GAIS (Eaux minérales dk
calciques et ferrugineuses faibles, carboniques moijennes, en Suisse, dans le can'on d'Appenzell, et à 4 kilomètres de la ville de ce nom, est une petite localité de 2000 habitants qui possède une école normale renomme'e et où l'on trouve encore des souvenirs de la vicloire que les Suisses remportèrent sur les Autrichiens eu 1405. Gais est à 954 mètres au-dessus du niveau de la mer et c'est à cette station que s'est faite en 1749 la première cure de petit-lait. La roule de Saint-Gall se bifui^que à environ 100 mètres de Gais, une branche va aboutir à Gais même et conduit, après deux heures d'une descente rapide, à Alstatten. L'autre branche mène à Appenzell, à Weisbad et à Gonthen (voy. ces mots). Gais ne se compose guère que d'une place irre'gulièrc où se trouvent l'église et son clocher en flèche et les deux hôtels se faisant face avec leurs deux galeries antérieures et couvertes [Ochahof) hôtel du Bœuf et (Kronhof) hôtel de lu Couronne. Ce sont dans ces deux maisons que se font exclusivement les cures de petit-lait qui ne se prépare guère h Gais même, mais bien dans les bergeries installées sur les montagnes des environs, où il est préparé d'ailleurs dans de bien meilleures conditions.
Préparation. On chauffe d'abord le lait à 55" ou 55" centigrade, on y mêle à celte température, sans le retirer du feu, de l'acide acétique dilué, une cuillerée à soupe d'acide pour quatie litres de lait ; on laisse en repos le mélange jusqu'à ce que le sérum et le caséum se séparent. Ce dernier est mis à pari pour la confection du fromage et le sérum est décanté tant qu'il est limpide ; la portion trouble est remise sur le fourneau jusqu'à ce qu'elle ait atteint de 55° à 55" centigrade. Une certaine quantité de présure pure, ou renfermée dans un sac de toile à larges mailles, est exprimée pendant trente ou quarante minutes dans le sérum trouble dont les parties solides sont peu à peu précipitées. Le petit lait est clarifié alors et passé au travers d'une mousseline épaisse et serrée avant d'être mis dans des boîtes de bois ou de fer-b!anc enveloppées de linge, pour être transporté à dos d'homme à la station où il doit être employé. Nous lerons remarquer que le petit-lait, pour jouir de toutes ses propriétés thérapen^iques, doit arriver assez promptement au point ofi il est ingéré pour n'avoir pas perdu plus de 4° à 10° centigrade, et faire monter encore le thermomètre à environ 25" centigrade.
MooE d'aiimimstuatioa et doses. Le service du petil-lait commence à Gais à six heiires et finit à huit heures du matin. Une sonnette appelle les buveurs de quart d'heute en quart d'heure; tous n'en boivent pas la même quantité et doivent se conformer à la prescription du médecin qui dirige leur cure. Chaque verre contient 550 grammes, et la dose moyenne est de 5 verres. L'ingestion du pétillait ne doit pas être suivie d'une promenade comme celle des eaux minérales et thermales, pendant les premiers jours au moins. Ce n'est que du huitième au dixièm.e jour que les malades reçoivent le conseil de ne plus garder le repos, que la marche leur est permise à la condition d'être courte et lentement exécutée. Une heure après, en général, l'effet laxatif du pelit-Iait s'est manifesté et lès buveurs peuveni prendre un déjeuner léper composé d'un bol de potage au pain ou d'une tusse de chocolat ou de cr.fé à la crème; ceux qui ont été purgés doivent se contenter d'une soupe à la farine. Les personnes qui, à Gais, suivent la cure séro-lactée, doivent faire à midi leur principal repas invariablement composé de mets d'où sont exclus tous les acides, les crudités et la charcuterie. L'usage du vin est toléré, mais ils sont prévenus qu'il vaut mieux s'en abstenir. Ils doivent boire entre le repas de midi et celui du soir un ou deux verre? de
GAITSKELL (Les deux). 435
lait de vache ou de chèvre soit pur, soit coupé d'eau minérale de Gais et plus souvent d'eau de Selters. Les malades qui suivent à cette station du c;inton d'Appenzell un traitement par le petit-lait, peuvent faire, vers huit heures, un souper composé d'un potage et d'un gâteau trempé dans du lait qui vient d'être trait ; mais ceux qui savent se contenter des deux premiers repas obtiennent de meilleurs résultats. Le petit-Jait se paye, à Gais, 60 centimes par journée, quel que soit le nombre des verres ingérés; le prix de chaque potage est de 40 centimes.
Emploi THKn.vpEUTiouE. On ne vient guère se soigner par la médication sérolactée de Gais que d'affections des voies respiratoires. L'altitude, la température et les conditions de pureté de l'air que l'on respire à Gais conviennent aux malades qui souffrent d'affections pulmonaires ou bronclii({iies. Le petit-lait de vache ou mieux de chèvre réussit surtout chez les phthisiques au premier degré; miiis quand les tubercules sont agglomérés ou ramollis le petit-lait ne sert plus à rien ; il est nuisible même à ceux qu'il relàclic, qu'il purge surtout. L'action favorable du petit-lait est certainement incontestable chez les malades qui souffrent depuis longtemps de bronchites ou de laryngites chroniques simples ; les e.iux sulfurées et sulfureuses ont cependant une utilité plus grande en seniblable circonstance. Les engorgements hépatiques et spléniqucs, certaines névropathies et certaines maladies utérines avec ou sans écoulements leucorrliéiques, rentrent dans la sphère d'activité du petit-lait des vaches ou dci chèvres des montagnes du canton d'Appenzell qui se consomme à la station de Gais.
L'eau minérale de Gais attire beaucoup moins de visiteurs que les cures de petit-lait. Elle est très-rarement employée pure, et ce n'est que dans les cas exceptionnels que l'on en coupe le sérum de vache, de brebis ou de chèvre. Elle est limpide, claire, transparente, lorsqu'elle est en repos, mais quand on l'agite elle tient en suspension des llouons de rouille. Elle n'a ancuue odeur particulière ; son goût est peu marqué, un peu fade et légèrement ferrugineux. Elle est traversée par des bulles gazeuses assez grosses et assez rares; sa tenipératiu-e est de 120,4 centigrade. Sa densité n'est pas connue et son analyse cliimi(pie exacte n'a jamais été faite. A. Rotoheau.
GAITISEKLL (Les DEUx).
