‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.37Chapitre 17 sur 65 · FAILLE · texte numérisé non relu

FAILLE

voit, assez arbitraire et loin de rinvarial)lc fixation de celle des thermomètres Piéaumur et centigrade, dans lesquels le point de départ indique le degré où l'eau passe à l'état de glace. -L'espace compris entre les deux points dont nous venons de parler, plus grand que celui de nos thermomètres , est divisé en 212 degrés, de manière que le oS*" degré réponde à 0 centigrade et Réaumur, et le 180'' à 100 et 80 {voy. l'article thermomètre de ce Dictionnaire). A. C.

F^iiRE;\nORST (Alexandre), médecin allemand, né à Insterburg (Prusse), vers 1780, devint conseiller auliquc en 1828; il était médecin pensionné de sa ville natale et de tout le cercle d'Insterburg. Fahrenhorst est mort en 1856, laissant divers écrits parmi lesquels :

1. Grosse Wirksamkeil des rolltcn Piàcipihi/s, iiac/t vrif/cb/ic/iem Gebrauch andcrer Mercnriahnillel. \n Hiifelauds Journal dcr Ile/lktmde, t. LXÏI, p. 125, 126; 1825. — II. Ucbcr Delirium iremens, nebst MiWieilungen einer îiranherujescliiclde. In Rust Magaz. fur Heilkunde, t. XX, p. 558-566 ; 18-25. — III. Mitthcilung eiiies Faits von Arsenikvergiftung . Ibid., p. 485-499. — IV. GlûcklicJier Ausgaiig einer Vereilcrung des linken Ovarium, mitlelst Abfluss des Eiters durch dm ebenfalls abscedirlen Annidus Abdominalis. Ibid., p. 574-576.

— V. Fall einer Vergiffung durch Hellcborus nlgcr. Ibid., t. XXIII, p. 190, 191; 1826. — VI. Fall von Ueberfruchtung bel einer einfachen Gebârmutter, t. XXIV, p. 591, 592. — Vil. Bcgutachtung iiber die zweifelhafte Todesart cines, nach einer Schlàgerei in's Wasser gesiiirzten, imd leblos lierausgezogcnen Mannes. In llenke's Zeilsshrift fur Staatsarzneikundc, t. XIV, p. 591-410; 1827. — VIII. Srlbslmord, ivehiier ersi nach verscldcdenen fehlgeschhigcnen Versuchen gelang. Ibid., p. 411-422. — IX. Gcrich/sârziliches Gidachten iiber die Todesarl des Chrisloph Atbuszatis, p. 144-156, 1829. — X. GericldsârztUches Gutachten ùber einen Selbs/mord durch cincn Mcsserstich bcwirkt. Ibid., t. XVIII, p. 411-425. — XI Gutachten iiber die Todesart eines erstickten Kindes. Ibid., t. XXI, p. 500, 1850. — XII. Taubstummheit durch Naturkrise gelieilt. In HufelamV s Journal, t. LXXVI, p. 150, 1835.

— XIII. Fall einer schweren Kopfverlclzung , etc. In Pucst's Mag. de lieilk, XXKIX. p. 578, 1835. — XIV. Gericktsàrztl. Gutachten iiber ein ersticktes neugeb. Kind. Ibid., t. XL, p. 431. 1855. — XV. Mumniificalion des linken Unterschenkels, etc. In Preuss. med. Vereinzeit., t. V, p. 228, 18">6. — XVI. Autres articles du Rust's Mag., Henke's Zeitschr., etc.

FAILLE (Clément de la). Naturaliste, né à La Rochelle dans le dix-huitième siècle, fut d'abord avocat au Parlement de Toulouse , ensuite contrôleur des guerres. Il profita des loisirs que lui donnait cette dernière place pour se livrer à son goijt pour les sciences naturelles. Son peu de fortune l'obligea de retenir dans ses cartons un assez grand nombre de mémoires, dont on n'a guère que des extraits. Tels sont :

Une Conchyliographie , ou Traité général des coquilles de mer... du pays d'Aunis, in-4°. (On en a extrait deux dissertations imprimées dans les Mém. de l'Académie de La RocJielle, et dans le Mercure de France, sept. 1751.)

Un Mémoire sur les pierres figurées du pays d'Aunis, 1. in-4". (Extrait dans le Mercure de France, octobre 1754.)

