VI. Lampy-iNeuf et Castelnaudary
Réciproquement, des moyennes annuelles à peu près semblables peuvent être fournies par des régimes très-différents. A partir de Lyon, les pays qui bordent le Rhône, la Méditerranée et l'Aude, offrent des stations peu différentes pour la quantité d'eau, mais très-dissemblables au point de vue de la distribution semi-annuelle, saisonnière ou mensuelle, puisque l'on traverse cinq régimes :
I. L'Arlire^le. II. Loire. III. Saint-Hippolyte de Caton. IV. Montpellier. VI. Carcassonne. 728- 744 894 867 759
Donc, les lignes isoombres ne sont pas celles qui font connaître le régime pluvial d'un pays.
FRANCE (climatologik). 437
Ceci démontre encore la difficulté de comprendre le climat français dans un petit nombre de divisions, ayant chacune une physionomie nettement accentuée, et siirtout do faire correspondre les lignes de séparation climatique avec des lignes géographiques. Une zone géographique quelconque, pour peu qu'elle soit étendue, est exposée à renfermer plusieurs climats, et le fait se produit souvent.
Nous empruntons encore à M. Raulin quelques résultats partiels, relatifs à la pluviométrie de la France méridionale.
Aquitaine. Au pourtour de la contrée, au pied des régions élevées du plateau central et des Pyrénées, comme au voisinage de l'Atlantique, les moyennes annuelles atteignent 700 à 800 °"", et dans l'angle S.-O. de Mont-de-Marsan à Bayonne, elles arrivent à dépasser 1300""". Dans la partie centrale, elles restent souvent entre 600 et 700, et non loin de l'angle S.-E. dans la vallée de l'Ariége, de Toulouse à Royat, elles sont réduites à leur minimum, qui varie de 650 à oSO'""". Sous le rapport de la répartition trimestrielle, l'Aquitaine possède les trois régimes principaux III, Y et VI, et un quatrième très-restreint, le régime II. Bordeaux, dans la zone moyenne, reçoit annuellement environ 740 millim. d'eau d'après les pluviomètres ; le chiffre vrai doit n'être pas loin de 900 et peut-être au-dessus.
Pyrénées. La quantité annuelle de pluie augmente, dans celte région, à mesure que le sol s'élève au-dessus du niveau de la mer. La plus haute station occidentale, Peyranère, 1416 mètres, est aussi celle où l'on a mesuré la plus grande quantité de pluie, 1856 millimètres. Il est remarquable, toutefois, qu'à l'extrémité de la grande chaîne, même à basses altitudes, au fond du golfe de Gascogne, la quantité absolue soit encore très-considérable ; Aragori, 55 met. au-dessus de l'embouchure de la Bidassoa, a une moyenne de 1655 millimètres. En revanche, l'extrémité orientale, sur la Méditerranée, reçoit très-peu d'eau ; Mont-Louis, à 1612'", 601""" ; le fort Bellegarde, à 424'", 922"^"^ ; Bauyuls, à 2"^, 457"'"*. Les moyennes sont faibles aussi à l'intérieur de la chaîne, dans les hautes vallées; du Gave de Pau à Luz, 709 '"'" et 502"""; de la Neste à Arreau, 700 et 672"*"'.
La partie centrale de la chaîne appartient à la région des pluies abondantes pendant la moitié chaude de l'année, environ un sixième de la longueur totale ; le reste appartient au régime des pluies prédominantes dans la saison froide, sauf quelques îlots. Pour la répartition trimestrielle, on trouve les six régimes; le VI prédomine beaucoup, puis le III et le V; les régimes I, II et IV, n'existent que sur des espaces limités.
Plateau central. 11 renferme les stations les plus pluvieuses de France et peut-être de l'Europe continentale. La quantité absolue diminue en descendant vers la Loire et la Garonne, mais augmente du côté de la Saône et du Rhône. Sa partie septentrionale appartient aux pluies de la moitié chaude de l'année, la partie méridionale au régime inverse ; la ligne de séparation part d'Annonay, par 45'^,50'delatitude,pour aller atteindre Floracet Alby et delà tourner au sud, vers Carcassonne, au pied des Corbières. L'extrémité occidentale, à l'ouest de Guéret, Limoges, Tulle, a aussi le régime des pluies pendant la moitié froide. — Le plateau central a les six régimes de répartition trimestrielle; les régimes II, III et I, sont les plus étendus.
Languedoc Méditerranéen. C'est une région assez pluvieuse. La partie la plus pluvieuse du Plateau central et de toute la France est le bord S.-E. de cette