‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.42Chapitre 39 sur 126 · J. DE S · texte numérisé non relu

J. DE S

FUCUS. Genre d'Algues formé par Linné, démembré depuis lors et qui est aujourd'hui très-restreint. Ce sont trois espèces de ce genre, les Fucus vesiculosus, serratus et noclosus qui ont fait l'objet des belles observations de Thuret sur la fécondation et la reproduction des Algues {voy. Algues). Le Fucus vesiculosus est une grande espèce, dont la fronde peut atteindiT jusqu'à 60 centimètres de long; elle est allongée, plane, coriace, dicliotome; des aérocystes ou lacunes vésiculeuses pleines d'air de la dimension d'une noisette se remarquent à l'aisselle des bifurcations. Les extrémités des branches dicholomisées de la fronde sont renflées; dans ces renflements se trouvent un grand nombre de conceptacles s'ouvrant chacun par un pore muni de poils. Les conceptaclcs renferment chez cerlains individus les aulhéridies, organes mâles de la fécondation, dans lesquelles se développent les anthérozoïdes; chez d'autres, les sporanges qui renferment les spores. Les spores, d'un vert brun, sont expulsées ainsi que les anthérozoïdes des cellules qui les contieiment, et la fécondation a lieu dans l'eau hors des conceptaclcs ; la plante est dioïque dans ce cas-ci, mais d'autres Fucus, comme le F. platicarpus, sont monoïques, la fécondation a lieu de la même manière.

FUCUSOL. 269

Le F. vesiculosiis compte un grand nombre de variétés M. Kickx en a compté vingt-sept, qui sont attribuées par ïliuret à des hybridations. Ces nombreuses variétés croissent avec d'autres espèces F. serratiis, siliquosiis, vodosus, canaliculatus, ceranioïdes, etc., dans les fonds maritimes sur des rocbers tout à fait submergés ou quelquefois découverts par la marée basse. Arrachées par les vagues, ces Algues sont ramenées sur les pbiges souvent en quantité considérable, elles sont d'un vert brunâtre foncé et noircissent en séchant; elles donnent un mucilage plus ou moins abondant suivant les espèces. On les recueille sous le nom de Varecs ou Goémons pour différents usages, pour la nourriture du bétail, pour en préparer de la litière ou du combustible dans les îles britanniques. En France on les répand sur les terres à titre d'engrais.

L'incinération des Fucus donne une cendre qui contient de la soude, mais en moindre proportion que les plantes terresties des bords de la mer ; leur exploitation pour cet objet est aujourd'hui très-limitée ; c'est surtout pour en retirer l'iode que l'on emploie les cendres de varec. La présence de l'iode dans le tissu de ces Algues rend compte de leur usage médical contre les engorgements d'origine scrofuleuse ; on les a appliquées à l'extérieur soit à l'état naturel, soit, comme l'éponge, réduites en charbon (Ethiops végétal), soit en gelée après ébullition dans l'eau. Les Fucus ont été préconisés à l'intérieur, 40 à 20 grammes par litre d'eau; on en a fait aussi des teintures employées en friction contre les rhumatismes. J. de S.

Bibliographie. — Lindleï. Med. and econom. Bot.^ 1849. — TnunET. Fécond des fucacées, Ann. se. nat., 4° série, t. II et III, 1855. — Kickx. Essai s. les var. du F. vcsicalosus, 1850. — LA>DjB0K0UGn. Brit. Seaweds, p. 108, 1857. — Cazi.v. PL méd. iiidig., 1808. — GuinounT. His/. nat. drog. simples, t. Il, 1869. — I.uerssex. Medicin-pliarmac. Bolan., t. I, p. 105, 1879. J.deS.

FLCL'SIIXE. C'^H'^O'Az'-. Isomère de la furfurine, s'obtient en faisant bouillir lafucusamide avec une solution dépotasse ou de soude; pour la débarrasser des matières résineuses, on la traite par l'acide nitrique à une douce chaleur; on purifie le nitrate de fucusine par cristallisations successives. On traite par un alcali pour isoler la fucusine.

Celte substance forme de petits cristaux aplatis, étoiles, moins soluble que la furfurine dans l'eau et l'alcool aqueux. L. ILn.

Fucusoii. C^H*0'. Corps Imileux, isomère du furfurol, obtenu parStenhouse en distillant avec de l'acide sulfurique étendu certaines algues marines. Fucus nodosus, F. vesiculosus, F. serratus, etc., divers lichens, etc. La préparation de cette substance au moyen des algues marines est absolument semblable à celle du furfurol avec le son {voy. Furfurol).

