FLESSELLES
guère fait connaître que par des poésies et en particulier par des sonnets qu'on estime beaucoup en Allemagne » et que recueillit et fit imprimer Nibusé, un marchand de Revel, avec la fille duquel Flemming était fiancé. L. Hn.
Flemming (Carl-August). Médecin allemand, naquit à Kotschenbrode, près de Dresde, le 17 décembre 1755, et prit le bonnet de docteur à Wittemberg en 1798; il s'établit à Dresde, où il exerça la médecine durant de longues années. Flemming est mort le 16 septembre 1832, laissant :
I. Diss. inaug. de inoculatione variolarum epidemico contagio varioloso longe prœf'erenda. Vitebergœ, 1798, in-4''. — H. Einige Beohachtungen und Erfahrimgen ilber die schiitzende Kraft der Kulipocken gegen die Menschenpocken. In Dresd'ner gelehri. Anzeigen, p. 32, 1802. — III. Fine kurze Beschreibung des Yerlaufs der sogennanten falschen Spifzpocken, und deren U nterscheidungszeichen von den tcahren Menschenpocken. Ibid., p. 289, 1805. — IV. Grosser Nulzen des kitnsllichen Karlsbader ISeubrunnens und Sprudels, gegen ein mit Kràmpfen compUcirles matérielles Uterinleiden. In Hufeland's Journ. der Heilk. Bd. LXXI, p. 104, 1830. — V. Ein Beitrag zur genauern Diagnose grbsserer in den Gallengângen eingeklenimten Gallensteine und der dadurch gewdhnlich beivirklen sogcnannten Leberkolik oder Colica hepalica. Leipzig, 1832, in-8°. L. Hn.
Flemming (Ludwig-Ferdinand-Furchtegott). Fils d'un pasteur, naquit à Lausigk vers 1795 et se fit recevoir docteur en médecine à Leipzig en 1820; il alla exercer la médecine à Dresde et y remplit en même temps les fonctions d'accoucheur pensionné de la ville. 11 est connu par ses travaux d'accouchements ; nous citerons :
I. Biss. inaug. de signorum graviditatis et morborujn guorumdam graviditatem mentientium differenliis. Lipsiae, 18"20, in-i°. — II. Socero C. G. Pienitzio, etc.... hanc epistolatn offert gêner. Agititr de vilci et meritis beali J. Goltfr. Leonliardii. Dresdae, 1825, in-S". — III. Der Accoucheur als rathender und warnender Freiind. Ein Versuch. Dresden, 1830, gr. in-8°. L. Hn.
FLEilVNe (Màlcolm). Médecin anglais du dix-huitième siècle, paraît avoir fait une partie de ses études médicales à Leyde, où il se lia avec Boerliaave. 11 s'était retiré à Kington, dans le comté d'York. Il est connu par un poëme sur l'hypochondrie, ses recherches sur l'agent nerveux, etc. Nous connaissons de lui :
I. Nevropathia, sire de morbis hypochondriacis et hystericis libri III, poema medicum, cui prœmiltitur dissertatio epistolaris prosaïca ejusdem argmnenti. York, 1740, in-S". — II. Proposai for improving the Practice of Medicine, iUustrated hy an Exemple relating ta Ihe Small-pox. Huli, 1742, in-8°. — III. Critical Examination of an Imperfect Passage in Locke's Essay on the Human Understanding . Londres, 1751, in-8°. — IV. The Nature of the Nervous Fluid or Animal Spirits demonstrated. With an Introductory Préface prefixed. Londres, 1752, in-8°. — V. Syllabus ofthe Contents andOrder of a Course of Lectures on the Animal OEconomy. Londres, 1752, 1759, in-8°. — VI. De Francisci Solani inventis circa arteriarum pulsum et jjrœsagia inde haurienda jyrogramma; in quo ea secundum receptas in œconomia animali leges solvuntur et explicantur. Londres, 1753, in-4''. — VII. A Proposai in ordei' to demonstrate the Progress of the Distemper among Horned Cattle : supported by Facts. York, 1754, in-S" ; Londres, 1755, in-8°. — VIII. Observations proving that the Fœtus is in part nourished by the Liquor Amnii. In Philosophical Transactions, 1755, p. 254. — W. Discourse on the Nature and Cure of Corpulency ; iUustrated by remarkable Cases. Londres, in-8'', 1757, 1700, 1810. — X. Adhésions or Accretions ofthe Lungs to the Pleura considered; with their Effects on Respiration. In A Letter to Sir G. Baker. Londres, 1762 ; in-S". A. D.