Gnitskell (Joseph-Asmley). Médecin anglais, lit ses études au commencement de ce siècle à Edimbourg, puis à Londres, où il suivit les hôpitaux Guy et Saint-Thomas. Reçu membre du collège royal des chirurgiens en 1805, il prit son degré de docteur en médecine au K'mgs Collège d'Aberdeen, en 1815, et se fixa à Batli, oii il devint médecin au Lock Hospital. Il vivait encore à Bath, en 1840, et plus tard nous le retrouvons exerçant sa profession à Moumoutb. Gailskell est mort il y a une quinzaine d'années, Jaissant entre autres ;
I. An Essai/ on Calnrrlial In (lainmation of the Doivels and on Mental Dérangement. Batli ;ind London, 1819, in-8°. — H. On Mental Dérangement; with some Observations relating to Lunalic Asylunis. Bath, 1835, in-8°. Trad. allem. par ^V. Harniscli : Ueber Ursachen, Symptôme und Behandlung der Geisteszcrrût'.ung. Weimar, 1857, gr. in-8°. — 111. Délire guéri par ropium à hautes doses. In The Londo>i Med. a. Phij<i. Journ., Febr., 1S50; exir. in Journ. des progr. des se. méd., 2' scrie, t. lil, p. 244, 1850. L. llx.
(^aitskell (Willum). Chirurgien anglais, membre de la Société des phar-
i54 GALACTOGOGUES.
maciens de Londres et du Collège royal des chirurgiens de cette ville, exerçait son art à Rotherliithe à la fin du dernier siècle et dans la première moitié du siècle actuel. Il a publié un très-grand nombre d'articles sur les branches les plus variées de la médecine dans divers journaux médicaux anglais ; nous nous bornerons à citer :
I. Ohserv. on l/ie Pal/iohgij and Mode ofTrenlment of CnlciiU in fjenernî, but more partlcularlij of Intestinal Calculi. In Simmons' Med. Facls and Observ., t. IV, p. 51, 1795, pt.
— H. Historij of a Case of Pcmpidgus. In Mem. of tlie Med. Son. of London, I. IV, p. 1, 1795. — III. Ois. and Experun. on Ihe External Absor])lion of Ernetic Tarlar and Arsenic. Ibid., p. 79. — lY. Hi.'it. of a Case of Ihjdrophobia. Ibid., t. V, p. 1, 1799. — V. Five Cases of Puer/wral Fever. In London Med. Repository, t. III, p. 565, i815. — VI. Case of Spasmod. Contraction of the Sphincter Ani Muscle, eic. Ibid., t. IV, p. 51, 1815. — \ll. Uist. of a Case ofHepat/lis. Ibid., p. 4(;0. — YIII. A Case of Ovarian Dropsij. Ibid.. t. V, p. 110, 1816.
— IX. Case of Puerpéral Convulsions. Ibid., p. 578. — X. A Caxe of Epile^istj in an Infant. Ibid., t. Vil, p. 208, 1817. — XI. A Fatal Case of Diseased OEsophafjns. Ibid., t. X, p. 555, 1818. — XII. Tliree Cases of Ilernia. Ibid., t. XII, p. 201, 1819.— XIII. On Niix romica in Parabjsis. Ibid., p. 470. — XIV. Two Cases of Puerpéral Fever. Ibid., t. XIV, p. ISO, 1820.
— XV Case of Luxated Cervical Verlebrn. Ibid., t. XV, p. 282, 1821. — XVï. Description of an Instrument for Counteracling Morbid Contractions of tlie Flexor Muscles ofllie Leg. Ibid., t. XVI, p 102, 1821. — XVII. Sinqular Case of Itupture oft/ie Utérus and Intestinuni Rectum, followed bij Parturition through the Anus. Ibid , t. XIX, p. 206, 1855. — XVIII. A Case of Lacération of the Perinnmm, Urinarij Dladder and liectum. Ibid., t. XX, p. 5*70, 1825. — XIX. Observ. on Spinal Consumption. Ibid., t. XXI, p. 4û8, 1824, et the Lanccf. t. V, p. 281, 1826. L. Ils.
GAKEXIIOLZ OU G.*CKB<:i\iiOLZ (Ai,exander-Christi.\n). Chirurgien et pliysicien allemand, reçu docteur à L'trecht, professa l'anatomie et la chirurgie à l'Université d'Hclmstadt et mourut dans celte ville en 1717. 11 légua à l'Académie de cette ville 1000 reichslhalers destinés à la fondation d'un jardin botanique. On attribue à Gakenholz la singulière idée qu'il serait plus avantageux de tirer les caractères des plantes de leurs racines que de leurs fleurs. Leibnitz se donna la peine de réfuter cette théorie ridicule.
On connaît de Gakenholz :
I. Diss. de hijdrope. Ultrajecti, 1698, m-i". — II. Diss. de eniendanda et rite instituenda medicina Celt., 1701, in-4°. — III. Diss. de principiis nieciianicis physiologiœ adplicandis. Helmstadtii, 1703, in-4°. — IV. Progr. ad anatoniiam cndaveris virilis invltans. Ilelmst., 170i, in-i". — VI. Physiologin revelationi ancillans. Ilelmst., 1803, in-4°. — VII. Dissert, de vegctabilium prœstantia et indolc cognoscenda et exploranda. Ilelmst., 1706, in-4''. — VIII. Diss. de imniuuditie ex contracta tione cadaverum pcr legeni Mosaicam. Ilelmst., 1708, in-4°. — IX. Diss. de sanguinis circulatione. Ilelmst., 1710, in-i°. — X. De licite olio honesticpie voluptatc schediasma. Ilelmst.. 1710. in-4°. — XL Diss. de wgro asthmate stomachali laborantc schediasma. Ilelmst., 1710, in-i°. — XII. Diss. de non imitanda per artem humana machina. Ilelmst., 1710, in-4''. — XIII. Diss. de niofu nmchinœ humanœ, seu de homini vilalitate. Hemist., 1711, in-i". — XIV. Diss. de pestilenti(e averrxinco, scu de avertenda peste. Hdmst., 1712, 111-4°. — XV. Diss. de visione per cataractam impedita. Ilelmst., 1715, in-i°. — XVI. Diss. de rachitide. Ilelmst., 171(i, in-4°. — XVII. Diss. de œgro hœmorrhagia narium a suppressionernensiumlaborante, Ilelmst., 1716, in-i". L. Hs.
CiALACTAGOGUES. On désigne sous ce nom les substances médicamenteuses ou alimentaires et les moyens propres à favoriser la sécrétion du lait : 7â>a, lait, et àyojyoç, qui amène. Il est bien évident que la glande mammaire, comme toutes les glandes de l'économie, est susceptible d'une excitation sécrétoire, de sorte que, au moins théoriquement, il faudrait admettre l'existence des galactagogues, si la pratique n'avait démontré, contrairement aux assertions de Cullen, surabondamment cette existence.
Bien entendu, ces agents n'ont d'influence que quand le terrain est favorable,
GALACTAGOGUES. ^''5
et le médecin perdrait son temps à les mettre en œuvre chez de mauvaises nourrices pourvues de glandes peu développées ou rudimentaires.
