‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.34Chapitre 45 sur 62 · ENGELHARDT · texte numérisé non relu

ENGELHARDT

nombre de poésies et de comédies, qu'on trouvera énumérées dans le Gelehrt. Teulschland de Meusel. En médecine, il a écrit:

I. Diss. inaug. de cxplicandis gêner aliorlbus vesicantium effectibus, eorumque speciah in inflammaliotie itsu. Halae, 1774, 111-4°. — II. Specimina medica. Berlin, 1781, in-S".

Le tome II des Vermischte medicinische Schriften de Metzger, p. 219, contient, dit Dezeimeris, une observation curieuse d'absence de l'utéius et du vagin publiée par Engel. Nous croyons que Dezeimeris fait erreur. En effet Tchistovitch nous parle d'un HEi:<pacH Gottlied E.ngel, chirurgien militaire russe qui servit en 174:5 à Astrakan, eu 4755 à l'hôpital militaire de Cronstadt où il dirigea l'enseignement de l'anatomieet de la chirurgie, et qui mentionna le 12 juillet 1781 au Collège médical de Pétersbourg le cas d'une femme chez laquelle on ne trouva pas à l'autopsie d'organes génitaux ni internes ni externes. Le médecin russe fil imprimer un mémoire à ce sujet et l'envoya à l'Université de Kônigsberg, qui en retour lui octroya le titre de docteur. A partir de ce moment le Collège médical de Pétersbourg autorisa Engel à se donner ce titre.

Il mourut à Moscou le H février 1785. L. Es.

El^CiELHtRD (Johann-Friedrich). Médecin suisse, né vers 1760. Il fut le médecin du comte de Bliescastel qu'il accompagna en France ; lors de la Terreur, il resta enfermé quelque temps à Metz, puis devint médecin de la cour et médecin particuHer du prince régnant von der Leyen. Enfin, il se fixa à Morat, où il vivait encore vers 1855. On a de lui :

I. Ceber die Rit/u-, ihre vornehmsten Verwichelungen und Folge-Kranhheiten. >Yinterthur, 1796, in-8°. — II. Die Lungensuchl in ihren verschiedenen Formen und Zeitrâumen. Aaran, 1823, in-8°. — III. Der Croup in dretfacher Form. Zurich, 1828, gr. in-8°. — IV. Articles dans Muséum der Heilkunde. L. Hs.

Ei\'«ELUARDT (AiNDREAs). Médecin allemand, né à Aschersleben vers 1620, fit ses études à Leyde, Kônigsberg et Franeker, et se fit recevoir docteur à cette dernière Université [Diss. de epilepsia. Franekerae, 1644). Il fut d'abord médecin pensionné de sa ville natale, puis en 1657 fut appelé à Moscou pour remplir la charge de médecin particulier du czar Alexis Michailovitch. En 1664, il reçut l'ordre de rechercher dans les calendriers astrologiques si la Russie n'était pas menacée d'une épidémie de peste. Il répondit le 25 décembre 1664 par deux pièces en latin, que Richter a reproduites dans son Histoire delaviédecine en Russie, que, vu la position de certaines constellations et les anomalies saisonnières de l'année courante, la peste se trouvait annoncée pour l'aulomne suivant, mais qu'elle sévirait avec plus de violence dans d'autres pays que la Russie. La prophétie s'accomplit: en effet, l'année 1665 fut signalée par une épidémie extrêmement violente à Londres. Sur l'invitation du prince- électeur Frédéric-Guillaume, de Brandebourg, Engelhardt revint en Allemagne en 1666. Mais il avait laissé de si bons souvenirs à Moscou que le czar Fedor Alexievitch le fit rappeler en 1676. 11 mourut à Moscou peu après, le 12 février 1682 {voy. Richter, II, p. 26o,etBeilage, p. 98, et Uirsclis Lexic. hervorrag. Aenle, II, 286). L. Hn.

Eng^eibardt OU Eng^elhart (JoHAiN-HEiNRiK), Médecin suédois distingué, né à Gôtheborg, le 17 octobre 1759, fut reçu docteur en philosophie a. Lund en 1778 et docteur en médecine en 1780. Il voyagea à l'étranger pour se perfec-

ENGELKElN (Les trois). 5'.1

tionner et passa trois ans près de Cullen à Edimbourg, puis fit un long séjour à Paris. 11 revint à Lund en 1786, y fut nommé prosecteur, puis en 1788 professeur de médecine pratique. Mais avant de commencer les cours il remplit les fondions de médecin en chef à Carlskrona, puis en 1790 inaugura son enseignement par un discours : De statu medicinae anle etpost illustr. Boerhaavii tempora. Nous ne mentionnerons pas tous les titres honorifiques qui lui furent conférés. Il fut nommé en 1802 recteur de l'Académie, et en 1804 se rendit avec Mzelins et Dubb à Gôtheborg pour étudier un plan de quarantaine à établir. En 1815, il eut la singulière idée de se faire prêtre et dès l'année suivante se fit donner la consécration à Lund. 11 renonça alors à sa chaire de médecine et fonctionna à partir de 1819 comme doyen dans la commune de Fellingsbro, oiî il mourut le 24 octobre 1852. Ses ouvrages consistent essentiellement en dissertations académiques, très-nombreuses ; Gallisen en énumère plus de 60. L. Hn.