Un Mémoire sur les pétrifications des environs de La Rochelle (imprimé dans VOryctologie d'Argenville).

Un Essai sur l'histoire naturelle de la taupe, et sur les différents moyens de la détruire. La Rochelle, 1768, in-J2, 1769, in-S"; Irad. en allemand; Francfort, 1778, in-8°.

Un Mémoire sur les moyens de multiplier aisément les fumiers dans le pays d'Aunis (imprimé dans le Journal économique, se[)l. j(%2).

FAIM ET SOIF. Chacun sait que la faim est la sensation du besoin de manger et la soif celle du besoin de boire. Ces deux sensations sont de l'ordre (le celles que nous appelons internes, parce que nous les éprouvons sans l'intervention des agents extérieurs. Elles sont toutes deux relatives à la nutrition et indiquent que la composition du sang s'est appauvrie. Elles avertissent l'homme et les animaux de la nécessité de réparer les pertes de l'organisme, en lui resti- Uvdni des matériaux solides et liquides.

Nous réunissons, dans un seul et môme article, les deux questions de la l'aim et de la soif, quoique, dans un dictionnaire, il semble que chaque mot doive être traité à sa place par ordre alphabétique. Eu agissant ainsi, nonseulement nous éviterons des redites ou des renvois, mais encore nous rendrons plus facile la comparaison entre deux sensations de même nature, et les détails dans lesquels nous entrerons au sujet de l'une d'elles nous permettront d'être plus bref au sujet de l'autre.

Cet article sera consacré uniquement à la physiologie, c'est-à-dire à l'étude de la faim et de la soif considérées comme besoins normaux de l'organisme. On trouvera aux mots Akorexie, Boulimie, Malacie, l'histoire des anomalies provenant soit du défaut, soit de l'excès d'appétit, soit enfui de la perversion du goût. L'article Appétit contient les préceptes qui doivent guider le médecin praticien dans l'application des données que peut fournir cette sensation. Enfin le lecteur se reportera aux mots Famine et Inanition pour l'exposé des phénomènes qui se présentent à la suite d'une longue privation d'aliments. Ces phénomènes ne sont nullement la conséquence de la faim ni de la soif; ils proviennent seulement du défaut d'alimentation et ne sauraient être étudiés ici. Notre cadre se trouve ainsi nettement tracé. Après avoir décrit les sensations de la faim et de la soif, nous les analyserons et les comparerons, cherchant ensuite à quoi il faut rapporter l'une et l'autre.

A. Considérations générales. Depuis la naissance jusqu'à la mort, la faim et la soif exercent sur nous leur empire. C'est par un véritable instinct et non par le fait d'un raisonnement que nous sommes portés à introduire des substances alimentaires dans le tube digestif. Les nouveau-nés des mammifères savent saisir le mamelon aussitôt après la naissance; le moineau qu'on nourrit ouvre largement le bec au moindre ébranlement que l'on communique à son nid ; le poussin qui sort de l'œuf va chercher sa nourriture. Cet instinct est encore plus précoce, chez les marsupiaux, où Yemhryon se fixe à la tétine de sa mère, dans la poche marsupiale.

Les malheureux qui endurent le supplice de la faim ou de la soif cherchent, par tous les moyens, à apaiser des besoins qui semblent devenus irrésistibles.

Humboldt raconte, dans son Tableau de la ISature, que certains peuples trompent la première sensation de la faim en introduisant de l'argile ou d'autres substances inorganiques dans les voies digestives. On parle d'individus qui ont bu leur urine pour étancher leur soif dans le désert. Le liquide fétide que contient l'estomac du chameau a quelquefois servi à apaiser la soif des voyageurs dans des circonstances analogues. Souvent la faim seule, malesuada famés, suffit à entraîner l'homme au delà du respect de la loi. Les statistiques ont, en effet, démontré que les crimes contre la propriété augmentent pendant les années de disette.

L'histoire tragique d'Ugolin, immortalisée par les vers du Dante et tout récemment par le marbre de Carpeaux, est connue de tous. On n'a pas oublié

non plus les horreurs du naufrage de la Méduse. L'amour maternel luimême s'est vu dompter par les angoisses de la faim, témoin cette mère qui disputa son enfant à des soldats affamés pour en faire sa pâture. Il faut bien admettre un trouble intellectuel profond pour pouvoir expliquer de pareilles atrocités.

