‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V 16Chapitre 9 sur 49 · DE XA · texte numérisé non relu

DE XA

cul W

DRESSÉE PAR LE rf MORA.CHE .

^ oia.: Les vill&s soidzgnde^ sont les ports oicaeris azta> Eivropéens.

celui de 1792, et plus encore la différence pi-esque du double entre le recensement de 1792 et celui de 1760 doivent nous rendre singulièrement méfiants sur l'exactitude des procédés employés par l'administration cliinoise. On pourrait d'abord s'étonner de l'absence de renseignements plus précis de la part d'un gouvernement, en apparence aussi centralisé; mais on en connaît aisément la raison. L'impôt foncier et la taxe de capitatiou constituent les revenus du budget provincial; une partie doit, il est vrai, revenir au gouvernement central, mais le chiffre proportionnel en est mal défini. La cour de Pékin, pour subvenir à ses dépenses, pour entretenir son armée tartare, s'est réservé la totalité des tributs exigés des princes vassaux tartares et mandchoux, ainsi que les revenus des douanes maritimes dont, fort heureusement pour ses finances, elle a confié depuis quelques années l'inspectorat à des fonctionnaires européens. Pourvu qu'il les reçoive, le gouvernement s'inquiète peu de la façon dont ses impôts sont répartis; il en est de même des sommes exigées des vice-rois, sommes plus ou moins élevées suivant les besoins du moment; les vice-rois s'arrangent pour les payer, sauf à augmenter les charges de leurs administrés. On conçoit facilement à quels abus doit donner lieu toute cette désorganisation, à quel point le système financier de la Chine n'est plus qu'un système d'expédients, et l'on comprend aussi que le gouvernement, se dégageant de la perception directe des impôts provinciaux, n'a plus grand intérêt à assurer leur répartition équitable en faisant procéder à des recensements fréquents.

Néanmoins, on s'accorde généralement à regarder comme vraisemblable, ou du moins approximatif, le chiffre trouvé en 1812. On se fonde sur ce que, à cette époque, le gouvernement était mieux organisé qu'il ne l'avait jamais été, et surtout qu'il ne l'a été depuis, sur ce que l'on désirait vivement alors posséder un recensement exact ; de fait, le gouvernement a paru s'en contenter, puisqu'il n'en a pas été ordonné d'autres depuis; ceux que l'on peut rencontrer dans quelques travaux récents et qui élèvent la population de la Chine à 400 millions d'habitants sont hypothétiques, tandis que le i-ecensement de 1812 est indiqué par la géographie officielle chinoise, immense ouvrage publié primitivement en IIM, mais revu et mis au courant dans plusieurs éditions successives. Toutes les indications géographiques, celles des distances en particulier, dont les Européens ont pu vérifier un certain nombre, ont été trouvées, à peu de chose près, exactes, et l'on peut vi'aisemblablement ajouter confiance à cet ouvrage pour le reste.

En admettant donc, faute de mieux, le chiffre de 360,279,897 h. comme exact pour 1812, il resterait à établir le mouvement de la population pendant ces soixante dernières années. Aucune indication précise n'a pu être recueillie sur ce sujet ; il paraît infiniment probable que la population n'apuque décroître pendant cette période; la guerre civile a amené la mort de millions d'hommes, elle a ravagé des provinces fertiles, en a chassé les habitants et a dû diminuer dans ces régions le chiffre des naissances; elle y a créée une misère que de longuee années de prospérité pourront à peine effacer ; enfin l'émigration chinoise vers l'Indo- Chine et l'Amérique se chifire actuellement par des millions, elle va en augmentant tous les jours.

D'aucuns, raisonnant en Europe sur un sujet qu'ils ne peuvent suffisamment apprécier, croient voir au contraire dans l'émigration chinoise une surabondance de vitalité ; ils l'assimilent à l'émigration anglo-saxonne vers l'Amérique ; mais si l'on examine la question sur les lieux mêmes, on voit bientôt que les nombreux émigrants qui se pressent aux agences de Macao et de Hong-Kong provien-

nent en majeure partie des provinces dévastées. L'émigration des Chinois est un signe de misère et non de richesse sociale.

Il semble équitable de diminuer d'au moins 10 millions le chiffre de 560 millions trouvé au recensement de 1812, et en estimant la population actuelle de la Chine à 350 millions en nombre rond, l'on doit être assez près de la vérité.