FLESSELLES (PHILIPPE de). De la Faculté de Paris, reçu docteur le 28 octobre 1528, ce médecin, qui a joui dans son temps d'une grande réputation, et qui fut médecin de quatre rois, François P% Henri II, François II et Charles IX, devint professeur dans les écoles de la rue de la Bûcherie (4 nov. 1531), et mourut le 20 mars 1561. Ce fut l'église Saint-Geivais de Paris qui
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reçut ses dépouilles mortelles, ainsi que celles de sa femme, Guillemette de Macliaut. Sur lem- tombeau, placé dans la chapelle de la Madeleine, on grava l'inscription suivante :
Ci gist le corps de noble personne, maistre Philippe de Flesselles , en son vivant médecin ordinaire des roijs François 7", Henri II, François et Charles IX, qui décéda levendredij, !20™« jour de mars 1561, avant Pasques, Et damoiselle Guillemette de Machault, sa femme, laquelle décéda le 5""^ jour de novembre 1586. ( Arch. gén. LL 960, p. 862.)
Marie de Flesselles, fille de notre médecin, épousa, en premières noces, Jacques Ganape, fameux avocat au parlement, et en secondes noces, Sulpice Rigaut, docteur en médecine de la Faculté de Paris.
Philippe de Flesselles est auteur de l'ouvrage suivant :
Introduction pour parvenir à la vraye connaissance de la chirurgie dogmatique. Paris, 1635, in-12; chez Pierre Taiclia'r. A. G.
FLET [Pleuronectes flesus, L.). C'est un poisson du même genre que les plies et qui prend place avec elles dans la famille des Pleuronectes. Il remonte assez haut dans les rivières; sa chair-est estimée. P. Gerv.
FLÉTAK {Pleuronectes hippoglossus, L.). Autre espèce alimentaire de la famille des Pleuronectes, qui est devenue le type du genre Hippoglossus de Cuvier ; elle acquiert une assez grande taille, surtout dans la mer du Nord et à Terre- Neuve. P. Gerv.
FLETCHER (Les) . Un très-grand nombre de médecins anglais ont porté ce nom ; nous ne citerons que :
Fletcher (John). Éminent médecin anglais, naquit à Londres en 1792; fils d'un honorable négociant de Londres, qui le destinait au commerce, il fit cependant des études sérieuses, et, à un moment donné, laissa là la vie mercantile, qui lui déplaisait, pour étudier les sciences et les lettres. 11 suivit les cours de médecine d'Abernethy et de Charles Bell à Londres, et en 1813 se rendit à l'Université d'Edimbourg, dont la réputation attirait alors des élèves de toutes les parties de l'Angleterre. Reçu docteur en médecine en 1816, il se proposait de s'établir dans la métropole, mais la perte de sa fortune l'empêcha de donner suite à son projet. Il retourna à Edimbourg et y institua des cours particuliers de médecine; les élèves affluèrent à son école. A cette époque l'enseignement et les examens se faisaient en latin ; Fletcher dut en partie son succès à la connaissance profonde qu'il avait de cette langue et à l'élégance avec laquelle il la parlait. Étant encore élève, il avait déjà publié les Rubi Epistolœ Edinburgenses, lettres pétillantes d'esprit, et témoignant chez leur auteur d'une connaissance parfaite du gi'ec et du latin ; ces lettres renferment des renseignements précieux sur les mœurs des étudiants et sur les mérites des professeurs d'Edimbourg au commencement de ce siècle. En 1822, il publia un autre petit volume en latin, intitulé Horœ subsecivœ, et résumant quelques-unes de ses observalions critiques sous forme de dialogue.
La réputation de Fletcher alla en grandissant, et en 1828 il fut appelé à enseigner la physiologie, et peu après la médecine légale à l'Ér dIc de médecine d'Ârgyle-Square ; il enseigna ces deux branches des sciences .nédicales avec un talent qui fut rarement égalé et jamais surpassé en Angle' rre, dit son biogra-
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phe, Lewins, de Leith. Au commencement de 1836, il inaugura des leçons populaires sur la physiologie, mais son état maladif ne lui permit pas de continuer son cours, et il fut emporté le 10 mai de la même année, âgé seulement de kk ans, par une affection inflammatoire des poumons.
Fletcher a laissé des ouvrages d'une grande valeur sur la physiologie. Nous citerons de lui :
I. Diss. inaug. de rei medicce vicissitudinibus. Edinburgi, 1816, gr. in-S». — II. Ilorce suhsecivœ. Edinb., 1822, in-12. — III. Discourse ontlie Importance of the Study of Physiology. Edinb. (1828?). — lY. On llie In/lucnce of the Iroubled Miiid on Health. London, 1855, in-8°. — Y. Remarks on the Trial of Robert Reid for the Murder of his Wife, etc. Edinb. 1855, in-8°. — YI. Rudiments of Physiology, or a gênerai Treatisc on Organism and Life, introductory to a detailed Description of the Individual Functions of Man. Edinb., 1835-36, in-8°. — YII. Course of Study pursued by his Private Pupils. In London Med. a. Surg. Journ., 1856-37. — VIII. Notes of Lectures on Physiology, delivered in tlie Argyle- Square School of Medicine at Edinb. Ibid., 1856-37. — IX. Vicies Sprechen ist gesund. In Rehrend's wôchentliches Repertorium. Bd. lY, p. l'jS, lô37. L. Hw.
