‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 51 sur 163 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

(personnel

médical

par

100000 pers.).

Nous pourrions encore leur faire connaître (en Angleterre) les âges de chacun de ces groupes professionnels, leur mortalité, et, par exemple, constater que, de 25 à 35 ans, alors que la mortalité du « clergyman » est de à peine 4,65 par an

FRANCE (démographie). 4.31

et par 1000 ; celle des notaires de 4,75'; celle des ministres protestants de 5,83 ;

celle des prêtres catholiques (célibataires obligés) de 7,66 ; enfin celle de tout le

monde 9,85, celle des « physicians et surgeons » s'élève à 12,8*; qu'à

l'âo^e suivant (35-45 ans) , alors que la mortalité des catégories sociales ci-dessus

énumérées (et dans le même ordre) n'est que de 6,28 — 7,30 — 9,25 — 6,33, et

celle de tout le monde de 1 3,05, celle des médecins est de 13,46. A l'âge ensuite

(45-55 ans), la mortalité de tous est de 18,53, et celle des médecins de 80,4* ;

cependant après 65 ans, elle est un peu au-dessous de la mortalité générale

(30,3 au lieu de 32,1), etc.

A la place de cette analyse et des enseignements qui en ressortent, il est humiliant d'être contraint d'avouer que c'est à peine si nous savons en gros la proportion de nos médecins ; nos dénombrements ne sont pas assez analytiques pour nous renseigner *. Les publications particulières (et irrégulières) du ministère du commerce concernant les diplômes enregistrés, que je pensais être une source plus sûre, et qui, en effet, a été mise à contribution par M. P. Bert dans le remarquable rapport cité en note, ne sont pourtant pas affranchies -de graves erreurs. Ainsi, d'après ce document, le département du Rhône, en 1866, aurait possédé 262 docteurs en médecine et A9 officiers de santé (soit 35 docteurs et 7 officiers de santé par 100 000 personnes) et n'aurait plus, dix ans après (en 1876), que 67 docteurs! et 8 officiers de santé!! c'est-à-dire 7,5 docteurs et 1,13 officiers de santé pour 100 000 habitants !

Devant une diminution aussi exorbitante, aussi invraisemblable, nous avons consulté les annuaires de la profession médicale qui contiennent nommément tous les médecins de chaque localité et nous avons constaté, dans le département du Rhône, en 1876, l'existence de 270 docteurs en médecine et 52 officiers de santé (au lieu de 67 docteurs et 8 officiers sérieusement annoncés par la publication officielle du ministère de l'agriculture et du commerce, c'est-à-dire quatre fois plus!) Une erreur du même ordre se trouve commise pour la Seine- Inférieure^ !

Malgré ces difficultés, en interrogeant toutes ces sources et plus particu-

» Nos census sont fort peu analytiques, et, en outre, ils ne sont pas comparables. Ainsi, en 1856, je lis : médecins et chirurgiens, ^28502; sages-femmes, 3442; tandis qu'en 1847 on ne compte vraiment que 18 U99 praticiens (P. Berl, Rapport sur la [création de nouvelles Facultés de médecine, présenlé à l'Assemblée nationale en 1874). Ce Rapport est un modèle du genre, en ce qu'il substitue aux vagues indications un nombre considérable de faits savamment groupés et interprétés, de manière à faire surgir, comme d'elle-même, la solution du problème posé au rapporteur. En 1839, encore 18110; en 1837, seulement 17 555; en 1866, 17 420 médecins, y compris 503 praticiens exerçant dans .les déparlements devant être ravis par l'Allemagne en 1871.

Qu'est-ce donc que ces 28 302 médecins et chirurgiens qu'annonce le dénombrement (non compris 1518 dentistes et 5442 sages-femmes). En 1^61 le dénombrement annonce encore, sous la rubrique de médecins et chirurgiens, 52 250 hommes 1 alors que les constatations, officielles aussi, du mmistère de l'agriculture n'en accusent toujours que 17 500 ennron, et que le dénombrement de 1866, le meilleur à beaucoup d'égards, relève 16 948 médecms et chirurgiens, plus de 5077 médecins vétérinaires (profession qui n'était pas visée dans les dénombrements précédents et qui, sans doute, était incluse dans le groupe desdits médecins et chirurgiens), plus 1259 dentistes et pédicures hommes, plus 115 femmes (non médecins, dit le texte officiel, ce qui veut dire sans doute non diplômées) et 13 027 sages-femmes.

^ Tout officiels qu'ils soient, ces documents sont évidemment remplis d'erreurs de toute nature, et il en sera ainsi tant que régnera dans l'administration la sotte habitude de faire ces publications officielles sous le sceau de l'anonymat, c'est-à-dire sans garantie, sans autre responsabilité que celle du ministre, ce qui est absolument ridicule, et partant illusoire en telle matière.

