‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.22Chapitre 44 sur 52 · FORCEPS-SCIE · texte numérisé non relu

FORCEPS-SCIE

53 cas :

IRAJfSFORATEUR

14 cas :

Accidents puerpéraux

Mais la statistique peut-elle être ici décisive ? Les conditions si diverses dans lesquelles se trouvent les ope'rateurs et surtout les opérées permettent-elles d'établir, entre les faits, une comparaison rigoureuse? Évidemment non. Lorsque, par exemple, au sujet du forceps-scie, je vois consignée dans le troisième tableau une mortalité moindre que dans le second ; et mieux encore, quand je constate que la mortalité la plus restreinte figure au quatrième tableau (celui des rétrécissements extrêmes), ne suis-je pas en droit de penser, ou que les calculs sont erronés, ou que ces résultats représentent desserres accidentelles? Car, s'il est un point aujourd'hui élucidé, c'est bien celui de l'aggravation des opérations embryotomiques à mesure que Létroitesse du bassin s'accentue. Je ne m'explique pas davantage, au sujet de la transforation, cette singulière concordance des

CRANIOTOMIE. 715

chiffres de la morlalilé avec ceux des accidents puerpéraux, concordance qui se remarque dans tous les tableaux.

J'accorde cependant que les statistiques basées sur des chiffres considérables peuvent fournir des données exactes. En se multipliant, les fliits deviennent susceptibles de correction; des compensations s'établissent. Pour la crâniotomie, en particulier, déjà les nombres sont importants ; mais ils ne sauraient suffire encolle à porter un jugement définitif sur la valeur relative des principales méthodes. Evidemment, la ti'ansforation s'annonce comme une opération des plus remarquables, et il me semble impossible de n'èlre pas émerveillé des succès obtenus par elle. Néanmoins, jusqu'ici peu de chirurgiens y ont eu recours, et presque tous les exemples qui en sont relatés appartiennent à son inventeur, le savant et très-regretté professeur L. Hubert. Avant d'admettre sa supériorité sur les autres, il importe donc que l'expérience se poursuive quelque temps encore.

D'ailleurs, si l'on considère que chaque méthode offre à la fois des avantages et des inconvénients spéciaux, on acceptera comme pratique utile de ne rejeter aucune d'elles d'une manière absolue. On s'efforcera, au contraire, de bien déterminer les cas particuliers oii l'emploi de chacune doit être préféré. Telle est, du moins, la conséquence à laquelle m'a conduit l'étude de cet important sujet.

Ainsi, que reproche-t-on surtout à la céphalotripsie? D'une part, d'aplatir latéralement la tête foetale et de mettre celle-ci en rapport, par son grand diamètre, avec le plus petit diamètre du bassin; d'autre part, de fournir pour les tractions une prise trop souvent insuffisante.

Sans aucun doute, ce sont là de sérieux défauts. Quoique l'usage de cuillers fenêtrées soit destiné à faire disparaître le dernier, je n'essaierai pas d'atténuer leur gravité ; mais je rappellerai que leur existence n'a réellement de portée que dans les rétrécissements prononcés, tels que ceux de 8 centimètres et au-dessous. S'agit-il, au contraire, d'un bassin normal ou médiocrement vicié? Ces inconvénients ne se retrouvent plus et le céphalotribe devient d'une efficacité certaine. Or, par la simplicité de son mécanisme et de sa manœuvre, cet instrument surpasse incontestablement tous ses rivaux. Pourquoi, dès lors, n'adoplerait-on pas généralement son emploi dans les divers cas auxquels je fais allusion ?

Que si l'obstacle siégeait au détroit inférieur ou dans son voisinage, la crânioclasie pourrait être, parfois, justement préférée. Il en est de même de l'opération de Guyon, qui le plus souvent trouverait là une application heureuse. A défaut de la double trépanation et du toucher intra-crânien, qui rendent cette opération assez compliquée, le petit forceps pourrait même, après une simple perforation, servir utilement comme céphalotribe. C'est, du moins, ce qui résulte des observations recueillies dans le service du docteur Chiara, de Milan, et publiées, au nombre de cinq, par M. Chiarleoni. Di^à, en 1868, feu le docteur Hélot, de Pioueu, avait obtenu semblablement deux succès dans des cas de crâniotomie de la voiite. Cette ressouixe opératoire mérite donc d'être consignée à l'actif de l'invention de Guyon.