Fleteher (Frederick-Dicker). Né dans les provinces méridionales de l'Angleterre en 1827, fit ses études médicales à University Collège, à Londres ; nommé d'abord chirurgien [house-surgeon] à l'hôpital d'University Collège, puis, en 1849, à l'infirmerie royale de Liverpool, il quitta peu après cet emploi pour accepter celui de professeur d'anatomie et de physiologie à l'École de médecine annexée à l'infirmerie royale ; il professa pendant plusieurs années et avec le plus grand succès, car il était non-seulement un démonstrateur habile et disert, mais encore un excellent dessinateur, et ses dessins faits au tableau et coloriés faisaient toujours l'admiration de son auditoire. Par la suite, Fletcher devint chirurgien honoraire des dispensaii'es de Liverpool, chirurgien au Woi'khouse-Hospitalei'd VEverton Inslitiition for infections Diseuses. Membre du Collège royal des chirurgiens depuis 1849, membre de la Société médicale anglaise de Londres, secrétaire de la Société de médecine de Liverpool, il fonda le Liverpool Medic.-Chir. Journ., et en fut l'un des rédacteurs les plus assidus pendant les deux ans que vécut ce journal. C'est là qu'il publia son Médical History of Liverpool, écrit avec une élégance de style remarquable. La même distinction de style se retrouve dans les correspondances médicales qu'il adressait de Liverpool au Medic. Times and Gazette. Mais à toutes ses qualités comme professeur, comme écrivain et comme chirurgien, Fletclier joignait un caractère aimable et bienveillant, une bonté d'âme inaltérable, une sérénité à laquelle porta à peine atteinte la cruelle maladie dont il se savait atteint, et qui devait l'emporter. Phthisique, il entrepint en 1864 un voyage en Australie, en qualité de chirurgien, à bord du Royal Standard ; il a publié la relation de ce voyage : « ISotes of a Voyage to andfrom Australia {Médical Times a. Gaz., t. 11, p. 558, 592, 645, 1866) ; cette publication est anonyme. A son retour il ne put reprendre ses diverses fonctions, et se retira à Southport où il mourut le 18 octobre 1866, âgé seulement de trente-neuf ans. Nous citerons encore de lui :
I. John Hunter, his Life and Works. Liverpool, 1854, in-S". ^- IL On Homoeopathy at Liverpool. In Med^ Tim. a Gaz., t. II, p. 667, 1858, et t. I, p. 42, 74; 1859.
Fletcher (John-Wells). Autre chirurgien anglais qui promettait beaucoup, mourut le 16 juin 1865 à Upton on Severn, Worcestershire, à l'âge de trentesix ans. Il avait fait ses études à S .-Bartholonieti)' s Hospital, puis était devenu chirurgien {hou. .-surgeon) au même hôpital; en 1852, il fut agréé comme membre du Gollég royal des chirurgiens. Il a publié dans les Ahernethij Trans-
actions un mémoire intitulé : Case of Malignant Diseuse of Ihe Cranium, et dans le Médical Times a. Gaz. (t. I, p. 594, 1854) un autre : Case of stranyulated Fémoral Hernia. L. Hn.
Fletcher (James-Ogden). Né à Prestwicli, dans le Lancashire, en -18!24, commença sa carrière médicale comme élève du docteur J. Goodman, de Salford, puis étudia sous la direction de son oncle, J. Ogden, puis sous celle de Lumb. Il consacra Une grande partie de son temps à l'étude de la chimie et de la botanique et devint d'une force peu commune dans ces deux sciences. Il continua ensuite ses études médicales à l'école de médecine de Mancliestei' et se distingua par ses aptitudes remarquables. Son grade de docteur une fois conquis, il s'étaljlilt à Manchester même, et dans une épidémie de fièvre typhoïde qui l'égnait à ce moment fut préposé à l'un des hôpitaux temporaires constitués à cette occasion ; il paya lui-même son tribut à la terrible maladie.
Lorsque fut établie l'école de médecine de Chatham-Street, Fletcliei' y devint professeur d'anatomie conjointement avec son frère, Shepherd Fletchei'. Il réussit très-bien dans son enseignement qu'il continua jusqu'à l'époque de la fusion des deux écoles de médecine de Manchester. En 1865, il fut nommé chirurgien consultant de la compagnie des chemins de fer de Manchester, Sheffield et Lincolnshire. Là un nouveau champ d'observation se présentait à lui ; il ne se fit pas faute d'en profiter et publia deux ou trois ans après sa nomination son ouvrage bien connu : « Railways in their Médical Aspects. London, 1868. » Il a publié en outre divers articles sur la fièvre typhoïde, sur le passage du plomb dans l'urine, sur la présence du sucre dans les différentes sécrétions, etc., dans le Med. Times a. Gazette.
Enfin, pendant un certain nombre d'années, Fletcher prit une part active aux travaux de la Manchester Médical Societij, qu'il présida en 1869 ; il prit part également aux travaux de la Medico-Ethical Society. De plus il était fellow du Collège royal des chirurgiens .
Ce savant médecin mourut en décembre 1874. L. Hn.