11 y a bien longtemps que cette question des moyens propres à faciliter la lactation préoccupe les médecins, et déjà du temps d'ilippocrale on mettait à contribution certaines drogues ou certains aliments qui passaient pour faciliter la sécrétion du lait. Ce grand médecin conseillait, pour faire venir le lait, les poireaux etles choux comme aliments, l'eau de fenouil, le maceron (ombellifères), le cytise, la sauge bouillie, le rob de genièvre, le cresson, les semences d'agnus-castus , les bettes, les sésames, l'orge en infusion ou décoclion (voy. Maladies des femmes, cliap. i,x). Plusieurs de ces plantes sont encore usitées de nos jours.
Ainsi que je le dis plus haut dans ma définition, les moyens d'exciter la sécrétion mammaire sont de plusieurs ordres ; je les classerai en trois groupes : hygiéniques, médicamenteux et mécaniques.
A. Moyens hygiéniques. Mon intention n'est pas de rechercher ici toutes les pratiques hygiéniques propres à favoriser l'allaitement chez la femme, une pareille étude sera mieux à sa place à l'article Lactation [voy. ce mol); je me bornerai donc à quelques renseignements sommaires sur celte partie de la question que je traite.
11 est bien certain que toutes les circonstances qui peuvent reudre la santé générale meilleure ou bonne faciliteront singulièrement la lactation. La femme qui vivra dans un bon milieu climatérique, qui sera bien logée et pourvue d'une nouiTiture saine et copieuse verra son lait devenir plus abondant et [lus riche au fur et à mesure des besoins de son enfant; au contraire, elle n'aura qu'un lait pauvre et rare si la misère l'atteint. C'est ce qu'on observe souvent à Pans chez les nourrices mercenaires qui passent rapidement de conditions souvent misérables ou médiocres au sein de l'aisance ou de l'opulence. Dans les bureaux qu'elles traversent avant de se placer, entassées dans d'étroits espaces, mal nourries, mal habillées, ces malheureuses femmes font peu de lait et un lait assez médiocre; mais dès qu'elles ont trouvé des conditions plus salubres près des familles p;\risiennes chez lesquelles le plus souvent elles sont si bien accueillies, alors, dis-je, leur sécrétion lactée s'établit riche et abondante, en même temps que leur santé devient magnifique.
Qu'on observe, en effet, les nourrices parisiennes dans nos squares, on sera le plus souvent frappé de leur mine opulente et de l'aspect excellent des nourrissons qu'elles allaitent. Par contre, nous rappellerons (jue lors du siège de Paris, en 1870, les nouveau-nés succombèrent dans des proportions effroyables, jusqu'à 94 pour 100, parce que la faim et le froid tarissaient le lait de leui's mères.
Donc, le bon air, la nourriture substantielle, les soins de propreté de toute nature favorisent la production du lait, et je pourrais ajouter au milieu de ces termes géuéraux l'état moral excellent.
Faut-il attribuer dans l'alimentation une gi-ande importance à tels aliments plutôt qu'à tels autres ? Cette question, résolue sans doute d'une façon satisfaisante par les éleveurs, qui savent parfiiitement comment il faut diriger l'alimentation des vaches pour augmenter les qualités et la production du lait, cette question, dis-je, n'a pas, en ce qui touche la femme, reçu encore de solution satisfaisante.
436 GALACTAGOGUES.
Telle nourrice affirmera qu'un plat de lentilles lui donne plus de lait, telle autre dira que c'est la viande et une troisième annoncera que ce sont les soupes aux herbes ou les pommes de terre. Je crois qu'il s'agit, dans l'espèce, de faits réels, m;iis qu'il faut interpréter d'une certaine façon. Pour moi, les aliments font d'autant plus de lait qu'ils sont mieux digérés et assimilés. C'est pourquoi il est indiqué de conseiller aux nourrices non pas tel ou tel aliment réputé galactagogue, mais bien les mets qui leur font plaisir et qu'elles digèrent facilement, alors toutefois qu'ils ne sauraient être préjudiciables à la santé de l'enfant. J'en dirai tout autant des boissons.
Les nourrices boivent généralement beaucoup, ceci se comprend, puisqu'elles doivent i'aire face souvent à la production de plus d'un litre de lait dans les vingt-quatre heures. Eh bien, il me semble inutile ou dangereux de les obliger à boire de la bière, de la décoction d'orge, ou tout autre breuvage qu'elles n'aiment pas, sous prétexte que ces boissons sont favorables à la sécrétion lactée. On leur donnera simplement la boisson qui leur plaît et à laquelle elles sont habituées.
Je ne nie pas cependant qu'il y ait des aliments galactagogues et qu'on ne puisse de temps à autre les faire entrer avec profit dans le régime de la femme qui allaite. Je crois, par exemple, que les substances féculentes, les légumes sucrés, ceux qui sont riches en malièrcs grasses, sont très-propres à augmenter la sécrétion du lait. Jlais, je le répète, il ne faut compter sur les bons effets de ces aliments qu'autant qu'ils sont bien acceptés et digérés par les nourrices.
Voici quelques indications plus ]irécises sur les galactagogues alimentaires
La fjirine de lentilles jouit d'une certaine réputation galactagogue. Gazeaiix (voy. Traité d'accouchements, 1862, p. 955) cite à ce propos le fait d'une nourrice qui voyait son lait augmenter de quantité après l'usage de purée de lentilles. Je ne crois pas que la pomme de terre lui soit bien inférieure, de même que la plupart de nos légumes féculents. La carotte, la betterave, les pissenlits passent aussi pour augmenter la quantité de lait, ainsi que les choux, la chicorée, le cresson, etc.
Le lait, le petit-lait, me semblent devoir figurer dans cette nomenclature. Ne pourrait-on pas supposer, en effet, que certains de leurs constituants peuvent aller stimuler la glande mammaire, comme l'urée va stimuler le rein, comme la pepsine stimule les glandes de l'estomac, etc. ?
B. Médicaments. J'ai cité ceux que conseillait Ilippocrate, je n'ai plus à revenir sur cette question historique, mais voici quelques nouvelles indications.
Les feuilles de ricin, en cataplasmes, jouissent d'une certaine réputation comme galactagogues. Aux îles du Cap- Vert, par exemple, ou les emploie depuis bien longtemps de cette façon quand la nouvelle accouchée ne voit pas la séci"étion lacti'e s'établir dans ses mamelles.
Voici quelle est la pratique usitée dans ce pays. Ou fait bouillir dans 5 à 6 litres d'eau de source une poignée de feuilles du ricin blauc et l'on pratique des fomentations sur les seins avec cette décoction pendant quinze à vingt minutes. Ensuite on applique les mêmes feuilles en cataplasmes sur la mamelle jusqu'à ce qu'elles aient perdu leur humidité. On répèle plusieurs fois ces petites opérations à court intervalle, et bientôt le lait apparaît au mamelon.
