‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.17Chapitre 63 sur 68 · OJ C · texte numérisé non relu

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culalion slernale peut offrir de difficultés. Souveut on rompt la clavicule pendant les ipouvemcnts qu'on lui imprime (Lombard, Meyer, Wedderburn). Mais cet accident, au lieu d'entraver la marche de l'opération, ne fait que la rendre plus facile. L'opération se réduit alors à une ablation successive du fragment externe et du fragment interne, ou réciproquement. James C. Palmer fut obligé de procéder ainsi, pour enlever une clavicule brisée comminutivement par un éclat de grenade.

En sonnne, les procédés 'pour l'ablation totale de la clavicule sont au nombre de deux.

Dans l'un, on découvre l'os malade dans toute son étendue, on détruit l'articulation acromiale, on soulève la clavicule poiir la séparer des organes avec lesquels elle est en rapport en arrière, et on termine par la désarticulation sternale. Ce procédé convient pour l'extirpation d'une tumeur envahissant toute la clavicule.

Dans l'autre, on isole la clavicule à sa partie moyenne ; on la coupe en ce point, et l'on extirpe successivement chaque moitié. Ce procédé convient particulièrement aux nécroses et aux caries.

H. La résection partielle ou totale de la clavicule (Tableau IX) n'est qu'une opération très-secondaire, lorsqu'elle est rendue nécessaire par une ablation de l'omoplate ou par une désarticulation du bras. Elle ajoute peu à l'importance du délabrement et ne paraît pas en augmenter les dangers. Dans trois cas, la clavicule a été enlevée en totalité, en même temps que l'omoplate seul (Mussey et Conant), ou en même temps que l'omoplate et le bras (Fergusson). Mais, le plus souvent, la résection d'une étendue plus ou moins considérable de la partie externe de la clavicule a suffi pour compléter l'une des opérations précédentes. Ce n'est pas toujours parce que la maladie a envahi la clavicule , que cette résection partielle est indiquée, mais aussi parce qu'après l'ablation de l'omoplate et du bras, l'extrémité externe de la clavicule ferait à la partie supérieure de la poitrine une saillie gênante {Voy. les mots bras, épaule, omoplate).

Les instruments nécessaires pour réséquer la clavicule sont des bistouris pour l'incision de la peau, la dissection et la désarticulation, des rugincs droites mousses pour décoller le périoste, une scie à chame, munie de son aiguille courbe pour passer la scie au-dessous de la clavicule, un davier pour saisir l'os pendant la désarticulation. La scie à chahie est l'instrument le plus commode pour faire la section de la clavicule, mais on peut aussi «e servir d'une scie droite ou d'une scie en crête de coq, et, si l'on a affaire à la clavicule d'un enfant, on peut eu faire la section avec une pince de Liston. On doit aussi se munir de petites attelles de bois, de liège ou de carton pour préserver les parties molles pendant l'action de la scie.

Le Manuel opératoire comprend cinq temps qui sont :

Premier temps. Incision de la peau. La forme de cette incision a benucoup varié selon les opérateurs. Incision en croix, en T, en H, incision longitudinale le long du bord antérieur de la clavicule, nicision semi-elliptique, peu importe, pourvu qu'elle découvre largement les parties malades.

Deuxième temps. Dissection des parties antérieure et supérieure dans les cas de tumeur; décollement du périoste dans les cas de nécrose et de carie.

Troisième temps. Passer la scie à chaîne au-dessous de la clavicule et sectionner Vos. Chassaignac a beaucoup insisté, et avec raison, sur les avanla"es que l'on retire à scier l'os avant de le désarticuler. Au contraire, en désarlicu-

lant avant de scier, on se crée gratuitement des difiicultés et on s'expose à léser les parties sous-jacentes.

Quatrième temps. Dissection des parties profondes ou rétro-ciaviculaires. C'est le temps le plus délicat et le plus dangereux de l'opération ; celui pendant lequel on est exposé à blesser la veine sous-clavière, le tronc brachio-céplialiquc ou les veines qui viennent s'y rendre.