EXGELIIARDTIA {Engelhardtia Lesch.). Genre de plantes, de la famille des Juglandacées, dont on connaît seulement une dizaine d'espèces originaires des Indes Orientales et des îles do l'archipel Malais. Ce sont de grands arbres, à fleurs unisexuées-monoïques, à feuilles alternes, composées-pennées et dépourvues de stipules. Les fleurs mâles, réunies en chatons latéraux et pendants, ont un périantlie uni avec une bractée linéaire dilatée au sommet ou divisée en plusieurs lobes irréguliers. L'androcée se compose de trois à quinze étamines disposées sur deux rangs et pourvues d'anthères introrses à connoctif peu saillant. Les fleurs femelles forment, par leur réunion, des épis allongés, mais peu fournis ; chacune d'elles est pourvue d'un périanthe à quatre divisions et d'une bractée axillaire, cupuliforme à la base où elle adhère à l'ovaire, et partagée à son sommet en trois ou cinq lobes dont le médian est plus développé. L'ovaire, infère et uniloculaire, est surmonté d'un style très-court qui se divise en deux ou quatre branches stigmatifères, épaisses et laciniées. Get ovaire devient à la maturité une petite drupe ovoïde [noix) qu'enveloppe une sorte d'involucre trilobé, analogue à la cupule du charme.

L' Engelhardtia npicata Bl. et VE. Roxburghiana Lindl., espèces de Java et des Moluques, sont des arbres gigantesques, qui atteignent, dit-on, jusqu'à 60 mètres de hauteur. Ils fournissent, par incision de leurs troncs, des quantités énormes d'une substance résineuse employée aux usages médicaux et pour faire des fumigations. Leur écorce sert au tannage des peaux. On fait avec leur bois des roues de voitures d'une seule pièce, en coupant leur troncs par tranches horizontales. Ed. Lef.

Bibliographie. — Leschenault. In Blume flor. Javan., fasc. VIII, p. 5. — Endlicheb. Gen. plant., t. II, p. 1127, n" 5892. — Bestham et IIooser. Gen. plant., t. III, p. 599. — Baillox (H.). Dict. de Botanique, t. II, p. 523. — Rosesthal. Sijnops. plant, diaph., p. 845. Ed. Lef.

e;\gelkë]\ (Les trois).

EDgeikcn (Herma.nîj) est né à Rockwinkel, près Brème, le 15 février 1771 ; (ils d'un médecin, il fit ses premières études à l'école de Brème, puis il commença ses éludes médicales en 1791 à Gottingue, et les termina à Rinteln, où il fut reçu docteur le 50 septembre 1795. Il avait fondé à Rockwinkel une maison privée pour les affections du cerveau.

I. Dissertaiio inauguralis de indole et nalura dijsenteiiœ. Rinteln, 1795, iiv4°. — II. Nach-

542 ENGELMANN (Les).

richten ûber die Privât^ Anstalt fur Gemûthskranke zu Rockwinkel, Kirchspiel Oberneuland, im Gebiete der freieii Hansestadt Bremen, nebst Bemerkungen ûber die Behandlung der dasigen Irren. In Nasses Zeitschr. fur AnthropoL, 1824, t. I, p. 564-370.

Engeiken (Friedrich). Frère du précédent, né à Rockwinkel le 22 décembre 1777, fit ses études médicales à Gottingue et à lena, et revint les terminer à Gottingue où il fut reçu docteur en 1799. Il se fixa à Brème pour y pratiquer la médecine. Il était, comme son frère, médecin et propriétaire d'un asile privé d'aliénés à Hodenberg; il l'avait fondé en 1829 et il mourut le 11 octobre de la même année.

Bissertatio de rheumalismo febrili, Gottingue, 1799, in-4°.

Engeiken (Friedrich). Fils du précédent, prit la direction de l'asile de Hodenberg à la mort de, son père et publia l'ouvrage suivant attribué à tort à celui-ci :

Die Privat-Irrenanstalt zu Oberneuland bel Bremen. Brème, 1835, in-8'.

Il est en outre le traducteur de l'ouvrage suivant de P. Stade: Ursachen, Symptôme und Behandlung des Irreseins. Coin, 1829. A. D.

ËIVGELLERT (Nikolaus-Friedrich). Médecin russe, fit ses études à Halle, où il prit le degré de docteur en 1715 (Diss. Observationes lucidenlse medicae). On le retrouve en 1720 à Astrakan, en qualité de médecin militaire; il fit alors un voyage sur la mer Caspienne et au Daghestan, revint en 1724- malade à Pétersbourg et y fut attaché à l'hôpilal provincial. Il a joui d'une grande réputation comme praticien. Le 15 février 1751, il fut appelé à Moscou pour donner ses soins à la princesse Proskovja Ivanovna, fille du czar. Il obtint sa retraite en 1742 et mourut à Pétersbourg le 15 novembre 1755. L. Hn.

El^GELMAlMV (Les).

Engeimann (Friedrich-Gottlob). Né à Hainicher, près de Meissen, le 13 juin 1765, était fils d'un médecin. Dès 1783, il étudia la médecineà Leipzig et il fut reçu docteur en 1787, après avoir soutenu une thèse Sur les moyens de rappeler à la vie les noyés et les pendus ; Gehler lui a consacré une notice bibliographique.

Engeiniann (Siegmcnd-Raphael-JohaiNn). Né dans le pays de Posen, en 1791, étudia la médecine à Berlin et y fut reçu docteur en 1818 {Diss. Hydropis ovarii adumbratio). 11 exerça son art à Kônigsberg, en Prusse, et se fit connaître par un travail intitulé : Ueber die Wirkungsiveise undden didtetischen Werth der... russischen Dampfhàder, Kônigsberg, 1825 [voy. Hirsch's Lexic. hervorrag. Aerzte, II, 287).

Engelmann (Georg.). Médecin allemand, né en 1809, à Francfort-sur-le- Mein, se fit recevoir docteur à Wurtzbourg en 1832 [Diss. inaug. piiytomorpholoqica de antholysi prodromus. Francofurti a. M., gr. in-8", 93 fig.). Gœthe a fait un éloge enthousiaste de cet opuscule {Didascalia, 1852, n" H 6). Engelmann se fixa tout d'abord dans sa ville natale, mais après un court séjour il se rendit en Amérique, où il devint en 1 857 l'un des principaux rédacteurs d'un

ENGHIEN (Eaux minérales de). 543

recueil périodique allemand, Das Westlaiid. Il se distingua comme médecin à Saint-Louis (Missouri) et y fut président de l'Académie des sciences. Il a beaucoup écrit, entre autres une Flore des Élats-Unis. Engelmann mourut le -4 février 1884 (\V. Stricker). L. Hn.

