‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 124 sur 126 · GASSENDI · texte numérisé non relu

GASSENDI

dit Cafi'e, « médecin cantonal, et de 1845 à 1858 juge de paix du canton de Montret (Saône-et-Loire), de 18ô0 à 18i8 membre très-actif de la Société d'agriculture, de l'Académie de médecine de Paris, de l'Académie de Besançon et de Maçon, etc., etc.. Comme médecin et comme magistrat il a rendu tous les services qu'on pouvait attendre d'un esprit droit et judicieux et d'une pratique expérimentée. Ardent au travail, il ne cessait de produire des mémoires de physiologie animale et végétale, de météorologie, de statistique, d'histoire naturelle, d'agriculture, de médecine, de chirurgie, de toxicologie, et partout il apportait une sagacité et une lucidité extraordinaires, ainsi qu'un large tribut d'observations personnelles. »

Gaspard a fait les premières expériences sur l'infection purulente, en injectant des liquides putrides dans les veines des animaux. Il mourut à Saint-Étienne-enfiresse, le 17 novembre 1871, laissant, entre autres :

I. Rech. physiol. et pathol. sur les phtkistes, Chalon, 1809. — II. Diss. inaug. phys. sur la gazéification vitale, ou dégagement des fluides aériformes dans les êtres vivants, etc. Paris, 1812, in-4°. — III. Mémoire p/iysiol. sur le mercure. In Joiirn. de physiol. exp. de Magendie, t. I, p. 165, 242, 1821. — IV. Effets des aliments végétaux herbacés sur l'économie humaine. Ibid., p. 237. — V. Ohs. sur la morsure delavipère. Ibid., p. 248. — YI. Exp. physiol. et méd. sur l'acétate de plomb. Ibid., p. 284. — VII. Mém. physiol. sur les maladies purulentes et putrides, sur la vaccine, etc. Ibid., t. II, p. 1, 1822, et t. IV, p. I, 1824. — VllI. Exp. sur un homme hydrophobe. Ibid., t. lY, p. 132, 1824. Etc., etc. L. \h.

OASISALID (Louis-Prospek-Géraud) . Médecin français, né à Toulouse, le 14 octobre 1796, fit ses études dans sa ville natale et s'y distingua comme chirurgien-élève, en concourant, sur le champ de bataille, au pansement des blessés de la sanglante journée du 10 avril 1814. II se rendit ensuite à Paris, pour y terminer son instruction, et fut reçu docteur le 28 août 1819. Il prit part comme médecin militaire aux campagnes d'Espagne, de Morée et d'Afrique. A sa rentrée en France il devint médecin en chef de l'hôpital militaire de Calvi, puis de celui de Cambrai, remplit les mêmes fonctions à Bordeaux, de 1842 à 1850, puis fut nommé médecin ordinaire de la succursale des Invalides à Avignon, et enfin passa à Perpignan, où il reçut le brevet de médecin principal. Nous connaissons de Gassaud :

I. Essai sur l'air atmosphérique, considéré comme cause de maladies. Thèse inaugurale. Paris, 1819, in-4°. — II. Considérations médicales sur les corsets dont les femmes font usage. Paris, 1821, 10-8°. — III. Mémoire et observations sur la myélite. In ISoiiv. bibl. médicale. Paris, 1826. — IV. Mémoire sur les médications vomitives. Ibid., 1827. — Y. Mémoire sur le carreau des enfants. Ibid., 1827. — VI. Mém. sur les effets pernicieux de l'eau de laurier-cerise. Ibid., 1827. — VII.|i)/e//i. sî<r les fièvres delà Corse et topographie de Cahn. Ibid., 1827. — VIII. Mém. et observ. sur les fièvres de l^ajjoli, de Romanie, avec un aperçu topographique de cette ville. In Mém. de méd. mil., 1" série, t. XXXV. — IX. Mém. sur les fièvres pernicieuses observées à Bordeaux. Ibid., t. XL. L. Hn.

«ASSEXDI (Pierre), de son vrai nom Gassead. Célèbre physicien, mathématicien et philosophe français, que ses travaux importants sur la physique, la météorologie et l'anatomie, nous font un devoir de mentionner ici, naquit à Champtercier, près de Digne, en Provence, le 22 janvier 1592. 11 fit ses études à Digne et à Aix, puis, âgé seulement de seize ans, enseigna la rhétorique dans la première de ces villes el l'année suivante fut reçu docteur en philosophie à Avignon. 11 avait en outre étudié la théologie, et il obtint un petit bénéfice à Digne; en 1616 il fut nommé au concours professeur de philosophie à Aix et l'année suivante il entra dans les ordres ; en 1022, il quitta Aix pour Digne et

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en 1624 obtint la prévôté de la cathédrale de cette ville. A partir de ce moment, Gassendi put se livrer librement à l'étude de l'astronomie, de l'anatomie et de la philosophie, et, après plusieurs voyages dans les Pays-Bas , il fut appelé, en 1645, à occuper la chaire de mathématiques au Collège royal de Paris, qu'il obtint par la protection du cardinal de Richelieu.

Dès 1654, la maladie le força à renoncer à ses travaux : « Le bonhomme Gassendi, écrivait Guy Patin en septembre 1655, entraîne son mal et sa vie tout ensemble... Il râle quelquefois, il ne crache guère bien, il a toujours la fièvre et un méchant flux de ventre fort ennemi des maladies du poumon. » Les plus célèbres médecins de Paris prodiguèrent leurs soins à Gassendi ; neul saignées qu'on lui avait pratiquées avaient tellement abattu ses forces, qu'il demanda à ses amis et à ses médecins si l'on ne ferait pas mieux de ne plus ouvrir la veine ; le plus âgé des médecins était de cet avis, mais ses confrères plus jeunes l'entraînèrent au leur et la saignée fut pratiquée derechef. Gassendi se laissa faire et mourut après la treizième saignée.

Nous n'avons pas à apprécier ici Gassendi comme mathématicien et comme astronome ; quant au philosophe, contentons-nous de rappeler qu'il fut un adversaire décidé de la philosophie aristotélicienne et du cartésianisme et qu'il chercha à leur substituer un système nouveau, fondé sur la théorie atomistique d'Épicure, système qui exerça une grande influence sur la philosophie et la physique du dix -huitième siècle, sur les théories des encyclopédistes , en un mot. Les élèves de Gassendi, le médecin Bernier de Montpellier entre autres, continuèrent la lutte contre les cartésiens et surtout contre les jésuites, qui trouvaient la philosophie de Gassendi incompatible avec le dogme de la transsubstantiation.

En anatomie, Gassendi, il faut bien le dire, fut un adversaire déclaré de la circulation du sang; il s'appuya sur le fait anormal chez l'homme adulte de la communication persistante entre les deux ventricules du cœur, pour combattre la belle découverte de Harvey. Il tenta également d'attaquer Pecquet; mais il institua lui-même, en 1628, des expériences qui lui démontrèrent d'une manière irréfutable l'existence du chyle dans l'homme ; il hésita longtemps à admettre que ce liquide passe dans le canal thoracique, mais dut finalement se rendre aux expériences de Pecquet.

Nous citerons seulement de Gassendi :

1. Ezercitationesparadoxicœadversus Aristotelœos, Grenoble, i^ii, in-8°; Amstelod.,Elzev., 16 i9: HagaeGûmit., 1056, 1659, in-A" ; Lugduni, 1658, 3« vol/in-fol. des Op. omnia. — 11. Disq. nietaphysica adversus Cartesium. Parisiis, Amsteloi., 1042, 1654, 1678, in-8°. — Hl. Disq. metaph., seu dubitallones .. adversus Cartesii metaphysicam, Parisiis, 1645, in-4°. — IV. De vita, moribus et doctrina Epicuri. Lugduni, 1649; Amstelod. 1059; Lugduni, 1058; h' vol. in-fol. — V. Syntagma philosophiœ Epicuri, etc., Amstelod. 1684, in-4'' ; Lugd., 1659, in-4° ; 1658, 3= vol. in-fol. — VI. Syntagma philosophicum (posthume). Lugduni, 1658, in-fol. — VIT. Manuductip ad theoriam musices, etc. 1654. Lugduni, 1658, 5' vol. in-fol. — VIII. De novo circa inane expérimenta, comme appendice du Syntagma Epicuri. Lugd., 1675, in-fol. — IX. Phœnomenon rarumRomœ observatum. Amstelod., 1629, in-4°. — X. Parhelia seu soles quatuor spurii, Parisiis. 1030 (nouv. édit. du précédent). — XI. Opéra omnia, Lugduni, 1058, 6 vol. in-fol. (le t. VI renferme Epistolœ et responsa auctoris, 1021-55). L. Hn,

CASSER (AcHiLLEs-PiRMiNics), de son nom latinisé Gasserius. Médecin allemand, né à Lindau, dans la Souabe, le 2 novembre 1505, était le fils d'Ulrich Casser, chirurgien de l'empereur Maximilien I. En 1522, il se rendit à Wittem-

GASTALDI. /t)5

berg pour y entendre Luther et Melanclithon, puis fit un assez long séjour à Vienne. En 1527, il visita l'Université de Montpellier et en 1528 se fit recevoiidocteur en médecine à Avignon. De retour dans sa patrie, il exerça l'art de guérir successi vement à Feldkirchen et à Augsbourg ; c'est dans cette dernière ville qu'il mourut le 4 décembre 1577.

Plusieurs princes consultèrent Casser non-seulement à titre de médecin, mais encore sur des questions de théologie et de politique. Il aida de sa plume el de son crédit le célèbre théologien Flacius (Mathieu Francowitz, de son vrai nom), dans les controverses qu'il eut à soutenir. Outre un grand nombre d'ouvrages étrangers à la médecine. Casser a publié :

I. Einfâldger und gegrundeter Berichf, wie mànniglich sich in pestileiUischen Uebrrgaiig mit Anneijen und anderer Lybstwt halten soll. Nûrnberg, 1554, in-4'. — II. Aphorismorum Eippocratis Melhodus nova. Sangalli, 1584, in-S". — III. Curationes et obscrva/iones medicœ. August.-Yindelic, 1668, in-4°. — IV. Epistola medica ad Conrad. Gesnerum, dans les leltres de C. Gessner. Zurich, 1577, in-4°. — V. Collectanea jjractica et expérimenta propria. In AVelsch, Consilia medica. Ulmre, 1676, in-8°. — VI. Hisloria de geslafione fœliis moriui. In Medicinœ observât, de R. Dodoens. L. IIv.