Le remède me semble inoffensif et applicable en raison même de cette inno-
GALACTAGOGUES. 'i??
cuite. Bouchut lui doit quelques succès manifestes, entre autres chez une dame dont le lait avait disparu au troisième jour de l'accouchement, à la suite d'une émotion morale {Hyyiène de la première enfance, Paris, 1866).
D'autres plantes ont été préconisées comme galactagogucs, en cataplasmes également.
Ce sont la mercuriale, le Jatropha Ciircas, la pimprenelle, très-vantée par Tabernae-Mon ta nus.
A Vintérieur, on a conseillé encore le séneçon, le laitron, la mauve, l'anis, les campanules, surtout la C rapunculus ou raiponce, le fenouil, la nielle, etc., comme doués de vertus galactagogucs.
Je crois fort peu à la vertu de ces plantes, si ce n'est peut-être à celle des deux ombellifèies, l'anis et le fenouil, qui, sans doute participent des propriétés de beaucoup a'espèces de ce grand groupe botanique, réputées à juste titre galactagogucs. Ce qu'il y a de certain, c'est que les huiles essentielles d'auis et de fenouil passent dans le lait des nourrices qui ingèrent l'infusion de ces plantes. Or, ces essences en s'éliminant par la glande mammaire peuvent parfaitement la stimuler et favoriser sa sécrélion.
Mais voici une singulière observation démontrant dans l'ortie commune, Urtica urens, une puissance galactagogue considérable. 11 est de remarque vulgaire, et tous les gens de la campagne connaissent ce fait, que l'ortie brûlante est bien acceptée par les vaches et rend leur lait plus riclie et plus abondant. Mais on n'avait pas, que je sache, prouvé que cette curieuse propriété se manifestait aussi bien chez la femme. Le fait suivant, communi(pié par Fiard en 1855 (voy. Bull, de thérapeutique, t. VIII, 1855, p. 250), dont je rapporte simplement l'analyse, me semble un commencement de preuve.
Une dame, âgée de ti-ente-huit ans, prit, sur les indications d'une somnambule, une forte décoction d'ortie brûlante pour combattre des flueurs blanches. Au bout de quelques heures elle fut en proie à des accidents graves, causés par le développement d'une urticaire confluente qui envahit toute la face et la plus grande partie du tronc. Le gonllement des parties était tel qu'on dut pratiquer de droite et de gauche des scarifications pour donner issue à la sérosité abon-
(iiii nfiltrait les téguments. Plusieurs litres s'écoulèrent par les scarifications.
Mais je laisse de côté ces accidents, étrangers à mon sujet, pour indiquer tout de suite le phénomène le plus curieux de cette observation.
Cette femme avait eu douze enfants, et ses dernières couches remontaient à îlrois ans et demi. Or, dès qu'elle ressentit les premiers effets de cette sorte d'empoisonnement, elle remarqua encore que ses seins gonllaient et qu'un liquide séreux s'écoulait par le mamelon, lequel liquide prit bientôt tous les caractères du lait. L'écoulement, assez abondant, persista plus de huit jours après la disparition des accidents d'urtication.
Chose plus singulière encore, et qui ajoute à l'intérêt de l'observation rapportée par Fiard, c'est que la malade eut une anurie îibsolue pendant douze jours !
On n'emploie guère l'ortie en médecine de nos jours, bien que cette plante ne soit pas dépourvue de propriétés thérapeutiques, car on l'a beaucoup vantée comme hémoslalique, surtout dans les métroi'rhagies, de sorte que le fait dont je viens de donner le résumé est, je crois bien, unique dans la science. C'est fâcheux, car aujourd'hui nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer sur
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les vertus galactagogues de VUrtica urens. Il serait cependant bien facile d'expérimenter ce remède, qu'on peut prescrire en infusion ou décoction, à la dose de 25 à 50 grammes par litre d'eau, ou de 50 à 100 grammes de suc exprimé.
Le iaborandi, Pilocarpus pinnatifolius, ce merveilleux sialogogue et sudorifique, a produit parfois l'excitation sécrétoire de la mamelle chez des fenmies auxquelles on l'administrait. Ce fait a été observé tout d'abord en Angleterre par Sidney Kinger et Gould chez deux nourrices (voy. TheLancet, janvier 4875), puis en France par Albert Robin (voy. Journ. de thérapeutique, 1875, p. 553). Le fait de Robin est intéressant; voici sur lui quelques indications.
Une femme, nourrice depuis huit mois, vil son lait disparaître subitement pendant la période d'invasion d'un érysipèle de la face. Or, sous l'influence d'une dose sudorifique de jaborandi la sécrétion lactée reparut abondante pendant deux jours, pour disparaître ensuite, le médicament n'ayant plus été administré.
Ce n'est pas à coup sur, d'ailleurs, qu'on peut provoquer cette action. A. Robin a échoué complètement chez une autre nourrice qui n'avait plus de lait par suite d'une suppression spontanée.
Il est inutile de poursuivre cette étude des médicaments galactagogues, les renseignements que nous aurions à produire sur d'autres agents n'offriraient qu'un intérêt scientifique métliocre et un intérêt pratique nul ; donc, je m'arrête ici.
Faut-il maintenant considérer comme des galactagogues les reconstituants, qui favorisent indirectement la sécrétion lactée chez les femmes chlorotiques, anémiques ou d'une santé languissante? Je ne le crois pas. 11 vaut mieux réserver ce nom de galactagogues ù ceux qui agissent directement sur l'élément glandulaire et stimulent sa fonction.
C. Agents mécaniques. La succion et ïélectrisation des mamelles constituent, suivant nous, deux moyens souvent héroïques de provoquer ou d'augmenter la sécrétion du lait.
La succion du mamelon est à coup siùr le moyen galactagogue par excellence. N'est-ce pas en tétant sa mère ou sa nourrice que le nouveau-né développe, active et entretient la sécrétion lactée ? Dès que la succion est suspendue, la fonction de la glande diminue pour cesser bientôt.
Bien plus, nombre de faits parfaitement avérés aujourd'hui démontrent que la succion du mamelon a suffi quelquefois pour provoquer l'écoulement du lait chez des femmes qui n'avaient jamais nourri ou qui ne nourrissaient plus depuis fort longtemps. Dans tous les traités d'accouchement, on cite cette coutume singulière, très en honneur au Cap-Vert, et qui consiste, quand une femme meurt en allaitant son enlant, à lui substituer comme nourrice sa plus proche parente, qu'elle soit ou non mariée et quel que soit son âge. Pour la préparer au rôle de nourrice, on lui applique sur les seins des cataplasmes de feuilles de ricin, on lui fait des fomentations sur les seins également avec la décoction de ces mêmes feuilles, puis on pratique des fumigations chaudes sur les parties génitales et c'est alors que l'enfant prend le mamelon. Cette pratique réussit, dit-on, dans bien des cas.
Des observateurs dignes de foi ont cité des faits du même ordre.
