‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 10 sur 126 · FREMISSEMENT · texte numérisé non relu

FREMISSEMENT

comparé au bourdonnement de l'abeille, au bruit du rouet, à celui d'un liquide en ébullition, aux vibrations d'une corde de basse, etc. {Voy. Anévrysme) .

Le frémissement artérioso-veineux est toujours plus intense que celui de l'anévrysme artériel. Il augmente dans certaines altitudes du malade, sans doute parce que la fistule artérioso-veineuse subit alors des changements de diamètre. Le susurriis qui l'accompagne s'entend parfois à distance.

Le frémissement comme le souffle qui marche de front avec lui est dû au passage du sang artériel dans la veine à travers la fistule artérioso-veineuse et aussi à la circulation plus rapide du sang dans la veine dont les parois sont dilatées et épaissies (Monneret). Le renforcement intermittent du frémissement provient de la contraction périodique du ventricule gauche. C'est d'ailleurs au courant artériel que paraît revenir la part la plus large dans la production du frémissement.

c. Le frémissement hydatique déjà entrevu, en 1801, par Blatin qui n'en a pas saisi la valeur diagnostique, n'a été bien étudié que par Briançon à qui revient l'honneur d'en avoir fait connaître toute l'importance séméiologique. Ce frémissement s'observe le plus souvent dans les kystes hydatiques du luie et des organes abdominaux, grâce au développement que les tumeurs peuvent prendre dans la région du ventre et grâce à leur situation superficielle. Cependant Gosselin a constaté le frémissement dans un kyste de la cuisse et Virtel dans une tumeur hydatique des os de la hanche.

Le frémissement hydatique a été comparé par Piorry aux vibrations qu'on détermine en percutant une montre à répétition sur sa face métallique, par Tarai au tremblottement d'une masse gélatineuse qu'on agite, et par Da vaine au tremblement que produit un siège élastique qu'on frappe avec la main. Cette dernière comparaison est, selon nous, de beaucoup la plus juste. L'auscultation jointe à la percussion fait entendre dans la tumeur hydatique une vibration qui rappelle celle d'une corde de basse.

Pour provoquer le frémissement, Tarai a conseillé de percuter la tumeur avec un seul doigt qui devra rester appliqué sur le plessimètre jusqu'à ce que l'ébranlement produit par la percussion ait tout à fait cessé. Briançon veut qu'on embrasse la tumeur avec la main gauche en la comprimant légèrement et qu'on la frappe d'un coup sec et rapide. On peut aussi, à l'exemple de Davaine, appliquer trois doigts sur la partie saillante du kyste et percuter avec le doigt du milieu auquel se transmettra le frémissement vibratoire. L'application de la main après la percussion et une certaine compression exercée sur la tumeur sont indispensables pour la perception nette du phénomène. Nous avons pu, quant à nous, provoquer constamment le frémissement là où il était perceptible, en frappant simplement d'un coup sec le doigt médius appliqué avec une ceitaine force sur la portion la plus saillante du kyste. Dans un cas de tumeur hydatique du foie publié en 1872 dans la Gazette des hôpitaux, nous avons vu le frémissement rester imperceptible à la percussion et n'éclater que lorsque le malade faisait de grandes inspirations qui seules parvenaient à ébranler et à faire vibrer la masse hydatique.

Le frémissement ne se rencontre pas dans tous les kystes hydatiques. Selon Frerichs, il ferait défaut dans 'plus de la moitié des cas, mais lorsqu'il existe, il indique à coup sur la naiure hydatique de la tumeur. Sa production paraît résulter moins du choc réciproque et de la collision des acéphalocystes que de

46 FRÉMÏ.

la vibration du liquide contenu dans chaque acéphalocyste en particulier. Cela est si vrai que Jobert a pu constater un frémissement dans une hydatide unique qu'il a fait rouler dans la paume de la main.

Davaine a reconnu expérimentalement que le frémissement se perçoit toutesles fois que le liquide renfermé dans une paroi élastique se met à vibrer et que l'intensité de la vibration est en rapport avec la densité du liquide contenu dans la poche. Si le liquide est visqueux, le frémissement diminue ou disparaît (Davaine, Recherches sur le frémissement hydatique, in Mém. de la Soc. de

biologie) .