EiVGELueE. L'engelure est le résultat de l'action locale du froid sur les mains ou les pieds, d'une congélation locale de ces parties. Il en a été traité avec tous les détails à l'article Congélation, page 555. L. Hn.

ElVGHIEiV (Eaux minérales de). Atliermales, sulfatées calciques faibles, carboniques moyennes, sulfureuses faibles. Dans le département de Seineet-Oise, arrondissement dePontoise, dans le canton et à 2 kilomètres de Montmorency; Enghien est une station à 14 kilomètres de Paris. (Il faut \ingt minutes pour s'y rendre par le chemin de fer du Nord). Le bourg d'Enghien ne compte pas l'hiver plus de 700 habitants ; il est à 48 mètres au-dessus du niveau de la mer, et ne se compose guère que d'une rue qui va de la gare jusqu'au lac. On trouve aussi quelques maisons bâties de l'autre côté de la chaussée et qui bordent la route de Saint-Gratien. Le lac d'Enghien, une des curiosités et l'un des agi'éments de la station, a 1000 mètres de longueur et 500 mètres de largeur. 11 a un grand attrait pour les promeneurs en bateau et pour les pêcheurs, et les maisons de campagne qui l'entourent donnent à ses bords un aspect varié, et surtout très-animé pendant les jours de fête. Bien que le climat et le sol ne soient pas aussi humides qu'on l'a dit, la saison ne peut commencer que dans les premiers jours du mois de juin, et finit avec le mois de septembre. Le parc d'Enghien, Saint-Gratien, Montmorency, le bois Jacques et les collines de la forêt, sont les promenades les plus agréables.

Les sources d'Enghien émergent dans un périmètre limité à peu de distance du lac. Neuf sources qui se divisent en deux groupes, le groupe ancien et le groupe nouveau, alimentent les buvettes et tous les moyens balnéaires de l'établissement d'Enghien. Le groupe ancien comprend cinq soui'cesqui se nomment: hsource du Roi on source Cotte, la source Deyeux, la source Péligot, \a source Bouland et la source de la Pêcherie. Les sources du groupe nouveau sont découvertes depuis 1865, et ont été soumises à un captage complet.

Elles s'appellent : la source du Nord, la source du Lac, la source de Puisaye, auparavant la source des Roses, et la source du Petit-Établissement. Le griftbn de la source du Lac, maintenant enchambré, est très-abondant et ne donne pas moins de li'OOOO litres en vingt-quatre heures. Le débit de la source de Puisaye est de 144 000 litres pendant la même période; celui de la source du Nord est de 280 000 litres et celui de la source du Petit-Établissement de 270000 litres. Les cinq sources du groupe ancien sont employées en boisson, tandis que les eaux du groupe nouveau servent exclusivement à tous les moyens extérieurs de la cure minérale. L'analyse de ces dernières a été faite en 1865 par Réveil.

Le griffon de la source du Lac présente le degré de sulfuration le plus élevé de toutes les sources d'Enghien. L'eau des sources du groupe nouveau est conduite, par un tuyau complètement rempli, dans un réservoir clos établi dans le sous-sol de la tour, où des réservoirs, munis de couvercles flottants, la reçoivent et la mettent à l'abri du contact de l'air. Nous allons avoir plus spécialement k nous occuper du groupe ancien.

544 ENGHIEN (Eaux minérales de).

1° Source Cotte ou (h( Roi. C'est la source qui a été trouvée la première en 1776 par le curé de Montmorency, qui lui a donné son nom. A droite est un pavillon rustique garni de bancs. Une galerie couverte, soutenue par des colonnes de bois, abrite les buveurs quand la pluie ou le mauvais temps leur interdit les allées du Parc. Un escalier descend de la galerie et conduit à une rotonde qui est commune aux buvettes Cotte et Deyeux. La Fontaine de la source Cotte est au bout d'une galerie souterraine. L'eau est claire, limpide, transparente, incolore; son odeur est sulfureuse, mais son goût est moins désagréable que celui des autres fontaines de celte station et elle est préférée par les buveurs. Elle n'a aucune action sur les préparations de tournesol. La température est de 15 degrés centigrade, l'air extérieur étant à 24 degrés centigrade; sa densité est de 1,0008 d'après Longchamp et de 1,00159 ou 1,0011 d'après de Puisaye. Le débit de cette source est de 10 880 litres en vingt-quatre heures. Nous donnons l'analyse de l'eau de la source Cotte ou du Roi avec celle de la source suivante.

2" Source Deyeux. Le bassin de cette source n'est qu'à 4 mètres de celui de la source Cotte. Les entrées de la galerie de ces fontaines sont presque contiguës : celle de la source Deyeux est à gauche de la rotonde, et deux marches y descendent. La galerie est dallée de pierres, et à droite, à peu près au milieu du mur de soutènement, se trouve le bassin circulaire de la source. Son eau a les mêmes propriétés physiques et chimiques que celles de la source Cotte dont elle ne diffère que par un goût plus hépatique, plus désagréable et plus calcaire. Sa température est de 10°, 5 centigrade et son débit est de 8640 litres en vingt-quatre heures. De Puisaye a trouvé pour cette source une densité variable de 1,0014 à 1,0016. L'analyse chimique faite en 1855 par lui et Leconte a donné pour 1000 grammes de l'eau des sources Cotte et Deyeux les principes suivants :

SOURCE COTTE. SOimCE DETECX.