Les sensations de la faim et de la soif peuvent cependant trouver chez l'homme un frein qui réprime quelquefois des impulsions auxquelles ne saurait résister la brute. Nous n'en voulons pour preuve que l'histoire des mineurs de Bois-Monzil : « Huit mineurs, dit Soviche, restèrent enlermés pendant cent ' trente-six heures dans une houillère. Dès le premier jour ils s'étaient partagé une demi-livre de pain, un morceau de fromage et deux verres de vin que l'un d'eux avait apportés dans la mine et qu'il ne voulut point garder pour lui seul ; et deux autres, qui avaient mangé avant d'entrer dans la mine, ne voulurent point prendre part à la distribution, disant qu'ils ne devaient pas mourir plus tard que les autres. » Voilà un épisode consolant qui montre que la raison est capable de détourner les conséquences aveugles de l'instinct, et que de nobles sentiments peuvent commander aux besoins les plus impérieux qu'il soit donné à l'homme de ressentir.

B. Faim. Dans le langage ordinaire, on confond la faimel Vappétit. Cependant une distinction peut être établie, car la sensation de la faim est, en général, plus ou moins pénible, tandis que l'appétit (de appetere, désirer) se rapporte toujours à une sensation (appétence) vers mie certaine catégorie d'aliments. Il y aurait donc, dans l'appétit, une légère tendance à la gourmandise. Toujours est-il qu'on peut avoir faim sans avoir appétit, c'est-à-dire qu'on a besoin de manger, pour réparer ses forces, sans désirer un mets plutôt qu'un autre. Inversement, on peut avoir appétit sans avoir faim, en ce sens que, par pure gourmandise, on peut désirer un aliment dont on n'a nul besoin. Cette distinction est, au fond, tout entière contenue dans la vieille maxime relative à ceux qui vivent pour manger et à ceux qui mangent pour vivre. Les premiers satisfont leur appétit ; les seconds apaisent leur faim. Les uns recherchent l'agréable ; les autres n'ont en vue que l'utile. Nous croyons qu'il convient de joindre l'utile à l'agréable, et cela est démontré scientifiquement. On sait, en effet, que l'appétence fait non-seulement venir l'eau, c'est-à-dire la salive, à la bouche, mais encore le suc gastrique à l'estomac (Blondlot). Brillât-Savarin a donc eu raison de dire que, sous l'influence de l'appétit, « toutes les puissances digestives se mettent sous les armes, comme des soldats qui n'attendent plus que le commandement pour agir. »

Symptômes. Quiconque a éprouvé la sensation de la faim sait très-bien qu'elle se fait tout d'abord sentir dans la région épigastrique. On éprouve des tiraillements d'estomac, et si l'on ne se rend pas à cette première sommation, la sensation devient plus intense. Elle peut même dégénérer en une véritable douleur ; l'estomac semble alors déchiré par des tenailles (Savigny), un violent mal de tête survient, des mouvements bruyants se passent dans l'intestin, puis arrive l'horrible cortège des phénomènes de l'inanition {voy. ce mot).

C'est en vain que Schiff dit avoir interrogé les militaires les moins instruits qu'il a pu trouver, pour savoir où ils sentaient la faim. « Plusieurs, dit-il, m'indiquèrent vaguement le cou ou la poitrine ; vingt-trois, le sternum ; quatre ne surent localiser la sensation dans aucune région déterminée, et deux seulement me désignèrent l'estomac comme siège de la faim. C'étaient deux infir-

miers ayant par conséquent une teinte des connaissances anatomiques. » Schiff conclut de là que « l'estomac est le plus rarement désigné comme siège de la sensation. »