FtJBURtSTES (HvGtÈNË propëssionnelle). L'industrie du fleuriste comprend à la fois la fabrication des fleurs et feuillages artificiels et l'apprêtage des étoffes et des herbes destinées à cet usage. De là, deux catégories d'ouvriers : les apprêteurs et les fleuristes.
L'apprêtage a pour effet de donner aux étoffes la coloration nécessaire. On emploie pour cela des couleurs le plus souvent nuisibles, entre autres les verts arsenicaux, tels que le vert de Schweinfurt (arsénite de cuivre) et le vert anglais (arsénite de cuivre mélangé en proportions variables à l'acétate de la même base). Le vert de Schweinfurt est le plus communément employé. Le maniement de cette substance dangereuse est encore aujourd'hui, malgré les recommandations adressées aux fabricants, la cause principale des accidents que l'on rencontre chez les apprêteurs fleuristes et les préparateurs d'herbes artificielles.
Nous n'avons pas à revenir ici sur les lésions spéciales déterminées par l'action des sels arsenicaux : elles ont été décrites à l'article Arsenic de ce Dictionnaire. Nous devons insister avant tout sur les opérations qui mettent les ouvriers en contact avec la substance toxique, afin de pouvoir y opposer les prescriptions hygiéniques alï'érentes à chacune d'elles.
La série des opérations par lesquelles les apprêteurs de toiles destinées à la fabrication des feuillages artificiels sont particulièrement exposés à l'action nuisible des matières colorantes sont : la préparation de la pâte, l'application de la pâte sur l'étoffe, le battage de l'étoffe, le séchage et le pliage de l'étoffe.
La préparation de la pâte se fait en malaxant à la main le vert de Schweinfurt déjà traité par l'eau dans une dissolution d'amidon assez épaisse et cependant assez liquide pour être étendue facilement sur l'étoffe ; ce travail de la pâte constitue un véritable barbottage à la main ; les doigts et les avant-bras des ouvriers sont littéralement inondés du mélange toxique.
L'application de la pâte sur l'éLoffe se fait soit à main nue, soit à l'aide d'un gros pinceau ou d'une brosse. Dans le premier cas, après avoir aspergé l'étoffe avec de la pâte, l'ouvrier la bat entre ses mains afin d'y faire pénétrer la couleur dans toute son étendue ; celte seconde opération entraîne les mêmes inconvénients que le travail de la pâte. Dans le brossage, l'ouvrier est, de plus, exposé à des éclaboussures nombreuses qui jaillissent jusque sur son visage.
Une fois l'étoffe bien imprégnée de sa couleur, elle est tendue sur des cadres en bois où elle est fixée par des pointes, afin de la faii'e sécher. Avec cette opération, une condition nouvelle et grave d'accidents apparaît; la multiplicité des pointes aiguës fixées sur le bord des cadres en bois devient une cause presque inévitable de piqûres et de blessures multipliées sur la peau, par où s'inocule la solution liquide encore ou la poudre desséchée du sel arsenical.
Quand l'étoffe est séchée, on procède au pliage ; ce pliage, qui se fait en plusieurs doubles, a pour inconvénient de briser dans chaque pli la pâte non adhérente et de produire une poussière arsenicale qui remplit l'air, est respirée par l'ouvrier, s'attache aux diverses parties du corps et se mêle aux aliments, s'il s'en trouve dans les ateliers.
II. n'est pas difficile de comprendre comment toutes ces opérations deviennent une source d'accidents pour les ouvriers apprêteurs. Aussi est-ce chez eux particulièrement que l'on rencontre les ulcères des doigts, les érythèmes de l'avantbras, les panaris, ainsi que les pustules enflammées du scrotum et de la partie interne des cuisses. Un certain nombre présentent des engorgements glandulaires sous les aisselles presque toujours consécutifs aux piqûres et blessures que les ouvriers se font en étendant les pièces d'étoffe sur les cadres de bois où on les fait sécher. Si les ulcérations sont nombreuses, l'ouvrier peut absorber de l'acide arsénieux et présenter tous les symptômes d'un empoisonnement chronique. Selon la teinte que l'on veut obtenir, on commence souvent par donner à l'étoffe une nuance jaune en la plongeant dans une dissolution d'acide picrique dans l'alcool pur ; la pièce est ensuite exprimée entre les doigts jusqu'à ce qu'elle en soit complètement imprégnée. D'autres fois, on incorpore l'acide picrique broyé au vert de Schweinfurt, et on applique cette pâte sur la toile. L'action de cet acide ne peut qu'augmenter et aggraver l'irritation des plaies. Suivant Vernois, l'aspect de la main de l'ouvrier est alors caractéristique; à la teinte vertjaunâtre de presque toute la peau, et surtout de la face palmaire des mains ; à la ci^oûte verdâtre qui remplit la cavité sous-onguéale, se joint presque invariablement la coloration jaune des ongles, produite par le contact répété de l'acide picrique.
