SOMMAIRE
Anatomie et usages , 115
Anomalies, Vices de conformation 127
Pathologie, Fractures, 160. — Luxations, 163. — Plaies, 194. — Dacfylites, 222. — Arthrites, 232. — Synovites, 234. — Gangrène, 241. — Névralgies, 245. — Doigt à resso7't, 256. — Parasites, 259. — Dermatoses, 261. — Tumeurs , 265. — Anévrysmes, 275. — Papillomes, kystes, lipomes, chondromes , ostéomes, tumeurs malignes, épithéliomes, carcinomes, mélanomes, 278 à 308. — Déformations
acquises 340
Médecine opératoire 323
Ténotomie, 356. — Résections, 338. — Amputations 541
Polaillon,
DOLABELLE. 553
noiGTiER. Petit manchon, ordinairement de |3eau, destine à recevoir un doigt malade, soit pour le proléger contre les atteintes extérieures, soit pour mamtenir des pièces de pansement. Quand le mal siège à rexlrémité du doigt, il est utile de garnir le manclion d'une petite attelle de carton mince qui en dépasse les bords, ou même d"un petit rebord circulaire également en carton, afm d'empêcher absolument le heurt direct de la partie blessée; cette précaution est particulièrement avantageuse à la suite de la chute d'un ongle.
L'armameistarium Lucikjî de Kilian renferme la description d'un doigtier dont se servait Asdrubali pour la mensuration du bassin; cet instrument, construit en métal, est adapté à l'index pour l'allonger et lui permettre d'atteindre l'angle sacro-vertébral dans les cas où le doigt seul ne pourrait y parvenir. Cet instrument n'est plus employé, et il a été dit à l'article Bassln (p. 51 4 et 515) comment on devait se conduire en pareil cas {voy. Pelyimètre). On a aussi inventé des doigtiers métalliques munis d'une lame tranchante pour pratiquer l'incision du col utérin; ils sont aussi délaissés que les doigtiers-pelvimètres. D.
DOIK (Gdillaume-Tell). Médecin français, né à Paris en 1794, mort aux Andelys, le 26 juillet 1845. Il fut élève des hôpitaux civils, chirurgicn-sousaide aux armées, et docteur en médecine de la Faculté de Paris (19 mars 1818). TJoin, qui appartenait à la religion protestante, a beaucoup écrit dans VEncycîopédie méthodique, dans la Revue encyclopédùjue. Il a laissé aussi dos ouvrages qui dénotent des goûts littéraires et philosophiques. En voi.i la liste :
I. Du Iraitement des fièvres inlermillenles considéré en général. Thèses de Paris, J9 mars 1818, 10-4°. — II. Jésus de Nazareth, Sauveur du monde. Paris, 1826, in-S». — III Quelques généralités sur les eaux 7ninérales. Paris, 1826, in-8°. — IV. Rapport sur le Gymnase norntfil et les avantages qui peuvent en résulter par son influence morale sur l'aniclioralion des mœurs et du caractère. Paris, 18'25, in-8°. — V. Du suc de persil dans le traitement de Vuréthrite aiguë et chronique. Paris, 1855, in-8° (avec C. f.abarlhe). A. C.
DOLABELLE {Dolcibella Lamk). Genre de Mollusques-Gastéropodes-Opisthobranches, du groupe des Pleurobranches.
Les Dolabelles forment, avec les Aplysies et quelques autres genres moins importants, la petite famille des Aplysidés, dont les caractères généraux peuvent se résumer ainsi qu'il suit : Mollusques marins, hermaplirodites, ressemblant un peu à de grosses Limaces. Corps épais, charnu, ovalaire, bordé de chaque côté par un manteau très-large dont les expansions, parfois très- développées, se replient sur le dos. Têle plus ou moins distincte, pourvue de quatre tentacules aplatis, auriformes: deux antérieurs ou labiaux et deux postérieurs ou cervicaux; yeux sessiles placés au milieu de l'espace qui sépare les deux paires de tentacules. Pied calleux, plus ou moins développé. Branchies situées sur le côté droit du dos, sous un repli du manteau, et protégées par une sorte de bouclier operculaire renfermant une coquille rudimentaire très-minca et de forme variable, qui est recouverte, en outre, par deux lobes du pied. Orifices génitaux mâle et femelle très-distants l'un de l'autre, et réunis entre eux par un sillon extérieur.
