L. Un
FAGO:^ (Gcy-Crescent). Premier médecin de Louis XIV, intendant du Jardin des Plantes, etc. D'après des recherches qui nous sont personnelles, et des documents inédits puisés aux meilleurs sources, nous pouvons réparer quelques erreurs commises par les biographes, à l'égard de ce médecin, et former le tableau suivant :
TiKnnE FAGON.
valet de chambre du prince de Joinviile (18 janvier 1603); porte-iiiauteau ordinaire du roi (1606 à 1610) ; mailre d'hôtel du même jirince de Joinviile (1615). 11 épousa, le 27 février 1601, Loui-e Rocher (ou Rocliot).
Chaules Fagon, Françoise Fagon, Louis Fagon, Henui Fagon,
nélo ISjanvier née le S avril né le 11 août né le H juillet iGOg. Il 1605. 160T. 1608. ileviat commissaire des
guerres, et épousa Louise de la Brosse, nièce de Guy de la Brosse, médecin ordinaire de Louis XllI, et ' le fondateur du Jardin des
Plantes de Paris.
Claude Fagon, MAnouEniTEFAGOi».
né le "1 mars Elle vivait encore
1610. en 1628.
Guy-Crescent FAGOiV,
premier médecin
de Louis XIV.
François Fagon,
né le 28 octobre
He.nhï Fagon,
né le 9 décembre
Louis Fagon , né le 25 janvier 1686.
11 fut nommé conseiller au Parlement, le 7iévrier 1702, et mourut en mai 174i.
Antoixe Fagon, docteur en théologie (24 mai 1696) ; évoque de Combcz (1711), de Vannes (1719). Mort le 16 février 1742.
Fagon, premier médecin de Louis XIV, celui qui fait le sujet de cette notice, naquit à Paris, sur la paroisse Saint-Médard, le mardi, H mars 1638. Nous ne savons pourquoi on lui a donné les prénoms de Guy-Crescent; son acte de baptême ne porte que celui de Guy, qui lui fut imposé par son parrain, Guy de la Brosse. Le jeune Fagon perdit son père de bonne heure, et fut élevé au jardin du roi par son grand oncle. Ce fut là qu'il prit, presque enfant, du goût pour la médecine et la botanique. Il fit ses études avec beaucoup de succès au collège de Sainte-Barbe , aborda les études médicales, et fut créé docteur à Paris le 9 décembre 1664. La même année, Antoine Vallot, premier médecin du roi, le nomma professeur de botanique. Fagon, charmé de ce choix, donna bientôt d'éclatantes preuves de sa passion pour cette science ; il entreprit à ses frais un voyage en Auvergne, en Languedoc, en Provence, sur les Alpes, sur les Pyrénées, et n'en revint qu'après avoir fait une collection abondante de plantes, que Vallot réunit à celles qu'il faisait venir de tous côtés, et dont, en 1665, il lit le catalogue. Fagon eut la principale part à la rédaction de cet ouvrage, qui parut sous le titre de : Hortiis regius, et qui mentionne plus de 4000 plantes ; en tête de ce livre on peut voir un petit poëme' de 209 vers qui sont de la
i50 FAGUER.
liiçon de notre médecin. La re'putation de Fagon l'appela bientôt à la cour. Louis XIV le choisit, en 1668, pour être médecin de la Dauphine; quelques mois après il lui envoyait le brevet de premier médecin de la reine ; enfin, le 16 novembre 1695, celui de premier médecin de sa propre personne, après ia disgrâce, méritée, de Daquin. Ce choix reçut les applaudissements de la cour, (!e la ville. Fagon réunissait toutes les qualités pour occuper cette place, et jamais archiâtre royal ne fut si bien approprié à son client : de l'esprit, de la lacilité à s'expiimer, une grande intégrité de mœurs, de la fermeté alliée à la modestie. La Faculté de médecine de Paris vit particulièrement avec joie cette élévation de l'un de ses membres, elle qui avait été si peu gâtée par les médecins de la cour, pris souvent dans les Universités provinciales; elle fit placer (16 avril 1695) son portrait dans ses écoles supérieures, portrait peint par Rigaud , qui gît, aujourd'hui, déchire, irréparable, dans un coin de nôtre Faculté, mais qui, heureusement, a été admirablement bien gravé par Edelink ; elle chargea aussi le bronze et l'argent d'exprimer son affection sans bornes, sa reconnaissance éternelle envers son bienfaiteur ; contre toute habitude , deux doyens, Claude Berger et François Vernage, au lieu de faire frapper leurs propres portraits sur leurs jetons de décanat, cédèrent la place à Fagon ; sur un ns jetons, représentant une ruche et des abeilles, on lit comme légende : sic nos servavit Appollo; sur l'autre, on voit Fagon, en robe de conseiller d'Etat, avec l'épitoge, et pour légende : Scholce tiitela prœsens. Avis aux collectionneurs de jetons, qui ont pris Fagon pour un des doyens de la Faculté de médecine de Paris , tandis que son image qu'on voit sur deux de ces jetons n'est qu'un pieux hommage rendu aux services réels qu'il avait rendus aux médecins de Pans.
Fagon est mort au Jardin des Plantes le 11 mars 1718, à l'âge de 80 ans, cinq ans après le Roi-Soleil, et fut enterré le lendemain dans l'église de Saint- Médard, en présence de toute la Faculté. Il avait épousé, en 1664, Marie Nozereau , fille d'un orfèvre et joaillier de Paris, laquelle avait précédé de moins d'un an son mari dans la tombe, étant morte le H avril 1717, à l'âge de 72 ans.
Les grands emplois que Fagon a remplis, les devoirs impérieux de sa charge à ia cour, ne lui ont pas permis de beaucoup écrire. Nous ne lui connaissons que les publications suivantes , parmi lesquelles compte-t-on encore quatre thèses qu'il a fait soutenir dans les écoles, et qui sont de sa foçon :
I. Fit-ne sudor cruentus naturœ vi? [Aff.]; l5 janv. 1663. — II. Esl-ne febricilaiilibiis accomodatior diluti in aguâ paiiis, quàm carnis clixœ sorb/tio? (Aff.) ; 8 mars 1074. — III. Confcri-ne veniriculi moins ad elaborationcm clnjU [Aff.]; 50 janv. 1681. — IV. An roc tabaci usu frequenti vitœ summa brevior? [Aff.]; 29 mars 1699. Cette dernière thèse a été soutenue de nouveau le 29 mars 1735, par .\ntoine Ferreix. Le Camus en a donné un extrait dans le Journ. économ., p. 122, 1755. Elle a été traduite par Nicolas An-brt. et cette traduction se trouve à la fin du second volume de La génération des vers, p. 810. et p. 554 du Journal des savants. — V. Observations sur le bled cornu en ergot, et sur l'espèce de qangr'ene qu'il procure à ceux qui en mangent la farine. In Hist. de VAcad. des se., p. 61, 1710. — Vî. Réponse de M. Fagon... à l'abbé Bourdclol sur la maladie, et la mort de M. le Duc de la Roche foucaidd. Paris, 1680. — VII. lsouvcUcs réflexions pour se servir utilement du quinquina. A la fin du livre touchant le quinquina, par Talbot ; Paris, 1703, in-8°. A. C.
FiiGUER (Les deux). Ce nom appartient à deux frères, qui furent tous deux membres de l'Académie royale de chirurgie. Louis en ti lu l'éloge dans la séance publique de cette Société du 5 avril 1788.