Il résulte d'autre part d'une série d'expériences faites par Briancon sur une vessie de cochon renfermant des acéphalocystes, que le frémissement est d'autant plus marqué que le liquide dans lequel plongent les hydatides est plus abondant ; qu'une certaine quantité de liquide est toutefois nécessaire à la production parfaite du frémissement, mais qu'un excès de liquide en empêche la réalisation. Il nous paraît certain que le frémissement exige pour se produire une quantité déterminée de liquide en deçà de au delà de laquelle il ne peut plus prendre naissance. C'est ainsi que nous avons vu un frémissement extrêmement marqué disparaître sans retour, immédiatement après une ponction aspiratrice qui cependant n'avait donné issue qu'à quelques gouttes de sérosité, grâce à l'obstruction rapide de la canule par un débri d'hydatide. Y. ^Vidal.

FRÉMY (Edme-François). Pharmacien français distingué, naquit à Auxerre, le 20 septembre 1774. Il était fils d'un pharmacien de cette ville et commença ses études au collège des bénédictins. En 1792, il s'enrôla volontairement, et en 1797, après le licenciement de l'armée de Hollande, vint à Paris, où il travailla pendant deux ans, avec Courtois et Thénard, dans le laboratoire de Fourcroy; puis il travailla en collaboration avec Courtois, pendant quatre ans, dans un laboratoire que Séguier venait de créer au château de Jouy; c'est dans ce laboratoire que Courtois découvrit la morphine. Pendant son séjour à Jouy, Frémy fut autorisé par Séguier, à faire un cours de chimie à ses collaborateurs plus jeunes et auquel assistèrent plusieurs médecins de Versailles. C'est sur l'instigation de ces derniers et avec l'aide pécuniaire de Thénard, que Frémy acheta une officine à Versailles, officine qui, en peu d'années, devint la première de la ville. La société de pharmacie de Paris, dont il a été plus t;u-d le président, ayant mis au concours, en 1808, le moyen de préparer Vacétate dépotasse, de manière à Vohtenir blanc et saturé sans employer le vinaigre radical, Frémy remporta le prix, qui lui fut décerné en 1809. En ISii, il fut chargé de faire des leçons de chimie aux élèves de l'Ecole militaire de Saint-Cyr, et il établit, en même temps, un cours de chimie expérimentale dans le laboratoire attenant à sa pharmacie. Frémy devint successivement membre du jury médical de Versailles, de la société d'agriculture de Seine-et-Oise, dont il fut le secrétaire perpétuel depuis I8I9, membre (1850), puis secrétaire du conseil municipal, président du conseil de salubrité, surveillant de l'hôpital civil, administrateur du bureau de bienfaisance, etc., enfin, membre du conseil général du département en 1845. Arrivé à l'âge de quatre-vingt-dix ans, il résigna quelques-unes de ses fonctions. Frémy est mort le 10 novembre 1866, âgé de quatre-vingttreize ans. Le célèbre chimiste Frémy, membre de l'Institut, professeur de chimie à l'école polytechnique, etc., est son fils.

jSous citerons de lui :

FRÊNE (botanique). A7

I. Observations sur la combinaison des huiles fixes avec les oxydes de plomb et les alcalis. In Annal, de chimie, t. LXII, p. 25, 1807. — II. Avec Bernouilly : Mémoires sur la question : Préparer l'acétate de potasse de manière à l'obtenir blanc et saturé. Ibiii., t. LXXI, p. 325, 1807. — III. Sur l'altération de l'eau des puits dans la commune de Chaville, etc. \n Annal, d'hyg. publique, t. IV, p. 1, 1830, 1 pi. — II..\rticIes dans les /l««a/es d'hyg. et dans le Journ. de chimie médicale. L. Un.

FREIVCII (Les).

French (.JoHJx). « Médecin anglais, né vers l'an 1616, à Brougiiton, dans le comté d'Oxford, fit ses humanités et ses études médicales à l'Université de cette dernière ville. Avant d'avoir terminé ses cours, il prit du service dans l'armée parlementaire, dont le commandant Fairfax le nomma médecin en chef, pour récompenser le zèle avec lequel il se conduisit en toutes occasions. Jaloux d'obtenir les grades qu'il n'avait point encore pris, il se rendit à Oxford et y reçut le bonnet doctoral en 1648. Admis, peu de temps après, dans le collège de cette ville, il continua aussi de servir dans les hôpitaux militaires ou les armées, et mourut à Boulogne-sur-Mer, en 1657, époque où la Grande-Bretagne avait fait passer une armée en France » [Biogr. méd. publiée par Panckouckc). French a publié :

I. Art of Distillation, or a Treatisc oft/ie Choicest Spagyrical Préparations, Experiments and Curiosilies, performed by Way of Distillation ; as also the London Distiller, exaclly and truhj shewing t/ie Way to draw ail Sorts ofSpirits and Strong Waters. London, 1651, in-4°. — II. The Yorkshire Spaw, or a Treatise of Four Famous Médicinal Wells : viz. the Spaw, or Vitrioline Well; the Strinking, or Sulphur Well; the Dropping, or Petrifyinq Well ; and St. Magnus Well, near Knaresborow, in Yorkshire; together with the Causes, Virtues and Use thereof. London, 1652, in-12. L. llx.