GAS$$IVER (JoHANis-JosEPH). Célèbre tliaumaturge allemand, né à Bratz, sur les frontières du Tyrol, le 20 août 1727, fut tout d'abord vicaire à Dalas (1751), puis curé à Kloesterlé, dans l'évêché de Coire (1758). Depuis une quinzaine d'années il e xerçait ses fonctions pastorales, quand le bruit se répandit tout à coup qu'il avait le pouvoir de guérir toutes les maladies par la simple imposition des mains et sans administrer aucun remède. De toutes parts les malades accoururent et lui-même entreprit des voyages, exorcisant partout les diables et faisant des cures miraculeuses. Mais il dut finalement comparaître devant l'évêque de Constance qui, convaincu de son imposture, le renvoya à son presbytère. En 1774, néanmoins, le prince-évèqne de Ratisbonne appela Cassner, et l'on vit affluer de tous côtés les malades réels ou imaginaires, les convulsionnaires, les maniaques et les possédés ; pour mettre fin à ce scandale, Joseph II l'expulsa de Ratisbonne en 1777, mais, grâce à l'aide du prince-évèque, qui l'avait pris pour chapelain de la cour et pour conseiller, il put continuer ses exorcismes à EUwangen, jusqu'à ce que sous la pression de l'opinion publique l'évêque lui-même se vit contraint de lui interdire ses opérations thaumaturgiques et de le reléguer dans la cure de Bonndorf. C'est là que Cassner mourut dans le plus profond oubli le 4 avril 1779.

Cassner a publié pour la défense de ses pratiques ténébreuses plusieurs ouvrages que nous passerons sous silence : un assez grand nombre de brochures relatives à ce charlatan ridicule ont paru en Allemagne et la plupart se trouvent réunies dans la Zauberbibliothek (sans lieu, 1776). Il avait ses partisans et ses ennemis ; le duc de Wurtemberg lui-même avait foi en lui. Lavater n'a pas dédaigné d'attirer l'attention sur les cures de Cassner et plus récemment Eschenmeyer en a pris la défense dans Kiesers Zeitschrift fiir thierischen Magnetismus. Pour plus amples détails, voy. Semleu: Sammhing von Briefen und Aufsàtzen ûher die Gassnersche Geisterbeschworung (Halle, 1796), et SiERKE : Schwàrmer und Schwindler zu Ende der 18. Jahrhunderts (Leipzig, 1874). L. Hn.

GASTALDI (Le cardinal Jérôme). N'était pas médecin, mais se trouve cité dans certaines biographies médicales pour un ouvrage qu'il publia en 1684 sur

700 GASTALDY (Les deux).

le traitement des maladies contagieuses, particulièrement de la peste, ouvrage très-estimé par Haller qui le qualifie : Spissum et nobile opiis.

Gastaldi naquit à Gènes au commencement du dix-septième siècle, embrassa l'état ecclésiastique, puis vint à Rome; il était déjà prélat, quand il fut nommé commissaire général des hôpitaux destinés aux malades atteints de l'affection pestilentielle qui éclata en 1656. Les services éminents qu'il rendit dans cette situation le firent nommer ensuite commissaire général de la santé publique, ce qui soumettait à sa surveillance et à son administration tout l'État romain. Peu après il devint archevêque de Bénévent et fut nommé cardinal ; il obtint enfin la légation de Bologne, où il mourut universellement regretté en 1685.

L'ouvrage que nous avons mentionné plus haut a pour titre exact :

Hirronymi S. R. E. tifu/i S. Anaxthasiœ Prœshiterî cardinalis Gastaldi, archiepiscopt Beiieventini et Bononiœ legaii a latere, traciatus evertenda et profliganda peste politicolegalis. Eo lucubratus tempore, quo ipse lœmocomiorum primo, mox sanitatis commissarius gencralis fuit, peste urbem invadenir anno MDCLVI et MDCLVII ac nuperrime Goritiam depopulante typis commissus. Bononisp, 1684, in-fol. L. Ih'.

UASTALDY (Les deux).

Uastaidy (Jean-Baptiste). Médecin français, né à Sisteron (Basses-Alpes) en 1674, se rendit fort jeune à Avignon pour y étudier la médecine. Ses études terminées, il se fixa dans cette ville, se fit agréger à la Faculté de médecine peu après et y devint professeur vers 1699. 11 occupa sa chaire avec honneur pendant près de quarante ans. Il professait avec talent, dit Dezeimeris, et dans une latinité pure et élégante ; c'est à ses qualités comme professeur plus qu'au méiite de ses ouvrages qu'il faut attribuer la grande réputation dont il jouit. Médecin du vice-légat, médecin de l'hôpital d'Avignon et conseiller-médecin ordinaire du roi, Gastaldy eut également une grande renommée comme praticien ; il se distingua particulièrement lors de l'épidémie de peste qui ravagea Avignon en 1720.

Gastaldy mourut à Avignon en 1747, laissant un assez grand nombre d'opuscules académiques, où, à côté d'observations justes, on trouve malheureusement un grand nombre d'hypothèses peu justifiées, et même des erreurs assez graves. En philosophie et en sciences il était cailésien.

I. Instituiiones medicinœ physico-anatomicœ juxta neotericorum mentem et nuperrima clarissimorum medicorum expérimenta. k\emon&,\l\.^, in-12. — II. An alimentovum coctio &eu digestio e fermentatione vel a tritu fiât ? Aven., 1713, in-12. — III. Dissert, de somnamtulis. Aven. ,1713, in-12. — IV. An salinœ sanguinis constitulioni fluviatiles? Aven., 1715.

— V. An venena inter se essentialiter différant, et aliquod detur remedium omnibus venenis indistinct, conveniens? Aveu., 1715, in-12. — VI. ^n salinœ sanguinis constitulioni aquœ inedinenses ? Aven., 1715, in-12. — VII. An dolori nephritico balneum ? A\en., 1715, in-12.

— VIII. An phthisi Anglorum incipienti clima Avenionense ? Aven., 1716, in-12. — iX. An febribus inter mittentibus quinaquina et quo pacto in earum curatione operalur? Aven., 1717, in-8°. — X. An emphysemati diaphoretica ? Aven., 1718, in-8°. — XI. An dcntur varia reinedia anthelmenthica seu intestinorum vermes enecantia, quo pacte ayant singula et an inter ipsa aliquod detur cœteris prœslantius ? Aven., 1717, in-12. — XII. An cataracta vilio lentis? Aven., 1718, in-8°. — XIII. An variolarum una sit eademque natura et una eademque esse debeat curatio? Aven., 1718, in-8°. — XIY. An cataracta a vitio humoris aquei vel crystallini oriatur, an a glaucomate différât et aliter quam operatione chirurgica curari possil ? Parisiis, 1719, in-8°. — XV. An doloribus rheumaticis balneiitn aqiice fri~ gidœ ? A.\en., 1718, in-4°. — XVI. An calculosis conveniat semen peliuri? Aven., 1720,

Jn-12 VII. An morbi onines primum ex fluidis? Aven., 1726, in-12. — XVIll. An a par-

ciori victu mentis et corporis sanitas ? .Aven., 1728, in-8°. — XIX. Question de me'decine relative à une femme, mère de neuf enfants, dont elle voulut être la nourrice, etc., in-12.

F.. Hn.

GASTELN (Eaux minérales de). 767

Gastaldy (Joseph). Fils du précédent, exerça d'abord l'art de guérir à Avignon, puis à Paris, oîi il devint médecin en chef de l'hôpital des fous de Charenton et mourut en 1806. Ses ouvrages sont insignifiants. L. IIjn.

GASTÉ (Léonard-Fdlcrand). Médecin français, né à Tours, le o avril 1791, fit ses études dans sa ville natale et à l'âge de vingt ans entra dans l'armée comme chirurgien sous-aide. Il fît les campagnes d'Espagne (1811-1813) et de France (1814), et prit part en qualité de chirurgien aide-major iÀ la campagne de Waterloo. Licencié avec l'armée de la Loire en septembre 1815, il fut rappelé à l'activité en 1816; licencié une seconde fois, il fut peu après envoyé comme chirurgien sous-aide à l'hôpital de Strasbourg, et de là au Val-de-Grâce. Promu médecin adjoint en 1819, il remplit les fonctions de ce grade aux hôpitaux de Galvi et de Neuf-Brisach, puis fit comme médecin ordinau'e la campagne d'Espagne de 1825 à 1821 II revint ensuite à Neuf-Brisach, et passa successivement aux hôpitaux de La Rochelle, de Calais, de Belle-Isleen-Mer et de Montpellier.

En 1859, il lut nommé médecin principal, médecin en chef de l'hôpital d'instruction de Metz, avec le titre de premier professeur, et y enseigna la pathologie interne.

En 1845, Gasté fut envoyé en Algérie en qualité de médecin en chef de l'armée d'Afrique, et peu après son arrivée à Alger il fut désigné pour inspecter le service médical de toutes les possessions françaises du nord de l'Afrique. Il s'acquitta de cette mission avec le plus noble dévouenient et avec un courage à toute épreuve. C'est pendant son inspection et probablement grâce aux fatigues énormes qu'elle lui avait imposées que Gasté contracta la maladie qui devait l'emporter le 21 juillet 1846, Il était membre correspondant de l'Académie de médecine de Paris et d'un grand nombre de sociétés savantes.

Gasté est l'auteur d'un grand nombre de travaux remarquables, disséminés dans un grand nombre de recueils périodiques : Archives général, de médecine. Annales de la médecine physiologique. Journal complémentaire, Joiirn. de méd. et de chir. pratiq., Journ. univ. ethebd. de méd., Journ. hehd. desprogr. des se. méd., Journ. univ. des se. méd., Rec. de mém. de méd. milit., etc. Nous citerons seulement de lui :

I. Essai sur les bains de Marie-Thérèse. La Rochelle, 182i>, in-8°. — II. Abrégé de l'histoire de la médecine considérée comme science et comme art dans ses progrès et son exercice depuis son origine jusqu'au dix-neuvième siècle. Paris, 1855, in-8°. — III. Du calcul appliqué à la médecine comme tomplément de la théorie, des faits et des raisonnements sur lesquels doivent être fondées la pathologie, la thérapeutique et la clinique. Paris, 1838, in-8° (Mémoire important). L. Hn.

