‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.39Chapitre 21 sur 89 · FOLIO · texte numérisé non relu

FOLIO

de symptômes, dont la description trouvera place dans un article spécial. Voy. Éi'iDÉMiQUEs (Folies). Am. Ritti.

FOLIE SBMLXÉE. Vojj. Alié>'és (Médecine légale).

FOLIE SUICIDE. Voy. SuiCIDE.

FOLIE SITMPATHIQLE. Les folies sympathiques, c'est-à-dire celles qui sont sympathiques de la lésion d'un organe éloigné, d'un viscère abdominal par exemple, se présentent sous des formes et dans des conditions si nombreuses, et leur étude prête à des considérations si diverses, que nous croyons devoir en faire l'objet d'un article spécial. Voy. Sympathiques (folies). A. R.

FOLIE TRAI^ISSTOIRE. La folie transitoire, appelée encore folie instantanée, est décrite par certains auteurs. D'après eux, en dehors des formes morbides généralement admises, il peut se présenter des cas — rares, il est vrai, — dans lesquels un individu sain d'esprit jusqu'alors, au moins en apparence, peut se livrer tout à coup à un acte de fureur et de délire, même à un acte homicide, et rentrer aussi brusquement à l'état de raison. A l'article Manie de ce Dictionnaire, A. Linas a parlé de cette forme comme d'une variété de la manie aiguë, il en a décrit les caractères, les causes et les circonstances dans lesquelles elle se développe. Nous ne pouvons que renvoyer à cette description {Dict. encyclop., 11^ série, t. IV, p. 524). Akt. Ritti.

FOLIXEA (Les deux).

Folînea (Francesco). Médecin napolitain, né en 1774, était professeur d'anatomie pathologique à l'Université de Naples (à partir de 1824) et professeur de physiologie au collège médico-chirurgical de la même ville; il remplit pendant de longues années avec zèle les fonctions de médecin en chef du grand hôpital des Incurables et de l'hôpital de la Marine. Ce savant médecin est mort le 11 avril 183r>. Nous ne connaissons aucun ouvrage de lui.

Folinea (Rafaele). Probablement un parent du précédent, était comme lui professeur à l'Université de Naples; il était de plus médecin-adjoint au grand hôpital des Incurables de cette ville, où il est mort le 14 novembre 1849.

Nous connaissons de lui :

I. Storia di una gravidezza estrauterina. In Severino, o Giornale med.-chir. del sig. Castellani. Agosto, 1855 ; et Annali univ. di Omodei, t. LXXIV, p. 558, 1835. — II. Fungo hœmatodes r'mvenulo nell' inlerno de.lV encefalo. In Severino.... Febbvajo 1855; et Amiah univ. di Oinodci, t. LXXVIII, p. 220, 1856. — III. Caso di cmeralopia. In Annali cUnici..., fasc. 1, 1856 e\. Annali univ. di Omodei, t. LXXXYII, p. 545, 1858. L. Hs.

FOLIO ou FL'OLI (Gecilio), de son nom latinisé Folius. Naquit à Farrano, dans les montagnes du pays de Modène, en 1615. Son père venait de mourir, tué à l'armée, et il fut accueilli par son oncle maternel, qui était un des premiers médecins de Venise. Il fit ses humanités dans cette dernière ville, puis alla suivre les cours de médecine à la célèbre Université de Padoue. Une fois reçu docteur, il revint à Venise et y exerça l'art de guérir avec la plus grande distinction; le sénat vénitien récompensa ses mérites en lui accordant le titre de chevalier et lui confiant une chaire d'anatomie qu'il remplit avec succès jusqu'à sa mort, arrivée vers l'an 1660.

Folio s'est surtout occupé d'anatomie ; ayant observé à plusieurs reprises la

persistance an trou de Botal chez des adultes, il en conclut que le sang passe directement du cœur droit dans le cœur gauche, et que, quand le trou n'existe plus, le sang passe par de petits pertuis collatéraux de la fosse ovale. Nous n'insisterons pas sur cette erreur anatomique et sur d'autres erreurs encore que l'on rencontre dans les ouvrages de Folio. En revanche, dans sa description de l'oreille interne, il a le premier décrit et figuré la longue apophyse du marteau et même, quoique plus vaguement, l'os lenticulaire. Portai, dans son Histoire de ranatomie, parle avec éloge du style net et concis de notre auteur. « C'est ainsi, dit-il, que les esprits judicieux et clairvoyants savent décrire en peu de mots les objets les plus compliqués, et faire part des découvertes les plus intéressantes. Si l'on eût suivi la méthode de Folio, on eût eu moins de volumes, et non pas moins de connaissances positives. »

Folio a publié sous le nom de Folius les ouvrages suivants :

I. Sangubiis a dcxtro in sinistruni cordis ventricidian defluentis facilis l'eperta via; cui non vulgaris in lacteas nuper patefactas venus animadversio prœponitur. Venetiis, 1659, in-4°. — II. Discorso aiiatomico nel quale si contiene una nuova opinione sopra la generazione e l'uso délia pingiicdine. Yenezia, 1644, in-4°. — III. Nova auris internée delineatio. Venetiis, 1645, in-i" [opuscule aujourd'hui très-rare).

FOMtM 1\DU.^I. Sous ce nom, on désigne dans les anciens livres de matière médicale les feuilles de Malabathrum [voij. ce mot). Lemery. Dictionnaire des drogues, 534. — J.-B. Roi. Hisloria plantarum. Pl.

FOLLET (L. A. H.). Médecin praticien distingué qui exerçait avec succès, au commencement de ce siècle, dans le département de l'Oise, canton d'Estrées- Saint-Denis. Nous ne le connaissons, du reste, que par d'excellents mémoires ou observations qu'il a confiés au journal de médecine de Leroux :

I. Observation sur une affection convulsive guérie par l'usage de la teinture thébaïque. In Journal de médecine de Leroux, an II, t. VI, p. 417-420. — II. Observation sur une rétention d'urine. Ibid., juin 1804, t. VIII, p. 229-236. — III. Observation sur un hématocèle. Ibid., juin 1807, t. XIII, p. 421-426. — IV. Observation sur une péricardite aiguë, terminée par la guérison. Ibid., mai 1809, t. XVII, p. 528-334. — V. Observation sur une luxation de l'humérus. Ibid., octobre 1810, t. XX; p. 268-272. — VI. Mémoire sur la fièvre ataxique qui a régné à Estrée Saint-Denis, dans les proniers jours de juillet jusqu'au commencement de novembre 1811. Ibid., juillet 1812, t. XXIV; p. 242-246. A. G.

FOLLICLLES (de FoUiculus, petite poche, petit sac). (Anatomie.) Les follicules glandulaires, considérés en général, seront étudiés au mot Gundes. Les follicules propres aux divers organes le seront au nom de ces organes {voij. Estomac, Lntestin, Peau, etc.). Il est traité des prétendues glandes folliculaires des synoviales au mot Synoviales, et des follicules ou vésicules de Graaf aux mots Menstruation, Œuf, Ovaire. D.

FOLLICULES ( BOTANIQUE ). Ce sout dcs fruits formés par une seule feuille carpellaire pliée longitudinalement sur elle-même, de manière à ne présenter qu'une seule suture, qui, ta la maturité, se sépare dans toute sa longueur, comme dans les Âsclépiades, ou au sommet seulement comme dans les Troliius. Aucun follicule n'est employé en médecine; c'est improprement qu'on a donné le nom de follicule à la silique du séné. L.

