SUR 1000 CONTRIBUABLES , COMBIEN ONT
Ds oO 000 à 100 000 francs de revenu annuel 0,4
Il n'y a d'ailleurs que 6 personnes qui possèdent plus de 100000 francs de revenu.
Mouvements de population. Par un hasard que nous regrettons, les documents finlandais qui nous sont communiqués portent sur une des plus tristes périodes de l'histoire de la Finlande. On sait qu'en 1866 et en 1867 le nord de l'Europe fut frappé par une effroyahle disette qui fit, en Suède et en Norvège, d'innombrables victimes. L'hiver fatal 1867-68 fut encore plus funeste à la Finlande. Il y produisit une famine épouvantable qui rappelle l'hiver si désastreux de 1709 en France. Les paysans n'eurent d'autres récoltes que les lichens et les écorces d'arbres qu'ils recueillirent dès le mois de septembre 1867, et telle fut la généralité du mal, que des hommes dévoués parcouraient les campagnes, au commencement de l'automne, poui' enseigner à ces malheureux le moyen de conserver pendant l'hiver et d'utiliser le mieux possible ces nourritures repoussantes. Pour comble de malheur, l'hiver, toujours féroce dans ces contrées, fut prématuré cette année ; les ports gelèrent plus tôt qu'on ne l'avait prévu, et les blés que l'on avait fait venir de l'étranger ne purent pénétrer dans le pays ; de grands sacrifices qu'avait faits le gouvernement se trouvèrent ainsi inutiles.
Les trois années 1866, 1867 et surtout 1868, nous présentent donc des mouvements de population très-aggravés : peu de mariages, peu de naissances, beaucoup de décès. Les années suivantes sont consacrées, suivant une loi constante en démographie, à réparer les vides énormes produits par cette famine. Nous y trouverons donc plus de mariages et de naissances que d'habitude. Voilà donc deux périodes anormales, l'une plus triste, l'autre plus favorable que d'ordinaire. Mais, à notre grand regret, l'état ordinaire de ces populations intéressantes ne nous est indiqué d'une façon détaillée que par l'année 1865; nous n'avons sur les périodes qui précèdent que des indications.
Dans l'étude des mouvements de population, nous considérerons donc sans cesse ces trois périodes : 1° Période normale 1865 ; 2" Période de disette 1866- 68; 5" Période de réparation 1869-75.
I. Matrimonialité. Les documents dont nous disposons ne nous permettent pas de calculer la matrimonialité des maiiables [voy. Mariage, p. 8) avant l'année 1865. Contentons-nous donc de comparer le nombre des mariages à la population générale. Ce rapport diminue avec régularité depuis le commencement du siècle.
En 1812-1820, il y a eu, en moyenne, chaque année, 8,9 mariages pour 1000 hab
Mais est-ce à une augmentation dans le nombre des enfants, est-ce à une diminution de la mortalité, ou bien est-ce réellement à un amour plus grand de la vie
302 FINLANDE (démographie).
conjugale que cet accroissement dans le nombre des mariages est dû? C'est ce que l'absence de documents plus analytiques nous empêche de reconnaître.
Le même rapport, calculé année par année pour les dernières années, nous montre que l'année 1865, que nous allons étudier plus particulièrement, présente notablement moins de mariages que les précédentes (6,96 mariages pour 1000 habitants au lieu de 7,7).
Si, au lieu de considérer ce rapport trop général, et dont on a vu l'imperfection démontrée à l'article Mariage, nous recherchons la matrimonialité spéciale des mariables, c'est-à-dire si nous comparons le nombre des mariages à la population capable de les contracter, c'est-à-dire aux veufs et célibataires adultes (15 ans à w), nous trouvons les rapports suivants :
Pour 1000 mariables des deux sexes 46 mariages en 1865.
Pour 1000 hommes mariables 30 —
Pour 1000 lilles adultes et veuves 42,4 —
L'inégalité de la chance de mariage des hommes et des femmes tient au grand nombre des veuves, classe de femmes qui se marient rarement :
Sur 1000 filles adultes 52,4 se sont mariées en 1863.
Sur 1000 veuves 12,88 — —
Ne perdons pas d'ailleurs de vue que l'année 1865, à laquelle nous sommes obligé de limiter nos calculs, comptait notablement moins de mariages que les années précédentes. Mais combien les années qui la suivent lui sont pourtant inférieures encore !