Sulfate de chaux 0,519093 0,354200

soude 0,050310 »

— magnésie 0.090514 0,015089

— potasse 0,008903 0,006362

— alumine 0,0ô90io 0,035017

Bicarbonate de chaux 0,217850 0,181110

— magnésie 0,016760 0,058204

Chlorure de sodium 0,039257 0,032157

— magnésium >■ 0,007210

Acide silicique 0,028782 0.015104

Oxyde de fer traces. trace».

Matière organique azotée indét. indét.

Total des matières fixes 0,810500 0,700453

Î acide Carbonique liljre. . . G*', 119380 Os', 117680

— sulfhydrique, .... 0s',02dd41 Oe',029410

azote flB',019560 Oe',021260

Total des gaz 0s',16i681 O'^'.lGSSoO

5" Source Péligot. Son bassin est à 10 mètres des deux sources précédentes, sous un pavillon distinct, éclairé seulement par la porte d'entrée. Un escalier descend à l'aire dallée de pierres de ce pavillon. La fontaine est placée en face de l'escalier et au fond du prétoire. L'eau de la source Péligot, plus limpide que celle de Cotte et de Deyeux, a une odeur et une saveur sulfureuses moins prononcées. Elle forme un dépôt jaunâtre sur les parois intérieures de son bas-

ENGHIEN (Eaux minérales de). 545

sin <le captage. La température est de 12 degrés centigrade et le débit est de 21600 litres en vingt-quatre heures. La densité est de 1,0015. Son analyse est reportée au tableau qui suit la description de la source de la Pêcherie.

4" Source Boidand. Elle est abritée par un pavillon formant un octogone régulier, auquel on accède par un escalier de pierre, et qui est éclairé par une seule porte. Son captage est circulaire et son déversoir, profond de i5 centimètres, a 40 centimètres de côté. L'eau est d'une transparence remarquable dans le bassin, son odeur sulfureuse est très-prononcée, sa couleur est irisée à la surface. Son goût rappelle celui de la source Deyeux, mais il est moins hépatique. Sa température est de ii degrés centigrade, celle de l'air étant de 20 degrés centigrade. Sa densité moyenne est de 1,0011, calculée l'eau étant refroidie à 10°. Son débit est de 6124 litres en vingt-quatre heures. On la prend en boisson sur place, mais elle est surtout en usage dans les hôpitaux de Paris où on en consomme près de 10 000 bouteilles par an. L'analyse de la source Bouland est au tableau de la source suivante.

Source de la Pêcherie. Cette source est la plus éloignée de l'établissement d'Enghien. Son griffon est à 20 mètres seulement de la chaussée du lac, à l'extrémité nord-ouest du parc. Cette eau, très-limpide, a une odeur et une saveur plus franchement hépatiques que toutes les autres sources d'Enghien, et pourtant son goût n'est pas trop désagréable. Sa température est de 13 degrés centigrade, l'air extérieur étant à 20 degrés centigrade. Sa densité à 10" est de 1,00065. 1000 grammes de l'eau des sources Péligot, Bouland et de la Pêcherie, ont donné en 1853 à Leconte et de Puisaye les principes suivants :

SOURCE SOOnCE SOURCE

PÉLIGOT. BOlLAJiD. DE LA PÊCHEBIE

Sulfate (le chaux 0,276964 0,558228 0,176129

— soude 0,04277" 0,03l90i

— maynésie 0,091848 0,022214 »

— potasse 0,009108 0,010493

alumine 0,055020 0,043443 0,022098

Bicarbonate de chaux O,189o80 0,228200 0,297772

— magnésie. . . . . . 0,007482 0,038353 0,087252

— soucie » » 0,067747

— potasse » » 0,016750

Chlorure de sodium 0,036527 0,060989 0,045005

Acide silicique 0,017924 0,038385 0,050978

Oxyde de fer traces. traces, traces.

Matière organique azotée indét. indét. indéi.

Total DES MATIÈRES FIXES ... . 0,703530 0.854189 0,761709

/ acide carbonique libre . . . 0f',159o50 0-',12I300 O^MSlSiO

(Jaz. .1 - sulfhydrique libre . . 0«'.015695 Oe',024755 0^' ,046281

I azote. . 0^",02529U 0^'',022640 0e',0147b0

Total des gaz 0sM78355 0e',16869o 06',242611

Les promeneurs en barque et les pêcheurs reconnaissent facilement au fond du lac le point précis de la sortie de sources non captées. Autour de ces points, le Ut du lac, ordinairement tapissé d'herbes, devient nu et offre un aspect gri? jaunâtre qui tranche sur la couleur habituelle des eaux.

Établissements. Us sont au nombre de deux et s'appellent le Grand et le Petit-Etablissement; ce dernier est désigné aussi sous le nomade Succursale. Le Grand-Établissement a une forme rectangulaire et renferme à son centre une pièce au milieu de laquelle est une fontaine entourée de fleurs. Cette pièce sert de salle d'attente, de lieu de promenade ou de repos.

DICT. FNC. XXXIV. 25

546 ENGHIE>' (Eadx minérales de).

Le Grand-Établissement contient 100 baignoires presque toutes en fonte émaille'e. Elles sont munies de trois robinets dont le premier donne l'eau froide sulfureuse, le second l'eau froide ordinaire et le troisième l'eau ordinaire cliauffée.

Les sources principalement affectées à l'usage interne sont, on l'a vu, celles de Deyeux, du Roi et de la Pêcherie. Quant aux eaux du groupe nouveau, qui servent au traitement externe, leur mode de chauffage varie suivant qu'on les emploie pures ou mitigées. En général, les bains d'Enghien se composent d'un tiers d'eau ordinaire à 80 degrés centigrade et de deux tiers d'eau sulfureuse froide. On ne se sert d'eau minérale sans mélange que lorsqu'on veut obtenir une action plus énergique. Elle arrive alors dans une baignoire à double fond où on élève sa température au moyen d'un serpentin traversé par un courant de vapeur qui met en dix minutes l'eau minérale froide d'Enghien à une chaleur convenable pour qu'on puisse y rester. Chaque baignoire est pourvue d'appareils de douches à haute et basse pression ^ qui peuvent être prises pendant la durée du bain ou administrées seules.