FOLLIE (Louis-Guillaume de La). Il faut voir un savant du second ordre dans.ee chimiste, mieux intentionné que bien inspiré, et qu'une imagination

FOLLIN (les). . 555

trop fougueuse a détourné de la voie qui doit diriger tous ceux qui s'occupent des sciences exactes. Sou ouvrage, celui qu'on cite le plus souvent, et qui a même eu les honneurs d'une traduction allemande, dit assez ce que fut l'auteur : Le Philosophe sans prétention, ou l'Homme rare, ouvrage physique, chimique, politiqueet moral (Paris, 1775, in-8°). Cependant, Guillaume de la Follie, qui était membre de lAcadémie de lîouen, et qui mourut dans cette ville le 2 février 1780, des suites d'une blessure qu'il se fit en tombant sur un matras qu'il tenait à la main, a fait insérer dans les recueils de cette compagnie savante plusieurs Mémoires importants. S'il a eu le tort de tourner en ridicule la conversion de deux gaz en eau, il sut rendre ses efforts utiles à la cliimie pratique, en perfectionnant l'art de teindre en jaune par la gaude, en indiquant la manière de fixer le rouge des Indes sur le fil, en faisant connaître une nouvelle manière de doubler les vaisseaux avec un alliage métallique plus avantageux que le cuivre, en secondant Dambourney dans ses recherches sur les végétaux colorants indigènes, et en publiant des considérations estimées sur le bleu de Prusse, sur les cidres, sur les vernis et sur les cristallisations arborescentes de certains sels. La plupart de ces travaux ont paru dans les Mémoires de l'Académie de Rouen, dans la Gazette de santé, et dans le Journal de physique de l'abbé Rosier {voy. de ce Journal les tomes IV, p. 555, 547, et V, p. 60, 557). A. G.

FOLLix' (Les).

Foliiii (Germain), de son nom latinisé Follinus. Médecin du dix-septième siècle; naquit à Stavoren, en Frise, fit ses études à Lcyde, à Franeker, à Louvain et à Bois-le-Duc, oij il prit son grade de docteur en médecine el en philosophie; après un court séjour à Paris, vers 1811, il revint dans sa patrie et exerça pendant plusieurs années l'art de guérir, à Bois-le-Duc, où il était médecin pensionné. Appelé à Cologne pour professer à l'Université, il remplit également bien, dit-on, les chaires de théorie et de pratique. FoUin a la réputation d'avoir été un bon praticien, mais les ouvrages qu'il a laissés n'offrent que fort peu d'intérêt. 11 est mort avant le milieu du dix-septième siècle de la peste ou du typhus, dont il ne sut se préserver, malgré la prétention qu'il affiche, dans l'un de ses ouvrages, d'avoir trouvé un moyen sûr de s'en garantir. On connaît de lui :

I. SimonideSt ofle die memorieconst . Haarlem, 1GI2. — II. PInjsiognomie, oft Menschenkenner. Haarlem. IGlô. — III. Den Nederlandsche sleutel van 't secreet der Philosophie, in welck grondelijk beiveien loert d'uart aller inetallen en die gheheele Alchemie met haer veel verborgenheeden. Haarlem, 1615. — lY. Amulethum Antonianum, seu luis pestiferœ fuga, cui accesail ulilis libellas de cauteriis ad Thomam Fienitm. Antverpiae, 1618, iii-S". — V. Orati'ine.i duin : de nalurn febris pedicnlnris cjusqiie curotione ; de sliidiis chgmicis conjungendis cum Hiiipocraticis. Co\onix, \Q22, iij-S°. — VI. Speculmn nalurœ humanœ, sive mores cl lemjieraineitta hominitm usqite ad intimos animariim secessus cognoscendi modiix, méthode Arislolelis iUiislralus. Colonise, 1649, in-l!2 (ouvrage écrit et publié puiiiiiiveinent en flamand, et traduit en latin par le fils de l'auteur). L. Ilx.

FoSiîn (Jean). Fils du précédent; naquit à Bois-le-Duc et exerça avec distinction, paraît-il, la médecine dans sa ville natale. 11 a publié la traduction latine d'un des ouvrages de son père et a laissé deux ouvrages originaux :

I. Sgnnp^is tiiendœ et conservandœ bonœ valetudinis. Sylvjc Ducum (Bois-le-Duc), 1646, in-12; ilàd., 1648, in-12; Colonise, 1648, in-l"2. — II. Tyrocinium niedicinœ iiraclicœ, ex probatissiniis aitcloribus digestum. Colonise, 1C48, in-I2. L. Un.

Foilin (François-Anthb)e-Eijgène). Né à Harfleuren décembre 1825, venait de commencer ses premières études lorsqu'il perdit son père à l'âge de douze ans. Sa mère, femme d'un esprit supérieur, dirigea elle-même l'éducation de son fila PICT. ENc. 4' s. m. 25

554 FOLLIN (les).

unique, et elle eut la satisfaction de voir ses efforts couronnés de succès. Follin termina bientôt ses études classiques d'une manière brillante, et son goût l'attirant vers la médecine, il se rendit aussitôt à Paris. Laborieux et doué d'une grande facilité pour le travail, il conquit successivement tous ses grades par le concours. En 1845, il est externe des hôpitaux; en décembre 1845, il est nommé interne. En 1847, il remporte la médaille d'ai'gent, puis la place, si enviée par les travailleurs, d'aide d'anatomie. En 1848, il obtient la médaille d'or de l'internat. En 1849, il est nommé prosecteur à la Faculté. Follin subit sa thèse de docteur l'année suivante, et concourut bientôt pour le Bureau central, où il fut nommé en 1855. Enfin, la même année, il fut nommé, toujours au concours, agrégé de la Faculté dans la section de chirurgie. Esprit sagace, ami du progrès, il s'était adonné à l'étude de l'appareil de la vision, et c'est lui qui le premier a introduit en France les nouvelles méthodes d'exploration de l'œil. Praticien habile, il a fait avancer l'ophthalmologie, et on lui doit des procédés intéressants et des aperçus nouveaux. Aussi lui confia-t-on le premier cours complémentaire de clinique ophthalmologique organisé par la Faculté. Il le fit pendant trois années avec succès, et publia un volume intéressant contenant ses leçons sur l'exploration de l'œil. Mais ne voulant pas se confiner dans une spécialité, quelque brillante qu'elle pût devenir pour lui , Follin donna sa démission pour continuer ses travaux de pratique générale, et il put bientôt rédiger un traité de pathologie externe, ouvrage remarquable dont il a été publié par l'auteur, ou sur le manuscrit laissé par lui, deux volumes, la suite de l'ouvrag;^ étant due à un de ses amis, chirurgien distingué des hôpitaux, M. Duplay. Il avait été chargé de la direction des Archives générales de médecine pour la partie chirurgicale, direction qu'il a conservée pendant quinze ans. La clarté, l'indépendance, l'impartialité et l'érudition dont sont marqués les mémoires originaux et les revues critiques qu'il a publiés dans ce recueil, se retrouvent dans son gi'and ouvrage de pathologie externe que nous venons de citer, aussi bien que dans les articles dont il a enrichi le Dictionnaire encyclopédique. Nommé membre de l'Académie de médecine en 1866, à peine âgé de quarante-trois ans, il avait déjà ressenti les atteintes du mal qui devait l'enlever à sa famille et à la science. Un séjour de deux mois dans le Midi n'arrêta pas la marche de la maladie, et il voulut revenir à Paris, où il mourut le 21 mai 1867. Très-sympathique à tous, aimé de ses élèves, estimé de ses collègues, Follin n'était pas seulement un chirurgien habile, un écrivain distingué, un professeur disert, c'était aussi un caractère. Homme de progrès, se tenant au courant de tout ce qui pouvait être utile au perfectionnement de son art, le microscope lui était familier, la pathologie comparée ne lui était point inconnue, son érudition était sûre. Doué d'une merveilleuse facilité d'assimilation, on le rencontrait partout, dans les réunions de la science, comme dans les fêtes de la littérature et des arts. Ceux de notre génération qui ont eu l'avantage de le connaître, n'oublieront jamais ni son esprit, ni sa bonté, ni sa probité. Nous citerons parmi ses nombreux écrits :