French (WiLLiAii). Médecin de Londres, du dix-huitième siècle, est connu par :

I. A Case of Hy drops Ovarii and Ascites. In Memoirs of the Med. Soc. of London, t. I, p. 234, 1782. — II. Case of a Fractured Cranium, attended with a Loss of a Small Portion oftheBrain. Ibid., t. III, p. 604, 1792. L. IIx.

FRÊ\^E. Fraxinus. § 1. Botanique. Genre de plantes dicotylédones appartenant à la famille des Oléacées.

Ce genre, établi par Tournefort, comprend des plantes ligneuses, en o-énéral de grands arbres à feuilles composées-pinnées, à fleurs polygames ou dioïqiics, dont le calice est à quatre divisions, manquant parfois; la corolle souvent nulle parfois divisée en quatre lobes profonds et linéaires. Les étamines sont au nombre de deux, soudés par les filets avec le tube de la corolle. L'ovaire est biloculaire, renfermant deux ovules dans chaque loge. Le fruit est très-caractéristique : c'est une samare membraneuse, comprimée, perpendiculairement à la cloison, se prolongeant en une aile coriace foliacée qui lui donne une forme oblongue. 11 est indéhiscent, uniloculaire et à une seule graine par avortement.

On distingue deux sections assez distinctes dans le genre Frêne.

La première comprend les espèces dépourvues de corolle et dont les fleurs sont réunies en panicules latérales ; c'est dans cette division que se trouve :

Le Frêne commun, Fraxinus excelsior, abondamment répandu dans les bois et aux bords des eaux.

48 FRENE (emploi).

C'est un grand arbre dont les feuilles ont de 9 à 15 folioles, opposées, péliolulées, ovales, lancéolées ou oblongues, acuminées, dentées en scie ; les fleurs paraissent avant les feuilles et sont disposées en grappes de cymes, opposées. Les samares for-ment une sorte de pénicule pendante; elles sont oblongues, atténuées et arrondies à la base, tronquées ou obliquement émarginées au sommet.

Cette espèce, dans laquelle on a distingué plusieurs variétés, a fourni plusieurs de ses parties à la médecine.

L'écorce en est grisâtre, cendrée, d'abord unie, puis ridée, couverte de petites verrues saillantes.

Quant au bois, il est blanc, veiné, assez dur, liant et élastique, ce qui fait qu'on l'emploie pour faire des brancards, des timons de voitures, etc., etc.

Les Frênes de ce groupe sont représentés dans l'Amérique septentrionale par un certain nombre d'espèces dont les deux plus employées sont les Fraxlnus americana L. et le Fraxiniis samhucifolia Lam.

La première a des feuilles à quatre paires de folioles elleptiques amincies, à bords entiers; elle croît depuis le Canada jusqu'à la Louisiane.

La seconde, qui porte aux États-Unis le nom de Black-Ash ou JVater-Ash, a des feuilles de 4 à 5 paires de folioles dentées et des rameaux d'mi vert cendré marqués de ponctuations noirâtres.

L'écorce des deux espèces est employée comme celle de nos Frênes européens. A la même section des Fraxinus à pétales, appartient le Frêne de Chine, Fraxinus Chinensis Roi'b., petit arbre à tronc court, à feuilles composées de 3 à 4 paires de folioles elliptiques ovales, qui présente de l'intérêt parce que c'est sur ses rameaux que s'établit l'espèce de Coccits qui laisse exsuder de son corps le Pe-la ou Cire de Chine.