Cinquième temps . Désarticulation de l'extrémité externe ou de V extrémité interne, selon l'espèce de résection que l'on exécute ; désarticulation successive des deux extrémités, si l'on pratique une ablation totale. Pour faciliter cette désarticulation, on saisit l'os scié avec un davier, et, en le faisant tourner sur son axe, on présente au tranchant du bistouri les différents ligaments qu'il doit couper ; ou est même autorisé à déchirer par cette torsion quelques fibres qu'il serait trop dangereux d'aller couper dans le fond de la plaie.

En général, les opérations qui ont pour but d'enlever le corps, l'extrémité interne ou la totalité de la clavicule sont longues et excessivement laborieuses. E. S. Gooper dit qu'il a mis deux heures pour enlever un ostéo-sarcôme qui occupait les deux tiers internes de l'os.

Sans parler de la blessure de l'artère sous-clavière et de la perforation du culde-sac supérieur de la plèvre que l'on évitera toujours avec un peu d'attention, hfi accidents, que le chirurgien doit surtout redouter pendant l'opération, sont Vhémorrhagie et Y introduction de l'air dans les veines. V. Mott fut obligé d'appliquer près de soixante ligatures, soit sur des artères, soit sur des veines. John Irvine, Walters, durent tordre et lier plusieurs vaisseaux. Lotzbeck eut quelque peine à arrêter une hémorrhagie venant de la substance osseuse après l'abrasion d'une exostose (obs. 22). L'introduction de l'air dans les veines a été observée trois fois. Dans le cas de Beauchène, cité plus haut, la mort s'ensuivit. Dans le cas de Mussey, ou put enrayer les accidents. Il s'agissait d'un malade chez lequel le bras avait été désarticulé pour un ostéo-sarcôme; cinq ans plus tard, récidive dans la clavicule et l'omoplate. Mussey désarticule la clavicule d'avec le sternum, dissèque rapidement l'omoplate et enlève toute la masse morbide. 11 passe ensuite à la ligature de l'artère sous-clavière, puis de la veine du même nom. Pendant ce dernier acte, un bruit de glou-glou se fait entendre ; le malade jette un cri de détresse et perd connaissance pendant huit à dix minutes. Jlais la respiration se rétablit et on put continuer l'opération. Robson put aussi combattre avec succès, pendant son opération, l'introduction de l'air dans les veines {voy. à l'art. Veines les moyens de combattre l'inti-oduction de l'air dans ces vaisseaux).

Le pansement n'offre rien de spécial. Mais on doit s'occuper d'immobiliser le bras pendant le cours de la cicatrisation, afin d'obtenir la soudure des extrémités réséquées, et, dans certains cas, une reproduction osseuse plus régulière. On arrive à ce résultat en appliquant un des nombreux appareils que nous avons décrits à propos des fractures et des luxations.-

En négligeant 5 cas, dans lesquels le résultat est resté inconnu, nous trouvons que sur 75 cas d'opérations diverses énumérées dans les tableaux ci-joints, il y a eu 65 guérisons et 12 morts. (Parmi les cas de guérisons nous comprenons 4 cas, Obs. 52, 48, 88 et 91, dans lesquels, le patient, après avoir guéri de son opération, succomba au bout de peu mois par suite de la généralisation de la dialhèsc cancéreuse; ces quatre insuccès ne doivent évidemment pas être rais sur le compte de l'opération, mais sur celui de la maladie).

DICT. EKC. XVII. 49

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CLAVICULE (pathologie).

Il se forma une pscu larlluo>c autour de la tle huméralc. L'opérée pouvait porlcr le bras à la Ijouche, coudre, couper, etc.

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772 CLAVICULE (pathologie).