Voyons maintenant quelles sont les précautions à prendre dans la préparation des toiles pour feuillages artificiels. Elles ont été rédigées, en 1861, par une commission nommée par le Conseil de salubrité de la Seine et composée de
MM. Boussingault, Chevallier, Bouchardat et Vernois, rapporteur; nous les reproduisons ici :
1» On ne doit jamais opérer le mélange du vert arsenical avec l'amidon ou d'autres substances à l'aide de la main. 11 faut introduire la pâte dans un vase fermé par un couvercle en bois ou parchemin épais, et fixer au centre du couvercle une tige-agitateur pour travailler la pâte. De cette façon, les mains et les avant-bras seront complètement à l'abri du contact et de l'inoculation possible du sel arsenical. 11 y aurait encore moins d'inconvénients, si l'ouvrier portait des gants épais et longs.
2" Dans l'application de la pâte sur l'étoffe, l'ouvrier évitera une grande partie des incanvénicnts inhérents à ce travail, s'il porte des gants préservateurs longs et épais ou s'il se sert pour étendre la pâte d'une brosse à large dos de bois et haute de quatre à six centimètres.
3° Pour le battage de l'étoffe après l'enrobement par la pâte, il est expressément recommandé de protéger la main contre l'action immédiate de l'enduit arsenic il, en l'enveloppant d'un morceau de forte toile. Avant le travail de l'enrobement, l'ouvrier doit se frotter les mains avec de la poudre de talc; et après ce travail, ainsi qu'après le battage de l'étoffe, il doit les laver dans de l'eau additionnée d'un vingtième d'acide chlorhydrique (solution qui dissout complètement l'arsénite de cuivre), puis à l'eau ordinaire.
4° Pour que le séchage des étoffes imprégnées de la pâte arsenicale ne soit pas dangereux, il faut espacer les pointes l'une de l'autre d'au moins six centimètres et faire porter à l'ouvrier des gants épais.
5° On diminuera les dangers signalés dans le pliage, en roulant doucement les toiles préparées, en travaillant avec des gants et un masque et en balayant avec soin, après l'opération, la table sur laquelle elle a eu lieu, ainsi que l'atelier, que l'on ventilera complètement.
La partie de l'industrie du fleuriste qui comprend la préparation des herbes et des feuillages desséchés nécessite, elle aussi, des opérations dangereuses pour les ouvriers. Dans l'opération du trempage par exemple, où l'on plonge dans un vase rempli d'une solution assez liquide de vert de Schweinfurt les tiges d'herbes naturelles desséchées, il se fait de nombreuses éclaboussures qui couvrent les doigts, les avant-bras, et jaillissent sur les vêtements et le visage de l'ouvrier. Après le trempage, les herbes sont suspendues à une corde pour être séchées, et on les assemble ensuite en paquets. Or, dans le maniement de ces herbes ainsi prépai^ées, la couleur desséchée se détache sous forme de poussière fine qui produit des éruptions au visage, aux doigts, et qui, absorbée, peut aller jusqu'à causer des empoisonnements.
Une autre opération plus dangereuse encore, c'est le poudrage de ces paquets d'herbes. Dans le but de leur donner une nuance spéciale, on en saupoudre une partie avec la poudre d'arsénite de cuivre. Ce travail nuisible aux ouvriers qui le font, par suite de la dissémination de la poussière toxique qu'ils respirent, l'est bien plus encore, ainsi que nous le verrons, pour les ouvriers fleuristes appelés à confectionner les bouquets et à monter les feuillages.
A la suite des instructions du Conseil de salubrité de la Seine et des recommandations adressées aux fabricants par l'administration, la fabrication des feuilles et herbes artificielles a été abandonnée en partie en France ; mais sans doute qu'il faut tenir compte des changements amenés par la mode qui recherche moins ces sortes de produits. Toutefois, le commerce de l'exportation les
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demande encore ; et c'est ce qui fait que cette fabrication dangereuse continue à exister dans un certain nombre de petits ateliers. Ne pouvant l'éviter, on doit, du moins faire connaître autant que possible les précautions à prendre dans la préparation de ces objets. C'est ainsi qu'on diminuera les dangers et les inconvénients signalés en opérant le trempage des herbes desséchées, soit dans une solution d'arsénite de cuivre mélangé à l'essence de térébenthine, soit en se servant d'un collodion tenant en suspension l'arsénite de cuivre, soit enfin en employant de la couleur arsenicale broyée à l'huile de lin.
La dernière partie de l'industrie qui nous occupe, celle qui consiste à façonner les bouquets et les feuillages, est en général exécutée par des femmes. Ici encore, nous devons passer en revue les diverses opérations qui exposent les ouvriers à l'action de la couleur toxique. Ces opérations sont : le découpage, le dédoublage, le gaufrage, et enfin le montage des feuilles.
