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WCT. EXC. XXV,
546 DA.NUBIEiNiNE (Région).
Gomme on n'a publié que le maximum et le minimum, nous n'avons pas pu déduire la lempcratm'e moyenne de l'année, des saisons et des mois. On voit que la température la plus élevée à SuUna a été de +59" centigr. en juillet et en aoùH873, et que l*a température la moins élevée a été de — 24" centigr. en décembre 1875 et janvier 1876. La différence entre les deux extrêmes est de 65° centigr.
Vression barométrique , Â Sulina, la pression la plus élevée a été de 0'", 78,53 en décembre 1873, et la pression la moins élevée a été de 0'",74,28 en novembre 1874. La différence entre les deux extrêmes est de 0'",04,05. A Bucarest, la pression atmosphérique moyenne, au printemps, est de 0"',7536; en été, de 0"',7544 ; en automne, de 0'",7535 ; en hiver, de 0 ",7569. La moyenne annuelle est de 0"',7547 ; le niveau le plus élevé que le baromètre ait atteint à Bucarest, de 1871 à 1873, est de 0"',7706 ; le niveau le plus bas, de 0'",7405 ; la différence entre les deux extrêmes est de 0"',{)301.
Régime des vents. Le bassin du Bas-Danube ayant la forme d'un vaste entonnoir, ou plus exactement la forme d'une section d'entonnoir, dont la large ouverture, dirigée vers le nord-est, regarde de loin la chaîne de l'Oural, il s'ensuit que dans ce bassin le vent le plus impétueux est celui qui arrive du nordest (du N.-E., de l'E.-N.-E., et du N.-N.-E.), du mont Oural. C'est le vent de la Russie. 11 part, disons-nous, du h;iut du mont Oural (sinon de la Sibérie), rase les plaines de la Russie sans rencontrer aucun obstacle sur son jjarcours, et arrive en Roumanie et en Bulgarie (dans les deux tiers orientaux du bassin du Bas-Danube). En hiver, ce vent est glacial parce qu'il a passé sur les neiges de la Russie. C'est lui qui cause les ouragans de neige ; c'est lui qui rompt les arbres. 11 délcrmine quelquefois des amas de neige de plus de trois mètres. En été, le vent du nord-est, quoique froid à son point de départ, s'échauffe en rasant les plaines de la Russie, et il arrive relativement ehand en Roumanie. Un autre vent dominant d;ins les vallées du Bas-Dc\nube est levant méditerranéen, appelé en roumain aiistru; c'est celui qui vient du sud-ouesl. Il part de la Méditerranée (peut-être même de l'Afrique), rase l'Italie méridionale, l'Adriatique, une partie de la péninsule balcanique et la branche occidentale des Balcans (Serbie et Bulgarie occidentale), et pénètre en Roumanie un peu tiède; il amène souvent la
pluie.
11 résulte des observations faites à Ferestreu (Bucarest) et à Sulina (embouchure du Danube) : 1" qu'à Bucarest le vent de la Russie a soufflé en moyenne 121 jours par an (-^) ; 2» que le vent auslrii (vent de la Méditerranée) a soufflé en moyenne 76 jours par an {f~) ; o" que le vent de l'est a soufflé 45 jours par an [i^]; 4° le vent de l'ouest, 59 jours {^) ; 5° qu'à l'embouchure du Daimbe le vent du nord-est a soufflé pendant 85 jours par an (^f^); 6« le vent de l'est, 54 jours (Hinr); 7« le vent du sud, 51 jours (J^^^); 8° le vent de l'ouest, 39 jours {^-j^} ; 9° que le vent le plus fort est celui du nord-est.