Si on examine en particulier les résultats de chaque opération, on reconnaît que

7 Opérations par abrasion ont donné 4 gucrisons. 0 mort. 3 résuit, inconnus.

8 Résections de la partie moyenne 8 — 0 — 0 —

7 — de l'extrémité acromiale 5 — 1 — 1 —

11 — du corps et de l'extrémité acroniijle. . . 9 — 2 — 0 — 3 — de l'extrémité slernale A — 1 — 0 —

9 — du corps cl de l'extrémité sternale. ... 8 — 1 — 0 — 21 Ablations totales 14 — 6 — 1 —

12 — de l'omnp'ate ou du bras avec résection

partielle ou totale de la clavicule 11 — 1 — 0 —

Comme on le conçoit sans peine , la plus grave de toutes ces opérations est l'ablation totale, qui donne 50 morts pour iOO. La mortalité des résections partielles, sans distinguer l'espèce de la résection, a été de 5 sur 39 opérations ou 12,82 morts pour 100.

Les guérisons sont à peu près aussi nombreuses, que l'opération soit exécutée pour une tumeur, pour une nécrose ou pour une carie. Mais les résultats, au point de vue de la forme de l'épaule et de la conservation des mouvements du membre supérieur, sont moins satisfaisants dans le premier cas que dans les deux derniers. En effet, lorsqu'il s'agit d'enlever une tumeur de la clavicule, l'obligalion où se trouve le chirurgien de ne rien laisser du tissu morbide, lui fait une loi de ne point chercher à obtenir une reproduction osseuse par la conservation du périoste. Du reste, le plus souvent celte conservation est impossible, parce que le périoste est confondu avec la masse morbide. 11 y a donc perte irréparable de la substance osseuse et déformation, d'autant plus grande, que la portion de clavicule enlevée a été plus considérable. lien résulte une altération très-sensible dans les fonctions du membre supérieur. Toutefois, Walters, Travers, Y. Mott et Delore disent que leurs opérés avaient retrouvé l'usage du bras.

Au contraire, lorsqu'on opère pour une carie, et surtout pour une nécrose, la conservation du périoste est facile et doit toujours être tentée. Le décollement minutieux de la membrane périostale a , non-seulement , pour avantage de rendre l'opération sûre en ménageant tous les organes qui entourent la clavicule, mais encore de placer le patient dans les meilleures conditions pour qu'il obtienne une régénération osseuse. On trouvera dans les tableaux précédents, que sur 26 observations de résection ou d'ablation totale pour carie et nécrose, dans lesquelles l'état de la clavicule a été constaté quelque temps après l'opération :

14 fois la reproduction de l'os a été. . . . Complète.

3 lois (obs. 28, 70 et 75) Probable.

2 fois (obs. 42 et 70) Incomplète ou douteuse.

7 fois (obs. 3", 41, 44, 50, 09, 72 et 73). Nulle.

Dans les cas de nécrose, l'opérateur n'a pas grande peine à conserver le périoste, car cette membrane est ordinairement décollée par la suppuration. L'intervention chirurgicale est alors réduite i!i une simple extraclion de séquestre. Consécutivement la gaine périostique fournit les matériaux d'une clavicule nouvelle. Depuis Moreau et d'Angerville, on sait que l'extirpation de la clavicule nécrosée est presque toujours suivie d'une régénération complète. L'expérience permet même d'avancer qu'aucun os du squelette ne se régénère d'une façon aussi parfaite que la clavicule.

Le bras du côté opéré rentre, peu à peu, en possession de ses principaux mouvements. Dans quelques cas de régénération de la tige clavicuhurc, on nieii-

CLEGIIORN. 775

tloniie même que les fonctions du bras se rétablirent d'une manière complète. Toutefois le résultat n'est pas toujours aussi heureux : les mouvements peuvent rester difficiles et bornés. Parmi eux le mouvement d'élévation est celui qui s'exécute le plus péniblement. Chez l'opéré de Blandin, l'adduction et l'abduction se faisaient aisément, mais l'élévation était gênée et la clrcumduction trèsrcstreinfe. Chez le malade de Liston Robert, les mouvements vers la tète étaient impossibles, et le bras dans sa totalité était dévié en arrière. En résumé, ou peut ilire que le rétablissement des fonctions de l'épaule est lié à la régénération osseuse; si celle-ci est très-incomplète ou nulle, le fonctionnement du membre sera forcément plus ou moins altéré. Polaillon.