Le découpage s'opère en super|)Osant un certain nombre de doubles de l'étoffe, et en les soumettant à la pression d'un emporte-pièce ; le dédoublage consiste à isoler les feuilles adhérentes entre elles, qui composent les petits paquets qu'on retire de l'emporte-pièce. Ces opérations ont pour principal inconvénient de disperser beaucoup de poussière arsenicale qui, absorbée par les voies de la respiration, peut déterminer un empoisonnement lent et chronique. Il en est de même du gaufrage qui, par suite du choc successif appliqué à chaque feuille, détache une partie de l'enduit colorant sous forme pulvérulente.
Les accidents que l'on rencontre plus particulièrement chez les ouvriers chargés de ce travail sont : des nausées, le défaut d'appétit, des coliques souvent fort vives avec diarrhée, de la céphalalgie surtout. Les éruptions arsenicales sont plus rares ici ; les blépharites ciliaires et les conjonctivites sont assez fréquentes.
Chez les femmes, on rencontre souvent des papules enflammées au front, le long des bandeaux sous lesquels la poussière toxique se dépose et séjourne. Les ouvrières qui composent les bouquets avec des herbes desséchées, alors surtout que ces dernières ont été soumises au poudrage, sont, on le comprend, plus particulièrement exposées à absorber la poussière arsenicale. Enfin, dans le ficelage des fleurs, dans le montage des feuilles sur tige, la mauvaise habitude que les ouvrières ont de se mouiller les doigt avec la salive les soumet à une nouvelle source d'accidents, tels que l'herpès labialis, inflammation des gencives et ulcérations spécifiques du palais et de la gorge.
Un point qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que les inconvénients auxquels se trouvent exposés les ouvriers fleuristes dépendent avant tout du mode d'apprêtage des étoffes et de préparation des herbes desséchées. En effet, plus l'enduit colorant tiendra à l'étoffe, moins il y aura de chances de le voir s'écailler et se détacher en poussière. A cet égard, le calendrage rendra le travail successif du fleuriste moins nuisible. Par cette opération, on fait pénétrer mécaniquement l'enduit arsenical dans les interstices des fibres de l'étoffe, ce qui lui donne un aspect lisse et comme verni, et ne permet- plus qu'imparfaitement la production de la poussière toxique. Il en est de même du passage à la cire des feuilles découpées et gaufrées ; la couche de cire que l'on applique ainsi empêche jusqu'à un certain point la pulvérulence de l'enduit ; mais en France on n'use que fort peu de cet expédient, parce qu'il altère le ton du vert et la vivacité de la couleur.
En Allemagne, on incoi'pore le verlde Schvveinfurt à la cire; et pour étendre
ce mélange sur l'étoffe, on le fait chauffer; il en résulte un dégagement de valeurs arsenicales dangereuses.
Il est un procédé industriel que Vernois a fait connaître et que l'expérience a aujourd'hui consacré, avec lequel les inconvénients et les dangers signalés sont en grande partie prévenus ; c'est celui qui consiste à incorporer directement la matière colorante dans un collodion spécial. On broie pour cela les verts arsenicaux à la molette, à l'aide de l'huile de ricin; cette opération faite lentement dans un atelier privé de courants d'air donne à peine lieu à la production de quelque poussière. Ainsi préparée, la couleur est mélangée au collodion, en proportions voulues, selon les nuances ou les effets à obtenir. D'autres fois, les feuilles sont entièrement faites en collodion, sans application sur aucun tissu. Le découpage, le dédoublage, le montage de ces feuilles, sont sans inconvénients pour les ouvriers. Ce procédé, dû à M. Berard-Teuzelin, de Paris, n'a point reçu en France toute l'extension désirable. A l'étranger, l'industrie du fleuriste repose tout entière sur les anciens procédés.
Les précautions générales d'hygiène préservatrices sont les suivantes :
Les ateliers doivent être bien aérés.
Dans toute opération donnant lieu à un dégagement prononcé de poussière toxique, entre autres dans le poudrage, le découpage et le dédoublage des feuilles, les ouvriers travailleront sur une table creuse, recouverte d'un papier blanc qui permette de voir la poudre arsenicale.
Ils porteront un masque, pourvu d'une éponge humide, à l'endroit des narines : ils feront des lotions fréquentes sur le visage , et plongeront souvent les doigts dans la poudre de talc.
D'une manière générale, on interdira de déposer des aliments dans les ate-liers; et il ne doit pas être permis aux ouvriers d'y prendre leur repas.
Pour les ouvriers qui travaillent dans leur ménage, toutes les opérations doi-, vent avoir lieu dans une pièce séparée ; le sol et les tables doivent être maintenus en bon état de propreté, et on ne doit pas laisser les enfants pénétrer dans l'atelier.
Tous les ouvriers occupés à manier, soit la pâte arsenicale, soit des bouquets, toiles ou feuilles en tissus arséniqués, doivent porter, outre l'emploi des gants et de manches protectrices, des sabots ou forts souliers, de préférence à des chaussons perméables à la poussière arsenicale. Deux fois au moins par semaine, on doit saupoudrer le sol de l'atelier avec de la sciure ou de la cendre de bois, l'asperger d'eau avant de le balayer, afin de diminuer la quantité de débris de verts arsenicaux et la poussière produite pendant le nettoyage. Il faut jeter au ruisseau ou dans l'égout les résidus des nettoyages de l'atelier, ainsi que les eaux chargées d'arsenite de cuivre provenant du lavage des mains des ouvriers.