Nous nous permettrons d'être d'un avis opposé à celui du savant de Florence, car nous avons trop de fois éprouvé, par nous-même, le peu de foi que l'on doit ajouter à des indications données par des ignorants. L'observation des phénomènes les plus simples ne peut être faite un peu sérieusement que par des hommes dont l'attention est susceptible de se fixer. Tous ceux qui ont inten-ogé des malades ou même seulement demandé leur chemin dans une ville étrangère savent qu'on ne peut guère tenir compte des indications de la plupart des gens du peuple, carie plus souvent elles sont inexactes. Du reste, Schiff ne s'est adressé qu'à un très-petit nombre de sujets, et nous préférons de beaucoup la réponse des deux intirmiers, par ce seul fait qu'ils étaient plus intelligents et surtout plus observateurs. D'ailleurs, les expressions vulgaires « avoir mal à l'estomac, avoir des crampes d'estomac » pour désigner qu'on a besoin de manger, ne disent-elles pas clairement que ce besoin part de la régioji stomacale. Mais il faut remarquer que la sensation de la faim n'est pas une et simple : c'est plutôt un ensemble de sensations dont chacune traduit la nécessité de réparer une partie du corps. Cependant le premier organe qui a faim, c'est l'estomac, et, comme le dit très-bien Fonssagrives : « A l'appétit de l'estomac succède l'appétit de la nutrition qui est lui-même la résultante de l'appétit de chaque organe en particulier. » Au surplus, nous avons vu, nous-même, des enfants ne sachant pas encore • parler et qu'on n'accusera certes pas d'avoir des connaissances anatomiques, frapper à coups redoublés, de leurs petites mains, la région épigastrique pour indiquer qu'ils avaient faim et cesser leur manège aussitôt qu'on leur avait donné à manger.

La sensation gastrique de la faim ne peut pas plus servir à localiser celle-ci que la démangeaison des paupières, dans le besoin de dormir, ne peut indiquer le siège du sommeil. La faim et le sommeil sont deux expressions d'un éiat général, et, de même qu'avec un peu d'eau froide appliquée sur les yeux on chasse le sommeil pour un instant, de même aussi, en introduisant des corps inertes dans l'estomac, ou encore, en exerçant une compression sur l'èpigastre au moyen d'une ceinture serrée autour des reins, on peut faire disparaître momentanément la sensation gastrique. Que des remèdes locaux fassent disparaître des sensations locales, cela se comprend ; on substitue une sensation à une autre, on exerce une action qui masque, pour un moment, la réaction d'un organe; mais le remède n'est pas radical. Malgré l'humectation des yeux le sommeil revient; malgré l'irritation soit de la peau, soit de l'estomac par la ceinture ou les corps inertes, la sensation de la faim recommence, plus vive, plus douloureuse et de moins en moins supportable. Ur ce seul fait que l'intensité de la faim augmente, quoique l'état de l'estomac ne change pas, suffit à affirmer que la faim a une origine générale, qu'elle provient de l'appauvrissement du sang qui affecte de plus en plus les centres nerveux. Les fumeurs nous donnent tous les jours une preuve à l'appui de cette hypothèse qui est la seule rationnelle et la seule vraie. Ne sait-on pas que l'action de la fumée de tabac sur les centres nerveux amortit la sensation de la faim? L'opium agit de même. Veut-on maintenant des preuves tirées de la pathologie? Dans certaines affections du système nerveux central, les malades sont tourmentés par la faim, alors que l'estomac contient encore des aliments. Enfin l'on a vu des aliénés

chez lesquels la seiisulion de la faim avait disparu, au point qu'ils se laissaient mourir d'inanition.

Ces exemples prouvent bien que la faim est un besoin général et qu'il nt faut pas chercher à la localiser dans un organe spécial. Du reste, le rapide coup d'œil que nous allons maintenant jeter sur les différentes théories émises jusqu'à ce jour sur la faim affirmera encore davantage la justesse de cette assertion.

Diverses théories émises soit au sujet du siège, soit au sujet de la cause de la faim. Une des théories qui ont régné le plus longtemps est celle qui attribuait à la vacuité de l'estomac l'origine de la sensation de la faim. Mais on sait, d'après les observations de Beaumont sur un sujet porteur d'une fistule stomacale, que l'estomac est vide plusieurs heures avant l'apparition de la faim. Bien plus, l'estomac du lapin ne se vide jamais complètement, même quand on laisse l'animal mourir d'inanition. Si la théorie en question était vraie, le lapin ne devrait donc jamais avoir faim.

On a voulu aussi attribuer la sensation de la faim aux contractions de l'estomac vide qui comprimeraient, soit la membrane muqueuse, soit les nerfs sensibles de l'organe. Mais les contractions des muscles de l'estomac sont beaucoup plus rares et moins énergiques quand il est vide que lorsqu'il est plein, et alors la sensation de la faim devrait être plus intense pendant ou après le repas qu'avant celui-ci, ce qui n'est pas.