I. Anévnjsme de la crosse de V aorte avec oblitcral'wn des troncs aboutissant à la veine cave supérieure et d'une portion de cette veine. Iii Bulletins de la Société anatomique. Paris, 1847, t. XXIII, p. 565. — II. î^ote sur la pénétration des matières colorantes dans les ganglions lymphatiques des individus tatoués, communiquée à l'Académie de médecine. In Gazette médicale. Paris, 1849, p. 471. — III. Étude sur les végétations des cicatrices et des ulcères. In Gazelle des hôpitaux. Pai'is, 1849. — IV. Tumeur fibreuse du calcanéum. In Comptes rendus de la Société de biologie. Paris, 1849, t. T, p. 3. — V. Productions morbides observées sur la muqueuse d'une femme syphilitique. In Comptes rendus de la Société de biologie, 1849, p. 81. — VI. Note anatomique sur une exostose de la face supé-

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rieure de la dernière j)haJange du gros orteil. Ibid., p. 118. — "Vil. Diaslase de Varticutalion fcmoro-iibiale, examen anatomigue. In Bulletins de la Socictc anatomicjue, 1849, t. XXIV, p. 222. — VIII. Examen microscopique du sang et des matières vom.ie<i ou rendues jmr les selles chez les cholériques. In Bulletins de la Société de biologie, 1849, t. I, p. 48.

— IX. Observation d'une communication entre l'artère brachiale et les veines profondes du pli du coude. In Mémoires de la Société de chirurgie. Pnris, t. II, p. 52. — X. Sur un cas d'ectropie du cœur. In Bulletins de l'Académie de ttiédecine. Paris, 1850, t. XXIV, p. 101.

— XI. Note sur les hématozoaires. In Comptes rendus de la Société de biologie, 1850, t. II, p. 92. — XII. Examen d'un œil opéré de la cataracte par extraction, quinze ans avant la mort. Ibid., p. 175. — XIII. Éludes sur les corps de Wolf. Paris, 1850, in-4°, TJièse de doctorat. — XIV. Bescription des kystes épithéliaux chez le bœuf. In Comptes rendus de la Société de biologie, 1850, t. Il, p. 84. — XV. Examen anatomigue des organes génitaux d'un sujet adulte chez lequel le testicule gauche ne s'est pas développe. In Bidlctins de la Société anatomigue, 1850, t. XXV, p. 205. — XVI. Examen anatondque d'une production osseuse de la grande faulx du cerveau. Ibid., p. 22(3. — XVII. Eza7nen analoniique dhine main bot palmaire. Ibid,, 1851, t. XXVI, p. 98. — XVIII. Éludes analomiques et pathologiques sur les anomalies de position et les atrophies du testicule. Iii Archives de médecine, juillet 1851. — XIX. Sur une anomalie de position de Vépididyme et du testicule. In Comptes rendus de la Société de biologie, 1851, p. 158. — XX. Exposé de plusieurs pièces servant à démontrer les modifications que subissent Vépididyme, le canal déférent et le testicule quand la glaiide séminale est retenue à l'anneau. In Bulletins de la Société anatomique, 1851, t. XXVi, p. 191. — XXI. Be la cryptorchidie chez l'homme et les principaux animaux domestiques. In Mémoires de la Société de biologie, 1855. (En coUaboralion avec M. GouBAux.) — XXII. Bu traitement des anévrysmes par la compression. In Archives générales de médecine, novembre 1851. — XXIII. Sur une nouvelle variété d'hermaphrodisme avec quelques remarques sur la détermination précise du sexe. In Gazette des hôpitaux, 4 décembre 1851. — XXIV. Rapport sur une monstruosité par défaut des extrémités abdominales et de l'avant-bras gauche communiquée par le docteur Lecadre. In Comptes rendus de la Société de chirurgie, 1852, p. 8. — XXV. Be V uréthrolomie périnéale de dehors en dedans par le procédé de J. Syme. In Archives générales de médecine, 1852, t. XXIX. — XXVI. Note sur deux chancres indurés à trois ans d'intervalle chez le même individu. în Moniteur des hôpitaux, 20 décembre 1852. — XXVII. Quelques rcmargues sur la mort par le chloroforme. In Archives générales de médecine, août 1853. — XXVIII. Bes rétrécissements de V œsophage . Paris, 1855, in-i° ; thèse de concours. — XXIX. Sur la classiftcaticn des tumeurs malignes. \i\ Bulletins delà Société de chirurgie, t. II(, p. 527. — XXX. Traitement des varices par des injections de perchlorure de fer. Ibid., t. IV, p. 170. — XXXI. Extraction d'un corps étranger de l'articulation du coude par incision directe, guérison. Ibid., t. VI, p. 205. — XXXII. Sur l'opération du varicoccle par une ligature à chaîne enchevillée. Ibid., t. VI, p. 259. — XXXIII. De l'exploration de la rétine et du cristallin à l'aide d'un instrument d'optique. In Mémoires de la Société de chirurgie, t. III, p. 377. — XXXIV. Ophthalmoscopie. In Archives générales de médecine, 185}, t. IV, p. 722.

— XXXV. Bu cancer, du cancroide cpitlu'lial et du tissu fibro-plastique au jjoint de vue de la clinique et de la micrographie pathologique. Ibid., 1854, t. IV, p. 729. — XXXVI. Thérapeutique du cancer, dans certain mode d'application des caustiques; de la congélation. Ibid., 1855, t. V. — XXXVII. Be l'examen de l'œil j)ar l'ophthalmoscope: Ibid., t. VIII, p. 549. — XXXVIII. De Tanesthésie locale par le gaz acide carbonique. Ibid., 1856, t. VIII, p. 608. — XXXIX. Be l'emploi du perchlorure de fer dans le traitement de la kératite panniforme. Ibid., avril 1856. — XL. Note sur la ligature de l'œsophage, 1858, p. 485. — XLI. Aperçu doctrinal sur la pathologie utérine en Angleterre. Ibid., juin 1857. — XLII. Sur l'éruption papulo-ulcéreuse qu'on observe chez les ouvriers maniant le vert de Scliweinfurt. Ibid., 1857, t. X. — XLUI. De la résection du genou. Ibid. — XLIV. Maladie du coït chez les chevaux etsyph'd'is. Ibid., t. XIII, 1857, p. 552. — XLV. Sur la compression indirecte dans le traitement des anévrysmes et en particulier delà compression digitale. Ibid., 1858, t. XI, p. 725. — XLVI. Cancer de l'utérus et hydropisie rénale. In Comptes rendus de la Société de biologie, 1859, p. 46. — XLVII. Leçons sur l'application de l'ophthalmoscope au diagnostic des maladies de Vœil. Paris, 1859, in-8°. — XLVIII. Observation d'un cas de tétanos, traité par des injections de curare In Bulletins de la Société de chirurgie, t. X, p. 210. — XLIX. Examen critique de quelques nouveaux procédés opératoires dans le traitement des fistules vésico-vaginales (mclliode américaine). In Archives générales de médecine, t. XVI, 1800. — b. Des nouvelles recherches sur le glaucome et son tra'iteinent. Ibid., septembre 1800. — LI. Mercurialisme et syphilis. Ibid., t. XVII, octobre 1801. — LIL Considérations physiologiques sur l'éclairage et applications à l'examen optUhalmoscopique. Ibid , juillet 1861. (En collaboration avec M. Janssexs.) — LUI. Bu pouvoir d'accommodatio-z de l'œil au point de vue de la phxjsiologie et de la pathologie. Ibid,, t. XX, 1862, p. 77. —

356 FULTZ.

LIV. Traite élémentaire de pathologie externe, l. 1, II (1" partie). Paris, îSG'à, in-8». (Ouvra"e continué par M. Dui'lay.) — LV. Des hémorrliagies rétiniennes chez des sujets atteints de cachexie cancéreuse. In Comptes rendus de la Société de biologie, 1862, p. 78. — L\l. Epispadias complet, opération par le procédé de M. le professeur I^élalon. In Bulletins de la Société de chirurgie,!. III, p. 310. — LVII. Leçons sur l'exploration de l'œil et en particulier sur les applications de l'ophthalmoscope. Paris, 1865, iri-8*. — LVIII. Sur l'irideclomie. In Bulletins de la Société de chirurgie, août 1864. — LIX Du traitemoit actuel des maladies des voies lacrymales. In Archives générales de médecine, septembre iyC4. LX. Conférence sur Guy de ChauUac. In Revue des cours scientifiques, 1865.

