‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.25Chapitre 85 sur 108 · Partie insoluble · texte numérisé non relu

Partie insoluble

Sable, silice, argile 819,18 823,50

Azote organique 3,3i4 2,640

Azote ammoniacal 0,173 0,090

Azote nitrique 0,011 »

On voit que, pour la quantité de potasse, de soude et de }ihosphates, les terres noires de la Roumanie peuvent bien supporter les comparaisons avec les terres noires de la Uussie. Pour ce qui est de la quantité d'azote, les terres de la Roumanie l'emportent sur les terres de la Russie. Dans cette seconde région, le terrain quaternaire repose sur des argiles grises tertiaires, sur de la marne argileuse, mais c'est surtout l'argile grise bleuâtre qui prédomine. La plaine du Danube est plate, représentant une pente de 1/1000. Celte vaste plaine est, à son extrémité orientale, de 8 à 10 mètres à peine plus élevée que le niveau de la mer : aussi est-elle dans cet endroit couverte d'immenses marais qui communiquent avec le Danube, comme on l'a vu plus haut.

La troisième région, formant les contre-forts des montagnes, ou les collines intermédiaires entre la plaine et la chaîne desCarpates, est formée par des terrains tertiaires, par le pliocène, le miocène et le calcaire à nummulites. On y trouve comme roches : des argiles, des marnes, du sable, du grès, du gjpse, du sel gemme, des lignites.

Enfin, la quatrième région, la plus élevée, qui comprend les sommets des Carpates, est formée par des terrains secondaires, primaires et métamorphiques.

Les roches sont ici : le calcaire compacte, le marbre, le lignite, l'anthracite, le schiste ardoisier, le gneiss et le micaschiste. Peu de roches éruptives. Dans les conglomérats on trouve de l'hématite brune et du fer hématite amorphe.

Les minerais les plus importants qui se trouvent dans les Carpates sont : l'or, le cuivre, le plomb natif, le sulfate de plomb, le mercure natif, le sulfate de fer, le cobalt, l'arsenic, la pyrite, le soufre natif (amorphe ou cristallisé). On trouve des vestiges de très-anciennes exploitations de fer et de cuivre à Baia-defer et à Baia-de-arama. Aujourd'hui, on exploite la pierre à plâtre, la pierre à bâtir, le marbre, le sel gemme, le lignite, le pétrole, etc.

La Roumanie est un des pays les plus riches en gisements de sel gemme et en sources salées. La profondeur moyenne à laquelle on trouve le sel gemme

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est de 40 mètres, et Ja profondeur des salines varie entre 40 et 105 mètres. On ex Irait annuellement environ 100 tonnes de sel gemme.

Tout le long des Carpates, il existe une couche de matières végétales fossiles, qui, graduellement, présente l'anthracite, la liouille, le lignite, le pétrole avec ses variétés, la poix minérale, l'ozocérite ou cire fossile, Tambre, etc. Dans beaucoup d'endroits, on trouve, même à la surface du sol, des dépôts considérables de charbon de terre. La variété de houille qui prédomine est une houille sèche, nullement grasse, intermédiaire entre la hotdlle proprement dite et le lignite. Cette variété de houille a donné à l'analyse 75 pour 100 de carbone. C'est le lignite qui est plus abondant.

Après l'Amérique, la Roumanie est la contrée qui exporte le plus de pétrole. La disposition des gîtes diffère totalement dans les deux pays.

Dans le Nouveau Monde on exploite des dépôts de liquide bitumineux. En Roumanie, le pétrole se produit, et coule à travers les fissures et les crevasses d'une puissante couche d'argile bleuâtre. Sous cette glaise se trouve le lignite qui donne lieu à la formation lente du pétrole. Ce liquide s'écoule par une fdtration graduelle. On creuse des puits, et le pétrole tombe au fond par suite de la section de la veine. Les gens du peuple prennent des bains de pétrole jusqu'au-dessus des genoux. On a recours à ce remède pour combattre les rhumatismes chroniques, les ulcères atoniques, etc.

Un produit particulier au pays, c'est Vozocérite ou cire fossile. C'est de la paraffine à l'état brut que l'on trouve souvent associée au pétrole. On sait que dans le pétrole il y a de 4 à 6 pour 100 de paraffine. Ce produit sert à fabriquer des bougies, des allumettes dites de cire, et surtout à sophistiquer la cire. Les cierges que l'on vend en Roumanie contiennent de la paraffine dans une giande proportion. Ces cierges dégagent beaucoup de produits pyrogénés et des vapeurs de charbon. Les personnes qui sont exposées à ces émanations éprouvent une irritation de la muqueuse des voies respiratoires.

Un autre produit particulier au pays est le siiccin brun ou noir, qui avec une grande variété de nuances, passe du jaune orange ou rougeâtre au noir à reflets verts.