Dans la section des Ormes ou Frênes à fleur, nous avons à signaler principalement le Frêne à la manne, Fraxinus Ornus L. {Ornus europœa Pers.). C'est un arbre dressé, à rameaux noueux, dont les feuilles opposées, imparipennées ont 7 à 9 feuilles de folioles, courtement petiolées, elliptiques ou oblongues, munies sur les deux tiers supérieurs de leurs bords de dents ovales arrondies. Les fleurs polygames sont disposées en grappes axillaires ou terminales, à ramifications opposées, sont petites, d'un blanc verdâtre; elles sont régulières; leur corolle a 4 pétales blancs, étroits, unis à la base. Le fruit est une samare linéaire de deux centimètres de long.

Cette espèce croît en Calabre, en Sicile, et elle y est cultivée pour l'extraction de la manne [voy. Manine^. C'est probablement l'Ornus des Latins, le p-àsa de Théophraste.

Le Fraxinus rotundifolia L. {Ornus rotiindifolia Pers.) ne se distingue de l'espèce précédente que par ses folioles presque sessiles, ovales, arrondies, entières et cunéiformes à la base. Ce n'est probablement qu'une simple variété du F. Orniis. Il elonne de la manne autant et plus que le précédent. Pl.

Bibliographie. — Théophraste. Hisior. Plant., III, 11. Viegile. Eglogues, VI, vers. 71, et II, 111. — TouENEFORT. Iiistitutioiies Rei herbariœ, 511, tab. 545. — Lixxé. Species, 1509, 1510. — De Candolle. Flore française et Prodromus. — Das. Haxbcrï. Science Papers., 270-271. — Grenier et Godrox. Flore de France, II. Pl.

§ IL Eraipîoî médical. Yoilà un médicament indigène, très-humble en apparence et passablement oublié, qui recèle cependant des propriétés tbérapeu-

FRENE (emploi). 49

tiques multiples et qui lui méritent un meilleur sort. S'il était venu de loin, sa destinée sans doute aurait été différente, mais les médicaments ne sont guère prophètes dans leur pays et un parfum exotique est la première des qualités qu'on exige d'eux. Baglivi avait déjà protesté contre cet esprit d'exclusion qui pèse sur notre flore médicale indigène ; qu'aurait-il dit s'il avait assisté au mouvement de la thérapeutique contemporaine ?

Le Frêne commun [Fraxinus e.rcehior), qui habite l'Europe et l'Amérique septentrionale, fournit à l'ébénislerie, à la charpente et au charronage, un bois doué de qualités industrielles multiples, et une essence très-appréciée en raison de sa beauté et de son port. C'est de celui-ci que nous allons nous occuper exclusivement, les Fraxinus ornus et rotundifolia n'offiant d'intérêt que par le suc concret et purgalif qui exsude des incisions faites à leur écorce et qui a été étudié déjà dans une autre partie de ce dictionnaire [voij. Mamxe).

Le Frêne commun fournit à la matière médicale l'écorce de sa tige et de ses racines, ses feuilles et ses fruits. On trouve dans l'écorce et les feuilles un tannin très-abondant qui les rend propres aux usages industriels auxquels se prèle l'écorce du chcne. Elles contiennent de plus un principe particulier, do la nature des glucosides, la fraxine {voy. ce mot). L'écorce de frêne en contient environ le trentième de son poids.

Les feuilles du frêne contiennent également dil tannin et de la fraxine; elles s'emploient habituellement aux lieu et place de l'écorce, sous forme de décoction. Delarue, qui s'est beaucoup occupé de l'emploi de ces feuilles, conseille de les ramasser vers la fin de juin, de les faire sécher, et il les prescrit en décoction aux doses de dix à vingt grammes pour deux cents grammes d'eau. Cette décoction, qui noircit les sels de fer, a une saveur assez fortement

astrmgente.

Les semences du frêne n'ont pas d'application en médecine. On s'en sert dans certains pays à titre de condiments acides, en guise de câpres ou de cornichons, après les avoir fait confire dans le vinaigre.

La réputation de l'écorce de frêne comme fébrifuge était solidement établie quand l'écorce du Pérou est venue lui faire, sur ce terrain, une concurrence heureuse, et peu à peu le fébrifuge indigène est tombé dans l'oubli. Cependant les témoignages cliniques de Deckert, de Plater, de Sennert, de Boerhaave, de Murray, etc., ne pouvaient être oubliés, et ils ont laissé le germe d'une restauration qui s'essaye de nos jours. Boerhaave a vanté ce médicament contre les fièvres intermittentes et Helwiglui a accordé sous le titre significatif de <( Recherches sur le quinquina d'Europe » des éloges qui, en les supposant exagérés, ne laissent pas moins persister l'impression que l'écorce de frêne est un fébrifuge d'une valeur réelle. Coste et Willemet, cités par Murray {Apparatus medicaminum, t. III, p. 558) l'ont essayée dans douze cas de fièvres d'accès; quatre fièvres quartes (c'est la forme la plus rebelle et le quinquina est loin d'en venir toujours à bout) n'en ont été en rien modifiées, mais les huit autres ont cédé sous l'influence de ce moyen. Le traitement consista dans l'emploi de deux drachmes d'écorce fraîchement contuse, prises dans une décoction de feuilles édulcorée avec du sucre ou de la manne.