Pluies et neiges. Des observations faites dans les deux localités iniliquées plus haut il résulte:
1" Qu'il y â eu à Bucarest, en moyenne, 74 jours de pluie et 11 jours de neige. Nous rappellerons qu'en Angleterre il y a 172 jours de pluie par année moyenne. La France occidentale en a 152, la France orientale 147, l'Allemagne 141, Kasan 90, et la Sibérie seulement 60; 2° que la quantité de pluie a été à Bucarest, en moyenne de 0"',483, et la quantité de neige de 0"',807 ; 3° que la
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quantité de pluie a été à Sulina, en moyenne, de 0'",5875. Nous rappellerons qu'en Angleterre la quantité de pluie est en moyenne de 0"',594 ; à Berhn, de 0'",590 ; à Trieste, de0'",870 ; à Vienne et à Budapest, de 0"s460. C'est en été que tombe à Bucarest la quantité d'eau la plus grande. On se rappelle qu'il en est de même dans la France orientale, l'Allemagne cl. la Russie, tandis que dans la Grande-Bretagne et la France occidentale la quantité la plus grande tombe en automne. En Roumanie, il grêle surtout en été; on n'a pas noté le nombre de Jours.
Flore. Nous suivrons l'ordre adopté par M. J. Bertillon dans l'article Russie de ce Dictionnaire.
Nature du sol et ses productions végétales. Le climat de la vallée du Bas- Danube étant très-chaud en été et très -froid en hiver, sa faune et sa flore s'en ressentent. En été, on trouve tous les oiseaux voyageurs des climats chauds: hirondelles, cigognes, outardes et autres, mais à l'approche du froid ils partent.
Dans le règne végétal, on rencontre toutes les plantes de l'Europe qui peuvent résister à une température tombant parfois à 20 degrés au-dessous de zéro ; mais pendant l'été les plantes de l'Europe méridionale, telles que le maïs, la vigne, le ricin, la canne à sucre, le coton, y végètent très-vigoureusement.
A voir la végétation vigoureuse de ces plantes et l'intensité de la chaleur pendant l'été, on se croirait dans un pays des plus méridionaux de l'Europe; cependant le froid y est tellement intense pendant certains hiveis, que les céréales d'automne même gèlent, si elles ne sont pas recouvertes d'une couche de
neige.
Au point de vue de la culture, le sol de la Roumanie peut être divisé en trois régions : la première est celle des montagnes, qui est presque exclusivement occupée par les forêts et les pâturages. On n'y rencontre d'autre culture que celle de la pomme de terre, des choux, de quelques légumes, et de l'orge. La seconde région est celle des coteaux qui s'étendent au pied des montagnes ; elle est caractérisée surtout par la culture des vignobles et des arbres fruitiers de grande culture. On y fait aussi du blé, mais on le récolte un mois plus tard que dans la plaine.
Le mais ne mûrit pas toujours son épi sur les collines. La troisième région est celle des plaines qui se développent sur une vaste étendue, entre les coteaux et 'Je Danube. La culture des céréales et des pâturages secs caractérisent cette partie du pays.
Sur douze millions d'hectares que la Roumanie avait avant l'échange de territoire survenu récemment, on estimait que M,l pour 100 étaient des champs arables cultivés par l'homme, 21,3 pour 100 étaient des prairies naturelles, 16,9 pour 100 étaient occupés par des bois et forêts, et 10,1 pour 100 étaient des terrains non adtivés. Il ne s'agit pas ici de terrains stériles, mais des terrains qu'on ne cultive pas, parce que la population n'est pas assez dense (41 habitants par kilomètre carré). Une bonne partie de ces terres non cultivées sert de pâturage.
Autrefois les forêts des montagnes étaient souvent laissées à elles-mêmes ; aujourd'hui on a raison de se plaindre du trop rapide déboisement. Les pentes des vallées s'écroulent, la terre végétale est emportée par l'eau fluviale, et cela contribue à ce que les lits de rivières se comblent au point qu'il en résulte encore des de'bordements.
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Les récoltes des céréales et l'étendue des terres arables augmentent régulièrement.