GASTEIX OU TI'ILDBAD-GASTEIX (Eaux MINÉRALES de). Hyperthermales ou mésothermales, amétaUites, carboniques faibles , en Autriche, dans les Alpes du Tyrol, dans la province de Salzbourg, aux limites de la Carinthie, dans la vallée de Gastein traversée pai' le torrent l'Ache ou Gasteinei^-Ache qui se jette dans la Salzach, près de Lend par une cascade qui tombe de plus de 200 mètres; à 1050 mètres au-dessus du niveau de la mer, est un petit bourg peuplé de cent cinquante habitants. Wildbad-Gastein est à un peu plus de 100 kilomètres de Salzbourg; une malle-poste met actuellement environ douze heures pour franchir cette distance qui doit être bientôt diminuée par la construction d'un chemin de fer qui ira jusqu'à Lend. Une vallée étroite conduit de Salzbourg à

768 GASTEIN (Eaux mikérales de).

Gastein ; elle est à peine suffisante pour contenir la route et le lit du torrent. Elle s'élargit pourtant quelquefois, et des champs cultivés, des prairies fertiles, font diversion à l'aspect sauvage de montagnes tantôt nues et escarpées, tantôt couvertes d'arbres verts depuis leur base jusqu'à leur cime, et dont le sommet s'élève au-dessus des nuages.

Wildbad-Gastein est sur le flanc d'une éminence, et, avant d'y arriver, on franchit une si haute rampe que l'on croit monter à un des sommets des Alpes Noriques. Il n'en est pas ainsi cependant, et les plus hauts points de la chahie, dominant la station, sont toujours couverts, par les journées les plus chaudes de l'été, d'une couche épaisse de neige. La vallée de Wildbad-Gastein est ouverte aux vents du sud-est (siroco) et à ceux du nord-ouest (mistral). La température moyenne des mois de la saison thermale, qui commence le 15 du mois de mai et se termine vers la fin du mois de septembre, est de 15" centigrade pendant le mois de juin, de 15", 5 centigrade en juillet, de 15° centigrade au mois d'août, et de \l°,A centigrade en septembre. Wildbad-Gastein n'a que deux rues et une trentaine de maisons ou hôtels. Les habitations de la rue inférieure sont adossées au rocher. Leurs fondations sont de 4 à 8 mètres en contre-bas des sources qui alimentent leurs baignoires, et on a pu établir les salles de bains au premier et même au second étage. Dans la seconde rue ou rue supérieure, les cabinets de bains ont dû être installés dans le sous-sol ou au rez-de-chaussée des maisons ou des hôtels.

On peut dire d'une manière générale que le climat de Gastein est assez froid et humide penchant les matinées et les soirées surtout; les baigneurs doivent en rtre prévenus pour se précautionner, avant leur départ, de vêtements épais et chauds. ( r

On se baigne à Gastein dans une quinzaine de maisons ou hôtels qui s'appellent : Le Bain-Nouveau dit du Grand-Duc Johann, le Schlossbad (bain du château), VHôtel Strauhinger, Chirurgenhauss (maison du chirurgien), Hof des untern Kràmers (hôtel inférieur du mercier), Hof des obern Kràmers (hôtel supérieur du mercier), Grahenwirth (hôtel du fossé), Mitterwirth (hôtel du milieu), la Solitude, Provenchères, la Prélature, Grabenhdcker Haxis (maison du fossé boulanger du), Spitalbad (bain de l'hôpital), Hirsch et Pfarrhaus (maison de la paroisse).

Le Bain nouveau a une piscine très-convenablement installée dans laquelle six ou huit personnes peuvent se baigner à la fois; le Schlossbad renferme une vingtaine de baignoires très-spacieusos et très-bien établies, leurs parois intérieures sont recouvertes de marbre, de faïence peinte ou de porcelaine blanche, et toutes les salles sont précédées d'une vaste antichambre. Le contact de l'eau amétallite de Gastein altère et dépolit assez promptement le marbre, aussi ne doit-on plus l'employer à l'avenir. L'hôtel Strauhinger possède à son rez-dechaussée vingt salles de bains ayant à peu près la même installation que celles de Schlossbad; Les parois des baignoires sont eu bois blanc, elles sont alimentées par deux robinets à la disposition des baigneurs et donnant, l'un l'eau à la température de la source, et l'autre l'eau minérale complètement refroidie. Un fauteuil de canne est établi au milieu de chaque baignoire dont la forme est celle d'un carré de 2 mètres de côté. La maison du chirurgien a quatre baignoires; il y en a neuf à l'hôtel inférieur du mercier, quatre à l'hôtel supérieur, sept à l'hôtel du fossé, cinq à l'hôtel du milieu, trois à la Solitude, trois à Provenchères, deux à la Prélature, deux à Grabenbàcker, deux aux bains de l'hô-

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pital, une à la maison Ilirsch et une à Pfanhaus. On trouve partout des ajutages de douche de toute sorte, chaque établissement possède aussi un refroidissoir particulier où l'eau s'abaisse à la température du bain ou de la douche. On a utilisé le voisinage de la cascade pour diminuer la thermalité de l'eau. Plusieurs canaux serpentent au milieu de l'eau froide et portent aux diverses maisons l'eau refroidie des sources. Wildbad-Gastein possède encore une piscine à ciel ouvert réservée aux animaux et particulièrement aux chevaux malades.

Il existe maintenant dix-huit sources à Gastcin. Nous ne parlerons que des huit sources les plus importantes à connaîlre. Elles se nomment : Trinlcquelle (source de la buvette), Fiirstenquelle (source du prince), Doctorsquelle (source du docteur), Schrôpf-oder Chirurgenquelle (source du ventouscur ou du chirurgien), JJnterste oAqv Hauptquelle (source inférieure ou principale), FercUnandsquelle (source de Ferdinand), Wasserfallquelle (source de la chute d'eau), Grahenhàcker quelle (source du fossé du boulanger).

Le débit des sources de Gastein qui servent aux bains est, d'après M. Proll, de 4400 mètres cubes en vingt-quatre heures. Toutes les sources de Gastein ayant les mêmes propriétés physiques et chimiques, à la température près, nous mentionnerons seulement le degré de leur chaleur. Toutes ont pour caractères communs de sortir d'une roche silicatée, d'être inodores, si pures, si limpides et si transparentes, qu'à deux mètres de profondeur elles laissent distinguer le plus petit objet au fond d'un réservoir. Cette eau a un reflet bleuâtre dans les bassins ou dans les baignoires, aucune bulle gazeuze ne la traverse; elle n'a aucune saveur et son ingestion n'est pas désagréable, malgré sa haute thermalité. Elle désaltère et ne charge pas l'estomac, même quand elle est prise à haute dose. Plusieurs auteurs ont prétendu que par les temps humides les eaux de Gastein ont une légère odeur sulfureuse. Nous n'avons pas perçu cette odeur, et les médecins de la station ne l'ont jamais constatée. Cependant, si on laisse une pièce d'argent exposée à la vapeur de cette eau, elle se couvre d'une teinte jaune seulement après cinq ou six heures, et brune après une journée. Si le disque d'argent est resté pendant un mois, il faut un frottement rude et prolongé pour le faire revenir à son brillant primitif, llne rondelle de cuivre poli est rendue noirâtre et très-glissante par une immersion prolongée.

Demeurée au contact de l'air pendant plusieurs jours, l'eau de Gastein n'éprouve aucune altération. Quelques perles gazeuses viennent seulement se déposer sur les parois du vase, mais l'eau reste parfaitement transparente et ne contracte aucune odeur. Un jour suffit pour qu'il se forme des conferves verdàtres dans les endroits ou stagne l'eau des sources de Gastein, surtout lorsqu'elle séjourne dans le creux d'un rocher. Leur couleur devient d'un vert très-foncé, ou même complètement noire, si elles sont plus âgées. On en trouve quelquefois des couches tellement épaisses qu'une seule peut peser plus d'un kilogramme. Elles sont pédiculées alors, et leur substance est de moins en moins serrée à mesure qu'on avance vers leurs bords.

Ces conferves sont luisantes et semblent vernies, elles sont onctueuses au toucher, et, lorsqu'on passe les doigts à leur surface, on éprouve une sensation analogue à celle que produit le velours. Elles ont une saveur amère;âcreet styptique. Les eaux de Gastein donnent non-seulement naissance à des conferves, mais on remarque la beauté, la fraîcheur et la puissance de végétation de toutes les plantes qui avoisinent les sources et que n'ont point celles qui eu sont éloignées. « Les chimistes affirment, dit M. le docteur Labat, que les eaux de Gastein sont légère-

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ment acides, et tantôt légèrement alcalines. Nous avons vu le papier de tournesol primitivement un peu rougi ramené au bleu après que l'eau a boulli ».

MM. les professeurs Baumgartner et Marian RoUer firent en 1828 une expérience curieuse, si elle était exacte, avec l'eau des sources de Gastein.Ils constatèrent qu'elle fait monter l'aiguille aimantée jusqu'à 25 degrés du multiplicateur électrique, tandis que l'eau distillée simple la laisse a zéro. Ils virent de plus qu'à mesure qu'elle refroidissait, l'eau thermale perdait de sou action sur l'aiguille de l'instrument. Ainsi, à 35" centigrade, le mouvement de l'aiguille s'arrêtait à 11° centigrade. Ils agirent aussi sur les vapeurs des sources, et l'aiguille monta à 14 degrés. Ces physiciens eurent l'idée de décomposer cette eau et ils furent bien surpris d'arriver à d'autres résultats qu'avec de l'eau ordinaire. Ils trouvèrent trois atomes d'hydrogène et un d'oxygène. Ils ajoutent que la décomposition de l'eau de Gastein se fait par la pile électrique en moitié moins de temps que la décomposition de l'eau commune. Nous rapportons ces essais avec d'autant plus de soin que la composition élémentaire de ces eaux est impuissante à fournir une explication satisfaisante de leur efficacité et de leur énergie. M. le docteur Proll a reproduit devant nous l'expérience du multiplicateur, nous avons pu constater les résultats des différences qu'il obtenait avec de l'eau simple, de l'eau distillée et de l'eau hyperthermale, sur l'aiguille aimantée. Nous avons avoué ailleurs notre incompétence pour juger ces questions.