Cazin a employé l'écorce de frêne dans six cas de fièvres d'accès, tierce ou

double- tierce. Il en donnait trente grammes en décoction dans cinq cents

grammes d'eau, une ou deux fois pendant l'apyrexie; dans trois cas il suffit de

trois à cinq jours pour arrêter les accès (Cazin, Traité des plantes méd. indig.,

Dicr. ENc. 4° s., VL 4

50 FRÊNE (emploi).

Paris, 1876, p. 448). Il aurait fallu spécifier le degré de ténacité de ces fièvres qui ont été traitées aux environs de Boulogne, dans des conditions où les fièvres s'usent assez souvent d'elles-mêmes. Je fais cette observation dans l'intérêt d'une démonstration plus complète, mais je ne doute nullement que l'écorce de frêne ait des propriétés fébrifuges.

La fraxine paraît avoir la même action que l'écorce et les feuilles. Maudet, qui a essayé ce glucoside dans les fièvres intermittentes, l'a employé dans un cas, avec succès, chez un malade atteint d'une fièvre quarte contractée en Afrique et qui avait résisté au sulfate de quinine {Revue 7néd., 1855). Ce principe se place donc, à ce point de vue, auprès de la salicine, ce qui est en rapport avec l'analogie thérapeutique de l'écorce du saule et de celle du frêne. La cherté exlrême de la quinine, presque inabordable pour les pauvres habitants des campagnes, doit inciter à lui chercher des substitutifs (pour les cas absolument simples) et la salicine et la fraxine se recommandent à toute l'attention des praticiens par la réalité de leur action et leur bon marché, qui s'abaissera encore quand on le voudra.

Murray signale l'utilité du frêne pour les podagres, les individus atteints de colique néphrétique (m nephretide a calculo) et il paraît que son usage, dans les diverses formes du rhumatisme, est resté à l'état de tradition populaire dans certaines parties de la France. En 1855, Dclarue (de Bergerac) ayant vu sa mère retirer de cette pratique un soulagement manifeste, dans un cas de rhumatisme goutteux chronique, l'étudia de plus près, l'employa chez un grand nombre de ses malades et arriva à cette conclusion que les feuilles de frêne ont une action des plus réelles contre les diverses manifestations de la diathèse rhumatismale, {Journ. des Conn. méd. cliir., 1852). Ses observations confirmées par celles de Pouget, de Peyraud, de Marbotin (de Valenciennes), assurent au frêne une place utile dans le traitement de la goutte. Delarue conseille d'employer la décoction de feuilles de frêne (10 à 20 grammes pour 200 d'eau), dans des lavements préparés avec la même décoction. On continue le médicament au moins dix ou douze jours, dans le rhumatisme articulaire aigu. On peut seconder l'emploi intérieur de ce médicament par l'application topique, sur les points douloureux, de feuilles de frêne que l'on a préalablement flétries par l'action de la chaleur. Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que la médication antirhumatismale puise ses meilleurs instruments dans la classe des fébrifuges, et que le saule, le quinquina et le frêne sont des médicaments extrêmement analogues.

Je ne sache pas que la fraxine ait été employée comme succédanée de la quinine dans le rhumatisme articulaire aigu ou subaigu ; il est bien probable qu'on lui constaterait une action très-analogue.

On a signalé les propriétés purgatives des feuilles de frêne, ce qui a lieu de surprendre a priori, ces feuilles contenant des proportions notables de tannin qui devrait exercer une action astringente et resserrer le ventre. Mais les a priori, en cette matière, ne sont pas très respectables et ils doivent se taire quand l'observation clinique a parlé. Il est supposable que l'action astrictive du tannin est dominée dans les feuilles fraîches par les propriétés laxatives de la sève qui est laxative dans les divers frênes.

