‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.36Chapitre 42 sur 49 · PARTIES EMPLOYÉES · texte numérisé non relu

PARTIES EMPLOYÉES

Coléoptères.. . .

Fruit

Sommités sèches.

Sommités sèches.

Feuilles sèches. .

Feuilles fraîches.

Ilacine sèche. . .

Feuilles fraîches.

Feuilles sèches. .

Semences. . . .

Semences. . . .

Racine

Fruit sec. . . .

Feuilles sèches..

Feuilles sèches. .

Tiges sèches. . .

Semences. . . .

Bile

Rhizomes secs. .

Feuilles fiaiches.

Écorce sèche. . .

Bois rûpé. . . ' Cônes secs.. . .

Racine

Écorce de racine.

Cônes secs. . . ,

Racine

Racine

Feuilles fiaiches.

Feuilles sèches. .

Semences. . . .

Feuilles fraîches.

Tige

Fleurs sèches. .

Écorce sèche. . .

Baies

Semences. . . .

Suc

Racine sèche.. .

Capsules. . . . .

Feuilles fraîches.

Racine

Bois râpé. . .

Ecorce

Écorce . . . .

Ecorce

Ecorce

Écorce

Racine

Racine sèche. .

Suc épaissi. . .

Racine

Feuilles fraîclies.

Feuilles sèches. .

Feuilles sèches..

Stigmates. . . .

Racine

Racine et tige. .

Substance sèche.

Folioles

Feuilles fraîches.

Feuilles sèches. .

Semences. . . .

Baies

Feuilles fraîches.

Racine sèche.. .

VÉBICULES.

Éther

Eau froide

Eau bouillante. . .

Eau Ijouillanle. . .

Eau bouillante. . .

Suc

Eau froide

Eau froide

Alcool à 60 degrés Alcool à ()0 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés. Eau bouiU.inte. . .

Alcool à 60 degrés.

Eau froide

Alcool à 80 degrés.

Evaporation. . . .

Éther

Suc

Alcool, éther.. . .

Décodé

Eau tiède

Eau froide

Alcool à GO degrés.

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 90 degrés.- Suc

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Suc

Suc

Alcool à 60 degrés.

Eau froide

Suc

Alcool à 80 degrés.

Eau froide

Eau froide

Alcool à 60 degrés.

Suc

Alcool à GO degrés.

Eau froide

Alcool à 60 degrés.

Alcool, [luis eau. .

Alcool, puis eau. .

Eau bouillante. . .

Alcool à 60 degrés.

Eau froide

Eau froide

Eau froide

Eau froide

Suc

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Eau froide

Alcool à 90 degrés.

Eau bouillante. . .

Suc

Alcool à 60 degrés.

Alcool à 60 degrés.

Suc

Suc

Alcool à 60 degrés.

E.N GRAMMKS.

2iO

iOO

Les chiffres précédents ne sont que des moyennes. 11 est évident que le rendement en extrait doit varier selon l'âge de la plante, le terrain, l'époque de la récolte, suivant que l'année a été sèclie ou pluvieuse, etc. D'après Bally, par exemple, l'aconit des montagnes est plus actif que celui des plaines; il en est de même de la valériane, d'après llaller. Suivant Kniglil, c'est pendant l'hiver que les bois donnent la plus forte proportion d'extrait. Lorsqu'il s'agit de plantes annuelles, il faut les récolter au moment où elles ont acquis tout leur développement ; les plantes bisannuelles ne doivent être employées que pendant la deuxième année. C'est ainsi que, d'après les observations du docteur Withering, confirmées par celles de Nativelle, les feuilles de digitale ne renferment de digitaline cristallisée que pendant la dernière période de leur développement, etc.

Binder a dressé un tableau de rendement en extrait d'après le poids spécifique des macérés, des infusés ou des décoctés qui servent à les préparer :

Extraits Densités. pour 100 parties.

l.tJOo 1,2a

En raison des rendements variables que donne la même substance, Guichard a préposé d'ajouter à l'extrait une certaine quantité de matière inerte, de réglisse, par exemple, s'il s'agit d'un extrait mou, pour obtenir un rendement constant ; de glycérine, s'il s'agit d'un extrait sec, etc. En Belgique et en Suisse, on se sert de sucre de lait, de poudre de réglisse, etc. Ces additions ne sont pas à recommander; à propos d'extrait, il n'y a qu'une seule garantie pour le médecin, c'est que les extraits soient préparés par un pharmacien consciencieux, suivant les prescriptions du formulaire légal.

Les extraits, comme forme pharmaceutique, ont principalement pour avanlao^e de faciliter l'emploi de substances désagréables sous un petit volume; lorsqu'on prépare avec une plante plusieurs extraits, comme la ciguë, la belladone, le quinquina, et que le médecin ne désigne pas celui qu'il entend prescrire, le pharmacien doit toujours délivrer l'extrait aqueux [Codex).