Ce qui nous frappe aujourd'hui, c'est que d'autres chimistes ont annoncé que l'eau de Gastein n'était pas la seule à ne pas contenir la même quantité d'hydrogène et d'oxygène que l'eau simple. Aussi attendons-nous dans je doute philosophique que de nouvelles expériences viennent infirmer ou confirmer des résultats dont nous sommes loin de nous porter garant, car nous ne nous sentons pas l'autorité nécessaire pour les juger en dernier ressort. M. le docteur Labat dit: « Le poids spécifique de l'eau de Gastein refroidie a une densité de 1,0005, inférieure à celle de plusieurs eaux potables, toujours proportionnelle à la minéralisation». Nous avons constaté que le poids spécifique de ces eaux à la température des sources est moins considérable que celui de l'eau ordinaire, chauffée et élevée à la température de l'eau thermale. Ainsi l'eau que l'on sert sur la table marquant 1000, celle des sources de Gastein ne donne que 985 à 990. Dussions-nous passer pour un romancier ou pour un poète, comme on nous eu a accusé, nous maintenons le fait avec toute la boane foi d'un médecin qui n'a jamais cherché que la vérité. L'analyse de J 000 grammes de l'eau de Gastein, évaporée en 1862 par M. le docteur Prôll, a été faite par M. Redtenbacher, professeur de chimie à Vienne, qui a trouvé qu'elle contenait, dans 1000 grammes, les principes suivants :

Sulfate de soude 0,2038

— potasse 0,0134

— lithine s 0,0035

Chlorure de sodium 0,0406

Carbonate de chaux 0,0195

— magnésie 0,0016

— oxyde de fer 0,0004

Silice 0,0493

Phosphate d'alumine 0,0006

Total DES matières fixes 0,3589

L'analyse spectrale a fait constater la présence du rubidium et du cœsium.

Gaz acide carbonique libre 0,0309

(jASïEI.N (Eadx minérales de). '^71

Ces résultats montrent que les eaux de Gastein sont moins minéralisées que celles de beaucoup de sources ordinaires.

i" Trinkquelle. C'est près et au-dessus de son bassin de captage qu'est construite la Trinkhalle composée de deux pièces, dont la première est le pavillon de la source et la seconde la Trinkhalle proprement dite. Elle a 200 mètres de longueur; on y trouve un dépôt de toutes les eaux minérales transportées importantes et on y distribue le petit-lait de vache et de chèvre que les hôtes de Gastein boivent pur ou mêlé à une eau minérale. Le pavillon de la Trinkquelle abrite deux bassins de marbre où tombe l'eau que versent dans des urnes deux tuyaux toujours ouverts. Des conduits aboutissent au fond de chacune des urnes et emportent à la cascade l'eau inutilisée. La température de l'eau de la source est de 42°, 5 centigrade.

2^ Fûrstenquelle. C'est la plus abondante des sources de Gastein; elle fournil à elle seule plus d'eau que les autres sources réunies. Elle émerge au fond d'un tunnel de 18 mètres de longueur, et pour prendre sa température au griffon même il faut s'exposer à une chaleur si élevée et à une vapeur tellement épaisse, que la lumière d'une bougie pâlit bientôt et s'éteint avant qu'on soit arrivé au fond de la galerie. C'est probablement ces difficultés qui ont empêché les auteurs de donner la température exacte de la Fûrstenquelle. M. le docteur Labat, qui a écrit une monographie estimée sur les eaux de Gastein, qu'il a étudiées sur place, en 1875, n'a pas été plus entreprenant que ses devanciers. 11 s'est, en effet, contgnté de prendre la température de l'eau dans les baignoires ou dans les bassins. Nous sommes allé à l'origine de la source du Prince et nous sommes parvenu à en constater la chaleur, que nous croirons exacte tant que notre expérience ne sera pas contrôlée. Il se peut assurément que nous nous soyons trompé malgré tout le soin que nous avons mis à observer, à la lampe de mineur, la colonne de notre thermomètre, dont le tube était recouvert d'une couche de vapeur épaisse. Cette source traverse d'ailleurs des rochers de gneiss micaschisteux mouvants et ruisselle en cascade avec une telle force que la température de la Fûrstenquelle est chose assurément difficile à constater. Nous nous sommes assuré à plusieurs reprises qu'elle marquait 71°, 5 centigrade, tandis qu'elle n'a plus que 49", 8 centigrade, suivant quelques-uns, et même 41° centigrade seulement, suivant quelques autres. Nous ne nous chargeons pas d'expliquer comment cette eau perd 10" ou 20° centigrade, pendant son long et libre parcours, nous nous contentons du fait qui, s'il est exact, défie la critique; s'il est erroné, il se trouvera un jour un médecin qui, pour rendre un nouveau service à l'hydrologie, reprendra le chemin que nous avons suivi et dénoncera notre méprise. L'eau de la Fûrstenquelle alimente les bains des hôtels du Grand-duc- Joahnn, de Straubinger, de la Prélature, de la Solitude et de Provenchères.

5° Boctorsquelle. Elle sort de la paroi extérieure de Schreckenberg (mont des Horreurs), à 15 mètres plus bas que l'ouverture du tunnel de la source précédente, de sorte que l'origine de ces deux sources est à 40 mètres de distance à peine. Elle alimente les bains du Château. Son eau marque 45°, 8 centigrade, l'air extérieur étant à 22° centigrade.

4° Schrôpf-oàer Chirurgenquelle. Elle émerge d'un rocher en se confondant avec FranzensqiieUe (source de François). Sa température est de 45° centigrade, et elle fournit l'eau du Schrôpf-bad ou Chirurgenhaus.

5° Unierste oder Haiiptquelle. Elle porte aussi le nom de Spitalquelle, Mitterwirths ou Grahenwirlhsquelle. Elle sort de la base du même rocher que

772 GASTEIN (Eaux siinérales de).

la source précédente et à 15 mètres plus bas qu'elle. Sa température est de 49" centigrade, celle de l'air étant de 20" centigrade. L'eau de cette source alimente le Mitterwirthsbad, le Krâmerbad, le Spitalbad, le Grabenwirthsbad, et enfin les bains de Hof-Gastein, situés à 2 kilomètres environ. Une partie de l'eau de cette source n'est pourtant pas employée et va se mêler à l'eau de la cascade. Les vapeurs auxquelles son eau donne naissance sont conduites à un petit bâtiment voisin. Elles servent aux bains de vapeur.

6" Fenlinandsquelle. Elle fait monter la colonne thermométrique à il" centigrade, et elle sert à entretenir une petite piscine qui porte son nom.

7" Wasserfallquelle. Les six sources dont nous venons de parler sont sur la rive droite de l'Ache, celle qui nous occupe émerge au milieu de la cascade. Lorsque les eaux du torrent sont abondantes, on ne peut en soupçonner l'existence; mais si, eu hiver surtout, la chute d'eau diminue, des vapeurs épaisses s'élèvent de son milieu et font aisément reconnaître le point où émerge la source chaude. Elle a pu être captée malgré les difficultés inhérentes à son point d'émergence. Straubinger parvint à en conduire les eaux sur la rive gauche de l'Ache, et ce sont elles qui alimentent la piscine des animaux malades. Sa température est de 55** centigrade.

8° Grabenbàckerquelle. Cette source émerge seule sur la rive gauche de la cascade. Elle est sur un plan de beaucoup inférieur à toutes les autres, et elle sort du rocher qui touche aux derniers bouillonnements de l'Ache. Elle alimente les baignoires des pauvres. Cette source est plus élevée de quelques mètres seulement que le bain, et elle est reçue sur le sable et sur les pierres d'une cavité qu'on a laissée à son état primitif. Grabenbàckerquelle, moins suivie que les autres sources de Gastein, est pourtant, avec celle du milieu de la cascade, la seule qui soit mésothermale, car elle ne marque que 51° centigrade, et convient par conséquent, comme la Wasserfallquelle, à la préparation des bains d'une chaleur moyenne.

Mode d'admimstration et doses. Ce n'est point dans les premiers jours de l'emploi, soit interne, soit externe, des eaux de Wildbad-Gastein, que l'on peut constater leur action. Elles sont ingérées à la dose de deux à six verres chaque matin, elles sont prises en bains de quinze à vingt minutes, sans que les malades s'aperçoivent d'autre chose que d'une augmentation de leur appétit, d'un sentiment de bien-être général et d'une satisfaction morale, souvent inaccoutumée. Les hôtes de Gastein prennent en boisson ou en bains les eaux de cette station avec un plaisir marqué dans les premiers jours et ils croient volontiers que l'effet agréable et salutaire qu'ils éprouvent ne devra pas cesser. Cependant, après un temps plus ou moins long, ordinairement du vingtième au vingt-cinquième jour, ils arrivent à la saturation thermale. Elle se manifeste par les symptômes suivants : le plaisir dans le bain n'est plus aussi vif, l'eau n'est plus aussi aisément assimilée, les baigneurs la trouvent plus froide, quoique le thermomètre indique le même degré que la veille ; ils ont des frissons, et quelquesuns des nausées. Si, malgré ces phénomènes, la cure est continuée, il se produit de l'agitation nocturne, de l'insomnie, de l'inappétence, de l'embarras gastrique même, de la soif et de la fièvre. Il ne survient que bien rarement des manifestations vers la peau, mais des accidents nerveux, qui rappellent des crises hystériques, se montrent assez souvent. Toutes les personnes qui font la cure à Gastein sont loin d'éprouver les phénomènes d'une saturation aussi avancée, qui sont même loin d'être ordinaires. Nous ne les avons groupés que pour bien

GASTEIN (Eaux minékales de). 775

établir qu'ils peuvent survenir, et beaucoup de malades quittant Wildbad-Gastein n'en ont éprouvé qu'une ébauche. Les eaux de Gastein ont un effet plus marqué à l'intérieur qu'en bains, et l'on a remarqué qu'il ne fallait jamais faire continuer la cure externe à ceux qui ne se rendent plus au bain qu'avec répugnance ou même sans le plaisir qu'ils manifestaient dans les premiers jours.