FOLLIO OU l'OLLl (Fra^cesco). Médecin et agronome italien, naquit en Toscane le 5 mai 1624, au château de Poppi, près de la source de l'Arno. Il ne suivit pas les traces de ses ancêtres, qui avaient la plupart obtenu de brillants succès dans la cari'ière des afiaires publiques et la littérature; il se livra au contraire avec ardeur à l'étude des sciences naturelles et de la médecine. En 1657 il s'établit à Bibbiena pour y pratiquer l'art de guérir, et le fit avec tant de succès, qu'en 1665 il fut appelé à Florence, à la cour des Médicis, et nommé médecin du grand-duc de Toscane. Mais il ne tarda pas à prendre en dégoût la vie de la cour et sollicita sa retraite quelques années après; il alla s'établir dans la petite ville de Cilerna, où il mourut en 1685. « On doit dire à sa louange qu'il se montra l'un des plus ardents propagateurs de la découverte de ia circulation du sang. 11 paraît aussi avoir été le premier qui ait essayé la transfusion, opération que des accidents redoutables avaient fait interdire par l'autorité.... » [Biogr. méd. de Panckoucke.) 11 se vante, en effet, d'avoir, éclairé par la découverte de la circulation du sang par Harvey, exécuté la transfusion, le 13 août 1654, en présence de Ferdinand 11. Il aurait donc exécuté cette opération avant Riva (1667) et avant Manfredi (1668), qui tous deux la pratiquèrent à Rome. Le fait ne nous paraît pas absolument prouvé cependant; car Follio n'en dit rien dans son ouvrage daté de 1665, et n'en parle que dans celui qu'il publia en 1680.

Humoriste, comme la plupart des médecins de son temps, Folli regardait la bile comme la cause productrice des lièvres tierces et quartes. Il s'est aussi beaucoup occupé d'agriculture et de physique. 11 a rendu le thermomètre plus commode pour les observations météorologiques, en y adaptant un hygromètre. On connaît de lui :

I. Becreatio physica ingua de sanguinis et omnium vivent ium universali analogia clrculationr. disseritur. Florence, 1665, in-8°. — II. Dialogo intnrno alla caltura délia vite. Morence, 1670, in-8°. — III. Sladera medica, nella quale, oltrc la' medicina infusoria ed (litre novità, si balanciano le ragioni favorevoli e le contrarie alla transfusione del sangue. l'iorence, 1680, in-8°. L. Hn.

FOLTZ (Jean-Chari,es-EugÈi\e). Né à Nancy le 28 janvier 1822, mori à Lyon le 18 novembre 1876. Élève à l'École militaire de Sti^asbourg. puis, en 1844, à celle du Yal-de-Grâce, il servit pendant un an comme chirurgien dans l'armée, puis vint se fixer à Lyon, oii l'avait attiré son oncle, Richard (de Nancy), alors professeur d'anatomie à l'École de médecine de Lyon. 11 se remit avec zèle à l'étude, et, peu après, en 1847, après deux ans d'internat, se fit recevoir docteur en médecine à Paris, puis prit part au concours pour le majorât à la Charité de Lyon. Ce concours, où il échoua, mit néanmoins en pleine lumière les qualités solides dont Foltz était doué et l'étendue de ses connaissances. 11 fut peu après dédommagé de cet échec par sa nomination de chef des travaux anatomiques, en 1851, ei celle de professeur suppléant d'anatomie et de physio-

FOLWARCZNY. 3'o7

logie, en 1854; quanti l'âge obligea Richard de se retirer, il devint lilulaire (le sa chaire (24 mars 1865). Il apportait dans son enseignement une clarté et une méthode remarquables, et un esprit de généralisation qni a toujours t'ait l'admiration de ses auditeurs. Doué en même temps d'un grand sens pratique, il apporta d'heureuses modifications à l'opération de la fistule lacrymale et fit de nombreuses el belles expériences sur l'emploi des lavements froids dans la fièvre typhoïde. L'École de médecine de Lyon doit à Foltz l'organisation et le classement de son musée anatomique, dont il fut le conservateur; il publia eu 1864 le catalogue complet des richesses qu'il renferme. Enfin, en 1866, il fonda la Société des conférences anatomiques, qui publie chaque année un fascicule de mémoires.

Foltz était membre de la Société nationale de médecine de Lyon depuis 1855 et se montrait très-assidu à ses séances; il se fit recevoir le 'J5 avril 1800 membre correspondant de la Société de médecine de Nancy, sa ville natale.

Après les malheurs de la guerre, Foltz, comme président de la Société de secours pour les Alsaciens-Lorrains, rendit à ses malheureux compatriotes réfugiés à Lyon des services qu'ils n'oublieront jamais.

Foltz a laissé un grand nombre de mémoires estimés sur divers points d anatomie, de physiologie et de thérapeutique ; nous citerons :

1. Des ophihalmies spécifiques et de leur traitement. Thèse de Paris, 1847. — II. Études sur le liquide céphalo-rachidien. In Gazette médicale de Paris, '5" série, t. X, p. 144, 1855.

— III. Expériences sur la physiologie du cœur. Rapport. In Annales de la Société de médecine de Lyon, 2' série, !. III, p. 478, 4855. — IV. Accommodation artificielle ou mécanique de l'œil à toutes trs distances. Ibid.. t. V, p. lit, 1857. — V. Sur le traitement mécanique de la myopie. Ibid., t. VII, p. y, 1859. — VI. Nouvel instrument pour l'opération de la fistule lacrymale, etc. Ibid., t. VIII, p. 76, 1860. — YII. Anatomie et physiolofjie des conduits lacrymaux. Ibid., p. 274. — VIII. Sur les fonctions de la rate. Ibid., t. l\, p. 252,

1861. — IX. Itec/ierchcs d' anatomie et de physiologie expérimentale des voies lacrymales. In Journal de physiol., t. V, p. 226, 1662, et Ann. de la Soc. de méd. de Lyon, t. X, p. LXV,

1862. — X. Sur l'homoloyie des membres pelviens et thoraciqucs de l'Iiommc. In Journ. de la physiol. t. VI, p. 49, 579, 1862, et Ann. de la Soc. méd. de Lyon, t. XI. p. 65, LUI, 1865.

— XI. Observation de fistule vésico-vaginale guérie par la méthode américaine. In Ann. de la Soc. méd. de Lyon, p. 267. — XII. Sur le traitement des tumeurs et fistules lacrymales par la perforation de ta gouttière lacrymale à l'aide d'un emporte-pièce. Ibid., t. XIII, p. 7, 1865. — XIII. Note sur un nouveau perfeclionnement à l'opération des tumeurs et fistules lacrymales, etc. Ibid., t. XY, p. 116, 1867. — XIV. Avec Pétrequin. Extraction par l'ombilic d une sonde de femme introduite j)cir les voies génitales. Ibid., l. XVll p. 284, 1860. — XV. Anomalie par dualité de l'artère humérale. Ibid., t. XIX, p. 145, 187 1,

— XVI. Du lavement froid; son action physiologique et son emploi thérapeutique dans la fièvre typhoïde. Ibid., t. XXII, p. 117, 1874. L. Us.