Beaumont attribuait la sensation de la faim à la réplétion des conduits du suc gastrique par ce liquide. Or il est démontré maintenant que la sécrétion du suc gastrique n'a pas lieu pendant l'abstinence, et même aurait-elle lieu, on ne comprend pas pourquoi ce. suc ne s'écoulerait pas librement dans l'estomac vide.

Quant à la théorie qui suppose que la sensation gastrique de la faim est due à l'irritation de la muqueuse par le suc gastrique, elle tombe d'elle-même devant ce fait que le liquide qui s'écoule par la iistule gaslrique d'un animal est à peine acide, quelquefois neutre ou même alcalin quand l'estomac est vide, tandis que le liquide extrait de l'estomac plein offre une réaction fortemeni acide (Schiff). Il n'est donc pas raisonnable de vouloir expliquer la sensation de la faim par l'action d'un liquide qui n'agit que lorsque l'estomac est plein.

On ne doit pas attacher plus d'importance à la théorie qui rapporte la sensation de la faim au reflux de la bile dans l'estomac. Effectivement, celte déviation dans le sens de l'écoulement de la bile ne se produit qu'accidentellement, et la présence de ce liquide dans l'estomac, loin de donner envie de manger, supprime au contraire l'appétit et peut même occasionner des vomissements.

On a voulu savoir si la section des nerfs de l'estomac supprimerait la sensation de la faim. L'expérimentation permet de donner une réponse négative. En effet, Leuret et Lassaigne ont fait voir, sur le cheval, et Sédillot a montré, sur le chien, que le besoin des aliments persiste après la section des nerfs pneumogastriques. Schiff a sectionné sur le lapin, non-seulement les pneuniogasti'iques, mais encore les sympathiques, et l'animal a continué à manger, après qu'il a été remis de la fatigue de l'opération. On ne peut même pas objecter à cette démonstration que l'animal continue à manger pour satisfaire la sensualité gustative, car Longet a coupé de chaque côté, sur des chiens, les nerfs du goût ainsi que les nerfs vagues, et il a vu que, dans ces conditions, les chiens ont

mangé, sans dégoût, des substances alimentnires mélangées à une décoction de coloquinte.

Mais toutes ces expériences ne prouvent pas que la sensation locale ou gastrique persiste après la section des nerfs de l'estomac; elles démontrent seulement que l'animal continue à manger, et on peut toujours supposer qu'il jic cherche alors qu'à apaiser le besoin général de l'organisme.

Ce besoin général, pour être calmé, exige que la digestion et l'absorption se tassent régulièrement. Morgagni a vu la faim-valle se déclarer chez un individu atteint d'engorgement tubci'culeux des glandes mésentériques. Morton a observé la môme conséquence résultant d'une l'iqjture du canal thoracique. L'appareil absorbant étant intact, si le tube digestif vient à être perfore en un point voisin de l'estomac, dans le duodénum, par exemple, de manière à laisser échapper la nourriture, ou bien encore si ce tube est inapte à effectuer convenablement la digestion, aussitôt la faim devient intense. Il suit de là que c'est dans le sang qu'il faut aller chercher la raison de la faim : aussi peut-on, en injectant dans les veines des matières nutritives appropriées à l'organisme, nourrir un animal sans qu'il manifeste le besoin de manger.

Dans le cas où les nerfs de l'estomac serviraient à transmettre la sensation locale de la faim (ce qui est très-probable), on ignore complètement quelle partie des centres nerveux serait chargée de la percevoir. Il est impossible d'admettre, avec Combes, un organe de V alimentai ité (-\wi appartiendrait au cerveau proprement dit, car les fœtus anencéphales, malgré l'absence complète du cerveau et du cervelet, peuvent vivre pendant plusieurs jours et prennent le sciu de leur nourrice.

Conclusion. En résumé, la faim est caractérisée pai' un ensemble de ^cli5cltions dont la première est locale et épigastrique, tandis que les autres expiiment un besoin général. La faim est la conséquence de l'appauvrissement du sang et persiste après la section de tous les nerfs sensibles de l'estomac. On peut la calmer et même la faire disparaître en injectant, dans le sang, des substances nutritives convenablement préparées.

Influences de diverses conditions ou circonstances. Nous ne saurions enti'er à ce sujet dans de grands développements.