Le rétrécissement, au contraire, quel que soit son siège, se montre-t-il trèsaccusé ou, à plus forte raison, appartient-il à la classe des viciations dites extrêmes? Alors on conçoit qu'il y ait un grand intérêt à extraire la tête fœtale, soit en plusieurs parties séparées, soit affaissée sur elle-même et allongée dans le sens du vide pelvien. En permettant à l'opérateur de réaliser ces conditions, le forceps-scie et surtout le transforateur trouvent ici parfaitement l'i-ndication de

716 CRANIOTOMIE (bibliographie).

leur emploi. Outie que le mode d'exlraclioii propre ;i chacun d'eux paraît cTevoir restreindre les diflicultés, il se présente encore, avec le transl'orateur principalement, comme beaucoup moins dangereux que les autres. Les observations, sur ce point, semblent complètement probantes.

La part des diverses méthodes peut donc être ainsi déterminée ; et, si je ne me trompe, la pratique gagnerait à ce que tout cliirurgien lui apte à les appliquer. Mais, de nos jours, un tel desideratum est peu réalisable; car, longtemps encore, les accoucheurs auront une tendance marquée à préférer l'opération qui leur est le plus familière. Après tout, la bonne manœuvre d'un instrument médiocre est peut-être moins dangereuse que l'emploi défectueux d'un instrument parfait.

GOÉMOT.

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CRâNSAC (Eaux minérales de). 717

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CRAl^SAC (Eaux minérales de), athermales, polymétaltites, non gazeuses, dans le département de l'Aveyron, dans l'arrondissement de Yillefranche, est un bourg de 942 habitants, bâti dans une jolie vallée où se trouvent de nombreuses usines, près d'un affluent du Lot nommé l'Aune, à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. (Chemins de fer de Bordeaux, Montauhan et Cransac, qui est une station de la ligne du Midi.) Comme de 4500 à 5000 baigneurs viennent tous les ans à Cransac, plusieurs d'entre eux sont obligés d'aller se loger à Aubin, village de 8048 habitants qui n'est qu'à 5 kilomètres des sources, et possède des mines de houille, des hauts fourneaux, les ruines d'un ancien château et une église du douzième siècle. Le pic nommé le Moutet, qui s'élève en face de Cransac, est un petit volcan curieux à visiter; des tourbillons de fumée s'en échappent sans interruption. On a creusé dans la montagne des excavations qui constituent des éluves naturelles. Ce sont des cavernes ténébreuses ouvertes en pente douce et au bas desquelles on a pratiqué une niche avec un siège. Elles ont 15 ou 16 mètres en tous les sens. L'air qu'on y respire est extrêmement chaud et chargé de vapeurs qui ont une légère odeur de soufre. La saison commence le 15 juillet se prolonge jusqu'au 15 du mois de septembre.

Trois sources, qui doivent être regardées comme des eaux de lixiviation plutôt que comme des sources minérales réelles, émergent <à la base et sur le versant de la montagne qui borde à droite le ruisseau de l'Aune, et dont le sommet est en combustion permanente. Elles se nomment : la source basse Richard, la source basse Bezelgues, la source Galtier du mas de Nouly. Depuis quelques années seulement, la source haute Richard, décrite par tous les auteurs comme étant la plus active et qui jaillissait presque au sommet de la montagne, n'existe plus. La source du Crol, analysée par M. Poumarède,ct qui se trouvait entre Aubin et Cransac, a aussi complètement disparu. Nous ne parlons pas de la source du Pré Galtier, émergeant à 500 mètres à l'ouest du bourg de Cransac, cette eau ne servant à aucun usage thérapeutique.

718 CRANSAC (Eaux minérales de).

l" Source basse Richard. Elle émerge de bancs de houille et d'un schiste pyriteux mêlé de fer carbonate à une centaine de mètres au nord de Cransac ; c'est la première en remontant la vallée; c'est elle qui est la plus fréquentée, elle attire à elle seule plus de buveurs que les deux autres. Son eau est limpide, incolore, inodore, d'une saveur à la fois acide et amère ; sa température est de 12° centigrade. Nous donnons son analyse chimique en même temps que celle de l'eau de la source Galtier. Cette source a un débit de 2400 litres en vingtquatre heures.

2" Source basse Bezelgues. Cette source a deux griffons : l'eau de l'un est employée en boisson par quelques personnes du pays, qui lui ont reconnu une action toute spéciale; celle de l'autre sert au lavage des bouteilles destinées à l'exportation. Les propriétés physiques de l'eau des deux griffons de la source basse Bezelgues sont les mêmes; sa température est de iO" 5 centigrade.