Le Grand-Établissement renferme encore une section réservée à un traitement hydrothérapique complet. Tous les cabinets de bains sont précédés d'un vestiaire dont la porte donne sur une galerie vitrée qui est une véritalile salle d'inhalation où l'atmosphère sulfureuse se renouvelle sans cesse. En dehors de cette galerie commune, le grand établissement renferme deux salles spéciales : l'une pour les inhalations gazeuses et l'autre pour l'eau pulvérisée. Chacune de ces salles a 50 mètres de superficie et est pourvue de ventilateurs destinés à renouveler leur air intérieur. II existe au centre de la pièce où se fait la pulvérisation des tables longues en forme de cuvette. Au milieu sont les appareils de pulvérisation à quatre branches chacun, autour desquels ont été établis seize autres appareils dits à tambour. Dix autres appareils pulvérisateurs à grilles métalliques, pour douches buccales et pharyngi'ennes, sont installés autour de la paroi extérieure vitrée. L'eau de la source du Lac est conduite dans un réservoir destiné à cet usage. Une pompe dont le piston est mis en mouvement par une machine à vapeur fonctionnant à une pression de plusieurs atmosphères fournit l'eau qui doit être fragmentée. La pulvérisation est parfaite et continue, aussi remplit-elle la salle d'uu brouillard épais et tiède, ce qui procure aux malades les doubles effets de l'inhalation gazeuse'et de l'eau pulvérisée. Le grand établissement renferme encore les appareils pour les bains de vapeur, les bains russes, les bains d'aiv chaud, les fumigations^de toute sorte, et un aménagement hydrothérapique complet, soit à l'eau sulfureuse, soit à l'eau ordinaire. Le petit établissement d'Enghien est installé, ditj\l. le docteur Japliet, sur les mêmes principes que le grand établissement : seulement, iVn'a ni salles d'inhalation ni de pulvérisation, et ses douches ont une pression moins forte, dont on a besoin pour les personnes délicates et surtout pour les enfants.

Mode d'administration et doses. L'eau d'Enghien s'administre en boisson, en bains, en donches, en gargarismes, en inhalation et en pulvérisation. On doit commencer avec réserve et par petite dose l'administration en boisson. Ainsi on débute dans certaines circonstances par une cuillerée, et on s'arrête à trois, et au plus à quatre verres par jour.

Du reste, Enghien est une des stations où il est le plus facile" de régler la cure, car dès que la quantité d'eau est dépassée, quelques accidents légers^ apparaissent et sont l'indice certain d'une ingestion trop abondante.

ENGHIEN (Eaux minérales oe). 5i7

La durée des bains est de trois quarts d'heure à une lieure.

Les douches sont appliquées dans d'excellentes conditions à Enghien, car leur force est graduée et l'on peut choisir avec précision le degré d'énergie du choc que l'on veut produire. Des ajutages de toute forme et de tout calibre permettent de \arier la grosseur et l'intensité du jet suivant les indications et l'idiosyncrasie, ou suivant les maladies de celui qui reçoit la douche. Des appareils de douches ascendantes, rectales cl vaginales, sont installés dans des cabinets distincts. Des douches filiformes, établies à Enghien pour la première fois, et aujourd'hui installées dans presque toutes les stations sulfureuses, donnent d'excellents résultats dans les maladies de l 'arrière-gorge, par exemple, où il fout doucher directement la membrane muqueuse qui recouvre les amygdales ou le pharynx, les gargarismes sont souvent prescrits avec l'eau sulfureuse d'Enghien à sa température ordinaire ou artificiellement chauffée, pure ou mitigée, suivant les résultats que l'on veut obtenir.

Dans le service d'hydrothérapie, l'eau minérale froide ou ordinaire est appliquée sous toutes ses formes par un médecin instruit et expérimenté. Les instruments les plus perfectionnés pour obtenir la pulvérisation de l'eau sulfureuse sont mis à la disposition des malades qui doivent avoir recours à ce moyen de traitement. Le séjour dans la salle où se font l'inhalation et la fragmentation de l'eau minérale est d'une demi-heure ordinairement, et ceux qui entrent dans la salle de pulvérisation trouvent des chaussures et des vêtements imperméables aux plus fines molécules de l'eau contenue dans l'atmosphère qui les entoure.

Effets physiologiques et thérapeutiques. L'action des eaux d'Enghien, prises presque toujours en même temps à l'intérieur et à l'extérieur, à dose sagement prescrite et scrupuleusement observée, est rarement marquée sur les personnes en santé; mais celles qui sont irritables ou qui en ont fait un usage exagéré éprouvent de l'agitation nocturne, de l'insomnie, des rêves pénibles, des réveils en sursaut, un sentiment de lourdeur sur le sommet de la tête, au-dessus des yeux, des douleurs vives dans la région frontale, rappelant par leur intensité les accès névralgiques les plus violents, une exagération de l'activité intellectuelle ou, au contraire, de la dépression avec tendance à l'assoupissement. Celle eau, en boisson seulement, peut occasionner tous les troubles que nous venons d'indiquer, mais ils arrivent principalement lorsque l'emploi interne et externe a été simultané. Les modifications du système circulatoire consistent dans l'augmentation des pulsations artérielles, de la chaleur de la peau et de la transpiration lorsque l'eau d'Enghien en boisson est associée aux bains chauds ou très-chauds ; mais la caloriûcation et la perspiration cutanées sont moins sensibles lorsque les bains sont frais.