1° Age. Chez l'homme adulte et bien portant, la faim se fait sentir deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures. Les enfants et les jeunes gens, qui ont non-seulement à réparer des pertes, mais encore à croître, ont plus souvent faim que les adultes. Ceux-ci, dont les recettes et les dépenses corporelles sont égales, ont plus souvent fiiim que les vieillards, qui, à mesure qu'ils avancent en âge, subissent des pertes de plus en plus considérables par rapport aux acquisitions. En d'autres termes, et plus simplement, l'appétit augmente et diminue avec l'activité nutritive.

2° Régime. Les herbivores ont plus souvent faim et mangent plus que les carnivores.

3" Exercice. La vie active accélérant le travail nutritif, et la vie sédentaire le ralentissant, il est clair que l'exercice augmentera l'appétit, et que l'ouvrieiaura plus souvent faim que le rentier.

¥ Température. Elle doit être considérée dans les deux milieux, l'un extérieur, l'autre intérieur, du conflit desquels résulte le fonctionnement de l'organisme. Chacun a remarqué, sur soi-même, que l'appétit augmente par les temps froids et diminue par les temps chauds. La raison en est qu'il faut lutter contre

IGO FAINE.

le froid du milieu extérieur par les aliments, dont la métamorphose produit de la chaleur dans le milieu intérieur. Chez les animaux à température variable, l'activité nutritive est beaucoup moins considérable en hiver qu'en été, et, par consécpient, contrairement à ce qui se passe pour les animaux à sang chaud, les animaux à sang froid mangent davantage pendant l'été que pendant l'hiver. Les mammifères hibernants ofirent, sous ce rapport, la plus grande analogie avec les animaux à sang froid.

C. Soif. Nous avons à distinguer ici, comme dans la faim, une sensation locale et un besoin général.

La sensation locale part du pharynx. L'arrière-gorge semble desséchée, et une chaleur inusitée ne tarde pas à s'y faire sentir. En même temps, la bouche devient pâteuse, l'haleine fétide. On peut calmer, pour un moment, la sensation pharyngienne par rimmectation do l 'arrière-gorge ou son contact avec un corps froid.

Longet a observé que les chiens auxquels il avait sectionné, de chaque côté, les nerfs glosso-pharyngien, lingual et pneumogastrique, ont continué à boire après l'opération. Nous ferons encore ici l'objection que l'animal auquel on a fait ces sections nerveuses peut fort bien ne plus éprouver la sensation locale de la soif et boire simplement pour satisfaire le besoin général.

La soif est due à la diminution de l'eau dans le sang. La preuve en est. comme l'a démontré Dupuytren, qu'on peut complètement désaltérer des chiens en leur injectant de l'eau dans les veines. Cl. Bernard a fait l'expérience suivante : on prive d'eau, pendant quelques jours, un chien à fistule gastrique, et on lui présente ensuite une certaine quantité de ce liquide, en ayant soin de déboucher l'orifice gastrique, de façon que l'eau s'écoule au fur et à mesure qu'elle arrive dans l'estomac. L'animal boit alors sans pouvoir se désaltérer, et la soif ne s'apaise que si l'on ferme l'orifice de la canule. Cette expérience prouve non-seulement que l'introduction de l'eau dans le sang est nécessaire pour faire disparaître la soif, mais encore qu'on ne saurait arriver à ce résultat par la seule humectation du pharynx.

Tout le monde s'accorde à reconnaître que la sensation de la soif est plus cruelle que celle de la faim. Si léger qu'il soit, le besoin de boire n'est jamais agréable, tandis que l'appétit l'est jusqu'à un certain point. Il a été constaté souvent que la mort, par privation de boissons, arrive plus rapidement que celle qui est occasionnée par le défaut d'aliments solides.

Enfin, il est à noter que si un nombre cojisidérable d'aliments peuvent calmer la faim, il n'y a que l'eau, seule ou associée à d'autres substances liquides, qui puisse apaiser la soif.

Il va sans dire que toutes les causes de déperdition d'eau dans l'organisme amèneront l'apparition de la soif. Ainsi, la suette, le diabète, une simple diarrhée, la saignée, l'usage d'aliments secs ou farineux ou salés qui enlèvent de l'eau à l'appareil circulatoire dans le tube digestif, sont autant de causes qui font naître le besoin de boire. Est-il nécessaire d'ajouter que l'état hygrométrique de l'air, l'élévation ou l'abaissement de la température, etc., ont de l'intluence sur la soif? Nous laissons de côté ces questions de détail, sur lesquelles il serait oiseux d'insister ici, et dont on trouvera immédiatement la solution, pour peu qu'on ait présents à l'esprit les principes fondamentaux que nous avons longuement établis dans le cours de cet article. G. Carlet.