3» Source Galtier. Elle émerge sur le revers sud et presque au sommet du coteau dit las Fraysses, bordant à gauche le ruisseau de l'Aune, et qui ferme au midi la vallée de Cransac. Celte source a été découverte en 1852, à la suite de fouilles pratiquées dans la montagne du Montet. Elle prend naissance au milieu d'un terrain houiller et ferrugineux brûlé, d'une très-grande dureté, comme slratilié, formé surtout d'oxyde de fer imprégné d'une petite quantité de manganèse. Sur les couches qui composent ce minerai ferrugineux, on rencontre un très-grand nombre de petits points blancs composés de sulfates de chaux et de magnésie cristallisés. Son point d'émergence est situé au fond d'une galerie formant réservoir, d'une longueur de 100 mètres environ, contenant 500 000 litres d'eau, et qui ne demande pas moins de trois mois pour se remplir entièrement. L'eau de ce réservoir se rend à l'aide d'un conduit de verre qui a 15 mètres de longueur dans un pavillon où on la puise. Elle indienne son passage pai" un dépôt rouge ocreux d'oxyde de fer hydraté qui renferme seulement des traces de manganèse. Le débit de la source est évalué à 5000 litres par vingt-quatre heures. Sa température au jobinet d'écoulement est de 7" 9 centigrade. Elle alimente quatre baignoires, et l'eau minérale est chauffée à feu nu dans mre chaudière. Ce mode de chauffage si défectueux en général n'a pas d'inconvénient avec l'eau de Cransac, qui ne contient pas trace de principes gazeux et de sels décomposables par une température même assez élevée. M. Jules Lefort, auquel nous avons emprunté cette description, a le premier, en 1865, fait connaître l'analyse chimique de la source Galtier. Celle des sources basse Richard et basse Bezelgues est due à MM. Ossian Henry, Poumai'ède et Blondeau (de Rodez).

SODKCE SODRCE BASSE BASSE SODRCE RICHARD. BEZELGUES. GALTIER.

Sulfale de chaux '2,413 1,21 1,5198

— soude 0,011 » »

— magnésie 2,291 1,12 1,5676

— polasse 0,021 » »

— ammoniaque » » 0,0231

— alumine 2,079 0,9o 0,0831

— proio^yde de fer » » 0,0566

— man<^anè^e .. 0,41 0,1016

Chlorure de sodium » » 0,0625

— potassium » » 0,0125

lodure de sodium » » traces.

Nitrate de chaux „ „ indices.

Arséniale de fer » „ traces.

Acide silicique 0,005 » 0,0550

Sulfure d'arsenic traces. » »

Chlorhydrate d'ammoniaque 0,012 » »

lodhydrate d'ammoniaque 0,009 ,. »

Matière organique » » indices.

Total DES MATIÈRES FIXES . . , , . 4,191 ' 5.69 5, '2618

CRANSAG (Eaux minérales de). 719

Mode d'administratiok et doses. On voit, d'après ce que nous venons de dire, que les eaux des sources basse Richard et Galtier sont principalement employées en boisson ; quatre baignoires et un cabinet de douches sont cependant mis à la disposition des malades, au voisinage de la source Galtier, qui les alimente. Les eaux des sources basse Richard et Galtier, seules usitées depuis que la source haute Richard a disparu, sont ingérées à la dose de trois verres à trois litres le matin à jeun ; chaque dose est prise de quart d'heure en quart d'heure. Autrefois, les eaux de Cransac étaient abandonnées à la discrétion des paysans ou des ouvriers, qui en faisaient une consommation exagérée; certains en absorbaient une quantité qui n'était pas inférieure à cinq ou six litres par jour en moyenne. Maintenant que les eaux de Cransac sont employées avec plus de méthode, les doses outrées sont suivies par quelques incorrigibles seulement, et l'eau des sources médicinales, comme on le dit à Cransac, est bue en proportions raisonnables, c'est-à-dire que trois à dix verres par matin suffisent toujours aux indications que le médecin veut remplir. La durée des bains est d'une heure en général, celle des douches est de dix à vingt minutes.

Nous n'avons pas parlé, en énumérant les sources de Cransac, de quelques sources, entre autres de la source haute Bezelgues, qui sont désignées à cette station minérale sous l'appellation de sources toxiques, parce que leur ingestion à petites doses produit une superpurgation violente peu en harmonie avec la composition élémentaire que la chimie leur trouve : des quantités plus considérables ont même produit des vomissements, de l'algidité, des déjections intestinales extrêmement abondantes accompagnées de coliques, de ténesmes, de pertes de connaissance même, etc., d'accidents, en un mot, qui s'observent après l'absorption de matières vénéneuses. Il est inutile d'ajouter que ces eaux ne sont point employées au traitement des malades : nous n'avons donc point à nous en occuper plus longuement. Mais ce que les médecins et les buveuis doivent savoir, c'iest que les eaux des sources thérapeutiques de Cransac doivent être conseillées à doses sensiblement plus petites lorsque les chaleurs et la sécheresse ont duré pendant un certain temps. Ces eaux de mine, en effet, se concentrent, n'ont plus la même température et sont beaucoup plus actives que lorsque l'atmosphère est chargée d'humidité ou que de grandes pluies ont lavé la terre.