Emploi thérapeutique. De ce que les eaux de AVildbad-Gastein sont moins minéralisées que celles de beaucoup de sources ordinaires, de ce qu'elles sont à peine gazeuses, s'ensuit-il qu'elles n'ont aucune action physiologique et que l'on puisse révoquer en doute leur vertu thérapeutique? C'est ce que nous allons examiner, et nous espérons établir qu'il est prouvé par une expérience incontestable que les eaux de Gastein, sans qu'il soit possible jusqu'à présent d'expliquer comment et pourquoi elles agissent, ont une efficacité que les eaux thermominérales les mieux dotées en principes fixes et gazeux pourraient leur envier. Ce que nous avons dit de l'altitude de Gastein, de sa situation topographique, du résultat de la décomposition de ses eaux, de leur influence sur l'aiguille du multiplicateur galvanique, en dehors de leur thermalité et de leurs effets physiologiques, peut-il suffire, sinon complètement, au moins jusqu'à un certain point, pour faire comprendre les vertus thérapeutiques de ces eaux si peu minéralisées, si peu gazeuses? Sans aucun doute ; mais ces circonstances et ces effets réunis ne fournissent pas une explication satisfaisante de leur action, et nous avons reconnu sans aucun embarras que nous ne nous rendons pas bien compte du principe ou de la cause de leur vertu, et que nous ne pouvons renseigner sur leur mode d'efficacité, comme nous cherchons à le faire pour les autres stations thermominérales. A défaut d'une précision qui, il faut en convenir, est toujours difficile à obtenir quand il s'agit du modus agendi des médicaments, nous allons nous borner à indiquer ce qu'une observation attentive a appris au sujet des effets thérapeutiques des eaux de Wildbad-Gastein.

Ce que nous avons à dire des effets curatifs énergiques de ces eaux pourra paraître extraordinaire aux médecins qui n'ont pas l'habitude d'ajouter foi à l'efficacité d'une eau minérale, à moins qu'elle ne soit fortement minéralisée; mais, comme cette opinion ne résiste pas à l'observation attentive de certains états pathologiques dont la guérison est probable à certaines sources que la chimie est obligée de classer encore parmi les indifférentes, les inermes, les amétallites ou les simples, nous ne devons pas nous y arrêter plus longtemps.

Les malades qui viennent se soigner à Gastein doivent savoir d'abord que plusieurs phénomènes physiologico-pathologiques qu'ils peuvent éprouver ne doivent pas les arrêter dans leur cure. Ainsi, un grand nombre ressentent des douleurs internes ou externes, qu'ils avaient antérieurement et qui avaient disparu depuis longtemps. Souvent même l'acuité de ces douleurs est telle, qu'il est indispensable qu'ils en soient prévenus d'avance. Ils ne doivent pas s'inquiéter, ou suspendre, ou cesser leur traitement, avant d'avoir consulté leur médecin qui, le plus souvent, leur dit de persévérer, et que c'est pour lui un si<^ne que la cure doit être heureuse. Les baigneurs seront avertis encore que souvent le traitement thermal semble, pendant sa durée, exaspérer plutôt que calmer l'affection qui les a amenés aux eaux, et pourtant il est d'observation fréquente que, dans les deux ou trois premiers mois qui suivent leur visite à Gastein, ils voient leur santé s'améliorer et la guérison se produire. Nous savons bien que toutes les eaux minérales ou thermales ont plus ou moins la prétention de produire cette amélioration ou ces guérisons postérieures à la cure, mais les

774 GASTELN (Eaux minérales de).

eaiu de Wildbad-Gastein ont des droits certains à la réputation que ces thermes ont légitimement acquise sous ce rapport.

Une cure à Gastein est très-profitable aux convalescents qui présentent encore de la faiblesse consécutive aux maladies aiguës prolongées, et qui ont nécessité des pertes de sang considérables ou une diète longtemps continuée. Est-ce en vertu de l'action des eaux ou des circonstances atmosphériques et hygiéniques dans lesquelles on se trouve placé que la santé s'améliore ? Nous avouons croire plus, dans ces cas, à l'influence du séjour au milieu de cette haute vallée des Alpes, qu'à l'efficacité des eaux minérales ; mais nous avons dû faire connaître cette indication à laquelle les médecins semblent attacher une certaine importance. Deux ou trois verres de la Trinkquelle et un bain de dix minutes à un quart d'heure constituent le traitement hydrothermal que l'on suit alors. Les eaux de Gastein agissent favorablement sur plusieurs exanthèmes. Les personnes qui portent des furoncles habituels, de l'ecthyma, de l'eczéma, du prurigo, de l'herpès, arrivent presque toujours à modifier favorablement ces éruptions cutanées. Mais ces malades ne rentrent-ils point, comme les convalescents, dans la catégorie de ceux auxquels l'habitation, dans un air tonique et pur, suffit pour améliorer ou guérir une affection générale dont la dermatose n'est que la manifestation extérieure? Nous sommes porté à croire qu'il en est ainsi. Les bains de Gastein que l'on emploie seuls en cette circonstance procurent-ils d'autres avantages que ne l'auraient fait des bains simples dans les mêmes conditions ? 11 est permis d'en douter. Les eaux de Wildbad-Gastein donnent quelquefois des résultats inattendus dans certains troubles du système nerveux qui ne peuvent plus s'expliquer par l'altitude du lieu, par le climat, la hauteur de la colonne barométrique, etc., ou par la thermalité des eaux : ainsi, un grand nombre de malades ont recouvré la santé par les thermes de Gastein, quand ils souffraient de névralgies depuis plusieurs années, et quand tout autre moyen thérapeutique avait échoué. Nous devons dire que, dans ces cas, un examen attentif des antécédents a fait découvrir une origine probablement rhumatismale à ces névralgies, car les eaux de Gastein n'ont point la prétention, comme on s'est plu à le dire, de guérir, d'améliorer même toutes les douleurs nerveuses. 11 est surtout deux classes d'affections sur lesquelles l'emploi externe des eaux de Wildbad-Gastein a une efficacité qui les a placées très-haut dans l'estime de tous les médecins dont elles sont connues. Nous voulons parler des paralysies et du rhumatisme. Lorsqu'une hémorrhagie cérébrale est récente et qu'une hémiplégie en est la conséquence, il faut se garder de conseiller Gastein, surtout à ceux qui ont un tempérament sanguin. Mais, lorsque ces accidents se sont produits depuis une, deux ou trois aimées, et même plus longtemps, et qu'il reste une perle du mouvement ou de la sensibilité d'un des côtés du corps, les eaux de Gastein peuvent améliorer beaucoup l'état des malades et même quelquefois ramener la santé. Lorsqu'une hémorrhagie, lorsqu'une violente congestion cérébrale, ne sont plus les causes de la paralysie qui s'est manifestée après un grand traumatisme, un coup sur la tète, une chute d'un lieu élevé, une blessure, etc., l'application externe des eaux de Gastein donne aussi d'excellents résultats. 11 en est de même, si les troubles de la sensibilité ou du mouvement sont produits par une affection de la moelle épinière ou de ses enveloppes. Nous ne voulons point parler assurément des désordres consécutifs à un ramollissement, à une sclérose ou à toute autre dégénérescence organique du prolongement encéphalique ; mais des paraplégies dues à un plasma sus-

r.ASTEIN (Eaux minérales de), 775

ceptible de résorption peuvent disparaître, et le malade recouvrer l'intégrité du mouvement du de la sensibilité de ses membres inférieurs. Si la paralysie plus ou moins généralisée, ou plus ou moins limitée au contraire, n'est plus sous la dépendance d'un état dont l'anatomie pathologique explique parfaitement l'existence, les eaux thermales de Gastein à l'extérieur sont encore beaucoup mieux indiquées. Aussi, à chaque saison, des paralytiques qui sont dans ces conditions en partent-ils très-améliorés et quelques-uns guéris. Les troubles de la sensibilité et du mouvement qui s'observent chez les hystériques, les hypocondriaques et les rhumatisants, sont également combattus avec succès à Gastein. Nous signalerons, en parlant de Wildbad, du Wurtemberg {voy. ce mot), les rétractions des muscles des membres inférieurs, et principalement celles du mollet, chez les paraplégiques qui doivent guérir à cette station thermale. Ces contractions sont plus marquées encore à Gastein et elles s'observent, non plus seulement dans lous les membres abdominaux, mais dans tous les muscles frappés d'impuissance par les causes que nous venons d'indiquer. Les bains et les douches de Wildbad-Gastein ne ramènent pas toujours lentement et progressivement les contractions des fibres musculaires inertes qui, au contraire, reviennent quelquefois tout d'un coup pour lentrer bientôt dans un complet affaissement. Ces éclairs de contractilité, presque toujours accompagnés d'une douleur assez vive, ne peuvent être justement compaiés qu'à l'effet produit par la noix vomique et ses dérivés, ou bien par une décharge électrique. Tous les auteurs qui ont écrit sur les effets des eaux thermales de Gastein ont insisté sur la propriété dont nous venons de parler, et, pour n'en citer qu'un exemple, nous rapportons un des passages où Streijiz exprime son opinion sur cette vertu singulière des sources de Wildbad-Gastein. « L'action salutaire de ces eaux, dit-il, peut se comparer, en quelque manière, aux effets produits par les huiles volatiles, les épices, les baumes, le camphre, le naphte, le vin et tous les excitants diffusibles, mais surtout à ceux de l'électricité et du galvanisme, etc. » (p. 119 et 120). Il ne faut pas croire que ces effets se produisent sur tous les paralysés qui viennent se faire traiter à Gastein. Il est rare même qu'ils soient aussi tranchés que nous venons de le dire, mais ils existent, et nous avons assisté à leur manifestation chez une personne qui rendait parfaitement compte des sensations dont nous avons essayé de donner une idée. Ce malade voyait se contracter pour la première fois depuis six ans les fibres musculaires d'un de ses membres supérieurs resté complètement paralysé à la suite d'une hémorrhagie cérébrale qui avait occasionné la perte instantanée du mouvement de la moitié de tout le corps. II avait recouvré presque absolument l'usage du membre inférieur, mais il ne pouvait se servir de son bras, de son avant-bras et de sa main. Cet appendice thoraciciue avait considérablement diminué de volume et ses muscles étaient Irès-sensiblcment atrophiés. Ce furent les deltoïde et fléchisseur des doigts qui se contractèrent les premiers ; ?ious avons le regret de ne pouvoir faire connaître le résultat définitif de cette cure. Il est certains paralytiques qui recouvrent à Gastein l'intégrité de leurs mouvements ou de leur sensibilité sans montrer ces éclairs de sensibilité douloureuse ; leurs forces musculaires et leurs sensations tactiles reviennent un peu tous les jours. Alors la peau des membres affectés devient de moins en moins froide, la circulation rendue plus facile y ramène la vie et l'action. Ils commencent, en général, à s'apercevoir de l'amélioration à ce signe qu'ils réobtiennent la faculté dejemuer volontairement les doigts de leurs moins ou de

776 GASTEIN (E\ux minérales de).

leurs pieds. Ils ne peuvent faire ces mouvements d.ms les premiers jours que pendant des instants d'une très-courte durée. Lorsque ces malades veulent rendre témoins du retour de leurs mouvements ceux qui les accompagnent ou les soignent, ils sont tout étonnés de ne pouvoir reproduire ce qu'ils avaient constaté avec joie quelques minutes auparavant. Il semble qu'ils viennent de dépenser la quantité de fluide nerveux arrivée à leurs muscles. Mais au bout de quelques jours le membre paralysé reprend une souplesse qui augmente progressivement ; sa maigreur diminue, et dans chaque bain ou à la suite de chaque douche sa pesanteur, sa lourdeur, deviennent de moins en moins considérables, et bientôt il peut agir avec moins de brutalité, plus d'intelligence. Les malades qui sont anestbésiés ou liyperesthésiés doivent être soumis aux bains exclusivement qui sont donnés frais et ne sont jamais prolongés pendant plus de huit ou dix minutes, un quart d'heure au plus.