CliïYT®;\aA. L. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille ■des Portulacées.

Les espèces de ce groupe sont des herbes glabres, à feuilles épaisses succulentes, très-entières sur les bords. Les fleurs blanches ou roses, disposées en grappes terminales, ont un calice à deux sépales opposés, persistants; une corolle à cinq pétales obcordés ou oborés, cinq étamines insérées à l'onglet des pétales et opposées à ces pièces de la corolle. L'ovaire est sessile, et donne, après la fécondation, une capsule uniloculaire, à cinq valves et à cinq graines.

L'espèce la plus intéressante est le Claijtonia perfoliata Don., {CL Cubensis Bonpl.,) dont les feuilles supérieures, opposées et sessiles, forment deux à deux une sorte de disque arrondi, perfolié. C'est une plante de l'Amérique du Nord. On la mange en guise de pourpier.

LiNXÉE. Gcnera, 287. — Ang. Saint-IIilaire. Mémoires du Muséum, II, p. 197, tab. 4, Ug. 15. — De Caxlom.e, Prodromus, III, 500. — Bentham et IIookeb, I, 158. Pl.

CLEF. On a donné en chirurgie ce nom à des instruments de destination diverse, qui ont plus ou moins d'analogie avec la clef ordinaire. La clef du trépan sert à séparer la pyramide de la couronne ; celle du forceps, à monter et à démouler l'instrument. Mais la plus connue de toutes est la clef de Gai'engeot, employée pour l'extraction des dents.

La clef dite de Garcngcol, et que quelques personnes croient d'origine anglaise, se compose d'une tige droite d'acier, dont une extrémité est montée sur un manche qui lui est perpendiculaire, et dont l'autre se termine par un panneton à mortaise. Cette mortaise reçoit le talon d'un crochet d'acier à bec bifide, qui est fixé au panneton tantôt par une vis, tantôt par une pompe. L'instrument étant tenu de la main droite, le chirurgien applique, avec les doigts de la main gauche, l'extrémité du crochet sur la face interne de la dent malade ; puis fait subir à la tige un mouvement de rotation sur elle-même, qui a pour effet d'appliquer fortement le panneton contre le bord externe de la gencive et de renverser la dent de ce côté.

On a fait subir à la clef de Garengeot un assez gi'and nombre de modifications. Comme ces modifications répondent à des indications spéciales, il en sera question en même temps que de l'extraction des dents [voy. Dents). D.

CLEGHORM (Geopges). Né le 18 décembre 1716, à Granton, près d'Edimbourg; mort en décembre 1789. Après des études très-sérieuses sur les langues et les mathématiques, Cleghorn étudia la médecine à Edimbourg sous le célèbre Monro. En 175G, il fut envoyé à Minorque comme médecin militaire et y fit un séjour de treize ans. De retour en Europe en 1 750, il réunit avec

l'aide de Fothergill, son ami, les notes, les observations, les documents qu'il avait amassés sur le climat et les maladies de Minorque et publia, en 1751, un ouvrage extrêmement remarquable, consulté encore aujourd'hui avec fruit et qui consacra sa réputation. 11 étudia avec soin la flore du pays, sa constitution, sa météorologie et ses maladies endémiques et épidémiques; il s'occupa d'une manière spéciale d'une classe d'affections, que nous rangerions aujoui'd'hui parmi les fièvres pernicieuses, et contre lesquelles il préconise, avec juste raison, l'écorce de quinquina. Cleghorn se fixa à Dublin où il fit des cours d'anatomie ; au bout de peu d'années, il fut admis à l'Université comme professeur d'anatomie. En 1784, le collège des médecins de Dublin le reçut au nombre de ses membres honoraires. Il était membre correpondant de la Société royale de médecine de Paris. Il avait, avec Fothergill, Russel et Cuming, jeté les bases d'une association d'où est sortie la Société royale d'Edimbourg, si célèbre par la suite. On a de lui :

