endophytes dont les innombrables spores, bientôt nues, sphéroïdales et rugueuses, souvent formées dans l'ovaire de la plante nourrice (ou ailleurs), se répandent à la fin, par destruction de tissus, en une abondante poussière noire. . .
[40] USTILAGINÉS.
*'• \ 2. Endophytes dont les spores cylindriques, nées et longtemps
encloses dans des sporanges sphéroïdales (qu'on a prises pour les spores) ; ces sporanges éclatent, expulsent les finesspores, qui se conjuguent deux à deux en H avant de germer. . .
[39] Protomycés.
228. Conclusions, mobiles et vœux de l'auteur. Arrivé au terme de cette monographie, nous croyons devoir expliquer, en guise de péroraison, comment il se fait que son auteur, dont les travaux principaux ont pour objet la collectivité humaine, a été amené à distraire un peu du temps qu'il consacre à l'étude de l'homme, en faveur de l'élude des champignons.
Quand , l'auteur était médecin de campagne (à Montmorency), il lui est arrivé souvent, à sa confusion, d'être interrogé par des clients sur la nature comestible ou toxique de tel beau champignon qui, par ses formes élégantes ou bizirres, son fumet pénétrant, ses couleurs tapageuses, avait attiré leur attention et piqué leur curiosité. Le désir d'échapper à l'aveu de l'ignorance où nous laissent nos écoles, lui fit entreprendre cette étude qu'il croyait facile ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir de la témérité de son entreprise. Eu France, pas d'autres livres (depuis Biilliard, qui n'est plus dans le commerce) que les vulgaires et trompeuses spéculations de librairie, faites au pomtde vue culinaire ou pittoresque, dans lesquelles l'éditeur impose (j'aime à le croire) à l'auteur une imagerie sans valeur, maiivais dessins dissimulés et encore gâtés par des couleurs éclatantes et fausses, et accompagnés d'un texte banal où la phrase prétentieuse remplace la simplicité scientifique et la précision des diagnoses en usage dans la vraie science. C'est dans les ouvrages suédois, allemands, anglais, italiens ou suisses, ouvrages d'un difficile accès, d'un haut prix, volumineux et d'une lecture ardue, qu'il faut aller laborieusement puiser ces éléments. Ce n'est pas que les savants nous aient manqué : les mémoires originaux des Léveillé, des Moutagne, des Tulasne, des Boudier, des Rose, des Cornu, Tieghem et Le Monnier, etc., etc., sont là pour prouver le contraire. Mais nos éditeurs repoussent les livres quelque peu savants, ce qui veut dire que la science sérieuse est de mince débit et de maigre profit en France.
Donc ce ne fut qu'avec beaucoup de frais et de labeur que je me mis en état de répondre aux questions de mes clients. Je m'aperçus alors que l'étude des champignons, après avoir erré longtemps, venait d'entrer de nos jours dans une voie méthodique pleine de promesses. Chaque science a sou heure de fécondité, l'astronomie après les Kepler et les Newton , la physique après les GalUlée et les Descartes, la chimie après les Scheele et les Lavoisier, la biologie après les Bichat, les Magendie et les Cl. Bernard, la botanique après les Tournefort, les Linné et les Jussieu.
L'heure de la mycologie a sonné. De laborieux ancêtres, les Micheli, les BuUiard, les Persoon, les Linck, les Nées, les Desmazières, les Greville, lesKrombholtz, lesLetellier, les Corda, les Montagne, les Sécretan, les Vittadini, les Kicivx, et beaucoup d'autres qui ne me sont pas assez connus, ont défriché ce vaste champ, que les Fries, les Berkeley, les Léveillé, les Tulasne, les de Bary, les Pringsheim,
les Cœmans,les Boiidier, les Cornu, les Tieghem, etc., etc., ensemencent tous les jours.
