‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 31 sur 63 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

70 fit au-dcs»U5

Ce tableau confirme en partie les faits précédents.

Si l'on établit un rapport entre le poids du cœur et le poids total du sujet, oii trouve comme moyenne générale ~-^. Le rapport reste à peu près le même chez les mammifères les plus communs, à l'exception du chien, chez qui il s'élève

a -j-g-ô envn'on.

Il va sans dire que, dans l'hypertrophie, ce poids augmente considérablement; il a atteint le chiffre de 650 à 700 grammes. Dans l'atrophie, au contraire, on l'a vu descendre jusqu'à 00 grammes.

F. Capacité. Il est très-difficile de déterminer la capacité des cavités du cœur, car ces cavités sont tantôt dans un relâchement qui se prête trop aisément à une distension, tantôt dans un état de rétraction qui fouisse les résultais de la mensiu'ation.

En raison du caractère que présente la circulation, on croirait que la capacité des deux cœurs dût être la même. Ce fut l'opinion de qiielques auteurs, notamment de Laënnec, qui pensait que chez un sujet sain les (juatre cavités du cœur possédaient, à peu de chose près, une égale capacité. Citons encore Lower, Lieutaud, etc., qui admettaient que les deux ventricules étaient égaux.

Pourtant Sénac, Winslow et Haller attribuaient au ventricule droit une certaine supériorité sur le gauche. Tout en reconnaissant ce fait, Sahatieren plaçait la cause dans le séjour du sang dans le ventricule droit, après la moit. Mais Legallois a constaté expérimentalement sur le chien, le chat, le lapin et lecochor. d'Inde, que la capacité du ventricule droit est toujours plus grande que celle du ventricule gauche, même quand l'animal est mort par hémorrhagie.

Les mesures prises depuis par Bouillaud, Bizot, Cruveilhier, Robin et Hiffelsheim, ont fourni des résultats conformes à l'opinion de Legallois.

La même différence existe entre les oreillettes. De sorte que, en définitive, la

CŒUR (anatomie). 207

capacité du cœur droit est supérieure à celle du cœur gauche. Elle serait de 270 à 415 centimètres cubes pour le cœur droit, de 243 à 542 pour le cœur gauche, d'après Robin et Hiffelsheim.

On n'est pas d'accord non plus sur la capacité relative de l'oreillette et du ventricule correspondants. Pour Legallois, l'oreillette est plus petite que le ventricule. Pour M. Bouillaud, ces deux cavités auraient la même capacité. D'après Robin et Hiffelsheim, la capacité des oreillettes est plus petite que celle des ven-

Fig. ^. — Face anli'i'ieurc du cœur.

Y. g, ventricule gaurlie. — V. d, venlricule droit. — Au. g, auriciiie gaiiclie. — An. cl, auricnle droite.

0. rf, oreilietle dioile. — Ao, aorte. — A.p, aitnre pulmonaiie.

tricules; la différence varierait suivant les âges et les individus entre |, { ou {; elle irait en augmentant avec l'âge et s'observerait surtout à gauche. C'est, du reste, un fait parfaitement connu, que, dans la vieillesse, le tissu du cœur s'amincit, devient mou et flasque, et que ses cavités s'agrandissent.

II. Conformation extérieure du cœur. Le cœur, avons-nous dit, figure un conoïde à pointe mousse, aplati d'avant en arrière. On pourrait décrire successivement sa face antérieure, sa face postérieure, ses bords, sa base et sa pointe, tels qu'ils se présentent quand on le débarrasse des poumons et des gros vaisseaux auxquels il semble attaché; mais il est plus simple et, peut-on dire, plus physiologique de suivre, dans cette description, les divisions naturelles qui sont tracées à sa surface. Nous examinerons donc d'abord la masse ventriculaire et ensuite la masse auriculaire {voy. fig. 1 et 2).

268 CŒUR (anatomie).

A. Masse ventriculaire. C'est elle qui détermine la forme conoïde du cœur. La face antérieure ou sternale, convexe d'un côté à l'autre, est divisée par un sillon vertical {sillon antérieur du cœur) en deux parties inégales, dont la plus considérable (F. d.) appartient au ventricule droit.

Près de son origine, le sillon antérieur présente parfois une ramification assez importante qui se perd à la surface du ventricule gauche. D'après Bouillaud, cette face mesurerait 0"',098 en hauteur et 0'",107 dans sa plus grande largeur.

O.cZ,.

Fig. 2. — Face posléiieure du cœur.

V. d, ventricule droit. — V. g, venlricule gauche. — O.d, oreillette droite. — V. c. t, embouchure de la veine cave inlérieure. — V. c. s, veine cave supérieure. — V. p. d, veines pulmonaires droites. — 0. g, oreillette gauche. — V. p. g. veines pulmonaires gauches.

La face postérieure ou diaphragmatique (fig. 2), plane, est partagée en deux parties à peu près égales par un autre sillon vertical (sillon postérieur du cœur).

Ces sillons verticaux indiquent, à la surface de la masse ventriculaire, la division en deux cavités (F. d. et V. y.) qui existe à l'intérieur; ils sont parcourus par les vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques de l'organe que recouvre toujours une quantité plus ou moins considérable de tissu adipeux.