I. Observations on the Epidemical Diseuses of Minorca from i744 ta 1749 ; ta which i* prefixed a Short Account of the Climate, Productions, Inhabitants, and Endemial Distempers of Minorca. Londres, 1751, 111-4°; Ibid., 17tt3, in-S" ; Ibid., 1768, in-8°. Trad. en allemand par Ackeruann. Gotha, 1776, in-S". — IL Index of an Annuel Course of Lectures. Dublin, 1767, in-8». H. M».

CXEÏDOMAIVCIE (de x'/ei;, clef). Divination parla clef. C'est une pratique du moyen âge {voy. Diviisation). D.

CLÉDiATlNOiE. Principe amer retiré de YAristolochia Bcetica (Walz).

CLÉMATITE {Clematis L.). Genre de plantes, de la famille des Renonculacées, tribu des Clématidées, dont les caractères sont les suivants. Les fleurs sont polygames ou plus souvent hermaphrodites. Leur réceptacle convexe ne porte souvent qiyin seul périanthe pétaloïde, qui est un calice à quatre sépales, libres et disposés dans le bouton en préfloraison valvaire induplicative. Les étamines sont nombreuses, hypogynes et formées chacune d'un filet libre et d'une anthère basifixe, à deux loges adnées, latérales, s'ouvrant suivant leur longueur par une fente à peu près marginale. Les carpelles sont également en grand nombre, composés chacun d'un ovaire uniloculaire, surmonté d'un style que parcourt un sillon vertical dans toute la longueur de son bord interne, et dont l'extrémité est légèrement renflée. Les lèvres de ce sillon sont, dans toute leur portion supérieure, recouvertes de papilles stygmatiques. Dans l'angle interne de l'ovaire est un placenta vertical qui supporte un ovule fertile, descendant, avec le micropyle tourné en haut et en dedans, et, au-dessus de lui, deux séries verticales d'ovules peu nombreux et réduits à un très-petit nucelle celluleux stérile. Le fruit est multiple ; il se compose d'autant d'achaines qu'il y avait de carpelles, avec une graine qui, sous ses téguments, renferme un albumen charnu, enveloppant un petit embryon. Dans d'autres espèces du même genre, comme l'Herbe aux gueux, le nombre des sépales peut encore être de quatre, mais aussi de cinq, six ou davantage. On trouve presque constamment de six à huit ou dix sépales, dans les belles espèces à grandes fleurs, telles que les C. îanuginosa, patens, florida, etc., qui sont cultivées dans nos serres. La préfloraison y est la même, en somme, que dans le C. Vitalba, mais la portion amincie et rentrée des sépales y présente une bien plus grande largeur. 11 en est