FAI]\E. § I. Etotanique. Fruit àviFagus sylvatica L. ou Hêtre {voy. ce mot).

FAISA.V. • 161

§ II. Bromatologie. La faîne entre dans la nourriture des dnimaux, et même quelquefois de l'homme, principalement dans l'est de la France. Dans les Alpes , on en extrait une grande quantité d'huile qui peut être employée aux mêmes usages que l'hudle d'olive. Cette huile a un goût agréable et ne produit jamais d'accidents, tandis qu'on a vu le fruit, mangé en quantité un peu considérable, déterminer des douleurs gastriques, des vomissements et même des convulsions. Aussi y a-t-on soupçonné la présence d'un principe délétère ; mais ce principe, s'il existe, n'a pas été, que nous sachions, bien déterminé. D.

FAIRBJIIRIV (Les). Plusieurs médecins écossais, vivant au commencement de ce siècle, ont porté ce nom ; le plus connu d'entre eux est:

Fairbairn (PeTEn). Ancien chirurgien de la marine (1812), se iît recevoir docteur en médecine à Edimbourg, en 1819. Il était chirurgien au House of Refuge, membre des sociétés de médecine, de chirurgie et d'obstétrique d'Edimbourg, et membre du Collège royal des médecins de la même ville (1833). Cet habile chirurgien est mort il y a une dizaine d'années. On a de lui :

I. Disserl. inaucj. de morbo coxario. Edinburgi, 1819, gr. in-8'. — II. Case of Purpura hœmorrhagica terminatinq falally, wilh tlic Appearcnces on Dissection. In Edinb. Mcd.- Chir. Transaci., t. II, p. 157; 18'2(i. — III. Case of exlra-ulerine Conception. In Edinb. med. a. surg. Journ., t. LVII. p. T7; 1842. — IV. Case of Hydrocephalus. In Johnston's Journ. — V. Case of Suffocation. In Cormack's Journal. L. Hn.

FAISAIS. Le Faisan de la Colchide [Phasianus colchicus), qui vit dans une grande partie de l'Europe, au Caucase et dans les régions voisines de l'Asie, est une belle espèce de Gallinacés ayant le tour des yeux et les joues garnis d'une peau verruqueuse qui s'étend jusqu'à la base dénudée du bec ; ses ailes sont courtes et sur-obtuses, aussi a-t-il le vol lourd; sa queue est allongée, à pennes inégales, et disposées en toit. Il aime les bois, a des habitudes peu sociables et se nourrit de substances végétales, graines et fruits, ainsi que de vers et de colimaçons. Dans nos pays il est l'objet de soins particuliers et on le multiplie aisément dans les parcs et dans la partie des forêts dont la chasse est réservée. La beauté de son plumage et l'excellence de sa chair en font un gibier très-recherché. Le coq faisan a la tête et le cou verdâtres, ornés de reflets métalliques, et son occiput porte deux petites touffes de plumes qui le x'endent plus élégant encore ; ses tarses sont éperonnées. La femelle est roussâtre, maillée de noir ; les jeunes en diffèrent peu ; quant aux œufs, ils sont ventrus, d'un gris roussâtre ou olivâtre et sans taches.

Les femelles qui ont cessé de pondre prennent, dans certains cas, les ornements du mâle et aussi sa voix ; on les appelle Faisans-coquards.

Une espèce peu différente du Faisan de Colchide est Je Faisan à collier {Phasianus torquatus), qui s'étend eu Asie jusqu'en Chine et se distingue surtout par la présence d'un collier de couleur blanche.

D'autres oiseaux du même genre qu'on élève aussi en Europe depuis un temps plus ou moins long se font remarquer par la beauté de leur plumage ; tels sont en particulier le Faisan doré (Ph. pictus) et le Faisan argenté (Ph. nycthemerus). Il en a été importé de nouvelles plus récemment ; de ce nombre sont le Faisan vénéré ainsi que le Faisan d'Amherst, lequel est si remarquable par la richesse de son plumage.

Bien que les ornithologistes divisent les Faisans en plusieurs genres, ces oiseaux s'accouplent entre eux et les hybrides qui résultent de leur union sont

DICT. ENC. •*• s. L 11

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