Belloc rapporte qu'une servante ayant la garde d'un enfant nouvellement
GALACTAGOGUES. 459
sevré, lui donna le sein poui" l'empêchei' de crier et ne tarda pas à avoir du lait.
George Simple a vu chez une dame, dans des circonstances analogues, la sécrétion lactée s'établir suffisante pour qu'elle ait pu nourrir son petit-fils. Son dernier accouchement remontait à douze ans.
Audebert (voy. Gaz. médicale de Paris, 1841, p. 250) a observé un fait non moins extraordinaire. Une femme, âgée de soixante-deux ans, dont la dernière couche remontait à vingt-sept ans, chargée d'élever sa petite-fille au biberon, eut l'idée de lui donner le sein pour l'amuser. Au bout de peu de temps la sécrétion lactée s'établit chez elle, et elle eut assez de lait pour all.iiter l'enfant durant un an. La lactation continuant alors dans de bonnes conditions, elle put encore prendre un autre nourrisson et l'élever au sein. Ce n'est pas le seul fait extraordinaire qu'on ait constaté dans la famille de cette femme : sa mère, qui avait eu douze enfants, mit au monde le dernier à soixante-trois ans, bien portant.
On cite chez les animaux des faits de lactation provoquée analogues. Par exemple, Legroux a vu une jeune chienne tétée par un petit chien avoir du lait. Une chèvre non couverte, tétée par un agneau, finit par avoir assez de lait pour être traite.
Il me semble inutile de multiplier ces citations ; la preuve n'étant plus à faire aujourd'hui de l'influence décisive de la succion du mamelon pour provoquer la sécrétion du lait.
Vélectrisation des mamelles est un moyen galactagogue qu'on aurait tort de négliger dans certains cas, car il a bien sa valeur, quoiqu'il ne réussisse pas à coup sûr.
Tout le monde admet aujourd'hui qu'en électrisant la corde du tympan ou bien le filet lingual du grand sympathique, on provoque la sécrétion de la salive; donc l'électricité devient ainsi sialagogue. De môme encore on peut, à l'exemple de Magendie, exciter la sécrétion des larmes en galvanisant le iilet nerveux lacrymal. Par conséquent, l'électricité agit manifestement sur l'activité sécrétoire des glandes salivaires et lacrymales, qu'elle excite. Par induction n'est-il pas possible de concevoir une même influence sur les glandes qui sécrètent le lait? Assurément. La preuve est faite du reste de cette influence, depuis plusieurs années.
C'est un médecin de Màcon, le docteur Aubert, qui publia le premier (voy. Union médicale, 1853) qu'on pouvait en électrisant les mamelles chez une femme dont le lait s'était tari accidentellement rétablir la séci^ction. C'était en 1865; une de ses clientes qui allaitait son enfant vit son lait disparaître pendant une courte maladie que fit celui-ci et qui l'empêchait de téter (pneumonie double). Au moment de la convalescence du bébé, la pauvre mère n'avait plus de lait à lui donner à son grand désespoir. Le docteur Aubert eut alors l'heureuse idée d'essayer de ramener la sécrétion lactée en électrisant les mamelles. A l'aide d'un appareil d'induction il fit traverser ces organes par un courant électrique progressivement rendu plus fort. Les séances duraient vingt minutes. A la quatrième, la montée du lait s'était faite et l'enfant put téter.
La même année, dans des circonstances à peu près identiques, A. Becquerel eut un égal succès (voy. Gaz. des hôpitaux, 1857, janvier). Plus tard, ce médecin distingué obtint encore d'autres résultats heureux qui lui donnèrent la
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conviction bien arrêtée de l'influence considérable de l'électricité comme agent galactagogue.
A l'exemple d'Aubert et de A. Becquerel, plusieurs praticiens essayèrent de l'électricité chez les lemmes qui avaient perdu leur lait et s'en trouvèrent bien. Ainsi Moutard-Martin a vu deux faits favorables, rapportés dans la thèse de Lardeur {Thèse de Paris, d859, n" 6) ; Fournier (d'Angoulême), Touzelin,ont de leur côté publié des observations favorables. Je me borne à résumer Tune d'elles, celle de Fouinier (d'Angoulême), plus particulièrement probante (voy. Gaz. des hôpitaux, 1862, p. 226).
Une nourrice mercenaire ayant volontairement cessé d'allaiter son nourrisson n'eut bientôt plus de lait. Mais au bout d'un mois de sevrage l'enfant dépérissait et l'on dut songer à lui rendre le sein à nouveau ; malheureusement, celte nourrice à laquelle on tenait beaucoup, n'avait plus de lait. Le docteur Fournier consulté résolut d'essayer l'électrisation des mamelles, pour rétablir leur fonction. Il prit un appareil de Gaiffe et à l'aide dexcitatcurs humides il lit, passer un courant modéré à travers la glande mammaire. Le sein électrisé ne tarda pas à gonfler, des veines bleuâtres apparurent à sa surface et bientôt le mamelon laissa sourdre quelques gouttes de lait. La séance avait duré un quart d'heure. Le jour même, nouvelle électrisation d'un quart d'heure également et, le lendemain, deux autres séances de même durée. A la quatrième électrisation, la nourrice avait assez de lait pour donnera téter; l'enlant fut alors et seulement mis au sein. Par conséquent ici on ne saurait invoquer l'excitation produite par la succion, et c'est bien à l'électricité qu'il faut faire honneur du succès obtenu.
Dans le cas de Touzelin (cité par Bouchut) il fallut quatorze séances d'clcctrlsation pour rétablir la sécrétion.
En présence de ces preuves d'une action réelle de l'électricité, je m'explique mal l'oubli dans lequel est tombée actuellement celte méthode sans doute excellente. Je ne l'ai jamais vu pour mon compte employer dans les hôpitaux, et je n'ai pas connaissance de tentatives récentes faites pour la léhabiliter aux yeux des praticiens.
Elle est cependant d'une application bien simple, comme on en pourra juger dans un instant, et d'une innocuité parfaite quand on manie prudemment l'électricité.
C'est à l'aide des appareils électriques que tous les praticiens ont entre les mains : appareil d'induction de Gaiffe, de Duchenne(de Boulogne), de Breton, etc., que les premières expériences ont été faites, et comme elles ont réussi avec lesdits appareils, on pourrait les choisir encore pour de nouveaux essais.
On fait passer un courant doux à travers la mamelle comprimée pour ainsi dire entre deux excitateurs à éponges mouillées; il est parfaitement inutile d'employer des courants forts, capables de faire contracter les pectora-ix ; ces courants sont douloureux pour la femme et plus capables de tarir la sécrétion lactée que de la faire renaître. Les séances d'électrisation sont généralement d'un <iuart d'heure et peuvent être renouvelées deux fois par jour.
Dès les premières séances, les seins gonflent, des veines bleuâtres apparaissent à leur surface et des gouttes de lait s'échappent du mamelon.