de même du C. Viticella L., et des espèces qui, avec celle-ci, ont été réunies eu une section particulière. Elles se distinguent encore par un autre caractère : leurs achaines ne sont surmontés que d'une pointe courte, formée par la base per* sistante du style. Dans les autres espèces, au contraire, telles que le C. Vitalba, le style persiste au sommet des fruits, sous la forme d'une longue aigrette couverte de poils qui la rendent toute plumcuse. Il y a des espèces enfin qui servent d'intermédiaires entre les unes et les autres, attendu que les poils que porte le style ne se développent que dans sa portion inférieure, et laissent à nu sa portion stigmatique. Les Clématites sont des plantes ligneuses, ordinairement grimpantes, rarement suffrutescentes ou herbacées, dont les feuilles sont constamment opposées et dépourvues de stipules, tantôt simples, tantôt composées, ternées ou pennées, à pétiole plus ou moins long et parfois volubile. Dans les Naravelia, il porte deux folioles, puis s'allonge en une vrille qui soutient de même les rameaux. Nous verrons plus loin que la structure de ceux-ci et des tiges offre des caractères très-particuliers. Les fleurs sont terminales ou axillaires, tantôt solitaires, comme dans le C. Viticella, tantôt disposées, comme dans le C. Vitalba, en cymes qui sont elles-mêmes réunies en grappes à ramifications opposées. Dans certaines espèces à floraison précoce, comme le C. rnontana, les fleurs sont à l'aisselle, non pas des feuilles, mais des bractées qui eu tiennent lieu dans la portion inférieure du bourgeon ; après quoi le rameau porte, au-dessus des fleurs, des feuilles véritables ayant des bourgeons à leur aisselle. Ce genre compte une centaine d'espèces qui habitent toutes les régions tempérées des deux hémisphères, ou même des contrées plus chaudes, l'Amérique méridionale, les bords de la merdes Indes, l'Asie orientale, l'Australie, et jusqu'à la Nouvelle-Zélande et la terre de Van-Diémen.

La plus commune et la plus connue des Clématites de notre pays est probablement aussi l'espèce la plus active et la plus dangereuse. C'est YHerhe-auxgueux {Clematis Vitalba L., Spec. plant., 435), encore nommée C. blanche, C. Viorne, C. brûlante. Vigne blanche, V. de Salomon, Aubervigne, Vigne de la Vierge, Berceau de la Vierge, CranquiUier , Vioche, Marsille, Barbe-dechêne, B. à Dieu, Consolation. C'est un arbuste sarmenteux, à tige très-ramifiée et très-flexible, à rameaux grêles très-allongés, flexibles, anguleux, légèrement pubescents et cannelés dans leur jeune âge. Ils sont chargés de feuilles opposées, imparipennées, formées d'un pétiole très-long, dilaté à la base dépourvue de stipules, et s'enroulant une ou plusieurs fois en forme de vrille autour des objets voisins, avec cinq folioles pétiolulées, ovales-aiguës, subcordiformes, entières ou grossièrement incisées ou dentées. Les fleurs sont disposées, dans l'aisselle des feuilles supérieures et au sommet d'un pédoncule commun, en cymes plusieurs fois composées, avec ime feuille simple ou une bractée allongée au point d'insertion des divisions du pédoncule. Le calice est formé de quatre sépales blancs, très-odorants, surtout le soir, elliptiques-allongés, obtus^ tomenteux, étalés, puis caducs. Les étamines, nombreuses, rapprochées, dressées, im peu plus courtes que le périanthe, sont blanches et jaunes. Les carpelles, également en nombre indéfini, sont sui-montés d'un petit style soyeux, et ils deviennent des achaines réunis en capitule, surmontés chacun d'une longue queue plumeuse, qui n'est autre chose que le style persistant et accru en forme d'aigrette, tout chargé de poils soyeux, blanchâtres. Le C. Vitalba croît dans les. haies, le long des murailles et aussi dans les bois, où il s'accroche aux arbres jus» qu'à une assez grande hauteur. Ses branches âgées sont légères, extrôotepieat po»

