CHAUD. AUGUSTE. CHAUD. MOULIN
Bicarbonate de soude -1,279 1,454 1,296 0,984
— potasse 0,621 0,498 0,540 0,525
— chaux 0,580 0,448 0,314 0,475
— magnésie 0,213 0,2U9 0,204 0,248
— protoxyde de fer. . . 0,022 0,032 0,034 0.062
Sulfate de soude 0,483 0,428 0,470 0,234
Chlorure de sodium 0,374 0,445 0.395 0,804
Silice 0,115 0,122 0,101 0,085
Arséniate de soude, lithiue, alumine,
crénate de fer traces. traces. traces. traces.
Total des matièbes fixes. . . 3,487 3,640 5,354 5,417
Acide carbonique libre, en volume. . 0 lit. 334 dit. 514 0 lit. 603 0 lit. 740
— en poids. . Ogr. 752 Igr. 019 1 gr. 195 Igr. 467
Gaz { Azote « ce. 0 4 ce. 2 5 ce. 8 3 ce. 5
Oxygène 1 0 1 1 1 3 ■ Q g
Acide sulfhydrique traces. » » traces.
Total DES GAI, en volume . • • 1 lit. 04 1 lit. 117 1 lit. 15 1 lit. 050
— en poids . . . . Ogr. 752 Igr. 619 1 gr. 195 1 gr. 467
9" Source du Pavillon ou de Champ fleuret. 5* source de la buvette. Elle sort d'un rocher de granit, au territoire de Lachaud, sur le côté droit de la route du Grand-Bain-Cliaud au Petit-Rocher. Un pavillon octogonal a été bâti sur le point d'émergence de cette source; il est éclairé seulement par une porte à clairevoie, en face de laquelle a été scellé un tuyau qui verse sans cesse l'eau de la source du Pavillon. Son eau est très-cl;iire, très-limpide; elle incruste pourtant la paroi intérieure de son bassin d'un sédiment épais et donne naissance à des conferves d'un beau vert. Complètement inodore, elle sort du tuyau avec des intermittences très-marquées, et laisse déposer sur les vases qui la contiennent des bulles nombreuses de gaz. Sa saveur est piquante, aigrelette, très-légèrement amère, ferrugineuse, et cependant nullement désagréable. Sa réaction est à peine acide. L'air du Pavillon étant à 15°, 2 centigrade, la température de l'eau est de 16" centigrade; sa densité est de 1,0035. Nous donnons son analyse avec celle de la source Chevarier.
La source du Pavillon ou de Champfleuret est de toutes celles de Châfeauneuf la plus riche en principes fixes et en principes gazeux. Gela tient probablement à ce que son grilfon a été découvert en 1854, et que l'expérience a appris que les sources minérales sont toujours plus chargées dans les premiers temps de leur écoulement. Toujours est-il que la source du Pavillon est la plus bicarbonatée potassique de toutes les sources qui sont connues aujourd'hui dans tous les pays, et que, par sa composition élémentaire déjà assez fortement bicarbonatée sodique, elle doit donner les meilleurs résultats dans les affections oii il est important d'agir sur les reins et principalement lorsqu'il faut obtenir une diurèse abondante.
C'est dans la gravelle urique que les eaux de cette source rendent le plus de services, et nous ne doutons pas qu'un jour le pavillon de Champfleuret ne soit ■ une des buvettes les plus fréquentées de la station de Châteauneuf-les-Bains.
Une construction récente recouvre une nouvelle source émergeant à 15 centi' mètres seidement de la précédente et qu'on nomme la source Denys. Son jet intermittent donne une eau claire et très-limpide, qui laisse déposer cependant un sédiment jaune orangé sur les parois de son bassin. Elle est sans odeur, d'une saveur assez légèrement ferrugineuse, très-sensiblement bicaibonatée et pourtant agréable. Elle rougit le papier bleu de tournesol. Sa température est de 16°, 7 centigrade, celle de l'air du pavillon étant de 14°,5 centigrade.