Chez les Dolabelles, l'extréniité postérieure du corps est aplatie et tronquée, par suite de la réunion des lobes du manteau, qui sont très-courts. De plus, la eoquille interne est triangulaire, épaisse, calleuse et presque en spirale d'un côté ; elle offre ainsi une certaine ressemblance de forme avec l'instrument connu sous le nom de doloire.
DICT. ENC. XXX. 23
554 DOLÂINCOURT (Eau minérale dk).
Les Aplysies, au contraire, ont l'extrémité postérieure du corps pointue, avec les lobes du manteau souvent très-développés et pouvant servir à la natation. Leur coquille interne, très-mince, est ovale et légèrement recourbée vers le sommet.
Ces Mollusques ont des représentants dans toutes les mers. La plupart rampent sur les plantes marines à la manière des Limaces. Quelques-uns toutefois, notamment VAplysia fasciata Gmel., nagent très-bien en rapprochant et en écartant successivement leurs lobes natatoires. On rencontre souvent des Aplysies accouplées en grand nombre et formant ainsi de longues chaînes. Dans ce cas, les individus placés aux deux extrémités de chaque chaîne jouent seulement le rôle de mâle ou de femelle.
Sur les côtes de France se rencontrent notamment les Aplysia pmictata Cuv., A. marmorata Bl., A. fasciata Gmel. et A. depilansh. Cette dernière espèce, connue sous les noms vulgaires de Lièvre marin, Lièvre de mer, est commune sur les côtes de la Manche et de la Méditerranée, dans la zone des Laminaires. Elle e.>t d'un brun rougeâtre, quelquefois presque rouge. Lorsqu'on l'inquiète, elle répand en abondance un liquide visqueux, de couleur pourpre, à odeur nauséabonde, sécrété par les petits tubercules arrondis qui sont disséminés en grand nombre sur la surface du corps. Ce liquide était considéré autrefois comme venimeux. Ed. Lefèvre.
DOLAi;^COURT (Eau MINÉRALE he), athcrmale, bicarbonatée et chlorurée sadique faible, sulfureuse faible. Dans le département des Vosges, dans l'arrondissement de Neufchàteau, dans le canton de Chatenois, est un village peuplé de 200 habitants près de Youxey, dans un embranchement de la vallée du Vair qui se dirige du sud au nord. C'est dans une prairie occupant le fond du vallon dont le terrain est constitué par des marnes liasiques, et à environ 200 mètres du pied du coteau, dans l'enclos de la Surmerie, qu'émerge la source de Dolaincourt. Elle sort de la terre au fond d'un bassin de 7 mètres de profondeur, au-dessus duquel on a construit un puits de maçonnerie de 1 mètre de côté, ce qui permet à l'eau de la source de s'élever sans être mêlée à l'efu de pluie et de s'écouler par une ouverture latérale de 5 centimètres de diamètre.