Dès qu'un ouvrier aura une éruption sur les mains, la figure ou quelque autre partie du corps ; dès qu'il se plaindra d'envie de vomir, de mal de tète ayant pour siège constant le front et les tempes, il devra cesser son travail et réclamer les secours du médecin {Rapport général sur les travaux du Conseil de salubrité de la Seine, 1861).
Mais la meilleure prophylaxie consisterait à ne plus employer de couleurs dangereuses. Dans l'instruction du Conseil de salubrité de la Seine, on trouve une liste de substances inoffensives, à l'aide desquelles les ouvriers pourront obtenir une série de tons destinés à remplacer les verts dits de fantaisie, onlenus par l'emploi de l'arsénite de cuivre.
C'est ainsi qu'on peut combiner, dans des proportions variables aaduioanées
ou non (le poudre d'amidon, de gélatine, d'iclithyocolle, de glycérine ou d'huiles diverses : le bleu de Prusse, l'indigo, l'outre-mer, le bleu de cobalt, le bleu au bois d'Inde, avec certaines matières colorantes jaunes, comme les cristaux d'acide picrique, le chromate de plomb, la graine de Perse et d'Avignon. Mais nous devons citer entre toutes ces substances les verts de chrome, qui, combinés avec l'acide picrique, produisent à peu près tous les tons qu'on obtient avec ce même acide et l'arsénite de cuivre. Plusieurs essais ont été faits, dans le but d'opérer une transformation aussi désirable dans l'industrie du fleuriste ; mais aucun des nouveaux procédés employés jusqu'à ce jour n'a réussi à faire abandonner les verts arsenicaux.
En dehors des causes spéciales d'accidents que nous venons de passer en revue, nous devons dire un mot de l'influence générale que la profession exerce sur les ouvrières fleuristes. Sous ce rapport, la fabrication des fleurs artificielles expose par excellence à tous les inconvénients des professions qui soumettent les muscles de la poitrine et des bras à un mouvement continuel et le corps à une attitude courbée. La vie en commun dans des ateliers peu spacieux, le travail à la lumière artificielle, les excès de veille sont autant de causes favorables à la manifestation des troubles généraux qu'entraînent le plus souvent les habitudes d'une vie sédentaire.
L'anémie, la chlorose et avec elles : les troubles de la menstruation, la dyspepsie, le dérangement des fonctions intestinales, les névralgies sont des affections que l'on rencontre souvent chez ces ouvrières.
La fatigue et l'affaiblissement de la vue, les blépharites chroniques sont des maladies intrinsèques propres à la profession. Le spasme fonctiomiei des doigts se rencontre surtout chez les monteuses de bouquets.
D'après Yernois, ces dernières ont l'épiderme de la paume des mains aminci et usé, particulièrement à. la face interne de la dernière phalange du pouce et de l'index. Il faut signaler encore une irritation chronique de la couche papillaii"e du derme palmaire caractérisée par de la rougeur, de l'hyperesthésie et une éruption psoriasiforme.
La phthisie pulmonaire est loin d'être rare chez les fleuristes. D'après Benoiston (de Châteauneuf), on la rencontrerait chez un neuvième des malades qu'elles iournissent : 11 sur 100. Dans les relevés de Trébuchet {Recherches siir la mortalité des ouvriers à Paris) , nous trouvons un chiffre de huit décès de phthisie par an sur mille ouvrières. Dans quelques circonstances, la pénétration des poussières dans les voies respiratoires peut être regardée comme la cause efficiente de l'irritation chronique des bronches et des poumons. C'est ce qui arrive dans le diamantage des fleurs et feuillages artificiels.
On appelle feuilles et fleurs diamantées celles qui offrent à l'œil un aspect micacé et brillant, imitant la rosée du matin et l'éclat des rayons lumineux. Cet effet est obtenu, en revêtant les feuilles d'un enduit mou, et en les soumettant soit à de la poussière d'acier, soit à de la poussière de verre ou de cristal venue d'un tamis très-fin, qu'on agite à leur surface. L'air ambiant reste chargé de cette poussière qui pénètre avec lui dans les voies respiratoires et digestives, recouvre l'arrière-bouche et le pharynx, et donne lieu à des symptômes d'irritation chronique des muqueuses. La poussière d'acier est celle qui provoque le plus souvent des bronchites dangereuses. Les ouvriers qui font usage de poussière de verre ordinaire présentent communément une angine permanente qui gêne la déglutition, et persiste encore assez longtemps après qu'ils ont cessé
d'êlre soumis à celle influence professionnelle. Enfin nous devons signaler des accidents d'intoxication saturnine chez ceux qui se servent de poussière de cristal pour diamanler les fleurs.