Nous ne nous étendrons pas longtemps sur la description d'un pseudo-volcan de Malovetiu près de Cerneti. C'est une colline de mollasse ayant près de sa surface du hgiiite dont les couches supérieures, renfermant des pyrites, s'enflamment spontanément à l'air et produisent quelquefois des éboulements avec o^rand fracas. De temps en temps il sort de ce pseudo-volcan de la fumée et même des flammes.

Dans les montagnes, il y a abondance de calcaire de toutes sortes : calcaire compacte, calcaire noir très-dur, calcaire oolithique, calcaire friable, calcaire à nummulites, pierre à chaux ordinaire, chaux hydraulique, marne calcaire, marbre à grains très- fins, marbre saccharoide, et enfin de belle pierre lithographique.

Nous n'énumérerons pas toutes les roches comme le granit rou^e et blanc la serpentine, le tripoli, etc.

Les tremblements de terre sont assez fréquents, et généralement faibles. Tous les quinze ou vingt ans on en ressent un assez violent.

Les EAUX MINÉRALES, tiès-abondautes, sont toutes froides. Une seule source est bien captée : c'est la source ferrugineuse de Vacaresci (banlieue de Bucarest). A Pucioasa et à Slanic (Bacau) l'installation des bains, des sources et des habitations

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est encore primitive. Les baignoires sont en bois, et on chauffe l'eau en y plouoeant des pierres que l'on a fait séjourner quelque temps au feu, souvent au milieu de la cour. Â Bughia l'aménagement des eaux, l'installation des bains et l'état des habitations sont satisfaisants.

Eaux sulfureuses. Sept localités {Bughia, Pucioasa, Breada, etc.) ont des sources contenant du sulfure de sodium. Trois sources {Olanesci et Calimanesci) contiennent du sulfure de sodium, et de l'iodure de sodium en quantité moindre. La source de Cociulata contient du sulfure de sodium et du carbonate de soude, elle est alcaline, et dans la contrée elle passe pour aider au plus haut degré à l'expulsion des alcalis urinaires. Deux sources {Vulcan et Cascada) contiennent de l'hydrogène sulfuré. La source Trestia d'OIanesci contient de l'hydrogène sulfuré, beaucoup de chlorure de sodium et une petite quantité d'iodure de sodium.

Eaux alcalines. A Slanic près à'Ocna (Bacan), il y a sept ou huit sources alcalines; elles contiennent de 5 à 6 grammes de bicarbonate de soude par litre ; elles contiennent, en outre, du chlorure de sodium au point d'avoir une saveur salée bien mai-quéc. A cause de la présence de ce dernier sel, les eaux sont laxatives. N'était la quantité notable de chlorure de sodium, les eaux de Slanic (la source Maria surtout) seraient analogues aux eaux de Vichy. Au monastère de Niamtiii, il y a une source alcaline; elle contient du bicarbonate de soude.

Eaux ferrugineuses. La principale source est celle de Vacaresci (banlieue •i\e la capitale). C'est une nappe d'eau qui passe sous le lit de la rivière de Uimbovitia, et tjui pourrait donner 60 000 Htres par heure. Elle est claire, limpide, fraîche (10-13 degrés centigrades); elle contient 0^'', 984 de bicarbonate de fer par litre, mais elle ne contient pas assez d'acide carbonique pour pouvoir être transportée. Une demi-heure après qu'elle est puisée, celte eau perd une partie ■de son acide carbonique, le bicarbonate de fer se décompose. On charge artificiellement l'eau d'acide carbonique, et dans cet état elle se conserve longtemps.

 vrai dire, il y a deux nappes d'eau minérale, séparées par une couche d'argile épaisse d'un mètre environ. Toutes les deux sont captées. Le puits est construit de telle façon que l'eau venue de la nappe supérieure (source n" 2) séjourne pendant quelque temps dans un réservoir en maçonnerie ; là une bonne partie du bicarbonate de fer se décompose, et l'eau devient laxative, grâce à la prédominance des autres sels (bicarbonate de magnésie et de soude, chlorure de magnéjium, sulfate de magnésie, etc.). L'eau de la nappe inférieure (source n° 1) arrive par le tube sans aucune altération. On a ainsi à sa disposition une source d'eau ferrugineuse, plus riche en fer que l'eau de Spa, fraîche, agréable, excellente pour traiter l'anémie, la chlorose et la débilité consécutive aux lièvres paludéennes ; c'est la source n" 1 . On a aussi une source peu ferrugineuse, mais laxative, qui rend de grands services dans le traitement des anémies accompagnées de constipation, dans le traitement des congestions chroniques de la rate et du foie, etc. C'est la source n° 2. Ces sources sont très-fréquentées.