reuses, en partie dégarnies de leur écorce grisâtre, qui s'en détache ailleurs en lambeaux irréguliers et allongés. Ses parties vertes ont d'abord une saveur astringente et légèrement acide. Elle devient promptement acre. La langue et la gorge qui ont été en contact avec les feuilles deviennent le siège d'une sensation de brûlure cuisante. La dessiccation et l'action de l'eau bouillante détruisent en grande partie cette propriété. Le contact prolongé des parties fraîches avec la peau produit de la rubéfaction, puis des phlyctènes, surtout si ces parties sont broyées et réduites eu pâte humide. Les phlyctènes s'ouvrent et s'ulcèrent, et c'est de là qu'autrefois les mendiants qui voulaient exciter la pitié publique avaient, dit-on, pris l'habitude de se servir de cette piaule pour produire des ulcérations de mauvais aspect, mais qui se guérissaient hieilement dès qu'ils suspendaient l'usage de VHerbe-aux-gueux. Celte action topique a été mise à profit en médecine, notamment pour le traitement topique de la goutte et des rhumatismes. Ilaller cite déjà les habitants des îles Hébrides comme employant le C. Vitalba, de cette façon, contre les douleurs de la tète et des membres. N. Cheneau traitait ainsi les goutteux, en leur appliquant sur les pieds les feuilles broyées de la Clématite. Cazin {PI. médic. indig., éd. o, 329) rapporte qu'il a employé cette plante pour produire la vésication, et « qu'elle a un effet trèsprompt et dont ou peut tirer un grand parti à la campagne. » Jadis on la recommandait contre les affections cutanées chroniques, notamment contre la lèpre et la gale. Pline, Dioscoride, Galien, ont vanté ses vertus antipsoriques. Dans les campagnes, on traite encore de nos jours la gale avec de l'huile dans laquelle on a fait macérer des feuilles broyées de C. Vitalba; mais ces frictions ne sont pas sans danger : elles brûlent et enflamment la peau et produisent de la fièvre. Vicari et Schwilgué ont indiqué la Clématite comme anlipsorique. D'après Wauters, Gurtel traitait la gale avec de l'huile dans laquelle on faisait bouillir un nouet de l'écorcc intérieure. On frictionnait avec le nouet imprégné de cette huile le malade placé près d'un feu clair. Après deux ou trois frictions sur toute la surface du corps, la peau était enflammée et devenait le siège d'une éruption douloureuse, mais la gale la plus invétérée était guéi'ie. En thérapeutique vétérinaire, la Clématite sert encore aujourd'hui comme révulsif. A l'intérieur, c'est un médicament actif, mais dangereux, et qu'il ne faut essayer qu'à petites doses. Celles-ci sont, d'après Cazin : infusion, de 5 à 12 grammes par 500 grammes d'eau bouillante, à prendre en plusieurs fois (comme diaphorétique). Extrait alcoolique (1 gramme d'alcool sur 1 gramme d'herbe et 8 grammes d'eau), 5 à 20 centigrammes. Poudre, de 5 à 15 centigrammes (comme purgatif). Le C. Vitalba a été vanté par les anciens médecins comme fébrifuge (Matlbiole), antihydropique (Lebouc), purgatif, diurétique et diaphorétique. On l'a préconisé contre les accidents secondaires et tertiaires de la syphilis, et contre les scrofules, l'albuminurie, etc. Cazin a employé les jeunes bourgeons en infusion (à la dose de i à 5 grammes pour 150 à 200 grammes d'eau), pour produire une purgation assez abondante, et il a guéri avec la poudre des feuilles sèches, des anasarques, suites de fièvre intermittente. Il compare l'effet de cette plante à celui de la Gratiole.

De même que l'espèce suivante et plusieurs autres de ce genre, cette plante renferme dans ses fleurs une huile essentielle suave, mais d'une conservation très-difacile, et dont souvent le parfum change de caractère suivant les heures

-de la journée et surtout de la nuit. 11 y aurait intérêt à extraire ce parfum, mais

.la distillation au contact de l'eau le détruit en partie.

CLEMATITE. 777

Le C. Flammula L. [Spsc, 766) a aussi une tige grimpante. Ses lu-anches demi-hcrbacécs, anguleuses, légèrement pubcscentes, forment de grosses masses vertes. Sesfeuilles sont pennées, à segments entiei's ou trilobi's, orbiculaires, ovales oblongs ou presque linéaires, un peu aigus, lisses. Ses fleurs sont petites, blanches, très-odorantes, disposées en cymes ramifiées lâches. Les sépales, linéaires, obtus, pubcsccnts, sont beaucoup plus longs que les étamines. Les carpelles sont analogues à ceux du C. Vitalba. Cette espèce, qui habite l'Euroi'.e tempérée et méridionale, et l'Afrique méditerranéenne, est aussi extrêmement acre, vésicante. Elle a les mêmes propriétés que l'espèce précédente.