Le temps de la moisson est venu : la France fournirait certainement une part
touffue de moissonneurs, si des livres à la fois élémentaires et scientifiques comme
ceux de Berkeley ou de Cooke en Angleterre, de Corda, de Bail, de de Bary, en
Allemagne, de Pries en Suède, deKickx en Flandre, etc., s'y rencontraient. Si donc
le loisir (et l'éditeur) pouvaient m'être donnés, je voudrais faire ce livre, non savant
et glorieux pour l'auteur, mais utile au lecteur, simple tableau, résumé actuel de
nos connaissances, en anatomie, en physiologie, en taxonomie mycologiques, enfin
sérieux et de nature à permettre aux jeunes de s'initier sans trop de peine à cette
étude, aujourd'hui mûre à point pour livrer ses meilleurs secrets aux investigations
scientifiques, pour enrichir la biologie et l'histoire naturelle générales, et aussi pour
fournir de très-nombreuses applications à l'économie agricole, à la bromatolo'^ie,
à la médecine elle-même, non-seulement par les poisons que distillent les cham'
pignons (g 185), parles cordiaux qu'ils élaborent (§ 175), mais surtout par lacon-
Uciissance des redoutables parasites qu'ils forment, se nourrissant de la substance
de nos serviteurs végétaux et animaux et de la nôtre même. Pourquoi, quand la
France peut contribuer à ces utiles travaux, en laisser l'abondante récolte et
1 honneur à nos actifs voisins ? Mais, si \e n'ai ni le loisir ni un éditeur spécial
, qm me permette toutes les figures qu'il faudrait pour rendre mou œuvre plus
facile, plus courante, au moins ai-je cette savante Encyclopédie, dans laquelle j'ai
voulu m'efforcer de rendre la mycologie plus facilement accessible aux jeunes gens
de la génération qui nous suit, et les convier à prendre leur part des découvertes
faites et à faire.
Telle est l'excuse que nous avons à présenter pour expliquer comment nous, qui sommes sans titres imposants en mycologie, pour qui cette étude n'a été d'abord qu'un délassement de nos trop rares villégiatures, avons osé rédiger cette succincte monographie anatomo-physiologique et taxonomique.
Ceux qui entreprendront de lire ce résumé, verront combien il reste de nombreuses et faciles découvertes à faire sur la vie, sur les formes si étrangement variées de ces êtres ambigus, commensaux des animaux, mais quel'analyseanatomique fait plutôt végétaux, tandis que l'analyse physiologique et surtout chimique les ferait plutôt animaux. Le catalogue des espèces de France est à dresser (certainement plus du dixième de nos espèces ne sont encore ni décrites, ni nommées); il faut achever de découvrir leurs amours, les phases de leurs métamor- ,)hoses, la multiplicité de leurs moyens de reproduction, les conditions nécessaires, le déterminisme de cette reproduction, connaissances d'une si haute importance pratique afin d'étouffer nos ennemis en leur germe (comme M. Pasteur l'a entrepris pour les ferments), et afin de multiplier à souhait, en nombre et en quahté, nos amis les champignons comestibles : les oronges, les strobiliformes, les procerus, les cèpes, les truffes, etc., etc. Dans l'état actuel de nos connaissances, toutes ces découvertes sont mûres, il n'y a plus qu'aies cueillir; à qui l'honneur '? Quel sera le Jussieu de la mycologie, dont le Linné est l'illustre et encore suédois Fries? Quel sera le Parmentier de la Truffe, de l'oronge et du cèpe?
Voilà ce que nous avons voulu signaler à nos heureux confrères des champs, qui jouissent d'une perpétuelle villégiature, qui ont des celliers, des jardins, des vergers, des bois, et tous les jours des promenades champêtres. Voyez le remarquable travail que nous livre aujourd'hui un de ces savants confrères campagnards, M. le docteur Quélet, par sa publication sur « Les champignons du Jura et des
Vosges. » Les espèces et les genres nouveaux semblent naître sous ses pas'. Voilà un livre élémentaire et pourtant scientifique^ et je crois le seul qui ait paru sur les champignons de France depuis Bulliard : je ne parle pas des mémoires originaux, des monographies dus aux savants cités plus haut; ce sont des travaux considérables, mais spéciaux. Ah! tous mes vœux seraient comblés, si ce résumé de l'état actuel de la mycologie pouvait être une tentation pour quelques-uns de nos confrères, et faire renaître de tels travaux. Je les convie, nos conlrères villageois, au bonheur si pur et si fécond des découvertes certaines, et à l'honneur par surcroît! Bertillon.