Mal'rré toutes les précautions, plusieurs extraits sont d'une conservation difficile. 11 en est qu'on doit renouveler tous les ans, comme ceux d'aconit, de belladone, de ciguë, de digitale. Les extraits amers et résineux se gardent mieux, ce sont ceux d'opium, de gentiane, d'ipéca, de rhubarbe, de valériane, de quinquina, et, en général, tous ceux qui doivent leurs propriétés à des alcaloïdes non volatils. Néanmoins, même pour ces derniers, il convient de les conserver dans des vases bien bouchés, à l'abri de l'air et de l'humidité, afin d'empêcher le développement des moisissures, des végétaux cryptogamiques, des fermentations. Notons enfin que, d'après le docteur Galippe, la plupart des

extraits renferment une petite quantité de cuivre, variant de 0,034 à 0,031 par kilogrammes d'extrait, mais toujours, d'après le même auteur, la présence de ce métal est sans inconvénient.

Berjot (de Caen) conserve les extraits secs dans des flacons à l'émeri, à large ouverture, dont le Louclum creux contient une gaze remplie de chaux vive. Schœufl'èle père a proposé l'emploi de llacons dont le col est fermé par une capsule en verre, à la manière d'une lampe à alcool. Perron a proposé d'additionner tous les extraits d'une certaine quantité de glycérine, ce qui fournit des ghjcéro-extrnits : mais cette modification n'a pas été généralement admise. Un excellent moyen de conservation consiste à les renfermer dans des étuis en étain.

Les Anciens ne faisaient usage que d'un pelil nombre d'extraits, mais leur nombre a progressivement augmenté. Avec une même plante, on est arrivé à faire plusieurs préparations, dont la valeur thérapeutique peut varier considérablement : extraits avec le suc dépuré ou non, extraits aqueux et alcooliques. Un certain nombre d'entre eux ont été supprimés par les Codex de 1866 et de 1884 ; en outre, (|uelques-uns d'entre eux ont été remplacés par leurs principes actifs à l'état de pureté.

Plusieurs classifications ont été proposées par les pharmacologisles. Rouelle, dont la classification a été longtemps suivie, admettait quatre groupes :

1° Les extraits gommeux et mucilagineux;

2° Les extraits gomme-résineux ;

3" Les extraits savonneux ;

4" Les extraits résineux (résines).

Le premier comprenait tous ceux qui possèdent la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement, comme ceux de lin, de psyllium, de coings, etc.

Il rangeait dans le second ceux qui contiennent à la fois des matières gomnieuses et résineuses : extraits de baies de genièvre, de quinquina, de cornouiller, de gaïac.

Les extraits savonneux étaient les extraits grenus, contenant des matières salines, parfois cristallisables, comme ceux de chardon bénit, de fumeterre, de bourrache, de buglosse, de chicorée, de cresson.

Enfin les extraits résineux constituaient nos résines actuelles, scammonée, jalap, etc.

A ces quatre sections Baume en ajouta une cinquième, celle des extraits animaux, qui ne comprend actuellement que l'extrait de fiel de bœuf.

Braconnot, puis Relus, ont imaginé de classer les extraits d'après la nature de leurs principes immédiats les plus importants. Toutes ces prétendues classifications chimiques sont inacceptables, en raison de la nature complexe des extraits. 11 est préférable de les classer d'après la natnre du véhicule qui sert à les préparer, ce qui conduit aux divisions suivantes :

1» Extraits préparés avec le suc des fruits;

2" Extraits préparés avec le suc des plantes ;

3» Extraits préparés par l'intermède de l'eau;

4» Extraits préparés par l'interRiède du vin;

5" Extraits préparés par l'intermède du vinaigre ;

6° Extraits préparés par l'intermède de l'alcool;

7° Extraits préparés par l'intermède de l'éther.

Les trois premiers groupes constituent les extraits aqueux. Ceux qui sont

EXTRAITS. 4fi5

obtenus avec le vin et le vinaigre sont peu nombreux et à peu près inusités. Puis viennent les extraits alcoolifpies, comprenant ceux qui sont obtenus à la fois par l'eau et l'alcool, ou extraits hydro-alcooliques ; enfin les extraits éthe'rés. On a donc les trois gr.indes classes suivantes: 1" les extraits aqueux; 2" les extraits alcooliques ; 5* les extraits étliérés.

I. Extraits préparée avec le suc des fruits. On donnait autrefois le nom de rob au suc dépuré d'un fruit quelconque, amené par concentration en consistance de miel épais. On y ajoutait autrefois du miel ou du sucre de lait. Le nom de sapa était réservé au suc épaissi du moût de raisin.

Les fruité charnus renferment naturellement à l'état de dissolution leurs principes actifs. Il est donc rationnel de les employer à l'état frais, ^fin d'éviter les altérations qui sont la conséquence de la dessiccation. Ainsi s'explique l'emploi des sucs pour la préparaiion des extraits de sureau, d'byèble, de berbéris, de mures, de nerprun.

Le rob de nerprun est le seul qui soit encore employé par quelques médecins.