Lorsque la paralysie est consécutive à une lésion traumatique et qu'elle est bien limitée, il est utile souvent d'associer aux bains et aux douches d'eau, aux bains et aux douches de vapeur, l'application des tourteaux de conferves des sources sur les parties privées de mouvement. Il faut avoir soin de faire ces applications sur le point malade, alors que les conferves n'ont rien perdu de leur chaleur native et peuvent former une sorte de cataplasme. Le même traitement convient aux roideurs qui s'observent après les plaies pénétrantes des articulations, après les fractures ou les luxations des os, etc. On retire aussi des résultats avantageux d'une saison aux eaux de Wildbad-Gastein dans le rhumatisme chronique, musculaire et articulaire. Les eaux de ces sources semblent avoir même une activité beaucoup plus marquée que celles de beaucoup de stations thermales efficaces cependant. Nous n'avons point parlé avec intention, en traitant des paralysies, de celles qui ont une cause rhumatismale : nous devons donc leur consacrer quelques lignes. Le traitement externe qui doit être opposé à ces paralysies consiste principalement en bains et en douches de la vapeur naturelle qui s'élève des sources. Les médecins de Gastein sont unanimes pour donner la préférence à ce mode particulier de l'emploi des sources dans cette circonstance. Le massage du membre ou des parties malades doit suivre un séjour plus ou moins prolongé dans le vaporarium où se trouvent tous les appareils convenables pour recevoir sur tout le corps, ou sur un point limité, la douche de vapeur avec la forme, la force, le volume et la durée qui sont nécessaires. Les malades peuvent prendre aussi des douches écossaises. Autant les eaux de Gastein sont efficaces dans le rhumatisme, autant elles ont peu d'action dans la goutte confirmée, dont elles modifient rarement les concrétions tophacées autour des articulations. Quelques cas, trop peu nombreux encore, semblent déiDontrer que certaines atrophies musculaires progressives et généralisées rentrent dans la sphère d'activité de la médication par les thermes de Gastein. Mais jusqu'à ce moment les faits sont trop peu nombreux pour être concluants, et il faut se contenter de reconnaître que l'usage de ces eaux est certainement utile dans les atrophies musculaires localisées. C'est par les bains et surtout par les douches qu'elles doivent être combattues. Dans les contractures idiopathiques, les bains ou les douches des eaux ou des vapeurs des sources parviennent presque toujours, et même dans un temps assez court, à procurer une amélioration sensible ou une guérison complète. Les bains et les douches d'eau conviennent encore aux jeunes gens affaiblis par des pertes séminales trop abondantes, qu'elles aient été volontaires ou involontaires. Ces bains et ces douches

r.VSTElN (Eal'x minérales m.). 'Tl

redonnent du ton et de l'énergie, alors même que ces jeunes gens sont arrivés à un état de maigreur voisin du marasme. Tout ce que nous venons de dire s'applique aux affections dans lesquelles l'usage externe des eaux et des vapeurs de Wildbad-Gastein produit de bons résultats. Le traitement par l'eau en bains et en douches de la vapeur naturelle des sources est en effet le principal mode de balnéytion employé à ce poste thermal. Nous allons nous occuper maintenant des cas on l'usage combiné de la médication interne et de la médication externe doit être prétérablement conseillé. Dans les inflammations chroniques de la membrane muqueuse du tube digestif ou de celle des voies aériennes, les eaux de Gastein doivent être prescrites à la fois en bains et en boisson. Les embarras gastriques, les dyspepsies, les gastralgies et les entéralgies les plus douloureuses et les plus anciennes, sont améliorés ou guéris par un traitement intérieur et extérieur aux thermes de Gastein, bien que leurs eaux semblent n'avoir aucune influence physiologique soit sur l'estomac, soit sur l'intestin. Les eaux de Gastein, comme presque toutes les eaux hyperthermales d'ailleurs, donnent de bons résultats dans certains catarrhes bronchiques essentiels ou liés à une cause anatomo-pathologique, comme l'emphysème, la dilatation des grosses bronches, elc. II faut prescrire alors les eaux en boisson ; les malades d'un tempérament nerveux exagéré doivent suivre seuls un traitement par les bains généraux, en même temps qu'ils font une cure intérieure avec l'eau de Gastein. Plusieurs malades ont vu apparaître à la peau des éruptions qui venaient éclairer sur la vraie cause de leur affection, à la suite d'un traitement intérieur et extérieur par les eaux de Gastein. Ces eaux doivent cependant être beaucoup moins actives que les sulfurées ou les sulfureuses ; mais elles ont mis tant de fois sur la trace d'anciennes syphilis, que nous n'avons pas dû passer cette propriété sous silence. Quelques diabétiques ont éprouvé de bons effets des eaux thermales de Gastein à l'intérieur et à l'extérieur, mais, jusqu'à présent, l'action utile de ces eaux a été constatée sur un nombre trop restreint de malades pour que nous nous y arrêtions davantage. Vichy et Karlsbad d'ailleurs sont deux stations qui n'ont pas de rivales contre la glycosurie. L'usage combiné des eaux de Wildbad-Gastein convient aux malades déjà avancés en âge et à ceux qui sont tombés dans l'anémie et le marasme par suite d'excès de tout genre et surtout de fatigues intellectuelles continues ou trop longtemps prolongées. On a beaucoup vanté, dans l'impuissance, les eaux de Gastein en boisson et en bains. Pourtant il serait difticile, peut-être, d'établir les cas où leur 'efficacité ne laisse aucun doute à cet égard.

La position topographique de "Wildbad-Gastein pourrait suffire à expliquer la mauvaise influence que ressentent les poitrinaires de leur pi'ésence à cette station. Les médecins ont eu plusieurs fois l'occasion de constater que les phthisiques, qui n'ont éprouvé aucun accident de leur séjour à Gastein, voient promptement empirer leur état, s'ils veulent boire ou se haigner aux sources thermales. Ceux qui sont sujets aux crachements de sang subissent surtout ces fâcheux effets. L'ouverture de la vallée, qui ne donne accès qu'aux vents du sud-est, semblerait être une condition favorable aux phthisiques, et cependant l'air, et surtout les eaux de Gastein, agissent sur eux comme un excitant et favorisent, ce qu'on veut éviter avant tout chez ces malades, un état inflammatoire qui les conduit plus rapidement à leur perte. Il est prudent de tenir éloignés de ce poste hydrominéral les pléthoriques exposés aux congestions ou aux hémor rhagies cérébrales, ou qui en auraient été récemment atteints. L'air et les eaiis

DICT- ENC. 4° S. Vf. 50

778 GASTELLIEU.

leur seraicni proinptement funestes en activant une circulation encéplialirjiic déjà trop active. 11 ne faut pas compter sur les effets favorables des eaux de Wildbad-Gastein, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, dans les maladies organiques du cœur ou des gros vaisseaux, même d'origine rhumatismale. Elles ne sont pas contre- indiquées toutefois comme plusieurs eaux thermominérales que nous avons indiquées, car, si elles ne sont pas utiles, elles ne sont pas sensiblement nuisibles. Les femmes enceintes ne doivent pas faire un usage interne ou externe de ces eaux, qui semblent rendre trop active la circulation sanguine de l'organe gestateur ou de ses annexes. Une cure a plusie\us fois déterminé des faussescouches qlii auraient été évitées sans cet emploi imprudent ou inopportun. Enfin, Jl. le docteur Prôll a fait une remarque dont nous lui laissons tout l'honneur et toute la responsabilité. « L'observation m'a appris, dit-il, que, lorsque l'eau de l'Ache est claire et limpide, les malades sont tous satisfaits de l'effet de leur cure ; niais, lorsque les eaux de la cascade deviennent d'un brun noirâtre, ce qui arrive souvent après les orages et ce qui indique que le sirocco souffle et a déterminé des avalanches, je suis tûr que beaucoup d'accidents vont se produire et jeter l'inquiétude chez le plus grand nombre des baigneurs. C'est le meilleur baromètre que l'on puisse avoir ici. »

Il est impossible de préciser rigoureusement la durée de la cure, et pourtant

aucune station n'a la réputation d'avoir une période mieux définie et plus absolue

(jue Gastein. Les étrangers ti'ouvent difficilement à se loger, à cause du nombre

insuffisant des hôtels et des maisons: aussi les propriétaires, pour retirer un plus

grand avantage de leurs appartements, ne les louent-ils jamais pour un temps

plus long que vingt et un jours. C'est cet usage qui a donné lieu sans doute

au préjugé populaire à Gastein qu'il ne faut, si l'on ne veut s'exposer au plus

grands dangers, jamais faire usage de l'eau des sources pendant une saison plus

prolongée. On peut dire d'une manière très-générale que le traitement est de

(juinze à viiigt-cinq-jours, et, si l'on prend la moyenne de ces deux nombres, le

chiffre de vingt et un y correspond précisément.

On n exporte pas les eaux de Gastein. A. Rottjreati.