CHATEAUNEUF-LES-BAINS (eaux minékales de). 5H
10" Source de la piscine du Petit-Rocher. 5« source des piscines. Cette source alimente directement la piscine à deux compartiments, un pour chaque sexe, de l'établissement des bains du Petit-Rocher. C'est dans la piscine des hommes que la source a son point d'émergence. Elle est limpide alors; mais, exposée pendant un certain temps à l'air, elle se trouble légèrement et prend un aspect louche et un peu jaunâtre. Elle incruste les parois des piscines d'une couche assez épaisse d'un dépôt rouge brun d'oxyde de fer. Son odeur est celle de certaines sources bicarbonatées, et on la dit sulfureuse. Son goût est piquant et sensiblement alcalin; sa réaction est neutre. La température de l'atmosphère de la salle étant de 19»,5 centigrade, celle de l'eau est de 29°,7 centigrade. Sa densité est de 1 ,001 6. Son analyse chimique se trouve au tableau qui suit la source Ghevarier Le rez-de-chaussée du bâtiment des bains du Pelit-Rocher est occupé par une salle voiîtée, divisée en deux compartiments, qui contiennent une piscine entourée par une rampe de fer, et dans laquelle dix personnes peuvent se baigner à la fois. L'eau de la piscine du Petit-Recher fournit aussi l'appareil de douches descendantes et ascendantes de deux petites pièces qui sont à côté. Enfin, des vestiaires se trouvent devant la porte d'entrée de la piscine des hommes. La tliermahté de 29%7 centigrade de l'eau de ces piscines est sufiisante pour les baigneurs auxquels les bains hypothermaux sont prescrits; mais, lorsqu'il est nécessaire de les admmistrer plus chauds, ouest forcé d'élever artificiellement la température de l'eau minérale. Il en est de même de celle qui doit servir aux douches. On a fait installer à cet effet une chaudière à serpentins parcourus par de la vapeur, dans laquelle l'eau delà source du Petit-Rocher monte à 1()0« centigrade. Ce procédé est très-défeclueux, car il décompose l'eau qui, après l'ébullition, no renferme plus qu'une certaine proportion de ses principes fixes, après avoir perdu tous ses principes gazeux. Les surveillants et les baigneurs, qui constatent eux-mêmes ce dernier résultat par le dégagement du gaz acide carbonique dans l'atmosphère des salles des piscines, sont forcés d'en ouvrir la porte ou d'agiter l'air de temps à autre. Le bain du Petit-Rocher, connu aussi sous le nom de bain Mossier ou de bam des Galeux, est surtout fréquenté par les malades qui ont des aflections cutanées. L'eau de cette source est principalement efficace contre les dermatoses caractérisées par des vésicules, contre l'eczéma chronique surtout. Lorsqu'il est administré à la température native de l'eau de la source, ce bain est tonique, sédatif et calmant.
11" Source de la buvette du Petit-Rocher. 6« source de la buvette. Le pavillon carré, bâti sur le griffon de cette source, est situé derrière l'étabhssement du bain du Petit-Rocher et adossé à la montagne. Dans l'angle gauche et au fond de ce pavillon, se trouve le bassin de pierre ducaptage delà source. Sur sa paroi antérieure, est fixé le robinet, toujours ouvert, versant l'eau de cette buvette.
L'eau de cette source est très-limpide et très-claire; elle incruste pourtant d'un enduit jaune rougeâtre l'intérieur de son bassin. Elle n'a pas d'autre odeur que celle du gaz acide carbonique; son goût est piquant, aigrelet, ferrugineux et assez agréable; sa réaction est sensiblement acide. L'air du pavillon étant à 15° centigrade, la température de l'eau est à 21",5 centigrade. Sa densité est de 1,0016. On trouvera son analyse chimique au tableau de la source Ghevarier.
La buvette du Petit-Rocher est la plus fréquentée de toutes celles de Châteauneufles-Bains, et son eau est surtout exportée, car un long séjour dans des bouteilles hermétiquement lermées ne l'altère aucunement.
Cette eau, principalement conseillée dans les affections calculeuses du foie ^t
512 CHATEAUNRUF-LES-BAINS (eaux minérales de).
des reins, est cependant moins chargée de bicarbonates que celle de plusieurs des autres sources de cette station, que la source du Pavillon ou de Champfleuret par exemple que nous croyons la plus active. Mais son goût plus agréable, et la plus grande quantité de gaz acide carbonique qu'elle contient, expliquent la préférence des malades [)onr l'eau du Pelil-Rocber, qu'ils boivent trop souvent et en trop grande abond;uice. .\ussi a-t-elle une vertu diurétique très-prononcée, dont sa composition élémentaire donne d'ailleurs la clef; mais son action purgative est uniquement produite par l'effet mécanique d'une dose trop considérable et d'une assimilation incomplète.
\ 2° Source Chevarier. 7" source de la buvette. En remontant le cours du petit ruisseau le Cube, et à 50 mètres de la source de la buvette du Petit-Rocher, se trouve dans une niche scellé dans le roc même d'où émerge la source, le tuyau par lequel elle s'écoule constamment. Cette eau incolore, transparente et limpide, laisse déposer un sédiment jaune rougeâtre s'attachant fortement à rmténeur de son bassin, qui se recouvre aussi d'une couche assez épaisse de conferves d'un beau vert. Son odeur, dite sulfureuse, est celle de plusieurs sources bicarbonatées ; son goût est aigrelet, ferrugineux et presque agréable. Sa réaction est très-acide au premier moment, mais le papier bleu de tournesol rougi revient promptement à sa coloration première lorsqu'on l'expose à l'air. Tl en est de même de toutes les autres sources de Cbâteauneuf, du reste.. La température de l'air extérieur étant de 14» centigrade, celle de l'eau de la source Chevarier est de 25°,4 centigrade.. Sa densité est de 1,0014.
Malgré l'odeur désagréable de l'eau de cette source, exclusivement employée en boisson, on en exporte chaque année une certaine quantité.
La source Chevarier est assez peu suivie, et pourtant elle agit favorablement, à la dose de trois à quatre verres pris le matin à jeun, à un quart d'heure de distance, dans les affections catarrhales des voies respiratoires.
M. J. Lefort a trouvé les principes qui suivent dans 1,000 grammes de l'eau des quatre sources du Pavillon ou de Champfleuret, de la piscine du Petit-Rocher, de la buvette du Petit-Rocher et de Chevarier :
SOURCE SOL'RCE SODRCE