Avec une faible densité de la population, et avec une industrie des plus rudimentaires, il est impossible d'avoir une culture intensive. C'est donc la culture extensive qui est mise en pratique. On ne se sert pas d'engrais; on n'a presque pas de prairies artificielles. Le rendement est faible : à peine 10 hectolitres de froment par hectare ; le maïs peut donner jusqu'à 50 hectolitres par hectare. Le pays produit ainsi environ 32 millions d'hectolitres de céréales, dont 10 à 11 millions de blé et 12 à 15 millions d'hectolitres de maïs. Le blé de Roumanie pèse en moyenne 73 kilogrammes l'hectolitre, quelquefois même 76 kilogrammes. Dans les mauvaises années, le grain est petit, léger, ridé, et ne dépasse pas 72 kilogrammes. On cultive peu le seigle. Il y a plus d'avantage à ensemencer du maïs, du maïs surtout de la variété dite cviqnantaine, pour lequel il suffît de 50 jours depuis l'ensemencement jusqu'à la récolte. Dans aucun pays de l'Europe le maïs ne pousse m.ieux et ne donne de plus gros épis que dans la vallée du Bas-Danube. L'orge de Roumanie est très-recherchée en Autriche, en Allemagne et en Belgique, pour la fabi-ication de la bière ; elle germe également bien en toute saison. On cultive en outre l'avoine, le sarrasin, le millet, le lin, le chanvre, le colza, le tabac, la pomme de terre et les légumineuses alimentaires. Le colza réussit bien trois années sur quatre; sa culture est d'un grand rapport. Le tabac prospère admirablement dans certains districts; la variété indigène a la feuille large et longue, et le goût très-fort. Autrefois on en exportait beaucoup ; il était mélangé au tabac turc pour donner de la force à ce dernier.
Les betteraves contiennent de 12 à 13 pour cent de sucre (analyse de M. G. Ville). Il y a deux fabriques de sucre dans le pays.
Tous les légumes et les fruits cultivés en Europe réussissent sous le climat du Bas-Danube. Nous signalerons un excellent fruit, le gomho ou corme grecque (hibiscus esculentus), que l'on mange assaisonné comme les carottes et les navets. Le sorrrho à sucre réussit aussi très-bien. Le mûrier vient on ne peut mieux, et n'est pas sujet à des maladies. Le figuier gèle le plus souvent, s'il n'est pas abrité et couvert d'une épaisse couche de paille et de terre.
En général les fruits sont plutôt savoureux que volumineux, La pêche à la chair ferme et sanguine, assez rare en Europe, est celle qui y réussit le mieux. Le prunier mérite une mention spéciale ; la culture de cet arbre se fait principalement en vue de la fabrication de l'excellente eau-de-vie appelée tsuica (en Serbie slivovica). Les variétés les plus cultivées sont celles dont les fruits mûrissent en automne.
Dans certaines localités on prépare le vinaigre avec les prunes fermenlées.
Les rci-ions montagneuses produisent d'excellente mélisse. Les botanistes décrivent même une melissa moldavica {voy. l'article Mélisse).
La vigne occupe une superficie de 122 000 hectares. Les vignes se trouvent dans les meilleures conditions de végétation. Les raisins sont très-sucrés, savoureux, parfumés, et contiennent peu d'eau.
La flore est une des plus riches de l'Europe. Le ricin pousse avec vigueur dans les jardins et donne de beaux fruits, mais il ne devient pas arbuste. Il n'est qu'annuel ou bisannuel.
Faune. Les mammifères et les oiseaux sauvages sont très-abondants. On
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trouve deux variétés d'ours; le noir et le brun ; le chat sauvage, la loutre, etc.
Les lièvres abondent beaucoup ; les lapins manquent.
Comme ruminants, nous mentionnons le chamois, le cerf, le chevreuil, la chèvre noire sauvage.
Le sanglier vit dans les montagnes comme dans les forêts des plaines; il est de grande taille et très-féroce.
Parmi les animaux domestiques, nous devons mentionner le buffle noir et le bufQe blanc. Le bœuf est beau en Moldavie, mais en Vallachie il est petit, maigre, sans beaucoup d'énergie. Dans les montagnes, il y a des bœufs si petits, qu'à les voir on dirait des veaux. Tous les bœufs appartiennent à la race des steppes dite hongroise.