Les eaux d'Enghien sont donc franchement excitantes. Vers le huitième jour de leur usage interne et externe, mais interne surtout, commencent à se manifester une certaine sécheresse de la gorge et une difficulté appréciable de la déglutition, bien que la sécrétion salivaire soit plus abondante. Lorsqu'on les emploie en boisson, il faut dix ou quinze jours pour que les crachats deviennent moins épais ou, s'ils étaient purulents, pour qu'ils redeviennent complélemeiU muqueux.

Les fonctions digestives se font mieux, les eaux augmentent l'appétit, mais le médecin doit se souvenir que quelques buveurs ne peuvent pas en supporter une quantité même minime. Le peu qu'ils en boivent leur occasionne des clia-

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leurs, des ardeurs, des crampes à la région épigastrique, qui semble e'treinte dans un étau, et devient si sensible, qu'elle ne tolère pas même le contact des vêtements les plus amples. Ces accidents sont toujours un indice évident que les eaux sont prises à une dose qui doit être diminuée, qu'il faut les mitiger ou même les suspendre tout à fait. Les eaux d'Enghien en boisson rendent les selles plus faciles; elles peuvent même déterminer de la diarrhée, et quelquefois des garde-robes contenant comme du blanc d'oeuf battu ou du sang ; elles produisent très-exceptionnellement de la constipation. Elles sont diurétiques et, si cette propriété explique leur action favorable dans certaines affections des voies urinaires, la gravelle, par exemple, elle justifie les accidents que ces eaux peuvent déterminer en agissant trop activement sur les reins, les uretères et la vessie, et en occasionnant des désordres qui nécessitent une grande prudence. Elles produisent aussi des effets marqués sur l'appareil génital. Ainsi chez l'homme elles provoquent des désirs vénériens et des pollutions ribcturnes ; chez la femme elles excitent l'utérus, rendent aigus des écoulements indolents auparavant, et rapprochent presque toujours les époques menstruelles. Les éruptions sont assez rares, et pourtant il a été plusieurs fois démontré que les bains pris à la température de la source et écliauffés par de l'eau douce déterminent de la rougeur^ des picotements, de la démangeaison à la peau, et quelquefois même de l'érythème sur la poitrine, les épaules, le dos et les membres. Ces eaux amènent quelquefois des sudamina sur la partie supérieure et antérieure de la poitrine et sur le ventre, des pustules d'acné sur le visage, le dos ou la région lombaire, et enfin, mais beaucoup plus rarement, des fuioncles sur diverses parties du corps et surtout sur les fesses. La poussée proprement dite se montre assez peu souvent à Enghien et, lorsqu'elle s'observe, c'est principalement sous la forme érythémateuse, éi'ysipélateuse,miliaire ou pustuleuse. La poussée peut survenir d'emblée et sans phénomènes généraux, mais la plupart du temps elle est accompagnée, soit de courbatures, d'embarras gastrique, de céphalalgie, d'agitation nocturne, de frissons, de fièvre, soit de démangeaisons sur toute la périphérie du corps et particulièrement aux principales articulations, d'éruptions qui apparaissent exceptionnellement sur les points du corps exposés à l'air, le visage et les mains, de constipation, de coloration briquetée des urines, et enfin de desquamation cutanée. 11 est assez rare que les eaux d'Enghien produisent la saturation minérale. D'abord elles sont d'une ingestion assez désagréable, et, bien qu'on les boive sans trop de répugnance, les malades ne dépassent pas la dose qui leur a été conseillée. En second lieu, et bien que la saturation minérale soit souvent produite par l'eau à l'extérieur, les bains d'Enghien eux-mêmes ne produisent pas une saturation marquée. Lorsqu'elle arrive cependant, c'est h la fin de la cure, et les malades se mettent dans l'eau non-seulement sans plaisir, mais avec un dégoût prononcé. L'eau de leur bain leur semble plus froide, quoique le thermomètre s'élève au même degré que la veille ; des frissons surviennent, et quelquefois même des nausées. La vue et l'odeur seules de l'eau sulfureuse suffisent pour amener des accidents nerveux qui rappellent, ^ s'y méprendre, les accès de l'hystérie la plus complète. Les catarihes des voies respiratoires, les bronchites, les pneumonies, les pleurésies, les laryngites chroniques simples, qui sont parfois si difficiles à distinguer de la phlhisie, même par les plus habiles, et qui ont donné lieu à de nombreuses erreurs de diagnostic, toujours au profit de la bonne réputation des sources, sont assurément les états pathologiques qui reçoivent la plus heureuse inlluence d'une cure

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à la station d'Enghicn, surtout lorsque ces affections se produisent après la disparition d'une maladie de la peau.

Pendant les premiers jours du traitement, ces eaux rendent la toux plus fréquente et augmentent l'abondance des crachats, mais, lorsque leur emploi a été continué durant une dizaine de jours, avec suite et persévérance, la toux et les mucosités diminuent sensiblement et finissent par disparaître tout à fait. Ce sont les eaux en boisson qu'il faut employer avec les précautions que nous avons indiquées. C'est alors aussi qu'il faut conseiller le séjour dans les salles de pulvérisation, en avertissant les malades de se soumettre à toutes les conditions que nous avons énumérées à l'article Eadx minérales en général. Les douches filiformes sont utiles dans toutes les maladies de l'arrière-gorge, lorsque surtout elles sont accompagnées de granulations anciennes. On doit rarement recourir aux bains généraux et locaux , et s'en tenir à l'eau à l'intérieur, 'aux pulvérisations, aux douches révulsives extérieures et aux douches fines appliquées sur le siège ela maladie.