L'aération des ateliers, les soins de propreté individuelle, l'usage d'un masque pre'servateur, le tamisage de la poudre dans des châssis à parois vitrées, semblables à ceux dont se servent les éinailleurs, tels sont les moyens de préservation à mettre en usage dans cette opération {voy. Couleurs nuisibles).
Alex. Layet.
BiDLioGRAPHiE. — Beaugrand. Des différentes sortes d'accidents causés par les verts arsenicaux, employés dans l'industrie, et en particulier chez les ouvriers fleuristes. In Journal de chimie médicale, 1859. — Vebnois. Mémoire sur les accidents produits par l'emploi des verts arsenicaux chez les ouvriers fleuristes en général, et chez les apprêteurs d'étoffes pour fleurs attificielles en particulier. In Annales d'hygiène publique, 1859, 2<^ série, t. XIT, p. 519. — Van den Brceck. Des dangers que prcsenlcnt la fabrication et l'usage des feuilles et des fleurs artificielles, ainsi que les tissus colorés. In Bulletins de V Académie de médecine de Belgique, t. IV, 2= série, 1861. — Trébuciiet (A.). Rapport général sur les travaux du Conseil d'Injgiène publique et de salubrité de la Seine, de 1859 à 1861. Etoffes et parures préparées avec de l'arsénile de cuivre, p. 69. — Lasnier. Rapport général sur les travaux du Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine de 1862 à 1866. Herbes et feuillages préparés avec une couleur à base arsenicale, p. 73. — Laïet (.\iex.). Article Fleuristes. In Hygiène des professions et des industries, p. 297, 1875. — Eulenberg (H.). Kûnslitche Blumenfabricalion. In Handbuch der Gewerbe-Hygiene auf experimenleller Grundlage, p. 299, 1876. A. L.
FLEURS (Pharmacie). A peu d'exceptions près, les fleurs n'ont pas une action thérapeutique bien prononcée ; on se sert souvent cependant de leur infusion comme tisanes qui, parleur goût plus ou moins agréable, plaisent au malade, et qui, par le principe aromatique qu'elles renferment, peuvent avoir leur utilité dans certaines indications médicales.
Les fleurs doivent être récoltées par un beau temps; on les fait sécherpromptement en les étendant sur des claies, dans un grenier chaud ou à l'étuve. Lorsqu'elles sont sèches, on les agite sur un crible pour en séparer les élamines, les débris de calice et les œufs d'insectes qui peuvent s'y trouver, et on les enferme dans des boîtes ou des flacons bien clos. Nous allons passer en revue quelques fleurs dont la récolle ou la conservation présentent quelques particularités.
Roses rouges, roses de Provins. On récolte les roses rouges lorsqu'elles sont encore en boutons, parce qu'alors la propriété astringente que l'on y recherche est plus marquée que lorsqu'elles sont épanouies. On sépare les calices et on les fait sécher.
On dessèche de même les pétales de roses pâles, de coquelicots, de pensées cultivées, de violettes et d'oeillets ; ces dernières sont privées de leurs onglets, en les coupant avec des ciseaux. Toutes ces fleurs doivent être récollées à l'instant oià elles viennent de s'épanouir.
Violettes. Les violettes cultivées sont plus odorantes et d'une plus belle couleur que celles qui croissent dans les bois ; on les choisit donc de préférence ; pour la même raison on préfère celles qui fleurissent au printemps à celles qui paraissent en automne. Les violettes sécliées rapidement sont d'une belle couleur bleue. Si avant de les renfermer dans des bocaux on les laisse se ramollira l'air, elles perdent leur couleur en très-peu de temps, et offrent un goût de gâté ; cet effet est dû à une matière azotée contenue dans les pétales, laquelle se conserve sans altération, quand il y a absence complète d'humidité, mais qui, dans le cas contraire, se putréfie promplement, et détermine la décoloration de
FLEURÏ.
la matière colorante bleue. 11 faut donc les placer, quand elles sont friables et encore chaudes, dans des bocaux d'une médiocre dimension, en ayant soin de remplir exactement ces bocaux, de les bien boucher et goudronner, et de ne les ouvrir qu'à mesure du besoin ; elles conservent alors leur couleur pendant plusieurs années, et sans que leur exposition à la lumièi-e les altère sensiblement.
Fleurs de camomille romaine. On fait sécher ces fleurs avec leur calice ; on les étend en couches minces entre deux feuilles de papier, et on les porte dans une étuve modérément chauffée. On dessèche de même les fleurs de camomille matricaire, de mauve, de guimauve, de bouillon-blanc, de lavande, de souci, de giroflée jaune, d'aconit napel, de pied-de-chat, etc., etc.
Les fleurs de bouillon-blanc, de mauve et de guimauve, à cause de leur altération facile, quand elles ne sont pas à l'état de siccité parfaite, doivent être traitées et conservées comme les pétales de violettes.
Nous indiquons dans le tableau suivant les mois dans lesquels les fleurs peuvent être récoltées le plus avantageusement, et les produits obtenus pour 10 kilos de ces fleurs.
MOIS
Mars.
Avril.
Mai..
Juin.
Juillet