FOLWARt'ZXY (Cahl). Médecin autrichien de mérite, fit ses études médicales à Vienne, fut assistant à l'un des grands hôpitaux de cette ville en 1858, puis fut nommé professeur extraordinaire de chimie médicale à l'Université de firaz; nous le retrouvons plus tard remplissant les fonctions de médecin d'un établissement thérapeutique à Gries, près de Bozen, dans le Tyrol méridional; il est mort, dans cette résidence, d'une attaque d'apoplexie foudroyante, le 5 octobre 1875, âgé seulement de quarante-quatre ans.

Folwarczny avait donné la mesure de son savoir dans un traité de chimie physiologique assez estimé et dans quelques articles insérés dans les journaux médicaux :

I. Handbuch der physiologischen Chemie mit Riïcksicht au f pathologische Chcmie und analytische Méthode. Wien., 186.'^, in-8°. — II. Chemischc Untersuchung des leulcâmischen Blutes. In Zcitschr. d. ^yiener Aerztc. 'S. F. Dd. I, p. 497, 1858.— III. Avec Th. Plt-isctil,

558 FOMENTATION.

Bcitrcige ziir aciiten Lcberatrophie.... Ibid-, p. 605, 021, C57. — IV. Anahjse des Inhallzeines Echinococcus -Saches iind einer Cyslovarium-Fliissigkeit. Ibid., p. 800. —Y. Lebernvahjsen bel Diabètes mellitus und Embolie der Arleria liepatica. Ibid. Bd. II, p. 1, I8.")9. — VI. Chemische Beitiâye ziir Théorie des Icterus. Ibid., p. 22.'j. —VII. Harnahjse uei Rlicumatismus acutus mit folgender Pericardis. Ibid., p. 84. — VIII. Untersuchung einer ISierencyste. In Wiinburger med. Zeilschr. Bd. 1, p. 151, 1860. L. Hn.

FOMEXTATIOX. On appelle fomentation {Fomentatio, Fomentum, Fotus -^ de Fovere, échauffer, bassiner), l'application sur une partie du corps, dans un but thérapeutique, de diverses substances dont la température a été artificiellement élevée.

La plupart des auteurs, détournant le mot fomentation de son sens étymologique, confondent sous ce nom toutes les applications de liquides médicamenteux, chauds ou froids, sur le tégument externe. Pour eux, les fomentations sont des applications de liquides médicamenteux chauds ou froids, sur le tégument externe, au moyen de compresses de linge, de flanelle ou d'épongés.

Nous croyons qu'il y aurait lieu de rejeter cette acception et de revenir au sens étymologique; nous pensons qu'il serait préférable de désigner, comme nous l'avons fait, sous le nom de fomentations, les seules applications chaudes, et de renvoyer l'histoire des applications froides à l'article Réfrigération. Mais nous avons dîi nous conformer à l'usage, et nous n'exclurons de notre article que les applications de l'eau froide pure, de la glace, qui trouveront plus logiquement leur place à l'article indiqué {voy. Réfrigération).

On emploie généralement, en fomentations, des liquides soit simples, soit tenant en dissolution quelque substance médicamenteuse. Dans quelques cas, l'épithème, au lieu d'être constitué par un liquide, est une substance solide,^ telle que des pièces de linge ou de flanelle chauffées, ou bien encore de petits sacs de toile, contenant des matières puhcrulentes, telles que du sable, du son ou autres matières analogues, dont la température a été préalablement élevée (fomentations sèches).

On donne aussi le nom de fomentation au liquide même que l'on emploie. C'est ainsi qu'on appelle fomentation émoUiente, narcotique, aromatique, diurétique, etc., le produit de la décoction ou de l'infusion des espèces diurétiques, aromatiques, narcotiques, émollientes, etc.

Outre les fomentations sèches et les fomentations liquides, on pourrait admettre des fomentations semi-liquides; mais ces dernières sont plus généralement désignées sous le nom de cataplasmes.

Ainsi, les fomentations proprement dites ont pour base des liquides simples ou médicamenteux dont on imprègne des éponges ou, plus habituellement, des compresses de linge, de flanelle, etc., que l'on applique après les avoir légèrement exprimées, et que l'on recouvre de toile cirée ou de taffetas "gommé, pour empêcher l'évaporation et la réfrigération.

La nomenclature des fomentations est tirée tantôt de la nature même du liquide (fomentations aqueuses, vineuses, vinaigrées, alcooliques, huileuses, etc.), tantôt de la nature et de l'action thérapeutique de la substance médicamenteuse que ce liquide tient en dissolution (fomentations émollientes, narcotiques, aromatiques, toniques, astringentes, résolutives, antiseptiques, diurétiques, etc.).

Les fomentations se préparent de diverses manières :

La fomentation vineuse se fait avec un litre de vin rouge tenant en dissolution

FOMENTATION. 559

120 grammes de miel blanc; — la fomentation vinaigrée est formée d'un me'lange de 240 grammes de vinaigre avec un litre d'eau froide; — la fomentation alcoolique consiste dans un mélange en proportions variables d'alcool et d'eau ; — la fomentation huileuse, ou Uniment, résulte de la simple application d'une compresse imbibée d'buile d'olives, d'amandes douces, etc.

Ce sont là les fomentations simples; on a formé également des fomentations composées en incorporant dans ces véhicules, par décoction, infusion, macération, dissolution, mélange, émulsion, des principes médicamenteux variés. C'est ainsi qu'on fait des fomentations avec des alcoolats, des vinaigres, des vins ou teintures, des liniments camphrés, aromatiques, belladones, opiacés, volatils, etc.

Les fomentations aqueuses émollientes , narcotiques, aromatiques, diurétiques, etc., sont formées avec des décoctions ou des infusions des espèces correspondantes. En général, on fait bouillir ou simplement infuser dans un litre d'eau bouillante 30 à 50 grammes de l'espèce choisie. Le liquide doit être passé après une ou deux heures d'infusion. Des compresses de linge ou de flanelle sont trempées dans ce liquide, légèrement exprimées, puis appliquées sur la partie et recouvertes d'une pièce de toile cirée ou de taffetas gommé pour empêcher l'évaporation et la réfrigération.

Mode d'action des fomentations. Il varie suivant la température du liquide et suivant la nature de l'agent médicamenteux que le liquide contient. On comprend sans peine que si la température de la fomentation est élevée, par exemple au voisinage ou au-dessus de la température normale du corps, on déterminera une action excitante sur l'innervation et la circulation de la partie qui rougira et s'échauffera; que si, au contraire, la température de la fomentation est abaissée d'un certain nombre de degrés au-dessous de la chaleur normale de la partie, celle-ci se refroidira et pâlira, et si elle est le siège d'un éréthisme nerveux et vasculaire, on verra, comme conséquence de l'action physiologique produite, l'irritation diminuer et la douleur se calmer : mais si la température du liquide est tiop basse, il se pi"oduira, après l'effet sédatif, un effet contraire, déterminé par un mouvement particulier dit de réaction.

