FIS DU SEIZIÈME VOLUME DE LA PREMIERE SERIE
ADDENDUM
CHLORATES DE POTASSE ET DE SOUDE. Notre article Chloratet était déjà imprimé, lorsque le Bulletin de thérapeutique (numéro du 50 sep tembre i874, p. 247) nous a fait connaître un nouveau travail de M. Labord? où ce médecin rapporte de récentes expériences sur le chlorate de potasse et le chlorate de soude par injection dans les veines. Nous avions ci-dessus (p. 535, note) mentionné, sur une communication verbale de l'auteur, le résultat de la première expérience racontée dans ce nouveau mémoire en opérant très-lentement et avec de grandes précautions, l'animal ne périt pas fatalement ; il est pris d'une salivation, d'une expectoration bronchique et d'une diurèse abondantes ; le réactif de Fresenius accuse la présence du chlorate dans ces divers produits de sécrétion; l'animal se débarrasse rapidement du sel ingéré. M. Laborde en conclut, contrairement aux expériences de Podcopaew et atix nôtres, que le chlorate n'est pas un poison du cœur, et que la mort se produit parce que l'injection a été poussée dans la veine avec trop de violence, etc. Nous croyons pourtant nous être mis à l'abri de ce reproche par les précautions que nous avons prises [voy. p. 535) et surtout par cette circonstance que, comme Podcopaew, nous avons injecté le sel, non pas dans la veine, mais dans l'artère crurale, et que l'animal est mort de la même manière. Toutefois. M. Laborde cite deux expériences où les chiens auraient résisté à deux doses de 5 et de 3 grammes. L'auteur note à la suite de ces injections, une accélération très-passagère de la respiration, mais un ralentissement marqué des pulsations artérielles et cardiaques, et enfin un abaissement assez marqué de la température axillaire. Ce dernier fait serait un nouvel argument contre la théorie de Fourcrov. Les animaux sont restés tout un jour tristes, abattus et somnolents. Le lendemain, ils avaient repris leur allure normale.
Expérimentant comparativement le chlorate de soude, par injections dans les veines, M. Laborde constate dans deux expériences que les animaux ont pu supporter impunément des doses beaucoup plus fortes du sel de soude que du sel de potasse, que la salivation et la diurèse se sont ainsi produites, mais avec beaucoup moins d'énergie, et qu'on n'a noté aucun des phénomènes graves obtenus avec le sel de potasse, ni dépression de la circulation, ni abaissement delà température. Le sel de soude serait donc au moins deux fois moins actif que le sel de potasse, ce qui concorde assez bien avec ce que nous a appris la clinique.