L'électricité agit ici, vraisemblablement, en déterminant dans la glande un afflux de sang favorable à la sécrétion. Je donne toutefois cette théorie sous réserves et pour ce qu'elle vaut.
GALACTODE-NDROiN. 4H
Je résume mon impression générale sur les galactagogues en disant que sous ce nom, qui n'a rien d'ambitieux, on peut comprendre en effet une série d'agents médicamenteux ou autres et de moyens propres à développer la sécrétion lactée ou à ia maintenir en activité. Bon nombre de galactagogues ont une efûca cité parfaitement réelle.
Parmi les plus actifs je citerai les applications locales de feuilles de riciu en cataplasmes, la succion prolongée du mamelon et l'électrisation de la mamelle. On aura recours à ces moyens lorsque la sécrétion lactée t?rde à s'établir chci la femme qui vient d'accoucher, ou bien pour rappeler cetts sécrétion quand le lait s'est tari par suite d'une impression morale, d'un sevrage forcé ou prémaluré
Maintenant, pour entretenir la sécrétion dans un état satisfaisant, c'est à l'hygiène bien comprise, à l'alimentation réparatrice et simple qu'il faut avoir recours. On songera surtout ik donner aux nourrices des aliments de digestion facile; ce seront pour elles les meilleurs galactagogues. Ersest Labbée.
GAIACTOCÈLE (de ya/a, lait, et xïî/i, tumeur). L'engorgement du seiu par le lait chez les nourrices a été décrit au mot Mamelle {voy. aussi Allaitement, Lactation). Vidal (de Cassis) a publié sous ce même nom de Galactocèle une observation très-curieuse d'épanchement, dans la tunique vaginale, d'un liquide ayant tous les caractères physiques et chimiques du lait [Traité de pal! i. ext., 5^ édit-, t. II, p. 181), et cette observation lui a donné lieu de rappeler que la sécrétion du lait par les organes génitaux de l'homnie avait été déjà renconti'ée et consignée dans la science ivoij. Testiccles). D.
GALACTOBEXDROX. Ce nom générique fut crée juu llmuuuiai, oonplanJ et Kunlh, dans leur Nova gênera et species pîantarum œquinoctialium (Vil, 165), pour le célèbre Arbre-à-la- Vache de l'Amérique cqiiinoxiale. Mais nous avons établi qu'il est simplement synonyme de Brosimum, genre établi par Swarlz en 1797, et que Brosimum est synonyme lui-même de Piratinera et de Ferolia, genres proposés par Aublet en 1775, dans son Histoire des plantes de la Guiane (II, 888, t. 540, et SnppL, 8, t. o72). En laissant de côté le nom à^Alicastrum, qui date il est vrai de 1756, mais qui, se trouvant dans l'ouvrage de P. Browne {Jam., 572), a été écarté par les botanistes pour des raisons aujourd'hui généralement admises, c'est le nom générique de Piratinera qui se trouve avoir la priorité, et VArbre-à-la-Vache doit prendi-e le nom de Piratinera ntiUs [Galactodendron utile H. B. K.). M. Boussingault est un des premiers qui ait fait connaître en Europe le lait végétal produit par cet arbre et qui passe encore, aux yeux de beaucoup d'autems, pour avoir toutes les qualités physiques et chimiques du lait des animaux, notamment de celui des vaches. En pratiquant des incisions au tronc de cet arbre, abondant au Venezuela et dans quelques contrées voisines, on obtient, souvent rapidement et en quantité, ce latex qui a été, il y a longtemps, considéré comme renfermant 0,75 pour 100 de fibrine et d'albumine végétales {Ann. de chim. et phys., VII, 182). M. Boussingault qui l'a recueilli eu personne et qui, dans ces dernier, temps, en a repris l'analyse, sur des échantillons qui faisaient partie de l'exposition de 1878, lui attribue la composition suivante :
WCT. ENC. 4' s. VI. Of)
m GALACTODENDRON.
Cire et matière snpouifiable 36,2
Sucre interverti rcilucleur • 0,8
Sucre interversibie 0,7
Gomme l'acilemcnt saccharifiable 1,3
Caséum, all)umino 1,7
Terres alcalines, phosphates 0,S
Substances indélerrainées 1,8
Eau 57,0
D'où Ion a lire cette conclusion que le suc propre de V Arbre-à-lait [Palo de lèche), est comjiarable par sa composition générale au lait de la vache et surtout à la crème qu'on extrait de celui-ci, puisque la somme des matières fixes y est trois fois plus considérable que celle qu'on trouve dans le lait ordinaire.
M. Paul Marcoy a parlé de cet arbre, dans la relation de son récent voyage de l'océan Pacifique à l'océan Atlantique [Tour du monde, XII, 216), en des termes qui semblent devoir profondément modifier nos idées sur le Galactodendron. Le Sandi (c'est le nom que porte l'arbre dans le pays) donne un lait blanc. « Ce lait gras, épais et d'une blancheur de céruse au sortir de l'arbre, jaunit promptement à l'air et se coagule au bout de quelques heures. D'abord très-sucré au goût, il ne tarde pas à laisser dans la bouche une saveur amère et désagréable. Les prétendus effets d'ivresse et de sommeil qu'on lui attribue n'ont jamais existé que dans l'imagination des gens épris du merveilleux. Plusieurs fois il nous est arrivé d'en boire, mais sans remarquer que notre cerveau fut surexcité, notre raison troublée, et que le besoin de dormir se fit sentir chez nous. Tout ce que nous pouvons dire de ce liquide qui nous répugna toujours un peu, et dont nous ne bûmes jamais que pour expérimenter sur nous-même les divers effets qu'on lui attribue, c'est que sa viscosité singulière, comparable à une forte dissolution de gomme arabique, nous obligeait, chaque fois que nous en goûtions, à nous laver immédiatement à grande eau pour débarrasser nos lèvres d'une glu qui menaçait de les clore à jamais. Quant aux qualités de ce lait végétal, que la nature, comme la vache rousse du poète, dispense de ses généreuses mamelles aux indigènes du Venezuela, si l'on en croit Ilumboldt et A. de Jussieu, nous ne pouvons que féliciter les habitants de cette contrée d'avoir toujours à la portée de leur bouche un pareil aliment. Si les riverains de la plaine de Sacrement, moins civilisés que les Vénézualanos, n'usent pas encore de ce lait pour fortifier leur estomac, ils s'en servent depuis longtemps pour raccommoder leurs pirogues. A la sève liquide du Sandi ils mêlent du noir de fumée et obtiennent par le mélange et la coagulation de ces ingrédients une espèce de brai qu'ils emploient au calfatage de leurs embarcations. La pharmacopée locale, en reconnaissant au Sandi des qualités trèsastringentes, lui a donné place dans son codex et l'administre avec succès dans le cas de ténesrac et de dysenterie. C'est en souvenir de la chose et par égard pour les savants d'Europe et les apothicaires que nous versâmes autrefois dans le creux d'un bambou, pour le soumettre plus tard h leur analyse, un demilitre de ce lait végétal, lequel, entré dans le tube à l'état liquide, en sortit quinze jours après à l'état solide, et pareil pour la couleur et la semi-transparence à un bâton de colophane ou de sucre candi. » Le même voyageur cite encore, au sujet de cet arbre, un article du journal El Comercio, de Lima, sur le révérend José Manuel Plaza, prieur de Sarayacu. « Un des passages, dit-il, de cette biographie rappelle une excursion faite par le révérend dans les forêts de