Le bord gauche, presque vertical, est épais, convexe d'avant en arrière, ce qui lui donne l'aspect d'une face. Il présente, en arrière, un sillon vasculairc qui peut, dans quelques cas, devenir plus important que le véritable sillon poslérieur. On remarque alors que ce dernier est reporté plus à droite que de coutume.

CŒUR (anatomie). 269

Le bord droit, plus mince, légèrement convexe, peut se diviser, en quelque sorte, en deux parties, dont l'infe'rieure, presque horizontale, est couchée sur la face supérieure du diaphragme.

La base, elliptique (lîg. 1, 2 et 5), est coupée obliquement d'avant en arrière, disposition qui donne un peu plus de hauteur à la face antérieure des ventricules qu'à la face postérieure. Elle est nettement circonscrite en ai'rière, à droite et à gauche, par un sillon qui loge les vaisseaux coronaires; en avant, par l'origine des vaisseaux artériels. Elle est percée de quatre orifices circulaires, qui sont, en allant d'avant en arrière : i° l'artère pulmonaire; 2" l'artère aorte; 3° l'orifice auriculo-ventriculaire droit; 4" l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.

Son périmètre serait égal à 0"',!23 d'après M. Bouillaud, à ()"',27 d'après Cruve il hier.

Le sommet ou pointe du cœur, légèrement recourbé en arrière, forme une pointe très-mousse. Il présente une petite échancrure, plus ou moins dissimulée par du tissu adipeux, qui résulte de la réunion des sillons verticaux. Cette échancrure, indice de la dualité du cœur, si nettement prononcée chez les mammifères cétacés (le Dugong notamment), divise le sommet en deux portions inégales, la plus volumineuse appartenant au ventricule gauche.

B. Masse aurictdaire. Allongée de droite à gauche, elle est reportée en arrière de la base des ventricules, de sorte que, pour la voir, il faut regarder le cœur par sa face postérieure {voy. fig. 1 et 'J).

Elle est irrégulièrement cuboïde dans sa partie moyenne (sinus de Boerhaave) et prolongée à chaque extrémité par des appendices aplatis de haut en bas, denticulés sur leur bord, désignés sous le nom d'auricules (véritables oreillettes, pour Bocrhaave), à cause de la ressemblance qu'on leur a trouvée avec les oreilles d'un chien.

En raison de leur forme, on a distingué dans les oreillettes quatre faces ou plans : La face antérieure, légèrement concave d'un côté à l'autre, embrasse l'aorte et l'artère pulmonaire; elle ne présente aucune scissure.

La face postérieure, convexe, est divisée par un sillon (fig. 2) un peu recourbé en s italique, qui continue, en haut, le sillon postérieur des ventricules. A droite du sillon, dans la première courbure de Vs italique qu'il figure, on trouve l'em bouchure de la veine cave inférieure (F. c. i.) ; à gauche du même sillon, l'embouchure de la grande veine coronaire. Ces deux vaisseaux s'ouvrent dans la partie qui appartient à l'oreillette droite. La face supérieure, oblique de haut en bas et de gauche à droite, est partagée par un sillon courbe qui prolonge le sillon de la face postérieure. A droite du sillon, on voit l'embouchure de la veine cave supérieure (F. c. s., fig. 2); à gauche, celle des quatre veines pulmonaires rapprochées deux à deux (l'une grande, l'autre petite) dans la partie la plus élevée et dans la partie la plus déclive de la face supérieure de l'oreillette gauche. La face inférieure est occupée par deux vastes orifices qui s'opposent aux orifices auriculo-ventriculaires percés sur la base des ventricules.

Les extrémités ou auricules se distinguent en droite et gauche. Celle-là [Au. d., fig. 1) est la plus courte, mais la plus large; en avant, elle embrasse l'origine de l'aorte. Celle-ci [Au. g.), beaucoup moins visible lorsqu'on jette les yeux sur la face antérieure du cœur, se termine dans la concavité de l'artère pulmonaire; elle est nettement séparée du reste de l'oreillette (sinus), par un sillon qui la contourne au-dessous des deux veines pulmonaires gauches.

III. Conformation iNXÉrxiEURE du cœur. Nous avons dit, en commençant, que

270 LlLUn ^ANAToniE;.

Je cœur unique à l'extérieur formait en réalité deux cœurs, l'un à sang noir (cœur droit), l'autre à sang rouge (cœur gauche). Cette division du cœur est établie par le septum cardiaque, cloison qui partage la masse auriculau'e et la masse ventriculaire en deux poches. Nous examinerons successivement la coiil'ormation intérieure du cœur droit et celle du cœur gauche, rapprochant ainsi l'oreillette du ventricule correspondant, parce que ces deux cavités forment, en quelque sorte, une unité physiologique.

A. Cœur droit, a. Ventricule. 11 représente une sorte de cavité triangu-

Fig. 3. — Ventricule droit ouvert.

V, d, ventricule droit. — 0. a. v. d, orilke auriculo-vcnlriiulaire droit. — V. a. t, valvule tricu^pide.

Page 1