Le traitement de Cransac se fait encore par le séjour dans les étuves naturelles dont nous avons parlé. Nous croyons devoir donner quelques explications sur leur installation. Tout l'art consiste à Cransac, pour construire une étuve, dans le choix d'un des points de la montagne où le feu soit assez intense et assez rapproché de la surface pour qu'en creusant à quelques centimètres de profondeur on puisse constater qu'il existe un degré suffisant de chaleur et qu'il n'y a pas de gerçure dans le sol, qui livre passage à une fumée qui rend impossible le séjour dans l'étuvc. On installe au fond de ces grottes artificielles une boîte fumigatoire, dans laquelle s'asseoit le malade, et où il a la tête à l'air libre. La chaleur de ces étuves varie de 32" à 48" centigrade; on en modère ou on en gradue la température au moyen d'une petite soupape, très-utile surtout dans celles où le thermomètre s'élève à plus de 36" centigrade. Le degré de chaleur dans chaque étuve est à peu près constant et ne subit guère de variation que celle produite par la marche très-lente des feux souterrains par la combustion des pyrites exposés au contact de l'air. Lorsque les schistes pyriteux et les autres couches minérales sont épuisés, la chaleur ne se produit plus, et l'on est forcé de pratiquer de nouvelles excavations dans la montagne. Les vapeurs qui

720 CRANSAC (Eaux minérales de).

arrivent dans l'intérieur de la boite des étuves de Cransac sont fortement impréonées d'émanations sulfureuses. En voici l'analyse chimique faite par M. Guillemin, ingénieur de la compagnie des fonderies de l'Aveyron ; 100 parties lui ont donné :

Sulfate d'alumine neutre et sec 36, S4

— de peroxyde de fer 6

— manganèse traces.

— magnésie 5,46

— pota^se 0,26

Acide sull'urique en excès 0,48

Eau de cristallisation et humidité 45,40

Résidu terreux insoluble dans l'eau. . . . 4,20

' Perte 1,66

Total 100,00

Une quantité considérable de soufre sublimé se dépose sur le bord des crevasses de la montagne et sur les parois des excavations formant les étuves. M. Poumarcde a constaté la présence des gaz acides sulfhydrique, chlorliydrique et carbonique, sur plusieurs points de la montagne brûlante.

Emploi thérapeutique. L'eau des sources basse Richard et Galtier excite les contractions stomacales ; elle est diurétique et laxative ; à la dose de cinq à dix verres, elle purge fortement et cause quelquefois des vomissements ; elle est cependant manifestement tonique et reconstituante. Les eaux toxiques que nous avons signalées comme devant être soigneusement proscrites du traitement intérieur sont utilisées avec avantage en lotions pour le traitement des ulcères atoniques, variqueux et scorbutiques, etc.

Les eaux de Cransac, comme les eaux chlorurées sodiques fortes avec lesquelles elles ont cette ressemblance seule, sont purgatives à haute dose, tout en étant reconstituantes ; en quantité moins considérable, elles constipent, au contraire : de là leur réussite dans les dysenteries chroniques et dans certaines diarrhées anciennes que rien n'avait pu arrêter. Toutes les affections qui épuisent sans être accompagnées de fièvre continue, qui troublent la digestion, qui causent des embarras et des obstructions, tous les écoulements utéro-vaginaux des femmes qui ont des tiraillements d'estomac, sont promptement soulagés ou guéris par l'usage interne de l'eau des sources basse Richard ou Galtier, et par l'usage externe de l'eau de cette dernière. Le lymphatisme, la scrofule même,, le scorbut, les gastralgies et toutes les autres névralgies, surtout quand elles sont périodiques et qu'elles ont résisté à l'administration du sulfate de quinine, sont, en général, heureusement modifiées par un traitement intérieur et extérieur par les eaux de Cransac. Les eaux de la source Galtier, mais surtout celles de la source toxique haute Rezelgucs, sont heureusement employées en lotions et en injections dans certaines otites et dans certaines ophthalmies rebelles à tout autre traitement.

