‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 52 sur 75 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Observatoire. 1872

Monisouris.. 1!S75

Ainsi, jusqu'à présent, les observations ozonoscopiques ne dépassent pas en intérêt pratique la hauteur des contradictions avec la théorie, surprises par maint observateur. Ce n'est pas le pouvoir oxydant de l'ozone, sans doute, qui est en cause ; mais où se retrouver quand on cherche les rapports entre l'abondance de cet agent et la présence ou la marche des maladies miasmatiques ? Nous

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ne voulons pas dire par là que l'on doive abandonner celte branche de la météorologie ; rien, parmi les forces extérieures, n'est indifférent à la vie et surtout à la vitalité humaine; des lois qui échappent à notre temps se laisseront peutêtre pénétrer par nos successeurs, mieux préparés et mieux munis.

6" Luminosité. Il est bien démontré que le plus ou moins de lumière solaire qui arrive aux plantes, influence leur développement et la maturation ; à priori, une influence analogue doit s'exercer sur la vitalité animale.

Sans vouloir entrer dans une exposition de physique, faisons remarquer que cet article ne fait pas double emploi avec celui de la nébulosité du ciel ; la luminosité n'est pas précisément en raison inverse de la précédente, comme on pourrait le supposer à première vue. Deux atmosphères également pures pour l'œil, observées à plusieurs jours d'intervalle, peuvent laisser arriver au sol une somme très-inégale de rayons solaires.

On a trop généralement l'habitude, lorsqu'il s'agit des rapports de la météorologie avec la végétation, de ne songer qu'à un seul élément : la température ; tout au moins, prime-t-il les autres d'une façon exorbitante. Nous profiterons de l'occasion qui se présente ici pour rétablir un principe de climatologie géné- ■ raie, que chacun devait pressentir, mais qui a été mis en évidence récemment, par les belles recherches expérimentales des météorologistes de Montsouris. Ce n'est pas seulement la chaleur qui détermine les phases essentielles de la végétation, mais encore la lumière et Veau. C'est même la lumière qui doit prendre en ceci le premier rang. Ce sont, en effet, les rayons solaires directs ou diffusés dans l'atmosphère, d'ailleurs à la fois lumineux et chauds, qui déterminent chez les plantes, le travail intérieur qu'on nomme assimilation, et qui consiste dans la transpiration des feuilles et la réduction par elle de l'acide carbonique de l'air. La chaleur, elle, règle la dissolution dans l'eau du sol des substances nécessaires à la plante, l'absorption de cette eau par les racines, la température qui convient à la plante selon les phases de la végétation. Quant à l'eau météorique, elle compte dans ces phénomènes par les rapports nécessaires et immédiats qu'elle a avec l'eau du sol. Nous pouvons bien ajouter Vair à ces agents essentiels, puisque les feuilles des plantes y prennent directement certaines substances ; que les pluies en entraînent d'autres, de l'air dans le sol, à l'usage des racines, et qu'enfin M. Berthelot vient de démontrer que, sous l'influence de l'électricité normale de l'atmosphère, l'azote de l'air peut se fixer directement sur les composés organiques du sol.

Ces notions, d'introduction assez récente dans la science, sont fort importantes dans la question que cet article a pour but d'exposer et d'étudier. La météorologie a un peu dédaigné jusqu'aujourd'hui, ou méconnu plutôt, les observations afférentes à la luminosité relative des divers pays, à l'intégrité relative de l'atteinte solaire sur divers points du globe ou même d'une zone donnée. C'est une lacune. Il y a des raisons de croire que le ciel de France est particulièrement favorisé, au moins dans une grande étendue, sous le rapport (le la luminosité et sous le rapport des conditions atmosphériques qui aident à l'arrivée intégrale des rayons solaires jusqu'au sol. Cette atmosphère habituellement lumineuse et d'un échauffement facile, tel est peut-être le secret de la supériorité de la terre française dans les produits agricoles, d'utilité primordiale. Le perfectionnement des moyens d'observation permettra quelque jour de le démontrer directement .

M. E. Tisserand, d'après ses propres observations et celles du professeur

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Schiibeler (de Christiania), montre que le nombre de jours qui s'écoulent, en moyenne, entre les semailles et la récolte de certaines céréales, est en raison inverse de la latitude. Le froment d'été, par exemple, met à mûrir :

A la ferme de Skibotten (BQ-^S' lat. N.^ . . . lU jours.