Le C. erecta Ail. {FI. pedemont., n. 1078), espèce herbacée, dressée, de 1 mètre de haut environ, à tige striée et presque lisse, a des feuilles pennées, à folioles peu nombi'euses, ovales, acuminées, entières, péliolulées. Quelquefois les feuilles sont simples. Les fleurs sont disposées en cymes composées, ombelliformcs, blanches, et les achaines, peu nombreux, lisses, sont surmontés d'uno queue plumeuse. Originaire des bois et des collines de l'Europe méridionale, cette espèce {Herba Clemalidis s. Flammiilœ Jovis Off.) est acre et jiurgative. Ses feuilles, pulvérisées, ont été employées comme escharrotiques, et à l'inléricur comme purgatives; Storck en a vivement préconisé l'usage dans les cas d'affections cachectiques invétérées et rebelles, contre les douleurs ostéocopes de la syphilis, etc.

Le C. dloica L. [Spec, 765), espèce des Antilles, a des propriétés drastiques. A la Jamaïque, on emploie comme purgative sa racine traitée par le vin ou l'eau de mer. On l'administi-e surtout sous celte forme aux hydropiques. On traite aussi les taches de la peau par une infusion des feuilles et des fleurs en lotions (Sloane, Jam., t. 128, fig. 1. — Maefadyen, FI. jam., I, 2).

A l'Ile de France, les nègi'es emploient le C. mauritiana Lamk. (C. tri/lora Vahl), à la place de cantharides, pour établir des vésicatoircs. En Grèce, le C. cirrhosa L. qui, d'après Sibthorp, est le KV/jf/aTï-rtç de Dioscoride, s'emploie comme évacuant. Les graines s'administrent dans du miel comme purgatif, et les feuilles contre les céphalalgies. Le C. anrjitstifolia Jacq. [C. hexapetala Pall.) sert, dit-on, en Sibérie, à préparer une infusion théiforme. Plusieurs espèces asiatiques, telles que les C hilernata DC, sinensis Lour. et minor Lour. [FI. cochinch., 545), sont employées en médecine. Le C. sinensiis est diurétique, diaphorélique et sert, dit le P. Loureiro, à activer la sécrétion lactée. Les C. Viticella L., repens L., integrifolia L. en Europe, et en Amérique les C Viorna L. et crispa L. ont la même réputation que notre C. Vilalba. UAtraçjene alplna L. (A. austriaca Scop.), qui est pour nous un Clematis, passe dans les Alpes de l'Europe moyenne pour un poison très-violent. Quand les pousses des Clématites sont très-jeunes et surtout quand on les a fait cuire, on peut les manger, dit-on, sans inconvénient. Dans le premier cas, leur principe acre ne s'est pa& encore développé; dans le dernier, il a disparu par l'action de la chaleur. On le croit identique à celui des Renoncules. H. B.\.

L,, Gcn., n. COG. — Juss., Geii., 232. — Î)C., Prodr., I, 2. — Spacii, Stiiics à Buffon^ Bol., Vil, 257. — ExDL., fie)!., n. 47G8. — JIér. et Del., Dict. Mat. mcd., II, 311. — Uuie., Drog. aimpl., éd. 0, III, 745. — Lindl., FI. med., 1 ; Veg. Kingd., 427. — Rosenth., Sijn. plant, diaphor., GOI. — H. Bâillon, Histoire des plantes, I, 52, 72, 79, 87, Gg. 89-96.

FIN DU DIX-SEPTIÈME VOLUME DE LA PREMlÈRK SÉRIE.

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