Outre cette action générale dépendant de la température de la fomentation, on admet une action spéciale qui serait afférente à la nature de l'agent médi-^ camenteux contenu dans le liquide. Ainsi, la fomentation émolliente, la fomentation narcotique auraient des effets calmants dus à la substance émolliente ou narcotique qui les constitue; — la fomentation aromatique est excitante par le contact de l'huile essentielle renfermée dans les espèces aromatiques; ^-^ la fomentation diurétique posséderait une propriété spéciale que son nom indique et qui seriiit due également à la présence d'un principe médicamenteux particulier. Ainsi des autres genres de fomentations. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette action spéciale.

Indications de l'emploi des fomentations. De ces divers modes d'action des fomentations découlent les diverses applications de ce moyen thérapeutique.

D'une manière générale, toutes les fois qu'il y aura lieu de stimuler l'action or^ ganique d'un tissu, d'exciter l'innervation et la vascularisation dune partie, le médecin aura recours à la forme excitante de la fomentation. Au contraire, lorsqu'il s'agira de diminuer cette même action organique, de calmer l'érélhisme nerveux et vasculaire des tissus ou des organes, on devra employer la forme sédative.

Si maintenant nous descendons dans le détail des applications particulières, nous voyons que les fomentations tièdes, émollientes, narcotiques, conviennent

3^)0 FOMEiNTATION.

dans la plupart des cas d'inflammation douloui-euse du tégument externe, des muscles, des articulations, et même dans les cas d'inflammation douloureuse des organes profonds, comme ceux de la région abdominale, par exemple. Elles sont indiquées dans tous les cas où l'on a coutume de prescrire les cataplasmes qui ne sont eux-mêmes que des fomentations semi-liquides. C'est le plus ou moins de commodité de l'application qui fait, dans ces cas, donner la préférence tantôt à la fomentation proprement dite, tantôt au cataplasme. Le mode d'action est le même. On emploie les fomentations émoUientes avec l'eau de sureau, dans l'érysipèle de la face, l'érythème aigu du tronc ou des membres. Dans le rbumatisme articulaire aigu, on applique sur les articulations douloureuses des fomentations émoUientes et narcotiques avec ou sans addition de laudanum de Sydenliam ou de Rousseau, ou encore de 20 à 50 gouttes de chloroforme pur. On emploie souvent, dans ces cas, les fomentations buileuses avec des liniments simples ou composés, c'est-à-dire formés d'huiles diverses additionnées de camphre, de laudanum, de chloroforme, de belladone, de jusquiame, de stramonium, etc. Les." omentations chaudes, émoUientes, najcotiques, ou avec les liniments précédemment indiqués, conviennent également dans le rhumatisme musculaire aigu ou subaigu, le torticolis, le lumbago, les myosites en général.

Ijes fomentations chaudes sur le cou soulagent les douleurs aiguës spontanées de la phthisie laryngée.

Depuis longtemjjs les fomentations chaudes excitantes ont été conseillées dans les ophthalmies.

Dès 1742, Gmelin recommandait, dans Vhypopyon, pour faire résoiber le pus, l'application, pendant plusieurs heures dans la joui'née, de compresses trempées dans une infusion aromatisée chaude, et que l'on remplaçait, la nuit, par des cataplasmes.

Depuis quelques années, plusieurs ophthalmologistes éminents, de Graefe, Jacobson, Saemisch, Carter, etc., ont mis en pratique le même moyen, avec succès, dans le traitement de certaines phlcgmasies de la cornée et de divers traumatismes du globe oculaire soit accidentelles, soit opératoires.

« Les applications locales humides, dit M. Panas, agissent par leur température, principalement sur les parties antérieures du globe oculaire; aussi, est-ce dans les affections inflammatoires de la cornée et de la conjonctive qu'elles conviennent le mieux.

« L'effet du chaud humide sera de dilater les vaisseaux et d'y développer une hyperémie plus ou moins active, avec toutes les conséquences secondaires, tandis que le froid produira des effets exactement inverses. Il suit de là que c'est sur l'importance de l'élément vasculaire dans ces maladies, que nous devrons nous guider pour recommander l'emploi des compresses chaudes ou froides. »

De Graefe emploie les fomentations chaudes de camomille à la température de 52, 55 et jusqu'à 40 degrés centigrades, dans la kératite avec infUlration purulente passive, maladie qui affecte les enfants âgés de moins de huit ans. Plus la marche de la maladie semble lente, plus il faut élever la température des applications humides. Celles-ci doivent être changées toutes les cinq minutes et suspendues 15 minutes par heure. Une fois la démarcation inflammatoire nettement établie, la température des fomentations devra être abaissée et l'intervalle des suspensions prolongé, sous peine de provoquer une réaction trop vive. L'origine traumatique du mal ne contre-indique pas l'emploi des compresses chaudes, surtout s'il y a complication d'hypopyon.

FOMENTATION. 561

Les ulcères par abrasion, sans opacité de la cornée, qui se présentent à l'éclairage oblique sous l'aspect de facettes non vasculaires, sont avantageusement influencées par les applications de la chaleur humide.

Il en est de même de l'infiltration cornéenne accompagnée d'une légère injection perikératique avec douleur intense, rebelle au traitement antiphlogislique, et qui ne cède qu'au bout de quelques jours, à la suite de l'apparition d'une pustule sur la cornée. Cette forme de kératite se montre d'habitude après des blessures ou des opérations qui ont intéressé la cornée.

Du reste, il ne faudrait pas se servir indistinctement des compresses chaudes en pareil cas; il ne faut y recourir que lorsque les sangsues et les applications froides n'ont apporté aucun soulagement à la douleur et qu'un point très-limité de la cornée prend une couleur jaunâtre.

L'excessive sensibilité au toucher du point malade est un indice presque certain que la suppuration va y apparaître, auquel cas il ne faut pas craindre d'employer les fomentations chaudes, en vue d'améliorer et de circonscrire le travail suppuratif. Douze à quatorze heures d'application suffisent en général pour amener une amélioration sensible et pour faire cesser la douleur.

Lorsque, chez des malades faibles ou âgés, on observe, dix-huit ou vingtquatre heures après l'extraction de la cataracte, un gonflement considérable de la paupière supérieure, avec exagération de la sécrétion conjonctivale et absence complète de douleur et de chaleur, on peut conclure que l'oeil est menacé de destruction de nature asthénique. Les compresses chaudes sont alors indiquées, à moins de fistule.

Elles le sont également dans la kératite chronique avec opacités, dans le pannus à marche chronique avec ou sans granulations palpébrales, pour y développer une inflammation aiguë substitutive; dans l'ophthalmie purulente diphthéritique. Mais, dans ce dernier cas, il faut le dire, les opinions sont partagées entre les auteurs les plus compétents.

Voici comment M. Panas emploie les compresses chaudes dans les ophthalmics qui lui paraissent réclamer l'emploi de ce moyen. Il prend un carré de flanelle recouverte, du côté correspondant à l'œil, d'une pièce en toile fine; cette compresse est trempée dans l'eau ou l'infusion chaude, puis exprimée légèrement, et immédiatement appliquée sur l'œil. Pour éviter le dessèchement, et pour maintenir la compresse à un degré constant de température, on recouvre le tout avec un morceau de taffetas gommé dépassant en tous sens le linge et la flanelle.

M. Pahas dit avoir employé avec succès les compresses chaudes dans l'hypopyon et les ulcères atoniques avec nébulosité cornéale persistante, à la condition de prendre soin d'en cesser l'usage aussitôt que la cornée est vivement vascularisée.

Les fomentations diurétiques s'emploient dans tous les cas où il est indiqué d'exciter la sécrétion urinaire, tout en évitant l'action irritante du médicament sur l'estomac. On les fait avec une forte décoction de feuilles de digitale, seule ou additionnée d'une forte décoction de bulbes de scille, dont on imbibe des flanelles qu'on applique sur le ventre et qu'on recouvre d'une large plaque de taffetas gommé pour empêcher l'évaporation. On a vu la diurèse considérablement excitée par ce mode d'administration externe, qui a le grand avantage d'éviter l'irritation du tube digestif.