GALACTODENDRON. 445
rUcayali, et traite en même temps des prétendus effets d'ivresse et de sommeil occasionnés par le lait du SancU. Le passage est assez curieux et nous le traduisons au vol de la plume pour rédificaliou de nos lecteurs : Durant une de ces journées de marclie où le P. Plaza avait eu à souffrir de la soif, il l'ouiarqua que les Indiens qui raccompagnaient incisaient à coups de liaclie les houes de certains arbres, et se désaltéraient avec le lait qui en sortait abondanmicnt. Les fièvres qu'il avait eues à Sarayacu lui avaient laissé un embarras de l'estomac — obstruccion de estomago — qu'un de ses frères, médecin à Ouilo, avait fait ■disparaître en lui administrant quelques pincées de la résine du Sandi. A peine le révérend eùt-il su que le lait que buvaient les Indietis élait celui de Sandi, que, moitié par soif et moitié par reconnaissance pour le remède providentiel qui l'avait débarrassé de son mal, il voulut en boire coniuie eux. Ses compagnons eurent beau lui représenter que cette boisson à laquelle il n'était pas accoutumé allait lui causer une forte ivresse — fiierte embriagiiez, — il resta sourd à leurs avis. Alors, en le voyant porter le breuvage à ses lèvres, ils se hâtèrent de ramasser des feuilles sèches et de préparer une couche sur laquelle le révérend se laissa ton)ber immédiatement après avoir bu. Hors d'étal de faire un mouvement, il dormit d'un profond soninieil pendant quelques heures. A son réveil, il se vit entouré de ses fidèles compagnons qui ne l'avaient pas perdu de vue un instant. C'est ainsi qu'il apprit à ses dépens que le lait du Sandi enivre avec force ceux qui en goûtent ])0ur la premièie fois. )) M. Marcoy dit aussi que le suc lacté du Sandi, « qui n'a rien de nuisible lorsqu'on en boit accidentellement quelques gorgées, ainsi qu'il nous est arrivé de le faire parfois, mais dont l'usage journalier, comme substance alimentaire, amènerait bientôt de graves désordres dans l'économie animale. Quand il arrive aux indigènes d'y goûter, c'est un peu par dé.-oenvrement, un peu pour ilonner le change à leur soif, et à défaut d'eau pure ou de fruits sylvestres trouvés en route; un peu enfin pour montrer au curieux qu'une petite dose de ce liquide peut être absorbée sans danger. Mais ils n'en font pas plus leur nourriture que les Oltomaques de l'Orénoque et les Macus du Japura ne se substantent de terre, bien qu'ils puissent mêler à leurs aliments, ou prendre en forme de pilules et comme stimulant, apéritif ou digestif, — la chose importe peu, — des bouteilles d'une certaine terre glaise. »
Le Piratinera utilis n'est pas complètement connu chez nous quant à ses caractères botaniques. Comme il a été introduit dans nos serres chaudes et qu'on l'y cultive depuis quelque temps, on peut y étudier ses organes de végétation, sur les jeunes sujets que nous possédons. Mais ses fleurs et ses fruits sont mal connus des botanistes ; ils ne se rencontrent pas sur les écha»lillons-types de l'herbier de Bonplaiid, qui font partie des collections du Muséum de Paris. Les feuilles alternes, pétiolées, oblongues-lancéolées, sont ordinairement atténuées ou obtuses à la base, brièvement acuminées au sommet, entières, penninerves, veinées, réticulées, avec les nervures secondaires obliques et les veinules qui les relient, transversales ; glabres, subcoriaces, vertes en dessus et, dit-on, d'un jaune brunâtre en dessous (dans leur pays natal; dans nos serres, elles sont simplement un peu plus pâles et plus ternes qu'en dessus). Elles atteignent jusqu'à près d'un pied de lon'^-, et léui" pétiole a environ un pouce de longueur. Les stipules pétiolaires font ici défaut, d'après Kuntli ; mais peut-être n'a-t-il pas observé les branches qu'après leur chute. Il déci'it les bourgeons terminaux comme subulés, convolutés et
44i GALAGOS.
cliargés d'un duvet soyeux. Ilooker a pu représenter, dans le Botaninl Magazine, ne 1840 (t. 5723, 5724), les fruits du Galactodendron ; ils sont de la grosseur d'une noix, presque globuleux, verts, subcharnus, et renferment une grosse graine dont l'embryon a deux cotylédons ciiarnus, hémisphériques, et est dépourvu d'albuînen. Il a l'ait également figurer le poit de l'arbre dont le ti'ouc représonte un cône étroit, nu et sans ramifications jusqu'à la cime eu forme de tête qui le couronne, d'après un dessin dû à sir Porter, consul à La Guayra. C'était près de Porto-Gaballo qu'llumboldt, de même que M. P)Oussingault, avait vu sur place le Sandi. Il dit, dans sa Relation historique (II, 106), que le port de l'arbre est à peu près celui du Cainitier, et que le fruit contient une ou deux semences. Il a remarqué que l'odeur du lait est balsamique et que les nègres y trempent un pain de Mais ou de Manioc. On a aussi trouvé cet arbre à Barl)ula, près du lac de Maracaybo, et Bredemeyer l'a vu près du village de San Mateo, et dans la vallée de Caucagua, à trois journées de voyage à l'est de C;iracas, Lockhart a transporté le GalacLodendron à la Trinité, et Thomson a trouvé dans son suc de la Galactine, matière qu'il classait parmi les « huiles solides. » Porter a cueilli les fruits siu- des pieds qui croissaient près de la ville de Goriacco. Le dessin qu'il a envoyé eu Europe représente un arbre « d'une trentaine de pieds de circonférence à la hauteur d'environ cinq pieds au-dessus de la racine, » et cette tige colossale avait une soixantaine de pieds de haut audessous de la base de la cime, laquelle avait elle-même quarante pieds de haut. L'arbre avait donc en tout une centaine de pieds. Je ne sais si quelqu'un a pu voir et étudier à fond ses fleurs des deux sexes. II. Bn.
BriiLioGHAMiiE. — K., Si/n., IV, 19S. — IIumd., in Ami. Mus., II, 180. — Munn., ûescr., Palode Vaca, c. fig. — Bouss. et Riv., in Ann. Chirn., XXIII, 219. — Mer et Del., D'ict. Mat. méd., III, 321. — Endl., Enchirid., 108. — I.indl.. Veg. Kingd., 'i70. — liosE.vTii , Sijonps. pi. diaphor., 190. — II. Bs,IIist. des pi., VI, 170, 208. H. B>-.