Le cheval vallaque est poilu, petit, maigre; quelquefois trapu, à grosse tête, sans beaucoup de force de traction, mais rapide à la course. On attelle huit petits chevaux à une voiture, mais on fait i 5 kilomètres à l'heure. Le sabot est si dur, que les paysans des montagnes font communément marcher leurs chevaux sur la roche ou sur des cailloux roulés sans faire ferrer ces bêtes de somme. Ces chevaux maigres et d'apparence misérable sont très-sobres, et résistent aux intempéries des saisons bien plus que les beaux chevaux amenés de la Hongrie et de l'Allemagne.
Pendant la dure campagne de Bulgarie, les chevaux de cavalerie légère roumaine — chevaux de villageois qui en temps ordinaire servent aux travaux agricoles — ont résisté à un hiver pareil à celui de la Crimée, ont couché dans la boue et passé toutes les nuits dehors. A la fin de la campagne, il ne restait plus aux armées que les chevaux des Cosaques et les chevaux vallaques.
Les oiseaux sont abondants, surtout dans la plaine. Nous n'énumérerons pas tous les genres et espèces ; ce sont les oiseaux de l'Europe centrale et de l'Europe méridionale. Nous devons une mention spéciale à la grande outarde {otis tarda), aussi grosse qu'un dindon. — On en rencontre par centaines dans les plaines du Baragan. Il y a aussi la petite outarde ou poule de Cartilage. Les tortues et les grenouilles abondent, mais on ne les mange pas.
Les eaux de la Roumanie sont très-riches en poissons. On prend dans la mer Noire et à l'embouchure du Danube les diverses espèces d'esturgeons, dont quelques-unes atteignent parfois la longueur de 5 à 6 mètres. C'est avec les œufs de ces espèces que l'on prépare le caviar. On y pêche aussi de grosses murènes.
Une lois par an, au printemps, des bancs de harengs remontent le Danube jusqu'à 250 kilomètres environ eu amont de l'embouchure.
Nous renonçons à énumérer les insectes, mais nous allons dire quelques mots des sauterelles ou criquets [acridium peregrinum). Cet insecte est un iléau qui dévaste quelquefois les campagnes. C'est l'espèce qui ravage aussi l'Afrique du nord et la Sardaigne, et qui est arrivée autrefois même dans le midi de la France. En Roumanie, les sauterelles arrivent de la Russie en troupes si serrées, qu'elles produisent de loin l'effet d'un gros nuage, et interceptent les rayons du soleil. Après leur mort même, les criquets ne cessent pas d'être redoutables, car leurs cadavres amoncelés se putréfient par la chaleur et peuvent, si Ton n'y prend pas garde, occasionner des maladies infectieuses. On tâche par tous les moyens possibles de chasser ces insectes, mais les pertes occasionnées sont toujours considérables ; les récoltes sur lesquelles elles s'abattent sont totalement détruites. A l'état adulte les criquets s'attaquent de préférence au maïs, au millet et aux arbres à feuilles molles. Chaque femelle pond près de cent œufs, qu'elle dépose
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dans le terrain ferme. Ces œufs peuvent supporter les températures les plus basses, comme 24 degrés sous zéro, et c'est en avril qu'ils écloseiit.
Parmi les crustacés, on remarque surtout les écrevisses, qui, dans les lacs tles bords du Danube, acquièrent des dimensions extraordinaires et égalent presque les petites langoustes.
§ II. Démographie. Nous avoiis SOUS les yeux les renseignements statistiques de quinze années. Le dénombrement par âge manque.
Étude statique de la population; force numérique. Lors du recensement de 1860, on a constaté l'existence de 4,424,961 habitants, et Ton n'a pas fait d'autre dénombrement depuis. En tenant compte de l'accroissement de la population par l'excédant des naissances sur les décès, et aussi par l'excédant du grand nombre des immigrants sur le iliible nombre des émigranls, on a admis par déduction que la population totale est de 5 millions. Pour se faire une idée de l'importance de l'accroissement de la population par les naissances et par l'immigration on peut consulter le tableau suivant :
TABLEAU DU MOUVEMENT DE LA POPULATION DE LA liOUMANIE DE 1865 A 1876.
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