Quelques médecins ont essayé avec succès aussi, disent-ils, l'emploi intérieur à dose fortement purgative des eaux de Cransac dans les paralysies consécutives à des hémorrhagies cérébrales récentes. Ils prétendent avoir été aussi heureux que nos confrères de Ralaruc et de Bourbon-l'Archambault {voy. ces mots). — Nous avons dit assez longuement, en traitant de ces stations thermales, les raisons qui nous font redouter une telle médication, pour que nous ne croyions pas devoir insister de nouveau. Les eaux de Cransac sont d'une efficacité certaine contre les fièvres intermittentes rebelles, dit M. le docteur Bras, qui a expérimenté sur une vaste échelle à l'hôpital de Villefranche, dont il est le médecin,

CRANSAC (eaux jiinérales de). 721

ainsi que contre les engorgements chroniques des viscères abdominaux consécutifs à ces fièvres d'accès. Plusieurs militaires arrivés d'Algérie porteurs pour la plupart d'énormes engorgements de la rate et du foie, ont vu ces engorgements disparaître après un séjour assez court auprès des sources de Cransac.

Les eaux de Cransac en boisson, en bains et en douches sont utilement conseillées encore contre les embarras gastriques apyrétiques, contre le début des fièvres continues, et alors il est bon de les recommander à dose éméto-catliartique, contre la constipation opiniâtre et habituelle, où il faut les administrer à dose laxative seulement; contre l'iiypocondrie, qui reconnaît pour cause un «tat morbide d'un des organes contenus dans l'abdomen ; contre les migraines occasionnées, ce qui arrive si souvent, par suite de troubles dans la digestion stomacale et intestinale, et enfin assurent les médecins de Cransac, contre les parasites des voies digestives, et surtout contre le tœnia. Nous omettons à dessein de revenir sur la composition chimique des eaux de Cransac, et de chercher à expliquer, en nous appuyant sur la présence de tel ou tel principe contenu dans ces eaux, leur action sur telle ou telle maladie, parce qu'après avoir lu et médité tout ce qu'ont dit les chimistes qui ont tour à tour étudié ces eaux sur place et dans leurs laboratoires, et les médecins qui se sont succédé à Cransac et ont écrit sur les vertus thérapeutiques de ces eaux, nous ne sommes nullement convaincu que ce suit la présence de leur fer, de leur manganèse, de leurs sulfates neutres, de leur arséniate même, etc., qui peuvent édifier complètement sur leurs vertus curatives dans la chloro-anémie, dans les constipations, dans les fièvres et les névralgies périodiques, etc., etc.

Il nous reste à dire que tous les accidents légers et graves qui sont sous la dépendance de l'élément rhumatismal, les atlcctions cutanées et les tumeurs blanches, rentrent dans la sphère d'activité de l'eau en boisson, des bains, des douches, et surtout du séjour dans les étuves sèches et chaudes de la station de ('ransac. Les abondantes transpirations qu'éprouvent les malades ne les affaiblissent en aucune façon, de sorte que le traitement par les étuves peut être à Oansac beaucoup plus longtemps continué qua partout ailleurs. Il est remarquable aussi que le séjour dans les étuves sèches et sulfureuses de Cransac, au lieu de rendre les baigneurs plus frileux, les blase, au contraire, contre les transitions même brusques de la température, et les empêche d'être aussi facilement repris de leurs douleurs accoutumées. Le médecin doit leur bien recommander cependant de ne pas s'exposer à un refroidissement subit au moment surtout où ils sortent de leurs étuves, de se bien couvrir de vêtements épais, ou mieux de se faire reconduire en chaise à porteurs dans leurs logements, s'ils sont un peu éloignés de la montagne brûlante. Il serait bien à désirer que l'établissement de Cransac s'enrichît d'un pavillon qui contiendrait plusieurs lits dans des chambres de repos où les baigneurs séjourneraient pendant un temps suffisant pour pouvoir regagner sans péril et à pied leur logis.

La durée de la cure était de dix ou douze jours au temps où les eaux de Cransac étaient prises à doses immodérées ; elle est de quinze à vingt-cinq jours maintenant que Ton a renoncé à une administration perturbatrice de ces eaux à composition élémentaire aussi variable que l'état hygrométrique de l'atmosphère.

On exporte en assez grande quantité les eaux des sources basse Richard et Galtier. A. Rotureau.

Bibliographie. — Banc (Jean). Moulins, 1605. — Disses (llathurin). Les vertus et analyse des eaux de Cransac; vertu et usage des étuves. Yillefranche, 1680. — De même. Eaux minênir.T, VK^ Y VIT 46

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