C'est à Enghien qu'ont été reconnues l'efticacité ou les contre-indications des eaux dans les degrés divers de la phthisic, distinctions devenues classiques et adoptées par tous les médecins qui ne se passionnent pas trop sur les vertus des sources qu'ils étudient ou qu'ils appliquent. Les eaux d'Enghien n'ont pas plus que toutes les autres d'action favorable sur le tubercule; elles n'ont d'activité que dans la période catarrhale accompagnant ce produit hétéromorphe. Il eu résulte qu'on doit les défendre expressément dans les périodes de la phthisie oîi il convient de ne pas donner une stimulation intempestive, qui ramollisse l'élément tuberculeux. De là l'indication au contraire de prescrire l'eau d'Enghien dans la deuxième période de la phthisie pulmonaire, lorsque l'on n'a plus autant à craindre l'hémoptisie et qu'il faut s'opposer au catarrhe bronchique ou laryngien, qui est une cause nouvelle de l'affaiblissement des poitrinaii"es. De là enfin le conseil de s'abstenir des eaux d'Enghien dans les accidents propres au dernier moment de cette affection, qui ne ferait qu'avoir une marche plus rapide. En présence de tubercules dans le poumon, l'administration des eaux d'Enghien exige une grande prudence, et les doses doivent être augmentées progressivement. Les crachements de sang et les accidents aigus sont en général possibles à éviter lorsque le malade est surveillé de près, ausculté souvent et averti des indices précurseurs.

11 est encore deux affections de l'arbre aérien, l'asthme et la coqueluche, qui renirent dans le domaine thérapeutique des sources d'Enghien. L'asthme essentiel, non accompagné ou suivi de maladie organique du cœur ou d'emphysème du poumon, est traité avec succès par les eaux en boisson, et surtout par les douches à la plus forte pression administrées sur la région postérieure du tronc, sur les épaules principalement. Il ne faut pas craindre, il faut rechercher même, d'administrer la douche au plus fort des accès, qui ne tardent pas à diminuer ou à céder pendant l'action de ce moyen perturbateur. Lorsque les douches sont données dans l'intervalle des crises, l'accès est évité le plus souvent. Leurs effets favorables dans l'asthme nerveux ont donné l'idée de les employer dans la coqueluche. Les résultats assez nombreux engagent tous les médecins qui exercent à Enghien, et aux autres sources sulfureuses, à essayer ce traitement, non encore suffisamment connu. Il faut pendant les quintes mettre l'enfant sous la douche, administrée en jet plein sur la région dorsale et sur les côtes de la colonne vertébrale. Les crises sont moins longues, moins fatigantes et plus

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rares. Appliquée entre deux accès, la douche sur lès parois thoraciques proToque la toux convulsivc, mais l'attaque finit plus promptement que d'habitude. Dans les pharyngites granuleuses, les eaux d'Enghien en boisson, en pulvérisation, en gargarismes et eu douches révulsives intérieures et extérieures, c'est-à-dire dont le jet porte directement sur la membrane muqueuse de l'arrière -gorge, ou sur le cou et la nuque, amènent une prompte amélioration, la guérison même, si le traitement est prolongé après que les derniers symptômes de l'affection ont disparu. Chez ceux qui souffrent de dyspepsies stomacales ou intestinales, de catarrhes des voies digestives, alors surtout que ce dernier état est sous la dépendance d'un herpétisme antérieur, les eaux d'Enghien en boisson, en bains généraux, en douches extérieures et surtout en douches ascendantes, rétablissent les fonctions, raniment l'appétit et facilitent la digestion de malades qui languissaient depuis longtemps. En boisson, en bains généraux, en injections et en douches vaginales, elles réussissent aussi dans les affections utérines. Mais, comme toutes les sulfureuses d'ailleurs, elles ont un succès d'autant plus certain que les maladies de la matrice ou de ses annexes ont remplacé des manifestations cutanées, ou coexistent avec un herpétisme manifeste. Elles combattent avec avantage certaines affections générales ou diathésiques, telles que l'anémie, la chlorose, certaines névi-oses, le rhumatisme, la goutte, le lyraphatisme et la scrofule, la syphilis, les dermatoses, les empoisonnements métalliques et les accidents consécutifs à de grands traumatismes. Nous rapprochons avec intention l'efficacité de ces eaux contre certaines névroses accompagnant ordinairement la chlorose, parce que quelques auteurs regardent cet état du sang comme la conséquence d'une maladie nerveuse. Les sources d'Enghien semblent donner raison à cette manière de voir, car elles agissent de la même manière sur ces états pathologiques. Leurs effets stimulants, toniques et reconstituants, indiquent combien les névroses, tenant à un état général d'épuisement, sont combattues avec succès par une médication hydrominérale fortement excitante. Les eaux doivent alors être conseillées à l'intérieur, en bains frais, et surtout en douches tièdes en jets, alternant avec des douches en pluie à la température des sources.

Les herpétiques, en même temps rhumatisants, sont adressés avec avantage à la station d'Enghien, bien que les eaux hyperthermales soient encore à notre avis bien préférables. Les goulteux lymphatiques et dartreux se trouvent bien aussi d'une cure à Enghien, mais nous regardons ce traitement comme ayant une indication secondaire dans la goutte avec manifestation scrofuleuse ou herpétique, et nous en excluons tous les goutteux dont la constitution est franchement sanguine. Les sujets lymphatiques et scrofuleux qui ont des engorgements plus ou moins prononcés des ganglions, des tissus péri-articulaires des os, des parties molles superficielles ou profondes, cutanées ou muqueuses arrivées à suppuration, ont besoin d'un traitement surtout externe. Ces eaux stimulent vivement l'organisme, le tonifient et le reconstituent, en même temps qu'elles opèrent la résolution de gonflements et la cicatrisation de plaies que la médication antiscrofuleuse la mieux combinée, le régime alimentaire le plus convenable, l'hygiène la plus sage, n'avaient pu favorablement modifier. Nous sommes loin assurément de mettre en doute ces faits heureux, et nous reconnaissons volontiers que certaines formes de la scrofule sont avantageusement modifiées aux eaux sulfureuses à la fois stimulantes et toniques, mais les eaux mésolhermales chlorurées sodiques fortes bromo-iodurées, qui sont pour ainsi dire spé-

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<;ifiques dans le traitement des diverses formes de la scrofule, doivent néanmoins toujours être préférées à toutes les autres eaux minérales. Nous faisons une •exception cependant en faveur des eaux sulfureuses chlorurées dans le lupus, lorsqu'il est une manifestation scrofuleuse.