Les fomentations excitantes, les fomentations aromatiques sont formées, soit avec des infusions chaudes de plantes aromatiques (absinthe, camomille, hysope, menthe, romarin, sauge, thym, etc., etc.) seules ou mélangées au vin, au

362 FOMENTATION.

vinaigre, à l'alcool, soit avec des infusions ou des macérations des espèces aromatiques dans ces derniers liquides (alcoolats, teintures, vins, vinaigres aromatiques), soit, enfin, avec des liniments variés tels que les préparations complexes connues sous le nom de baumes, et qui contiennent des principes médicamenteux jouissant, en général, de propriétés stimulantes. On les prescrit toutes les fois qu'il s'agit d'exciter l'action organique, de stimuler la circulation et l'innervation, lorsqu'il y a atonie des tissus, dans les engorgements chroniques des parties, dans le traitement des plaies atoniques, dans le rhumatisme articulaire ou musculaire chronique, dans les névralgies rebelles, dans les parésies ou les paralysies, etc. Dans ces cas, les fomentations sont généralement combinées avec les onctions et les frictions pratiquées à l'aide de compresses imbibées des mêmes liquides, et qu'on laisse ensuite appliquées plus ou moins longtemps sur les parties malades. Certains liquides irritants, par exemple les liniments ammoniacaux, volatils, ne doivent être laissés appliqués en fomentation que pendant un temps fort court, sous peine de produire une irritation plus ou moins vive, même la vésication.

On désigne sous le nom de fomentations astringentes, fomentations résolutives, des applications de compresses imbibées de liquides qui jouissent de la propriété de resserrer les vaisseaux et de résoudre les engorgements des parties ou les épanchements des liquides. C'est ainsi que dans les fractures, les luxations, les contusions, les entorses, dans les tuméfactions qui suivent les piqûres d'insectes, il est d'usage d'appliquer sur les parties qui sont le siège de la lésion des compresses imbibées de liquides astringents ou résolutifs, alcool camphré, eau blanche, etc. On sait l'importance exagérée que le vulgaire attache aux applications de compresses imbibées de teinture d'arnica dans les coups et les chutes, ce qui a fait donner à ce médicament le nom de panacea lapsorum. Il arrive souvent qus l'application de ces compresses imbibées de teinture d'arnica pure provoque la vésication des tissus. Le médecin qui croit devoir saci'icrifier à cet engouement du public pour la teinture d'arnica ne manquera donc pas de la faire mélanger avec une quantité suffisante d'eau pure.

Chez les scrofuleux, lorsqu'il existe des plaies atoniques lentes à se cicatriser, on active la guérison en faisant des applications de compresses trempées dans un liquide astringent tel que le vin aromatique, la décoction de feuilles de noyer, ou bien encore une solution de tannin contenant, par exemple, 3 grammes de la substance astringente pour 250 grammes de vin rouge.

Tout le monde sait l'importance exceptionnelle que beaucoup de chirurgiens attribuent aux fomentations dites antiseptiques, faites avec des liquides astringents ou légèrement caustiques, tels que l'acide phénique, l'alcool camphré ou non, la solution de sulfate de zinc, etc., dans le pansement des plaies. Outre la destruction des germes existant dans l'air et qui se déposent à la surface des plaies ou sur les pièces du pansement, ces liquides ont pour effet de déterminer l'astriction des vaisseaux béants à la surface des plaies, et de prévenir ainsi l'absorption des sécrétions putrides. Nous n'avons pas à nous étendre ici sur ce mode de fomentations, dont les détails trouveront plus logiquement leur place à l'article Pansement des plaies.

Nous devons en terminant appeler l'attention sur deux questions intéressantes, l'une concernant la température à laquelle les fomentations doivent être appliquées, l'autre relative à l'absorption des principes médicamenteux contenus dans les liquides des fomentations.

FONCAUDE (eau mi>érale dej. 565

En ce qui concerne la question de la température, nous avons dit déjà que lorsque le liquide avait une température élevée au-dessus de la chaleur normale du corps, la fomentation exerçait une action excitante sur la partie à laquelle elle était appliquée, excitation manifestée par l'augmentation de la rougeur et de la chaleur de cette même partie. C'est ce que l'on pourrait appeler l'action excitante directe de l'application ; si, au contraire, la température de la fomentation est abaissée au-dessous de la chaleur normale de la partie du corps avec laquelle elle est mise en contact, celle-ci se refroidit et se décolore d'abord ; mais si l'application froide dure pendant un certain temps, d'ailleurs très-court, sans être renouvelée, il se produit un mouvement de retour en vertu duquel la constriction primitive des vaisseaux fait place à leur dilatation, la pâleur et le refroidissement des tissus au rétablissement de leur coloration et de leur calorification normales ; cette coloration et cette calorification sont même dépassées, si bien qu'il en résulte, finalement, pour la partie, un accroissement de la quantité de sang contenue dans les vaisseaux, et une augmentation de la température. C'est ce que l'on pourrait appeler l'action excitante indirecte ou par réaction. Celle-ci est d'autant plus énergique, que la température du liquide est plus froide.

Il faut donc, lorsque l'on fait une fomentation, avoir égard à la température du liquide, et, si l'on recherche l'action sédative, ne pas se servir d'un liquide trop froid, sous peine de voir le mouvement de réaction se produire. On empêcherait d'ailleurs ce mouvement de s'effectuer en ayant soin de renouveler fréquemment les application^ toutes les quatre ou cinq minutes, par exemple.

Une autre question non moins intéressante est celle de savoir quelle est la part d'action qu'il faut attribuer aux principes médicamenteux contenus dans les liquides des fomentations. La solution de cette question implique nécessairement celle si longtemps et toujours controversée de l'absorption cutanée. Nous l'avons longuement traitée à l'article Bai^s. Nous disions alors que les nombreuses expériences faites jusqu'à ce jour au sujet de Tabsorption des liquides ou des substances solubles par la peau, revêtue de son épiderme, avaient donné des résultats généralement négatifs. Malgré les conclusions contraires de quelques expérimentateurs plus récents, nous ne pensons pas que les faits nouveaux soient suffisants pour nous autoriser à modifier sensiblement notre opinion sur ce point intéressant de thérapeutique.

A. Tartivel.

fo^'CJlUDE (Eatj minérale de). Hypothei^male , amétaUite , carbonique faible. Dans le département de l'Hérault, dans l'arrondissement et à 5 kilomètres de Montpellier, dans un vallon solitaire où coule la petite rivière de la Mosson, où le climat est chaud avec de brusques variations de température le matin , mais surtout le soir, à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer , émerge des marnes bleues du terrain pliocène près de leur contact avec les couches tertiaires lacustres qu'elles recouvrent, la source de Foncaude (en Languedocien, Font-Caoïida) fort anciennement connue, mais qui n'a été aménagée et régulièrement exploitée que depuis 1844. La saison commence le 1*"' du mois de mai et finit le l^"" novembre. L'eau de la source de Foncaude est limpide, incolore, inodore, d'une saveur fade, onctueuse au toucher, traversée par des bulles gazeuses d'un volume assez gros ; sa surface exposée au contact de l'air se recouvre d'une pellicule irisée et ses couches inférieures sont noircies par un limon dans lequel M. Fontan a reconnu des oscillaires, et des infusoires de la

361 FONCIRGUE (eau minérale de).

même espèce. Le débit de cette source est de J29 600 litres en 24 heures, sa température est de 25", 5 centigrade et sa densité de 1,001. M. Bérard a fait son analyse chimique en 1846, il a trouvé que 1000 grammes contiennent les principes suivants :

Carbonate de cliaux 0,1830

— mjgncsie 0,0163

Alumine et carbonate de fer 0,0067

Chlorure de ma^nébium 0,0589

— sodium 0,0162

Sulfate de chaux ( quantité minime

Substance organiquean.ilogue à la barégine. 1 indéterminée.