Le fucusol présente du reste avec son isomère une grande analogie de propriétés; cependant il fond à une température plus élevée, 172°, est moins soluble que lui dans l'eau et dans l'ammoniaque, est moins stable, et se colore en brun verdâtre par l'acide sulfurique, en jaune par l'acide nitrique, en vert par l'acide chlorhydrique, en jaune par la potasse, en rouge par l'aniline. L'ammoniaque le transforme en fucusamide C'^H'^O^Az-, isomère de la furfuramide, se comportant comme elle en présence des alcalis et de l'hydrogène sulfuré, mais moins stable qu'elle. L. Un.

270 FUIREN (Les).

FtiÉGlEi\'§. Nation américaine, connue aussi sous le nom de Pécherais et de Macjellaniens, et qui appartient à la race ando-péruvienne {voy. Amérique).

FUEXTE (Juan de la). Médecin espagnol du dix-septième siècle, exerçait son art dans la cité de Jaen ; il était en outre médecin de la ville et de l'hôpital généi'al. Fuente s'est fait connaître par un ouvrage rédigé en latin et écrit à l'occasion de ses discussions avec le docteur Juan Gutierrez de Godoy,

Practicœ coniroversiœ : i" Utrum, redundantibus crudis et piluitosis succis in jjrhna et secunda regione cum obslruclionibus in eis sine pulredine aut febre, necessarium sit vias

aperire...? 2° Utrum, redundantibus crudis et pituitosis succis in secunda regione

optima melhodo possit propinari syrupus de Vizancii ? Jaen, IGoO, iii-i». L. IIx.

FUESSLI (Johann-Caspar). Naturaliste suisse, né à Zurich, en 1745, mort en avril 178G. Il était en outre libraire. Il s'est fait connaître par de bons travaux d'entomologie, parmi lesquels nous citerons seulement :

I. Verzeicliniss der ihm bekannlen Schwcizerischen Insekten, etc. Zurich u. Winterthur, 1775, gr. in-4''. — Il Mayazin fin- die IJebiiuber der Entomolorjie. Zurich u. Winterthur, 1778. — III. Neues Magazin fur die Liebhaber der Entomologie. Zurich u. Winterthur, 1781, ouvrage continué par J. Rœmer, 1787, in-S". — lY. Archiv der Insektengeschichte. Zurich u. ^Yiuterlhur, 1781-80. Trad. tranç. : AYiuterthur, 1795. L. Hn.

FIJESSUX (Julius). Médecin de grand mérite, est mort à Baden, le 21 mai 1806, des suites d'une affection rénale, à peine âgé de cinquante ans. Jusqu'en 1858 il fut chargé de la direction de la prison cellulaire de Bruchsal, et dans cette situation a rendu des services éminents en s'occupant avec ardeur des moyens d'améliorer le sort des prisonniers et de les ramener au bien ; il a écrit sur ces matières. Par la suite, il devint médecin de district [Amtsarzt) et conseiller médical badois. L. H>'.

FLIILROTT (Garl). Savant anthropologiste et zoologiste allemand, né à Leimfelde en 1804, mort à Elberfeld, le 17 octobre 1877. Il publia de 1851 à 1855 Jahresberichte des naturwissenschaftlichen Vereins von Elberfeld und Barmen (Elberfeld, gr. in-S"). Entre autres ouvrages de cet auteur, nous nous bornerons à citer :

I. Bedeuiung des metkodischen Unterrichts in der Naturgeschichte, nebst Grundlinien, etc. Elberfeld, 1844, gr. in-8°. — II. Charakteristik der Vogel. Einleitung in die Naiurg., etc. Elberfeld u. Iserlohn, 1847, in-8°. — lY. Articles dans les journaux d'histoire naturelle.

FUIRFIK (Les).

Fuiren (Georges). Médecin et botaniste danois, né à Copenhague, en 1581, mort le 25 novembre 1628, Après avoir fait ses études dans sa patrie, il voyagea pendant plusieurs années dans les Pays-Bas, en Angleterre, en France, en Itahe, s'appliquant surtout à la philosophie, à la médecine, à la chimie et aux mathématiques. 11 séjourna particulièrement à Wittemberg, à Rostock, à Leyde, à Padoue et à Bâle, où il prit le grade de docteur en médecine en 1606. Sa promotion ne mit pas fin à ses voyages ; il les continua jusqu'en 1610. Peu d'années après son retour, Christian IV le chargea de parcourir le Danemark et la Norvège, d'y chercher les plantes qui y croissent spontanément et d'en publier la description. Fuiren s'acquitta de cette tâche avec beaucoup d'exactitude. Il ne

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