<Juoiqu'il en soit, Mouchon, qui a remis en évidence l'action purgative des Veuilles de frêne, a proposé plusieurs formules pour leur emploi à ce titre : i * Une /imonode dite fraxinée, composée de quarante, cinquante ou soixante

FKENZEL (Les). 51

grammes de poudre de feuilles de frêne, cinq cents grammes d'eau bouillante, trente grammes de suc de citron, soixante grammes de sucre en morceaux, quatre grammes d'acide tartrique et quatre grammes de bicarbonate de soude, ou épuise la feuille de frêne par l'eau bouillante, on fait dissoudre le sucre dans i'hydrolé, on laisse refroidir, ou ajoute le suc de citron et l'acide tartrique, ou met en bouteille, on introduit le bicarbonate de soude et on bouclie rapidement. Cette limonade est aussi sûre et aus'si agréable que la limonade au citrate de magnésie et elle ne produit pas de coliques. 2" Un sirop représentant par cuillerée à bouche trois grammes de frêne. 5^ Des tablettes contenant chacune dix centigrammes d'extrait.

Nous avouerons accueillir avec une certaine indifférence ce nouveau purgatif, tant est surchargée la médication évacuante. Ce n'est pas à ce titre que le frêne restera dans la thérapeutique, mais comme fébrifuge au-dessous du quinquina et au même niveau que le café, la caféine, le saule et la salicme, et comme médicament des diathèses goutteuse et rhumatismale. J'ai conseillé [Traité de thérap. appl., 1878, t. Il, p. 87) de se servir de la macération de café vert comme véhicule de la décoction de feuilles de frêne ; l'analogie des propriétés autorise, ce me semble, cette association. Fonssagkives.

FRË!%'ÉSIE, ou mieux PnRÉ\ÉSlE (de ©psviTtç). La frénésie, telle qu'on l'entend aujourd'hui, n'est autre chose qu'un déhre fiévreux. C'est un symptôme, dont l'origine peut varier, mais qui est souvent lié à la méningite. Dans l'ancienne médecine, le mot phre'nitis avait un sens plus restreint et mieux défini; on entendait par là une fièvre d'espèce particulière. Il en a été dit ■quelques mots dans l'article consacré au causas (voy. ce mot). On y reviendra •au mot Phrk.mtis. D.

FRENG.l.. La maladie ou le mal de Frenga est une syphilis épidémique analogue au mal de Fiume et à la Facaldine. Il suffira, pour en avoir une idée précise, de se reporter à ces deux derniei's mots. D.

FREKZEL. Nom d'une famille de médecins allemands parmi lesquels :

Frenzel (Joachim). Né en 1611 àKamentz, ville de la Lausitz supérieure. 11 fit ses premières études à Gorlitz, puis se rendit en 1G52 à Franéquer dans l'intention d'étudier la médecine. Faute de ressources suffisantes, il allait être contraint de renoncer à ses études de prédilection, lorsqu'on lui offrit une place ■de précepteur. Cette modeste situation lui permit de persister dans la carrière qu'il avait choisie. Cependant il fut obhgé de conduire ses élèves en France, où il séjourna deux ans, fréquentant dans ses voyages, autant que ses loisirs le lui permettaient , les écoles et célébrités médicales qui survenaient sur son chemin. De retour en Hollande, il se hâta de reprendre sa liberté, et •avec ses émoluments bien gagnés, il se rendit en Italie pour finir ses études médicales. Il fut reçu docteur à Padoue. Revenu dans son pays, nous le trouvons médecin de la ville de Grave-sur-Meuse, puis un de ses anciens élèves devenu l'un des curateurs de l'Université de Franéquer le fît nommer à la chaire de médecine et d'anatomie alors vacante, par suite du départ de Vander Linden passé à Leyde. Frenzel conserva cette chaire jusqu'à sa mort. Tout entier à son enseignement dont il s'acquittait avec une grande conscience, l'Université

52 FRESCHI.

de Leyde avait voulu lui donner la survivance de la même chaire dans laquelle venait de mourir Vandcr Linden, mais il crut devoir refuser et mourut le 27 mars 1669. Outre des discours académiques et divers articles de journaux, l'on cite seulement de lui :

Exer citât iones anatomicœ in hisloriam. Francker., 1660, in-4"'. A. D.

Frenzel (Damel-Gottfried), iNé à Colm, dans la principauté d'Hoyerswerda, province de Silésie le 25 janvier 1725, fit ses études médicales à Wittemberg où il fut reçu docteur en 1749, exerça la médecine à Lauchstadt où il mourut le 25 janvier 1785.

