POPULATION CE LANGUE SUEDOISE
{Nombres absolus).
Kyland 95 000
Aabo 52 OOO
Wasa 103 000
Ailleurs 6 000
FINLANDE (démographie). 207
Les Suédois de Finlande sont établis dans ce pays depuis la conquête de la Finlande (11 57-1 325), conquête bienfaisante d'ailleujs et nullement tyrannique, qui laissait aux Finlandais leur liberté politique et qui leur apporta la civilisation dont ils jouissent : leurs mœurs, leurs lois, leur constitution, leur religion (luthérienne), leur viennent également de la Suède.
La langue suédoise, parlée par un bon nombre de paysans, mais répandue surtout dans les villes, a longtemps été, en Finlande, la langue du commerce et de la bonne société. Depuis quelque temps, les Finnois s'efforcent d'abandonner cette langue qui les mettait en rapport avec l'Europe. Les publications scientifiques affectent de se publier en finnois ! Le résultat immédiat de cette bizarrerie est de stériliser absolument des travaux qui pourraient être glorieux pour la Finlande. Si c'est là du patriotisme, il faut convenir qu'il est bien mal entendu. Quel singulier avantage l'Académie d'Helsingfors trouve-t-elle à se rendre inintelligible à l'Europe entière, pour se mettre à la portée de quelques paysans, qui assurément ne se soucient pas d'elle ?
Cet avertissement était nécessaire, car les publications statistiques sont, comme les mémoires de l'Académie, écrites en finnois, et nous n'avons pu leur emprunter que leurs cbiffres. Nous avons pu trouver un traducteur pour les documents russes, et il nous est aisé d'utiliser de même l'excellente statistique Scandinave; mais les lecteurs de ce Dictionnaire nous pardonneront sans peine assurément de ne pas avoir réussi de même pour une langue altaïque aussi peu répandue.
Heureusement que M. Ignatius a écrit en français, à l'usage des étrangers, quelques brochures sur la statistique de son pays. Nous avons fait un usage fréquent de ce savant auxiliaire.
Les 4000 Russes que nous avons mentionnés (sans y comprendre la garnison} sont tous des marchands établis à Helsingfors, à Aabo, à Tavastehus et à Wiborg; quelques autres vivent sur la frontière. Les Allemands sont également des marchands établis à Helsingfors (400) et surtout à Wiborg (700). Quant auK Lapons, ils sont tous relégués au delà du 67'^ parallèle. On rencontre, en outre, quelques Tsiganes en Finlande.
Population suivant l'habitat. La population finlandaise est presque exclusivement agricole. Notre tableau, qui ne compte que 67 citadins sur 1000 habitants (au lieu de 121 en Suède), peut cependant être taxé d'exagérer leur nombre. Car sur les trente-trois endroits qualifiés villes par les Finlandais, plusieurs ne seraient regardés chez nous que comme de misérables villages. Saint-Michel, par exemple, n'a que 800 habitants; plusieurs en comptent moins encore. Sur 123 000 citadins que l'on comptait en 1865, 27 000 appartenaient à des villes de moins de 5000 habitants. Ces petites villes voient d'ailleurs leur population diminuer.
Considérées en nombres absolus, les populations des villes de Finlande augmentent notablement (l'accroissement a été de 38 500 hab. de 1840 à 1865). Mais là n'est pas la question. Pour savoir si la population finlandaise prend du goût à la vie urbaine, il faut voir si la population des villes a plus augmenté que celle des campagnes, mouvement qui ne s'est produit qu'avec lenteur.