Total DES MATIÈRES fixes 0,2861

Gaz acide carbonique et air en quantités à peu près égales Oiit. 039

L'eau de Foncaude est employée en boisson ; mais on s'en sert surtout en bains et en douches dans un établissement qui est pourvu de quarante baignoires et des appareils pour l'administration de douches de tout calibre et de toute forme.

Emploi thérapeutique. L'eau de Foncaude employée en boisson est diurétique et paraît stimuler modérément les fonctions digestives. En bains généraux, dont l'eau est à oo" ou à 55" centigrade et dont la durée est de 45 minutes à une heure, elle agit comme sédative du système nerveux et de la circulation sanguine ; sous son influence le pouls diminue de fréquence, la température de la peau s'abaisse et les frissons surviennent. Ces phénomènes dépressifs ne se prolongent pas longtemps, en général, et une réaction franche et durable ne tarde pas à leur succéder. Cette eau en boisson et surtout en bains et en douches détermine assez souvent une poussée complète, elle active toujours la circulation capillaire des vaisseaux cutanés. Les névralgies, les sciatiques particulièrement, les rhumatismes érétliiques, les affections utérines avec excitabilité congcstive ou névropathique, et tous les états pathologiques où il importe de modérer l'innervation et de favoriser la tonicité des tissus, sont traités avec un grand avantage à Foncaude, comme ils le sont à Ussat {voy. ce mot). Les médecins ne doivent pas l'oublier, car les eaux minérales qui ont cette propriété sont loin d'être nombreuses. Les eaux de Foncaude en bains et en douches sont trèsutiles, enfin, dans les maladies où il convient de rappeler une transpiration accidentellement ou intempestivement supprimée, et dans les manifestations cutanées, dans l'eczéma principalement, quand la maladie est récente ou accidentelle, locale pour ainsi dire, lorsqu'il suffit de modilier la peau par une médication douce et graduelle qui la ramène peu à peu à un fonctionnement physiologique. Les bains de Foncaude sont précieux alors et réussissent mieux que les eaux sulfurées et sulfureuses presque toujours trop excitantes.

La durée de la cure est de 20 à 30 jours.

On n exporte pas les eaux de Foncaude. A. Rotureau.

BiBLioGnAPMiE. — Bertix (E.). Nouvelle notice sur les eaux minérales de Foncaude. Montpellier, 184!5, in-8°. — Du jième. Observations sur les eaux minérales de Foncaude. Monlpellier, 1847, in-8''. — Du même. Des eaux minérales de Foncaude, rapport à V Académie de médecine. Montpellier, 1855, in-S°. Joanne (Ad.'i et Le Pileur (A.). Les bains de l'Europe, guide descriptif et médical. Paris, 1860, in-12, p. 515-316. A. R.

FOXCIRGIE (Eau miinérale de) , protothermale, bicarbonatée calcique moyenne, ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans le département de l'Anége, dans l'arrondissement de Pamiers, à 504 mètres au-dessus du niveau de la mer, au pied d'une colline calcaire, émerge une source abondante, dont les

FONCTION. 565

eaux claires et limpides, inodores et incolores, sont traversées par des bulles gazeuses grosses et assez rares ; leur saveur est fade et un peu ferrugineuse, leur température est de 20", 2 centigrade, leur analyse chimique a été laite par M. Fau, qui a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

Bicarbonate de chaux 1,1897

— magnésie O.Oll'l

Sulfate de chaux 0,03ô"

— soude 0,001-2

— magnésie 0,0127

Chlorure de calcium 0,003f>

— magnésium 0,0017

Oxyde de fer et phosphate de chaux. . . . 0,0077

Silice O,00"24

Matière organique rcssemhlant à l'alumine 0,05a2

Matière combinée avec la matière oi'ga-

nique 0,0070

Perte 0,0071

Total des matières fixes 1,51 ôl

i acide carbonique 0 lit. 027 azote 0 019 oxygène 0 004

Total des gaz Olit.OoU

L'établissement de Foncirgue, fréquenlé seulement par les malades des environs, se compose d'une buvette et de 12 baignoires, alimentées par l'eau de la source préalablement chauffée. L'effet physiologique de celte eau est de produire la diurèse et la sédation ; elle est principalement administi'ée à la dose de quatre à huit verres pris le matin à jeun, et de quart d'heure en quart d'heure, aux personnes affectées de sables ou de petits graviers, ou de dyspepsies acides ; elle est appliquée en boisson et en bains aux malades qui souffrent d'affections cutanées auxquelles convient une médication alcaline et calmante.

La durée de la cure est de 20 à oO jours.

On n'exporte \^?^s l'eau de la source de Foncirgue. A. Roturbau.

FOI^CTIOX (de funcji, s'acquitter). S'il y a longtemps que ce mot existec'est seulement de nos jours qu'il a pris un sens précis et véritablement scientifique. La fonction a été définie par Ch. Robin : le mode d'action d'un appareil, et, parla, il faut entendre qu'à la notion anatomique d'appareil, correspond la notion physiologique de fonction, que si chaque appareil est complexe au point de vue de l'anatomie, il a, au point de vue de la physiologie, une unité fonctionnelle.

C'est en se basant sur des considérations de cet ordre qu'on peut dire que l'ossification, élevée au rang de fonction par Vicq d'Azyr, n'est qu'un cas particulier de la nutrition; que la transpiration considérée comme une fonction par Cuvier, l'exhalation, l'absorption, la sécrétion, la calorification mises dans le cadre des fonctions de Bichat, se rattachent aussi plus ou moins directement à la nutrition. Enfin celle-ci elle-même n'est pas davantage une fonction, attendu qu'elle s'exerce dans tous les éléments anatomiques et n'a pas d'appareil proprement dit. C'est une propriété élémentaire, la plus simple et laplus générale de toutes {voy. Nutrition). Les fonctions de la vie ne constituent donc pas toute la physiologie, comme le disent encore quelques auteurs.

Les diverses fonctions de l'organisme se trouvent définies aux mots qui leur correspondent dans ce Dictionnaire; nous devons ici nous occuper de leur classification.

FONCTION

Galien admettait des fonctions vitales, des fonctions animales et des fonctions naturelles. Les premières (circulation, respiration) étaient ainsi nommées parce qu'elles ne peuvent être supprimées sans que la mort arrive promptement ; les secondes ( sensations, intelligence ) caractérisent essentiellement l'animalité ; enfin les troisièmes (génération, digestion, nutrition, mouvement musculaire) peuvent être supprimées pendant un temps plus ou moins long, sans danger pour l'animal.

Bichat, dont la classification est encore adoptée par beaucoup d'auteurs, divise les fonctions en deux grandes classes : 1° celles relatives à l'individu; 2" celles relatives à l'espèce.

1° La première classe comprend :-a. Les fonctions qui servent à mettre l'individu en rapport avec le monde extérieur (fonctions de la vie animale ou de relation ou simplement animales, parce qu'on ne les trouve, à proprement parler, que chez les animaux) ; h. Les fonctions qui ont pour but l'entretien de la vie (fonctions de la vie organique ou de nutrition, appelées encore végétatives parce qu'elles se rencontrent à la fois chez les animaux et les végétaux).

2° La seconde classe se subdivise : a. En fonctions relatives au sexe masculin; h. En fonctions relatives au sexe féminin ; c. En fonctions relatives à l'union des deux sexes et au produit de cette union. Voici d'ailleurs, sous forme de tableau synoptique, la classification de Bichat :

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