La composition de l'eau de Dolaincourt est remarquable dans le département des Vosges, puisque les autres sources minérales et thermales de Bussang, de Contrexéville, de Vittel, de Martigny, de Plombières et de Bains, ne renferment aucune trace de principe sulfureux. M. de Billy, ingénieur en chef des mines, a étudié avec beaucoup de sagacité la cause de cette différence de composition élémentaire. Ce savant a découvert à Dolaincourt un accident géologique duquel il a tiré des conséquences qui expliquent parfaitement la présence du soufre dans l'eau minérale de cette localité. Le bois qui domine le vallon, à l'ouest du pré de la Surmerie, est sur l'oolithe inférieur, qui se rencontre de l'Etanche à RoUainville. Les calcaires de ce terrain comprennent le calcaire à polypiers et descendent jusqu'au pied des coteaux, c'est-à-dire jusqu'au moulin de la Roche-sur-Vair. Il en est tout autrement au sud du bois où les marnes supraliasiques s'élèvent brusquement d'une soixantaine de mètres sur le coteau. Là, elles sont à découvert dans les champs cultivés où elles ne tardent pas à disparaître sous les roches oolithiques. C'est eu ce point qu'une faille a soulevé les marnes du lias. La limite eiitre ces marnes et les calcaires du bois est dans une dépression dont la direc- • tien diffère peu de celle du système de la Côte-d'Or. Cette faille explique l'émergence de la source de Dolaincourt dont l'eau incolore, d'une odeur fortement hépa-
bOLÂlNCOURT (Eau minérale de). 555"
liquo, d'une saveur manii'eslement snlce, ramène promplement au bleu les préparations de tournesol préalablement roiigies par un acide. Sa tompe'rature ■est de 9<*,5 centigrade et son débit de 2860 litres en vingt-quatre lieures. Sa densité exacte n'est pas connue, et son analyse chimique a été faite en 1875 par M. Bouis, qui a trouvé que 1000 grammes de l'eau de Dolaincourt renferment les principes suivants :
Sulfure de soJium 0,0o7
Bicarbonate de soude 0,780
— chaux 0,018
— magnésie 0,013
Sulfate de soude 0,103
Chlorure de sodium 0,245
Résidu insoluble 0,050
Fer et arsenic traces.
Total des matières fixes 2,260
L'eau de Dolaincourt contient, en outre, un gaz qui la traverse en assez grosses bulles venant s'épanouir à sa surface et dont l'odeur montre qu'elles sont constituées par de l'acide sulfhydrique. L'azotate d'argent versé dans cette eau donne d'ailleurs un précipité noirâtre composé de cblorure et de sulfure d'argent.
L'eau de Dolaincourt laisse déposer, au fond de son puits de captage, une matière noirâtre onctueuse ou plutôt graisseuse au toucher, qui a une forte odeur sulfureuse. Ce dépôt, qui n'est autre chose que de la barégine, prend, au contact de l'air, une teinte cuivrée analogue à celle que produit l'indigo frotté contre un corps solide. M. Bouis a trouvé que la boue de Dolaincourt renferme du sulfure de fer, du carbonate de chaux, de la silice et des traces sensibles d'arsenic et de matière organique.
Mode ^'administration et doses. L'eau de Dolaincourt n'est encore administrée qu'en boisson, en lotions, en injections et en pulvérisation. Nous nous contenterons de signaler que cette eau est ingérée, pure ou coupée de lait ou d'une infusion béchique, quelquefois édulcorée d'un sirop balsamique ou émolîient. Sa quantité varie d'un à trois verres pris chaque matin à jeun et à un intervalle d'une demi-heure en général.
Emploi thérapeutique. L'eau de Dolaincourt n'a pas un goût désagréable et elle est facilement acceptée par l'estomac. Les animaux la boivent avec plaisir : aussi les tourterelles et les ramiers viennent-ils souvent s'y désaltérer. Les bestiaux mangent avec une préférence marquée les herbes qui croissent à la place autrefois marécageuse et maintenant desséchée, qui entoure le puits de la source.
L'eau de Dolaincourt, contenant des bicarbonates, des chlorures et un principe arsenical, tire surtout son action physiologique et thérapeutique du principe sulfureux qu'elle renferme. Il est inutile d'insister sur les effets du soufre et de ses composés sur l'économie saine ou malade, nous nous bornons à rappeler que les eaux sulfureuses en boisson cèdent une partie de leurs sulfures aux organes digestifs avec lesquels elles sont en contact. Une certaine proportion de gaz acide sulfhydrique est absorbée par l'estomac et l'intestin et est éliminée par les poumons, la peau et la vessie. Celte triple élimination explique l'action des eaux sulfureuses sur la membrane muqueuse des voies aériennes et dont les sécrétions sont activées d'abordpour cesser progressivement ou plutôt revenir à l'état physiologique, sur la peau dont elles activent les fonctions éliminatrices, et enfin sur les voies urinaires dont les excrétions sont auc^men-