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«ASTELLIER (René-Georges). Ce médecin, célèbre par ses écrits et par son rôle politique, naquit à Ferrières (Loiret) le 1" octobre 1741. Après avoir étudié le droit, il se décida pour la médecine et se fit inscrire sur les registres de la^Faculté de Paris, le 23 octobre 1 762, et obtint, au bout de quelques années, les lauriersfdu doctorat. Il se livra ensuite tout à fait à la pratique et alla s'établir à Montargis. Ses concitoyens le nommèrent, en 1782, maire de leur

cité, et en 1791 il fut envoyé à l'Assemblée législative. Quoique, en plusieurs occasions, il eût donné des preuves de patriotisme, et que dans une séance de l'Assemblée il eût fait don pour les pauvres de cinq médailles et de quatre-vingts jetons académiques, en or et en argent {Moniteur, 1792, n"M4), il n'en fut pas moins déclaré traître à la patrie et arrêté en 1793. La chute de Robespierre le sauva. 11 ne revint à Paris que plusieurs années après. En 1817,1e roi lui conféra les insignes de chevalier de Malte. II mourut à Paris, rue de Gondé, le t20 novembre 1821, laissant les écrits suivants, tous médiocres, du reste :

I. Home (Fr.). Principes de médecine, trad. du lalin, par Ren. Georg. Gastellier. Paris. 177"i, in-S". — II. Avis à nos concitoyens, ou Essai sur la fièvre miliaire. Paris, 1775, in-t"2. — III. Seconde consultation médico-légale sur un accouchement. Rouen, 1774, in-4°. — (V. Traité de la fièvi-e miliaire des femmes en couches. Montargis, 1779, in-8°. — IV. Réponsr é la critique d'un anonyme. Montargis, 1779, 26 p. — VI. Des spécifiques en médecine. Paris, in-8% 16Ô p. — VII. Traité de la fièvre miliaire épidémique. Paris, 1784, in-8°. —

VIII. Mémoire sur l'épidémie qui a régné en 1785 à Montargis et Orléans, 1789, in-8°. —

IX. Histoire d'une épidémie du genre des catarrheuses putrides, des plus graves et des plw contagieuses. Orléans, 1787, in-8''. — X. Histoire de l'épidémie qui a régné à Ceriziers. Theil et Va umort.... Sens, an II (1794), in-8''; 84 p. (en collaboration avec Tonnellier). — XI. Dissertation sur le supplice de la guillotine. Sens, an IV (179 J), in-8°. — XII. Des maladies aiguës des femmes en couches. Paris, 1812, in-8°. — XllI. Avis à mrs concitoyens. Paris, 1816, in-4''. — XIX. Notice chronologique de mes ouvrages. Paris, 18U>, in-4°. — XX. Controverses médicales. Paris, 1817, in-S», 56 p. — XXI. Exposé fidèle des petites véroles survenues après la vaccination. Paris, 1819, in-S". — XXII. Observations et réflexions relatives à l'organisation actuelle de la médecine. Paris (S.-D.), in-4'> , 52 p.

René-Georges Gastellier avait épousé Anne-Noël Guersant de la Bernardière. Ses deux filles furent mariées, l'une à Alexis-Joseph Bailliez, docteur en médecine ; l'autre à Elie de Calabre de Breuze, aussi médecin. A. G.

«ASTÉRASE. Voy. Pepsine.

GASTÉROMi'CÈTES. Sous ce nom, créé par E. Fries {Systema Mycologice, etc., 1821-1825), on désigne une des grandes divisions de la classe des Champignons, comprenant tous ceux de ces végétaux dont le réceptacle membraneux (jaertdtMm), d'abord clos, de forme ovoïde ou globuleuse, renferme dans son intérieur les organes de la reproduction. Tantôt sessile, tantôt stipité, ce peridium est formé de plusieurs couches concentriques qui fournissent des caractères importants pour l'établissement des familles et des genres. Sa portion centrale, appelée gleba, est constituée par un tissu continu, mais creusé d'un grand nombre de lacunes séparées les unes des autres par des cloisons, sur les parois desquelles sont fixés les corps reproducteurs (basides ou thèques). A la maturité, ces cloisons se désagrègent, h peridium s'ouvre à son sommet par des déchirures irrégulières et les spores, devenues libres, s'échappent en immense quantité sous l'apparence d'une poussière noirâtre ou brune.

Les Gastéromycètes comprennent quatre familles principales, les Gla.thra.ces, lesONYGÉiNÉs,les LïcoPERDACÉs et les TuBÉRACÉs (w/y. ces mots). Ed. Lefèvre.

CASTÈROPODFS [Gcisteropocla Cuv.). Depuis Guvier, on désigne sous ce nom un groupe très-important de Mollusques auxquels Poli avait appliqué la dénomination de Repentia. Ce groupe renferme tous les Mollu.=ques Céphalo-

780 GASTEROPODES.

phores, qui possèdent une lête bien développée et le plus ordinairement un pied ventral musculeux, large et plat.

Chez les Gastéropodes, le corps est doué d'une contraotilité souvent considérable due à l'union intime de la couche dermique avec la couche musculaire sous-jacente. La couche dermique renferme des corpuscules de tissu conjonclif, des cellules à simple et à double contour, des noyaux entourés de protoplasma et un épithélium vibratile à divers degrés de développement. Dans l'épiderme sont disséminées des cellules pigmentaires de volume et de couleur variables et des glandes qui sécrètent du mucus. Celui-ci, phosphorescent chez le Limax{Phosphorus noctilucns de Fer.), de Ténériffe, exhale souvent une odeur particulière, notamment chez YHelix alliaria Lamk, où elle est alliacée, et chez YHelix pomatia h-, qui, au moment de la reproduction, répand une odeur vireuse analogue à celle de la ciguë.

On trouve également dans la peau de certains Gastéropodes des spicules calcaires de formes souvent caractéristiques et parfois si compactes qu'elles constituent une sorte de squelette intérieur. Cette accumulation se rencontre surtout chez les Molides, qui possèdent en outre, à l'extrémité de leurs papilles dorsales, une capsule remplie de cellules urticantes semblables à celles qu'on observe chez les Cœlentérés.

D'après Gegenbaur, on doit considérer comme des modifications des cellule;:^ épidermiques des glandes particulières situées principalement sur le bord du manteau. Ces glandes, caractérisées par leur contenu finement granuleux, débouchent au dehors par un mince prolongement jouant le rôle de canal de sortie. Le liquide qu'elles sécrètent oflre de grandes variations de couleur selon les genres et les espèces. Laiteux chez les JEolides, jaune chez les Bullides, violet chez les Janthines, il est d'un rouge foncé chez VApIysie, où il présente les réactions chimiques du rouge et du violet d'aniline.

Chez les Murex et les Purpura, une couche épithéliale, jouant le rôle de glande et formée de grandes cellules ciliées à leur surface, se trouve dans la cavité du manteau au-dessus du réseau vasculaire constitué par les ramifications de l'artère branchiale au moment de pénétrer dans les branchies; ces cellules sécrètent le liquide que l'on connaît sous le nom de Pourpre {voy. Lacaze-Duthiers, Mémoire sur la Pourpre, in Ann. se. nat., 4^ sér., t. Xll, 1859).

Le manteau, dont le bord épaissi présente parfois des lobes ou des appendices idlongés, ne s'étend jamais jusqu'à envelopper complètement le corps. Il sécrète toujours une coquille simple, généralement calcaire et très-sohde, qui occupe la partie dorsale de l'animal en constituant, dans une mesure variable, un appareil de protection. Cependant, dans beaucoup de cas, celte coquille n'existe que pendant l'état larvaire et disparaît avant la naissance des organes respiratoires ; ce qui fait que les individus adultes en sont complètement dépourvus {Gastéropodes nus).

A l'exception des Oscabrions {Chiton), chez lesquels elle est formée d'un certain nombre de lames transversales disposées comme les pièces du squelette dermique des Arthropodes, la coquille est tantôt clypéiforme, tantôt contournée en spirale autour d'un axe solide [columelle), souvent creusé d'un canal longitudinal dont l'ouverture a reçu le nom d'ombilic (umbo). De la columelle part un muscle spécial {muscle columellaire) qui distribue ses terminaisons dans le pied et attache ainsi solidement l'animal à sa coquille. Dans les coquilles spiralées, les tours de spire peuvent être enroulés à droite {coquilles dextres) ou à

gauche [coquilles sénestres). L'ouverture {apertura) qui est située à l'extrémité apposée au sommet {apex) et dont le pourtour renflé est désigné sous le nom de périslome, est tantôt eniière {hoîostome), tantôt échancrée ou prolongée en un canal {siphonostome); dans beaucoup de cas, elle est fermée par un opercule corné ou calcaire sécrété par le pied et fixé ordinairement à l'extrémité postérieure de cet organe.

De forme et de grosseur très-variables, le pied résulte du développement d'une partie de l'enveloppe dermo-musculaire, 11 constitue le plus souvent une surface rampante, large et longue, mais présente dans certains cas des expansions latérales ou bien des prolongements lobés parfois considérables servant d'organes natatoires. Chez plusieurs types, les Patelles et les Oscabrions, par exemple, le système musculaire dont il est le siège lui permet de fonctionner comme une ventouse au moyen de laquelle l'animal peut se fixer solidement. Dans les Hélicidés et les Limacidés, il est pourvu d'une glande particulière {glande pédieuse) qui débouche au dehors un peu au-dessous de la bouche et qui produit une sécrétion de consistance visqueuse.

Située à la partie antérieure de la tète et entourée de bourrelets [lèvres) souvent protractiles sous forme de trompe, la bouche conduit dans un pharynx nuksculeux, dont la paroi supérieure est pourvue d'une ou de deux mâchoires cornées souvent très-puissantes. Le pharynx, qui est coloré tantôt en jaune par de petits corpuscules jaune-orangé, tantôt en rouge par un pigment analogue à l'hémoglobine, présente en outre une expansion sacciforme {langue}, en partie musculeuse, en partie cartilagineuse, recouverte d'une membrane cornée, à laquelle on donne le nom de radula; la surface de cette membrane est garnie transversalement de lamelles, de dents ou de crochets, dont les variations de nombre, de forme et de grandeur, fournissent des caractères importants pour la distinction des familles et des genres.

Dans la cavité buccale débouchent deux glandes salivaires jaunes très-développées, offrant chacune un lobe supérieur de structure acineuse et un lobe inférieur de structure tubuleuse ; ce dernier est entouré d'une membrane musculeuse dont les contractions font jaillir une salive acide que l'animal peut projeter au loin avec une grande force et qui constitue probablement un moyen défensif ou offensif. D'après Bôdeker et Troschel, la salive du Dollum galea L. contient :

Eau 93,8

Acide sulfurique hydraté 2,6

Sulfates 1,-t

Acide clilorhydriquelilire 0,4

Magnésium, potassium, sodium, calcium, ammoniaque, matières organiques 1,6

Panceri et Luca ont également trouvé de l'acide sulfurique d^ns la .salive de plusieurs espèces appartenant aux genres Tritonium, Murex, ApJysia, Pleurobranchiis, etc. Enfin, d'après Panceri, une glande de 75 grammes aurait fourni 200 centimètres cubes d'acide carbonique libre.