On connaît de lui :

I. Dissertatio de jnlo parte corporis non ignobili. Wittemberg, 1749, in-i". — II. Die Natur und Wirkungen des mineralischen Wassers zuLauchstaedt, durch Versuche und Erfahrungen bestdtiget. Halle, 1768, in-8.. A. D.

Freii«cl(JoHANN-SAJiUEL-TRAU(iOTT). NéàSclionau, dans la Lausitz supérieure, en 1746, fit ses études médicales à Wittemberg où il fut reçu docteur, et où il exerça la médecine, jusqu'à sa mort, le 8 novembre 1807. L'on connaît de lui :

I. Dissertatio de torpedine veterum velere raja. Witlemberg, 1777, in-4°. — II. Gerichtlich-poUzeyliche Arzneywissenschaft fur aile Stœnde und zum Gehrauch meiner Akademischen Vorlesungen hestimml. AVitteiiiberg, 1789, in-S"; Leipzig, 1794, iii-S". — III. Unterricht fur We/iemûtter aiif dem Lande. Leipzig, 1791, in-8°; 2» édit., 1794, in-8°. — IV. Yericichniss wild waclisender Pflanzen und ihres Standortes in der Nâ/ie um Wittemberg fur Krâutersamniler. Wittemberg, 1799, iii-8». — V. Von dem Unverniœgen zur Furlp/lanzung in Hinsicht auf beide Geschtechter, nebst Heibnitteln. Wittemberg, 1800, iii-S". A.û.

Frenzel (Johann-Theodor-Gottlob). Frère du précédent, avec lequel il est souvent confondu. 11 s'est beaucoup occupé de médecine vétérinaire et a publié des ouvrages pratiques qui ont eu du succès à l'époque de leur publication. II a été professeur à Dresde et à Leipzig.

On connaît de lui :

I. Skizze iiber die Thierarzneywissenschaft. Vienne, 1788, in-8''; 1789, in-8°. — II. Ueber Erlernung der thierischen Arzneywissenschaft auf Academien. Wittemberg, 1789, in-8''. — III. Praklisches Handbuch fur Tliierârzte und Oekonomen, nach aiphabetischen Ordnung. Leipzig, 1'" partie, 1794, in-S»; 2» partie, 1795, in-S"; 5= partie, 1797, in-8°. — IV. Veber die Franzosenkrankheit des Rindviehes. Leipzig, 1799, in-8''. — Y. Sammlung fiir praktische

Tliierârzte und Landwirthe , als Zusâtze zum Handbuch. Leipzig, 1800-1801, in-8°.

VI. Handbuch fiir Landwirthe, ihre kranken Hausthiere selbstzu Aei7e«. Leipzig, 1806, in-8°.

FRESCHI (Francesco). Célèbre médecin italien, élève de Rasori, a exercé l'art de guérir à Plaisance, dans le duché de Parme, dans la première moitié de ce siècle. 11 a consacré un grand nombre d'ouvrages et de mémoires à la défense des doctrines de son maître, s'est occupé en outre de diverses branches de la médecine, et a assisté à un grand nombre de réunions ou congrès de savants ou de médecins italiens, dont il fut le secrétaire à diverses reprises; il était membre d'un grand nombre de sociétés savantes. L'un des titres qu'il affectionnait le plus et qu'il mettait même à la suite de son nom sur le titre de ses livres, c'est celui de continuateur de l'histoire pragmatique de la médecine de Sprengel ; il a, en effet, donné la continuation de cette l)istoire dans la seconde édition de l'œuvre de Sprengel, traduite parArrigioni : Storia prainniatica (Ma medicina, trad. dal tedesco (da Pienato Arrigioni). 2a edizione italiana

FRESEiNIUS. 55

accresciuta di note, aggiunta di un discorso preliminare, e conlinuato fino a qiœsti nltimi anni per cura delD. Franc. Freschi, di Piacenza. Firenze, 1840- 1846, 6 vol. in-8».