En admettant que 350 millions d'hommes sont répartis sur les 3,523,008 kilomètres carrés de la Chine proprement dite, on obtient 105 comme nombre d'habitants par kilomètre carré, chiffre qui paraît élevé comparé à celui de quelques États de l'Europe : France en 1866, 70 ; Prusse en 1861, 66; Angleterre en 1861, 92 ; Belgique en 1861, 164. Pour ceux qui ont habité la Chine et parcouru quelques provinces, il paraîtrait au contraire trop faible et rendrait mal la sensation que cause le spectacle de ces campagnes où les habitations semblent se toucher, qui sont parsemées de gros villages, de villes étendues à population exubérante. Mais 105 habitants par kilomètre carré sont une moyenne et ne se rapportent pas aux pays riches, aux plaines du Hoang-Ho et du Yang-tze-Kiang, où la population est bien certainement aussi dense que dans les plus beaux cantons de la Belgique ou de la Saxe; dans ces plaines, la population s'élève de 185, à 503 habitants par kilomètre carré.

Quant au nombre des habitants par kilomètre de terre arables, il faut renoncer à l'établir, car les chiffres indiqués à ce sujet, dans quelques ouvrages, ne reposent pas sur des données assez précises, pour qu'il soit permis d'en tenir compte.

En résumé, nous évaluerons la population actuelle de la Chine proprement dite à 350 raillions, en faisant toutes les réserves que comporte la difficulté d'une pareille estimation.

Nous indiquerons dans le tableau A, p. 140, la division administrative de la Chine, son évaluation de la supez^fîcie de chaque province, les chiffres totaux et proportionnels de la population.

III. Climatologie. L'étude de la climatologie générale de la Chine est entièrement à faire, car le nombre des observations météréologiques, qui en sont la base, est encore fort restreint. Les premiers savants qui purent s'en occuper furent les Pères jésuites, au dix-septième siècle; ils nous ont, en effet, laissé d'intéressantes indications sur ce sujet. Malheureusement, à cette époque, les instruments de physique n'étaient pas fort perfectionnés, et du reste l'on ne comprenait pas encore toute l'importance que présentent ces observations. Plus tard, les navigateurs, les missions scientifiques russes et anglaises qui accompagnèrent les ambassades du dix-huitième siècle retracèrent, dans le récit de leurs voyages, les phénomènes climatériques qui les avaient particulièrement frappés ; enfin, les missionnaires français restés dans le pays depuis près de deux cents ans nous ont également transmis les résultats de leurs impressions ; mais, en somme, de toutes ces sources diverses, nous ne pouvons recueillir que des données peu certaines, les unes par le court espace de temps pendant lequel elles ont été recueillies, les autres par le vague, quelquefois l'étrangeté même de leurs indications.

Depuis 1840, l'Europe a eu des représentants dans les ports du sud de la Chine; depuis 1860, les ports du nord lui sont également ouverts, mais l'intérieur est encore fermé à son commerce, en sorte que les recherches entreprises au point de vue météréologique sont à peu près bornées au littoral. Néanmoins, en coordonnant les renseignements qui nous ont été donnés pendant notre séjour à Pékin, en tenant compte des recherches antérieures et surtout des récentes observations faites sur le littoral, nous essayerons d'établir la climatologie gêné-

là

CM

Et3

CAi

Cd

Cj

S .- tp c" ï

1870; la 0 millions lions dep ces du Ng l'o-kien , si qui ont ries reliel laient aut

co c E c

^ , — c u c oc -^ - i:

o -S If J3 .;

viron pour la p lation actuelle La diminution l2doit porter SI éi, du Tehe-l uang-toung et rliculièrcnieut i-pings ou aut

'fi

SE S 2^ s.^

-^ O O» OO t^ 5^

■<? O '^ -r^ OO O lO

te

S^ 00 05 cr ac cî

G^ c:? CD — ' *t G^ CO

on

fM

:f: — — (^ ;r) co

-^ 0:1 i-c c:, Cl s-i i<^

l— C5 tO i<^ irt -^

00 r- ^- CD GO C"- îO

aO lO tC -«t -^ CM

CI s^ i': ^ -^

rt-i

fr»

CD

co

ffl

Cï

eT>

CD

ro

iO

CD

to

CD

Page 1