\j' appareil digestif se compose : 1° d'un œsophage étroit s' élargissant quelquefois en forme de jabot et même pourvu d'un cul-de-sac rempli d'une masse gélatineuse ; 2" d'un estomac à parois tantôt minces, tantôt très-consistantes ; o" d'un intestin ordinairement très-allongé, qui décrit de nombreuses circonvolutions entourées par un foie très-volumineux et multilobé occupant la plus grande partie du sac viscéral caché dans la coquille. Dans certains cas {JEolides), l'intestin présente des diverliculums simples ou ramifiés, entouré? de substance

7S2 GASTÉROrODES.

hépatique, qui se prolougent jusque dans la partie dorsale du corps. De Quatre l'ages a donné le nom de Phlébentérés (de ^lï-^, veine, et zimpav, intestin) aux Gastéropodes dont l'intestin présente cette disposition. L'anus est, d'ordinaire, situé sur le dos ou sur le côté droit dans le voisinage de la nuque, très-rarement à la partie postérieure du corps. Une glande anale ramifiée, courant le long du rectum, a été observée par Lacaze-Duthiers chez les Purpura et les Murex.

A l'exception d'un petit nombre de types chez lesquels la respiration s'opère parla surface des téguments, la grande majorité des Gastéropodes sont pourvus^ lie branchies ordinairement enfouies dans une cavité formée par un repli du manteau {cavité palléale). Un certain nombre cependant respirent par des poumons, quelques-uns même possèdent à la fois des poumons et des branchies. Ces organes respiratoires, de structure et de position très-variables, présentent,, au point de vue de la classification, des particularités très-importantes que nous ferons connaître en traitant séparément chacun des ordres dont se compose la sous-classe des Gastéropodes.

Ces mollusques possèdent tous un cœur aortique placé dans la région dorsale du corp<, tantôt à droite, tantôt à gauche, dans le voisinage de l'appareil respiratoire. Ce cœur, toujours entouré d'un péricarde, se compose d'un ventricule d'où part l'aorte et le plus souvent d'une seule oreillette dans laquelle pénètre le liquide sanguin qui revient de l'appareil respiratoire. Les artères acquièrent généralement un certain développement, mais les veines, peu nombreuses, sont le plus ordinairement remplacées par des lacunes interorganiques. Exceptionnellement {Turbo, ISerita, Neritina, Haliotis, Fissicrella et Emargimila), le cœur se replie autour du rectum. Le liquide sanguin, incolore ou bleuâtre, renferme une forte proportion de chaux et souvent aussi du cuivre. D'après Sorby, la matière colorante rouge du sang des Planorbes paraît, à l'examen spectroscopique, un peu différente de l'hémoglobine.

Dans le voisinage du cœur est sllué le rein sous forme d'une glande lamelleuse de coloration jaune sale ou rougeâtre qui débouche à côté du rectum dans la cavité palléale soit directement par une fente, soit par l'intermédiaire d'uu uretère. Les réseaux veineux de ses parois spongieuses présentent des orifices par lesquels l'eau peut se mêler au liquide sanguin. Les produits de la sécrétion consistent en concrétions d'acide urique et de sels calcaires ammoniacaux. Beaucoup de Gastéropodes possèdent, en outre, dans la cavité branchiale, à côté du rectum, une glande muqueuse dont la signification est encore peu déterminée et qui produit une sécrétion souvent très-abondante, s'écoulant par l'orifice respiratoire.

Le système nerveux consiste en trois groupes de ganglions réunis autour de l'œsophage et plus ou moins éloignés les uns des autres selon la longueur des commissures. Chacun de ces groupes ganglionnaires distribue ses branches nerveuses, l'un {ganglions cérébraux) aux organes des sens, l'autre {ganglio7U pédieujc) dans les muscles du pied, le troisième enfin {ganglions viscéraux) au manteau, aux branchies, au cœur, au canal digestif et aux organes génitaux.

Comme organes des sens, il existe presque constamment : i" deux ou quatre, rarement six tentacules céphaliques qui s'invaginent et se déroulent comme un doigt de ganl; 2" deux yeux très-petits, cachés sous la peau et situés à la base ou à l'extrémité d'une des paires de tentacules; o" deux vésicules auditives closes appliquées contre les ganglions pédieux, mais recevant toujours leurs nerfs des ganglions cérébraux; ces vésicules, dont les parois sont tapissées de cils vibra-

tiles, contiennent une utolithe ou bien des granulations calcaires. On ne connaît |ias encore les organes olfactifs, à moins que l'on ne doive considérer comme tels les petits éléments cellulaires renflés que Flemming a observés à l'extrémité des tentacules de plusieurs Pulmonés terrestres.

Les Mollusques-Gastéropodes sont les uns hermaphrodites, les autres unisexués. Chez les premiers, les organes génitaux forment une seule masse {glande hermaphrodite) enfoncée entre les lobes du foie. Leurs conduits vecteurs sont réunis tantôt dans toute leur étendue pour former un canal commun transportant les iBufs et le sperme jusqu'à l'orifice génital, tantôt dans une étendue plus ou moins limitée pour se diviser ensuite en deux branches constituant, l'une l'oviducte, l'autre le canal déférent ; ce dernier se rend directement à l'organe copulateur en décrivant parfois des circonvolutions nombreuses. De son côté, l'oviducte communique avec une glande blanchâtre appelée glande de F albumine et avec une poche copulatrice annexée au vagin ; celui-ci porte en outre, dans beaucoup de Pulmonés terrestres, un sac spécial appelé sac du dard, au fond duquel un petit stylet calcaire anguleux est inséré sur une papille. Ce dard, qui devient saillant au moment de la copulation, sert probablement d'organe excitateur ; il se brise généralement pendant l'acte, et peut se renouveler quelque temps après; il se résorbe, s'il ne doit plus y avoir de rapprochement sexuel. L'organe mtde présente toujours un pénis exsertile, cylindrique ou contourné en spirale, que traverse en général le conduit éjaculateur et qui se continue souvent en arrière |»ar un long prolongement auquel on donne le nom de flagellum; il débouche aTec la vulve dans un cloaque commun situé sur le côté droit du corps à la base des tentacules. La fécondation s'opère soit par l'accouplement de deux individus dont chacun joue, par rapport à l'autre, le rôle de mâle ou celui de femelle, soit par l'accouplement d'une série d'individus (dans les Limae'es, par exemple) formant de longues chaînes où les rôles sexuels changent alternativement ; dans ce cas, les deux individus situés aux extrémités de la chaîne ne jouent que le rôle de mâle ou celui de lemelle.

Chez les Gastéropodes à sexes séparés, les organes génitaux offrent une structure beaucoup moins compliquée. Les testicules et les ovaires, dont les orifices débouchent latéralement dans le voisinage de l'anus, sont représentés par des glandes lobulées, souvent très-ramifiées, enfoncées d'ordinaire entre les lobes du foie. Les mâles possèdent presque toujours un pénis saillant, non exsertile, traversé dans sa longueur par l'extrémité flexueuse du canal déférent.

En général, les Gastéropodes sont ovipares; quelques-uns cependant, tels que les Paludines, les Clausilies, \esJanthines, sont ovovivipares. On connaît même quelques exemples de reproduction parthénogénétique chez le Paludina vivipara L., leLimnœa auricularia Drap, et le Zonites cellarius MûU., hélicide des provinces septentrionales et moyennes de la France, qu'on i-etrouve dans les Pyrénées dans la zone comprise entre 1200 et 1500 mètres.

Le plus ordinairement les œufs sont réunis en grand nombre dans des capsules cornées, de formes très-diverses, fixées à des corps étrangers dans un ordre plus ou moins régulier; d'autres fois [Eélicides], ils sont entourés d'une coque calcaire et déposés isolément sur la terre humide ; dans d'autres cas enfin, ils forment par leur agglomération des masses aplaties ou tubuleuses ou bien des cordons gélatineux flottant à la surface de la mer.

A l'exception d'un petit nombre de types, chez lesquels la larve, au sortir de l'œuf, possède déjà la forme et l'organisation de l'animal sexué, tous les Gasfeé-

784 «rASTÉROPODES.

lopodes subissent une niélamorpliose. Les embryons, de forme allongée, nagent librement au moyen de lobes membraneux longuement ciliés, placés de chaque côté de la nuque et constituant ce qu'on appelle le vélum. Ils sont toujours pourvus d'une petite coquille hyaline qui, en s'accroissant successivement, devient la coquille définitive, mais qui disparaît parfois au moment oiî se développent les organes respiratoires.

Les Mollusques-Gastéropodes vivent pour la plupart dans la mer ou dans les eaux douces ou saumâtres ; c'est pour ainsi dire par exception qu'on en rencontre vivant sur la terre dans les lieux humides. Les uns sont carnassiers, les autres, en plus petit nombre, sont herbivores. Ils ont des représentants dans toutes les parties du monde, sous toutes les latitudes et à presque toutes les altitudes. Leur existence aux époques géologiques antérieures est constatée par les coquilles fossiles que l'on trouve depuis les couches les plus anciennes jusqu'aux plus modernes. Leur nombre ne s'accroît d'abord que lentement, et ce n'est qu'à l'époque tertiaire qu'ils atteignent leur maximum de développement, notamment dans les calcaires à Cerithhim et à Littorines. Parmi les espèces de l'époque actuelle, beaucoup servent à l'alimentation. D'un autre côté, l'industrie utilise les coquilles d'un grand nombre d'entre elles soit comme ornement, soit pour confectionner des objets d'art. A ce dernier point de vue, on doit surtout citer les coquilles des Haliotides et des Troques qui fournissent de la nacre, et celles des Strombes, des Cassis, etc., employées depuis peu pour faire des camées. Enfin le liquide rouge sécrété par les Purpura et les Murex, et connu sous le nom de Pourpre, a pendant longtemps trouvé son application dans la teinture.

D'après la structure et la situation des organes respiratoires, on divise les Gastéropodes en trois ordres : les OpisTHoriRAxcuEs, les PaosonRAXcREs et les PuLMONÉs {voy. ces mots). Ed. Lefèvre.

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