Eaux salines. Neuf sources {Predeal, Cornu, Cozia, Olanesci, etc.) sont salines iodurées; elles contiennent surtout du chlorure de sodium, de liodure de sodium, du carbonate de fer et de l'acide carbonique. La plupart contiennent par trop de chlorure de sodium (55 grammes par litre) pour que l'eau puisse servir comme boisson. Ce sont des sources que l'on commence à utiliser en

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bains. Elles contiennent environ 0^',29 d'iodure de sodium par litre. La source de Predeal (station de chemin de fer dans les montagnes) est excellente en boisson, car elle contient 1 gramme seulement de chlorure de sodium par litre, €t 08%39 d'iodure de sodium. L'eau de ces sources est claire, limpide, incolore, gazeuse, d'une odeur légèrement bitumineuse, d'une saveur salée, et d'une température moyenne de 12 degrés centigrades (en été) ; sa réaction est légèrement acide, son poids spécifique est de lOoO. Exposée à l'air, elle dégage de l'acide carbonique, et une partie du carbonate de fer se décompose.

Balta-Alba. Nous allons traiter un peu plus au long de cette eau minérale, parce qu'elle est fort peu connue à l'étranger et qu'elle rend de très-grands services. C'est l'endroit le plus fréquenté du pays, comme station balnéaire. Des milliers de baigneurs s'y rendent chaque année. Relativement au pays, les logements, les facilités de la vie et l'installation ont de quoi satisfaire les hulgnevr^. Balta-Alba (Lac-blanc) est un lac d'eau minérale sui generis. C'est à MM. Caillât, Davila et Bernath, que nous devons la connaissance de la composition <h cette eau minérale. Le lac est de forme allongée ; il présente un circuit de !'> kilomètres environ, et une distance de 250 mètres, en moyenne, d'une rive il liiutre ; sa profondeur est d'à peu près 5 mètres dans son milieu. Les environs ,iboiident en saUcornia et en salsola, et ses bords sont couverts de nombreuses efÛorescences salines blanches. A 2 mètres de distance des bords, l'eau est d'un brun rougcàtre et répand une odeur désagréable. A quelques mètres plus loin, il'eau est d'un blanc lactescent, et elle a une odeur i ;ijipelant l'hydrogène sulfuié ■et quelque peu le sulfhydrate d'ammoniaque. C'est que dans ces endroits il y a des dépôts d'excréments d'oiseaux aquatiques. En présence des matières organiques, les sulfates se changent en sulfures : aussi la boue du bord du lac a-telle une forte odeur sulfureuse et marécageuse. D'une couleur d'un brun verdàtre, cette boue offre d'abondantes efflorescences salines blanchâtres, après son exposition au soleil. Vers le centre du lac, l'eau est incolore, limpide, transparente, d'une saveur salée et alcaline ; sa température est de 20 degrés centigrades lorsque le thei^momètre placé dans l'atmosphère indique 35 degrés centigrades. La densité de l'eau varie suivant que le temps est plus ou moins pluvieux, car les sources qui alimentent le lac sont plus ou moins chargées des sels qu'elles ont ramassés sur leur trajet dans les dépôts salifères. En général, la densité de l'eau du lac est de 1020. Dans 1 litre d'eau minérale on trouve 13 grammes de sels. C'est le chlorure de sodium, le carbonate et le sulfate de soude qui prédominent. Il y a aussi de petites quantités de carbonate de chaux, des traces de sel de fer et de magnésie.

Climat. La Roumanie a les froids de la Crimée et les chaleurs de la Grèce, mais nous devons dire qu'Ovide a singulièrement exagéré l'àpreté du climat de la Dobrodja, quand il dit que la neige séjourne quelquefois plusieurs années en certains endroits des bords de l'ister. Il est vrai que les monts Garpates qui viennent de la Russie rendent le climat rude, mais on ne trouve pas toute l'année les froids décrits par Ovide. Il y a une extrême variabilité d'un jour à l'autre, du soir au matin. L'hiver étant long, le printemps ne dure, à proprement parler, qu'une quinzaine de jours. L'automne, en revanche, est magnitique, et dure ■quelquefois des premiers jours de septembre au l*' et même au 15 novembre. Quelquefois l'automne est si prolongé, que beaucoup d'arbres fleurissent et même donnent des fruits. On a vu (comme en 1872 et en 1878) des prunes des cerises et des pommes de seconde fructification. Du 1" au 20 novembre la

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neige commence à tomber, fouettée par le vent glacial du nord-est. Parfois c'est une véritable tempête de neige. C'est au mois de mars que la neige fond généralement. Quelquefois cette fonte arrive rapidement; toute la plaine n'est plus alors, pendant le jour, qu'un immense marais, sale et bourbeux, et qu'une large surface de glace pendant la nuit. D'autres fois, une première couche de neige est entièrement fondue, et au bout de quelques jours on a une seconde couche tout aussi forte, suivie de toutes les phases habituelles.

Température. On n'a fait d'observations sérieuses et suivies qu'à l'École d'agriculture de FeresfrcM (banlieue de Bucarest, 44", 25' latitude N. et 23<',46' longitude E.) et à Siilina par les soins de la Commission européenne du Danube. Siilina est un port à l'embouchure du Danube (45",12' latitude N. et 27'',28' longitude E). Nous résumons ci-après les observations faites à Ferestreu de 1871-1873 :

THERMOMETRE CENTIGRADE.

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