Les eaux d'Enghien, comme toutes les eaux sulfureuses, mais moins que les eaux sulfureuses et sulfurées hyperthermales, sont utiles contre les accidents syphilitiques récents ou anciens. Elles retardent toujours, empêchent même la salivation mercurielle chez les malades qui doivent suivre un traitement hydrargirique. On est étonné que cette vérité n'ait pas été mise à profit dans le traitement des accidents primitifs de la syphilis, dont les mercuriaux sont l'unique remède, et l'expérience nous a maintes fois prouvé que les eaux sulfureuses transportées préviennent ou arrêtent les phénomènes qui surviennent pendant l'administration des mercuriaux. Les eaux sulfureuses ou sulfurées, employées chez les syphilitiques encore infectés, sans qu'aucune manifestation apparente puisse le faire reconnaître, amènent sur la peau ou sur les membranes muqueuses accessibles à la vue des taches spécifiques qu'une médication appropriée fait disparaître. Les affections cutanées simples sont utilement traitées et souvent guéries par une cure à Enghien, mais il ne faut pas admettre les malades dont la période aiguë n'est pas finie ou peut revenir, car l'un des premiers effets des eaux d'Enghien sur les affections de la peau est de les ramener à l'état aigu ou subaigu. Ce sont donc les affections cutanées chroniques qui doivent être principalement adressées à cette station, en entretenant dans de justes limites et en modérant l'excitation sulfureuse.

Les maladies de la peau qui se traitent avec le plus de succès par les eaux d'Enghien sont les eczémas, secs ou humides, l'acné, le prurigo, le pityriasis, le lichen et quelquefois le psoriasis. Les bains forment la base de la médication; les douches et les eaux en boisson n'ont d'action que lorsqu'il existe certains accidents des voies digestives reconnaissant pour cause primitive un état de la peau. Les malades qui, après une première cure, voient réapparaître pendant l'hiver ou au printemps leur affection cutanée, ne doivent pas se décourager, s'ils veulent arriver à une guérison complète ou à une amélioration notable, et il leur faut recommencer l'année suivante. Les intoxications arsenicales plombiques ou mercurielles sont en général utilement et promptement modifiées par l'usage interne et externe des eaux d'Enghien.

Les bains et surtout les douches avec ces eaux sont encore utiles quand, à la suite de blessures, des troubles ont persisté dans la motilité ou dans la sensibilité extérieure. Il faut stimuler alors et provoquer un état local et subaigu pour opérer la résolution d'un engorgement ou l'absorption d'un cal, etc., nuisant aux mouvements articulaires ou privant en totalité ou en partie un membre de sa sensibilité accoutumée. Les eaux d'Enghien, étant stimulantes, toniques et reconstituantes, sont contre-indiquées aux malades qui ne sont pas dans les conditions voulues pour bénéficier de cette triple vertu. Il en est de même des personnes irritables et nerveuses, des pléthoriques, sujets aux congestions ou aux hémorrhagies, et de tous ceux qui ont des affections organiques du cœur ou des gros vaisseaux, quels qu'en soit la nature ou le •degré.

La durée de la cure est de vingt-cinq jours à un mois.

On exporte sur une grande échelle l'eau de certaines sources d'Enghien, et ^surtout celle de la source Cotte ou du Roi. A. Rotureau.

552 E^■GORGEME^"T.

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E^'GLAA'D (William). Médecin anglais, né vers le commencement du siècle, fit ses études à Edimbourg et y obtint le diplôme de docteur en 1829. Il se fixa à Norwich, dans le comté de Norl'olk, où il se distingua daas la pratique de son art. Il fut reçu feiloiv de la Royal Medico-Chirurgical Society et membre de plusieurs sociétés savantes. 11 vivait encore, retiré à Ipswich, en 1864. Outre des articles sur la Glossite, ï Hydrophobie, YAlgidité de la langue dans le choiera grave, sur la Réforme médicale, etc., dans London Médical Gazette, 1850-1840, et d'autres dans les Provincial Médical Transactions, etc., il a publié :

I. Diss. inaug. de ductuum cxcernentium structura et muneribus. Edinburgi, 1829, gr. in-8°. — II. Observations on the Functional Disorders of the Kidneys, which give Bise to the Formation ofVrinary Calculi, etc. London a. Korwich (1850,, gr. in-S". L. H.v.

EXGORGEMEAT. On donne le nom d'ens'orgeraent à l'anirmentation de volume d'un tissu ou d'un oi'gane par suite de l'interposition à ses éléments anatomiques de matières amorphes, liquides ou demi-solides, dont la présence détermine parfois des altérations de la forme, de la couleur et de la consistance de ce tissu ou de cet organe. L'état anatomo-pathologique qui caractérise l'engorgeraeut, dit Robin {voy. Lamikelx, p. 265), ne diffère pas essentiellement de celui qui cdraciérise ['œdème {voy. ce mol). Ce qui diffère surtout, c'est la nature de la matière interposée aux éléments anatomiques, qui dans 1 œdème est toujours de la sérosité; d'autre part, tandis que l'œdème a toujours pour siège le tissu cellulaire, l'engorgement peut, rarement, il est vrai, occuper d'autres tissus.

Dans son article Lamlnecx Robin a suffisamment décrit les matières interposées aux éléments anatomiques pour que nous n'ayous pas à y revenir ici; les différentes variétés d'engorgement et leur pathogénie s'v trouvent également indiquées. Nous retiendrons seulement que l'engorgement constitue souvent le premier degré de ï hypertrophie. C'est ce qui arrive dans les cas où l'engorgement favorise la prolifération des cellules plasmatiques du tissu conjonctif;

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