II. Extraits pre'parés avec le suc des plantes. Les extraits préparés avec le suc des plantes herbacées sont de bonnes préparations, parce que les sucs sont obtenus mécaniquement, ce qui exclut les altérations de leurs principes immédiats.

On a proposé diverses méthodes pour les obtenir. Storck, Germain, Virey, Henry, ont préconisé des procédés spéciaux pour effectuer l'évaporalion. Le mieux est de s'en tenir au procédé du Codex, qui prescrit simplement d'évaporer les sucs dépurés au bain-marie. Il supprime par conséquent les extraits de Storck, préparés avec les sucs non dépurés.

Ceux qui sont obtenus avec le suc dépuré ne renferment ni chlorophylle ni albumine végétale, substances inertes qui augmentent inutilement la masse du médicament et qui, par leur altér.ibilité, iavoriseut la fermentation. Ils sont toujours délivrés dans les officines, à moins d'indications spéciales. Tout au plus conviendrait-il de faire exception en faveur des extraits d'aconit, d'anémone pulsatile et de Wms radicans, qui paraissent plus actifs quand on les prépare à l'étuve, d'après le procédé de Henry.

Nous prendrons comme exemple l'extrait de ciguë :

KXTR.VIT DE SUC DE Cir.UË Feuilles fraîches de ciguë Q. V.

On pile la plante dans un mortier de marbre, on exprime le suc à la presse. On porte à l'ébuUition, pour entraîner sous forme d'écume l'albumine végétale et la chlorophylle. On filtre, on évapore au bain-marie, en agitant continuellement, pour réduire le liquide au tiers de son volume. Après douze heures de repos, on sépare le dépôt et on termine l'opération au bain-marie jusqu'à consistance d'extrait mou.

On prépare de la même manière les extraits avec les sucs dépurés des plantes

suivantes :

Feuilles d'aconit.

— d'anémone.

— belladone.

— chicorée.

— l'umelerre.

— jusquiarae.

DICT. ENC. XXXVf. 50

Feuilles de laitue vireu.se.

— pissenlit.

— l'hus radicans.

— straraonium.

— Trèfle d'eau.

Brou de noix.

L'extrait de laitue, connu sous le nom de thrlJace, se prépare d'une manière analogue, à l'aide du suc provenant des écorces fraîches des tiges de laitue. Seulement, a[)rès avoir séparé le coagulum et passé le suc au Iravtrs d'un tissu de laine, on effectue directement l'cvaporation au bain-marie jusqu'à consistance d'extrait ferme.

m. Extraits préparés par l'intermède de l'eau. Un grand nombre de produits végétaux, par exemple, les végétaux exotiques, ne peuvent être utilisés en médecine qu'après une dessiccation préalable.

On sait que la dessiccation dissipe en partie les principes volatils, mais celte circonstance n'est pas aussi défavorable qu'on pourrait le croire, car un résultat analogue est évidemment obtenu pendant la préparation des extraits. On admet aussi, bien que le fait soit douteux, qu'elle fait passer à l'état insoluble plusieurs principes gommeux et mucilagineux, ce qui est après tout d'une importance secondaire, car ces matériaux, même l'albumine végétale, n'ont pas d'importance médicale. Le seul reproche sérieux qu'on pourrait adresser à la dessiccation, c'est qu'elle altère quelques principes immédiats, comme les tannins, les glycosides, les matières colorantes.

II faut rejeter l'intermède de l'eau pour les extraits :

1" Lorsiiuc la substance perd par la dessiccation son activité médicale. Exemple : anémone pulsalile;

'J° Lorsque la quantité d'extrait fourni par la plante est considérable; le safran, l'arnica ;

5" Lorsqu'on peut préparer l'extrait soit avec le suc, soit à l'aide d'un autre dissolvant, qui donne un médicament plus actif.

C'est ainsi que les extraits de plantes sèches obtenus avec la ciguë, le belladone, la jusquiame, l'aconit, le stramonium, extrails qui figuraient dans le Codex de 1837, ont été supprimés dans les Codex de 1866 et de 1884.

Les extraits aqueux sont obtenus soit par la méthode du Codex, c'est-à-dire par des macérations ou par des infusions fractionnées, soit par lixiviatiou au moyen de liqueurs concentrées c'est à tort que le Codex de 1884; a rejeté ce dernier procédé pour les extraits de gentiane, de réglisse, de ratanhia, de saponaire.

Actuellement il n'existe plus qu'un seul extrait préparé par décoction, c'est l'extrait de gaïac.

EXTRAIT DE GENTIANE (COI)EX DE 188l)

Racine de gentiane 1000 grammes.

Eau distillée froide 8000 —

La racine est coupée en branches minces, puis mise en macération avec 5 parties d'eau. Après douze heures, on passe avec expression, et on fait avec le reste de l'eau une seconde macération. On réunit les deux liqueurs, on laisse déposer, on décante ei ou évapore au bain-marie en consistance d'extrait mou.

On prépare de la même manière les extraits de :

Aunée.

Bardane.

Bistorle.

Chiendent.

Douce-amère.

Patience.

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