A celle de Sirand (68° 46' id.) 115 —

A la ferme école de Bodri (67° 17') 121 —

A celle de Haisnô (59° 47') 153 —

A la Pouilleuse (près Pari>) 159 —

A Alger 142 —

Or, comme on le sait, la longueur des jours d'été augmente avec la latitude, tandis que la température diminue. Ce n'est donc pas celle-ci qui hâte la maturité. En réalité, il faut à un grain de blé, pour mûrir, plus d'heures de jour à Skibotten (où le soleil est oblique) qu'en Alsace, dans la proportion de 2500 heures contre 2000 environ. Mais il n'en est pas moins probable, que la lumière fait en ceci, à la chaleur, une compensation prépondérante. Si en effet, l'on multiplie le nombre d'heures de jour par la moyenne de température annuelle, les chiffres correspondants deviennent : Alsace, 29 900 ; Skibotten : 26 600. Il est toutefois remarquable que l'élévation en hauteur agisse de la même manière que l'élévation en latitude sur la rapidité de la végétation. On dirait que la plante cherche à suppléer à l'insuffisance de la chaleur par une absorption plus complète des rayons solaires. La flore des plus hautes régions des Alpes est célèbre par le brillant coloris et le parfum de ses espèces.

Le chiffre de la moyenne thermique annuelle ne donne donc pas le dernier mot de l'aptitude d'une contrée à produire telle ou telle espèce botanique. D'autre part, la répartition de la chaleur elle-même sur la durée de l'année est une condition de première importance suivant les végétaux que l'on considère. La vigne, par exemple, ne s'accommode plus de la température moite et assez égale de nos contrées du nord-ouest appartenant au climat Séquanien ; tandis qu'elle réussit encore à l'est, en Lorraine, en Alsace et au delà, dans des contrées de température moyenne annuelle inférieure et quelquefois sous des latitudes plus septentrionales. Mais la moyenne de l'été dépasse 18" à Metz, tandis qu'elle n'est guère que 17° à Lille. De même, l'oranger, qui donne de si beaux fruits sur le littoral algérien, n'est plus qu'un arbrisseau de luxe et périclitant sans cesse à Laghouat, où la moyenne thermique, plus élevée, cache d'immenses oscillations absolues.

« Vactinométrie {Annuaire météorologique et agricole de V Observatoire de Montsouris) a pour objet la mesure de l'intensité des rayons qui émanent du soleil, de l'atmosphère ou des objets terrestres. » (Voy. Kaemtz : à l'article Héliothermomètre) .

« La quantité absolue de lumière et de chaleur que le soleil envoie vers la terre peut être considérée comme à peu près constante ; elle est un peu plus forte en hiver qu'en été... 11 n'en est plus ainsi de la portion de ces rayons qui parviennent jusqu'à nous au travers de l'atmosphère. L'air atmosphérique, et particulièrement l'air humide, arrête une fraction très-notable des rayons qui nous sont destinés, et les nuages en interceptent une autre fraction au moins aussi grande en moyenne. »

Par contre, à un certain moment, des nuages survenant dans les hautes régions de l'air peuvent ajouter des rayons réfléchis à ceux que le soleil envoie directement sur un endroit donné.

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Ainsi, « le 1" mai 1874 l'actinomètre de l'Observatoire de Montsouris marf[uait à midi 95°, 8. Or, le degré calculé (par des procédés qui ne sont pas de notre ressort) pour un ciel pur est de 85,3, à la latitude de 49 degrés, qui est à peu près celle de Paris. L'observatoire recevait donc à ce moment 112 centièmes des rayons qui lui seraient parvenus par un ciel pur et sans nuages ; les nuages (du moment) nous renvoyaient 12 pour 100 de rayons interceptés par eux au détriment des lieux qu'ils couvraient de leur ombre '. »

« Si l'atmosphère de Paris n'exerçait aucune action sur les rayons solaires qui la traversent, et si, d'autre part, la durée des jours y était invariablement de douze heures, le degré actinométrique moyen serait, pour tous les mois de l'année, égal à 100 où à 50, selon qu'on envisagerait l'éclairement moyen du jour ou celui des vingt-quatre heures. En tenant compte de l'inégalité des jours et du pouvoir d'extinction qu'une atmosphère même toujours pure exerce sur les rayons solaires, au lieu du nombre 100, on obtient les nombres appelés degrés calculés. »' Les degrés observés dil'fèrent de ceux-ci en raison de l'iiumidité et de la nébulosité de l'atmosphère. Les recherches faites à Montsouris permettent de prévoir, à cet égard, des lois importantes. « Non-seulement, en hiver, nous recevrions moins de lumière qu'en été, au travers d'une atmosphère pure, mais encore l'atmosphère dans la saison froide arrête une plus forte proportion de rayons que dans la saison chaude. Le mois le plus clair, mai, ne nous a donné (en 1875) que 0,63 de la lumière qui nous était destinée. Dans l'année 1873-1874, qui a été une année remarquable sous le rapport de la transparence de l'atmosphère, le rapport s'était élevé à 0,68 en juin et juillet. »

Nous reproduisons ci-dessous deux des tableaux actinométriques de l'Annuaire de Montsouris (1876.)

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