Nous citerons encore de cet auteur :

I. Cause del ritardo délia ri forma in medicina fatla da Gio. fiasori nel 1800. In Annali univers, di med., t. LXVI-LXXIII, 1853-35. — II. Emorragia emorroidale guarita. Ibid., t. LXXVIII, p, 82, 1856. — III. Azione délia china e de' suoi préparai i. Ibid., t. LXXXI, p. 5, 1837. — IV. Reazione vitale, se sia una ipotesi. Ibid., p. 399. — V. Avec L. Borsani : Osservazioni intorno âl choiera asiatico. Milano, 1856, in-8°. — VI. Sulla originalita e utilila delta teoria délia flogosi di G. Rasori. In Ann. univ. di med., t. LXXXIII, p. 30, 1837; tirage à part : Milano, 1857, in-8°. — VII. Terapcutici principii del Basori. In Ann. univ. di med., t. XCIII, p. 455, 1850. — VIII. Interna membrana dei vasi sanguigni, sotloposta ad osservazioni microscopiche dal doit. Carlo Cipelli. Ibid., t. XCV, p. 357, 1840. — IX. Relazione sulla seconda Hiunione degli Scienziali Italiani a Torino. Ibid., t. XCVI, p. 241, 1840. — X. Belle materie proposte e Irattate nella sezione di medicina et sotlo sezione di chirurgia alla terza Riunione degli Scienziali in Fireme. Ibid., t. C, p. 531, 1841. — XI. Rapporta délia Commissione delegata per l'esame dei pireparati cmbriologici prescntati dall doit. Rivelli. Ibid., t. CI, p. 99, 1842. — XII. Cenni intorno al metodo d'insegnainento ed ai progressi délia chirurgia clinica nella scuola di Parma. Ibid., t. CIV, p. 225, 1842. — XIII. Memorie lette e discusse nella sezione di medicina e nella sotto sezione di chirurgia del sesto Congresso scentifico degli Italiani in Milano nel settembre 184i. Ibid. , t. CXII-CXIII, 1844-1845. — XIV. Sloria di avvelenamento con acido arsenioso. Ibid., t. CXXII, p. 449, 1847. — XV. Rapporta suite materie di mcdico e di chirurgicoargomento lette e discusse nelle sezioni di medicina e chiYurgia délia nona riunione degli Scienzati Italiani in Venezia nel settembre delV anno 1847. Ibid., t. CXXIV, 1847. — XVI. Sopra un accuso di infanticidio p)ortata innanzi al tribunale criminale di Piacenza. In Giorn. délia med. contemporaiiea, nov., déc. 1844. — XVII. Manuale teovico-pratico di medicina légale ad uso dei medici, dei chirurghi, dcimagisirati, colle annesse disposizioni in materia civile e criminale portate dai veglianli codici di Pai-ma, Auslria, Francia, Piemonte, NapoH, Toscana, Roma e Modena. Milano, 1846, 3 vol. in-18. L. IIx.

FRESE (Carl-Johann). Médecin allemand, fils du chirurgien de la cour de Mecklembourg, Carl-Jacob, naquit à Ludwigslust, le 4 septembre 1790. 11 commença ses études àBerlin en 1811, puis, en 1813, prit du service dans l'armée, et à la conclusion de la paix, alla continuer ses études à Gottingue, et y prit le bonnet de docteur le 5 avril 1817 ; après un assez long séjour à Vienne, il revint en 1819 à Ludwigslust, et devint médecin de régiment, puis chirurgien de la cour en 1821, conseiller aulique en 1834, directeur des établissements de santé militaires à Schwerin en 1843, médecin particulier du grand-duc de Mecklembourg en 1850, conseiller intime en 1855. 11 mourut le lU décembre 1875. Nous n'énumérerons pas toutes les distinctions honorifiques qui lui furent accordées durant sa longue carrière. 11 a peu écrit. Nous pouvons cependant mentionner de lui :

Kurzer Leitfaden zum Unterrichfe der Unterofficiere, um bei vorkommenden plôtzlichen Uiigliicksfâllen den Soldaten in Abwesenheil des Arztes die erstebïdfe zweckmâssig reichen zu kônnen. ?,chvier'm, 1856. L. Hn.

FRESEIVIIJS (Joha>;.n-Baptist-Georg-Wolfga.\g). Né à Francfort-sur- le-Mein, îe 25 septembre 1808, était le fils d'un pharmacien. Une fois reçu docteur en médecine, il se fixa dans sa ville natale et y exerça l'art de guérir avec réputation; il s'occupa en outre beaucoup d'histoire naturelle et fut même professeur de botanique. Fresenius mourut à Francfort, le 5 décembre 1866. Nous connaissons de lui :

I. Syllabus observationum de menthis, pulegio et preslia. Francofurti ad M., 1829, in-S». — II. Taschenbuch zum Gebrauche auf botanischen Excursionen in der Umgegend von

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