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lièrement l'enregistrement des diplômes (ce qui ne donne que des chiffres minimums) , en contrôlant sur les annuaires de profession les résultats peu vraisemblables (il faudrait tout contrôler, mais le temps nous a manqué), nous sommes arrivé aux résultats suivants que, pour les raisons susdites, nous donnons sous tontes réserves.

En France comme en Angleterre, le personnel médical va diminuant.

En 1846, pour une population officielle de 55 400 000, on comptait 18 099 praticiens (non compris l'Algérie), composés de 10 645 docteurs en médecine et 7456 officiers de santé; donc 21 officiers et 30 docteurs ou 51 praticiens pour 100 000 habitants.

Or, en 1876, on ne trouve plus que 11 046 docteurs en médecine et 5757 officiers de santé, ensemble 14 805 médecins praticiens, soit 40 par 100 000 habitants'. Déjà en 1866, sur le même territoire, il y avait 11 254 docteurs et 5568 officiers, en tout 16 822 médecins praticiens, soit 47,5 pour 100 000 habitants. Ainsi, comme en Angleterre, la diminution est graduelle, mais, en France, elle porte pi'esque exclusivement sur les officiers de santé. Ainsi (toujours par 100000 habitants) de 2 1 en 1847, ces praticiens tombent à 15,7 en 1866, et à 10,2 en 1876- Kn trente ans, ils ont diminue de moitié, tandis que les docteurs sont presque stationnaires ; il y avait, en nombre absolu (non compris le territoire devant être ravi), 10 645 en 1847 el aujourd'hui 11 046 ; c'est toujours à très-peu près 30 docteurs médecins par 100 000 habitants.

Quoi qu'il on soit, on voit qu'en Angleterre, il y a encore près de 66 praticiens de toutes classes pour 100 000 habitants, soit encore un praticien pour 1550 personnes, et en France, 40 médecins pour 100 000 habitants, soit un médecin pour 2500.

Il est donc constant que la population anglaise est bien plus favorisée que la nôtre pour l'obtention des soins médicaux ; ce bon résultat vient de ce que la loi anglaise, plus libérale, n"a mis nulle entrave à l'alliance naturelle de la médecine et de la pharmacie.

La loi française, par une intervention tracassière et pédante et, qui pis est, contraire à la nature des choses, a décrété qu'il y aurait deux professions là où le plus souvent une seule se constitue spontanément, lorsqu'on laisse Ja libre activité humaine créer des catégories professionnelles. Il est résulté de cette réglementation arbitraire de la loi, toute sorte de gênes et d'incommodités ; la plus fâcheuse pour le public est que et médecins et pharmaciens se trouvent nécessairement plus espacés, moins à la portée du malade. Dans le système français, il faut près de 5 médecins pour faire vivre un pharmacien ; si donc les deux professions étaient réunies comme en Angleterre (au moins dans les campagnes et petites villes), là où 5 médecins trouvent à peine moyen de vivre, il pourrait y en avoir quatre ; dès lors, au lieu de 15 000 praticiens, nous en aurions 20 000, ou 54 par 100000 habitants, soit encore w?i médecin par 1850 personnes.

En outre, le pharmacien, sans cesse sollicité par le client, n'aurait pas à résister à la tentation de faire la médecine illégale (et combien peu y résistent] ; le médecin de campagne déhvrant en même temps qu'un avis, une substance ■pondérable, serait moins requis au crédit et plus facilement rémunéré, etc.;

1 Le texte officiel dit 10 743 + 5 633, soit 14376, mais il convient d'augmenter ce nombre de 203 docteurs et 24 officiers de santé manifestement omis dansée département du Rhôner plus 100 docteurs en Seine-Inférieure! et d'autres! je ne prétends pas tout corriger!

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mais le grand bénéfice pour le public, c'est qu'il aurait bien plus près de lui les secours médicaux et pharmaceutiques. Cet avantagées! si manifeste, si considérable, que l'on ne comprend pas qu'il n'ait pas arrêté le législateur dans la «lanie de réglementation propre à notre pays.

Quoi qu'il en soit, il est intéressant de savoir comment se distribue le personnel médical sur notre territoire; c'est un travail qui a été très-bien fait par M. P. Bert, dans le rapport cité ci-dessus, en distinguant les docteurs et les officiers de santé. Réunissons d'abord sous la rubrique de médecins ou de praticiens ces 4eux ordres de médecins qui, au point de vue général, rendent à peu près les mêmes services.

Le tableau ci-après donne la liste des départements qui contiennent le moins (vers la gauche) ou le plus (vers la droite) de médecins praticiens.

Les numéros d'ordre placés avant le nom du département indiquent la place de chaque département dans la succession, les départements rangés par ordre croissant des nombres de praticiens qu'on y rencontre pour 100 000 habitants ; •ces nombres sont ceux qui suivent le nom du département. En outre, on a mis (entre parenthèses) les mêmes données se rapportant aux seuls docteurs ; c'est pourquoi la différence des deux quantités qui suivent le nom de chaque département donnera nécessairement le nombre des officiers de santé.

HDMEROS

d'ordre

TS

DEPARTEMENTS

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