GALACTOMÈï'RE (de yxlx, lait, et i/.s-pov, mesure). Ge nom général comprend les divers instruments destinés à mesurer la richesse du lait: d'une part, le lacto-densimètre et le tactoscope, qui apprécient la valeur du lait, l'un par sa densité, l'autre par sou opacité ; de l'autre, le lacto-hutijromèlre destiné à mesurer la proportion du beurre [voy. Lait). \\.
GALACTOPnoRE (de -/âJ^a, lait, et wiûiL'j, porter). On adonné ce nom aux instruments généralement connus sous le nom de bouts-de-sein ivoy. Bouts de
SEIiN). i).
GAliACTOPHORES (Gajnaux). Gouduits excréteurs de la glande mammaire {voy. Mamelles). D.
GAî.ACT«pn«RES (Médicaments). Yoy. Galactogogues.
GAî.ACTORRHÉE. Écoulement trop facile du lait chez les nourrices {voy. Allaitememt, Lactation). D.
GAtiSCT®SE. Produit de l'action des acides minéraux étendus sur la lactine. Vcy. Glycose, Lait, Sucre. 0.
G AS. ACSOS. Les Galagos ressemblent un peu à nos Écureuils par leurs formes
GALA G os. -i'*5
extérieures, mais ils appartiennent à un tout autre groupe zoologique. Tous les naturalistes sont d'accord en ellet pour ranger ces petits manimilères à la suite des Makis et des Cliirogales dans Tordre des Lémuriens ou Faux-Singes [voy. Singes-Faux). La tète des Galagos est de forme spliéroïdale, éclairée par de grands yeux qui, dans l'obscurité, brillent comme ceux des Chats, et surmontée d'oreilles très-amples et dénudées que l'animal peut ouvrir ou fermer à volonté. Les mâchoires sont garnies de trente-six dents, parmi lesquelles les incisives se font remarquer par leur structure pectinée. Les membres postérieurs surpassent toujours eu longueur les membres antérieurs et, grâce à cette disposition qui les distingue des autres Lémuriens, les Galagos peuvent exécuter des bouds plus ou moins étendus. En outre, aux mains postérieures, le pouce est toujours opposable aux autres doigts, ce qui permet aux Galagos de se cramponner aux branches et de grimper avec lacililé. Le pelage, moelleux et doux au toucher, offre des teintes assez uniformes, du gris, du roux, du brun ou du jaunâtre.
Les Galagos sont essentiellement nocturnes et passent la plus grande partie de la journée à dormir dans les arbres creux qui leur servent de retraites ordinaires. Us ne se mettent en chasse qu'après le coucher du soleil et se nourrissent de petits oiseaux, d'insectes, d'œufs ou même de substances végétales. Ce sont des animaux d'une grande douceur, qui se laissent apprivoiser facilement, mais qui supportent avec peine la rigueur de nos climats. Ils ont eu eifet pour patrie les contrées chaudes de l'Afrique.
Les premiers renseignements sur ces Lémuriens furent recueillis par le célèbre naturaliste Adanson, qui rapporta du Sénégal des peaux et un crâne de Galagos, et c'est sur ces données que Geoffroy Saint-Ililaire établit son genre Galago, dont il changea plus tard le nom contre celui de Chiroscmrus (Écureuil quadrumane). De son côté, llliger proposa d'appeler ces mêmes animaux Otolicnm (de ouç, wTôç, oreille, et >.ctxvov, van), mais le nom de Galago a prévalu.
Le Galago du Sénégal (G. senegalensis E. Geoff.) n'est pas confiné dans l'Afrique occidentale, il se trouve aussi dans le Sud et l'Est de ce continent, en Catrerie, dans le Sennaar et en Abyssinie. Il est de la taille d'un rat, avec les oreilles remarquablement développées, la queue longue et touffue. Son pelage, d'un gris brunâtre en dessus, passe au roux sur les parties inférieures du corps. D'autres espèces, comme le Galago d'Allen [G. Alleni Waterh.), le Galago pâle {G. pallidus), le Galago à queue touffue [G. crassicaudatus] Geoff.), le Galago de Demidoff (G. Demidoffii G. Fisch.), habitent l'île de Fernando-Po, le Gabon, la côte d'Or, le pays de Mozambique, etc.
Dans plusieurs contrées de l'Afrique ces Lémuriens sont connus sous le nom d'Animaux de la gomme, parce qu'ils se tiennent souvent sur les arbres résineux, pour le suc desquels ils ont, dit-on, un goût assez prononcé.
On a quelquefois rapproché les Galagos des Tarsiers pour constituer la famille des Tarsides, mais il vaut probablement mieux laisser à part le Tarsier qui est une forme aberrante et associer les Galagos aux Cliirogales, avec lesquels ils ont de réelles affinités, pour former la section des Macrotarses, opposée à la section des Brachytarses qui comprend les autres Lémuriens. Chez les Chirogales comme chez les Galagos, le tarse des membres postérieurs se fait remai'quer par son développement. E. Oustalet.
LiBLioGRAPHiE. — E. Geoffroy Saint-Hilaire. Notice sur le Galago du Sénégal. In Méiiagerei du Muséum d'histoire naturelle, 1817, t. II, p. 262. — Isid. Geoifroy Saint-IIilaiue. Catalogue métliodique de la collection des mammifères du Muséum : Primates, 1851. — Gervais
446 GA.LANGA (botanique).
Histoire 7iaturelle des Mammifères, 1854, t. I. — Schlegel, Muse'e des Pays-Bas : Simiœ, •1876. E. 0.
GAl,fk\GA. § I. Botanique. On donne le nom de Galanga à des rhizomes d'Amomacées, produits par deux espèces d'Alpinia, VÀlpinia galanga Swartz et V AJpinki officinarumWsince. Ce sont des rliizomescylindroïdes, à écorce extérieure de couleur brun-iouge, marqués de franij^es circulaires blanchâtres. On en distingue dans les officines deux espèces :
1^ Le petit Galanga, Galanga vrai, Galanga de la Chine, Radix Galangœ minons. C'est le Galanga officinal, celui des pharmacies, et le seul qu'on doive employer, à cause de sa plus grande activité. 11 est en général en fragments de 5 à 10 centimètres de long, sur un diamètre de 5 à 25 millimètres, cylindriques, parfois bifurques et portant des prolongements sur les parties latérales. L'écorce est d'un brun rongeâlre, marquée de distance en distance d'anneaux circulaires frangés; l'intervalle entre les franges est loiiLiitudinalement strié.
La coupe transversale montre, au-dessous d'une mince ligne brune, une masse de couleur cannelle, dont la zone centrale, séparée de la couche extérieure par une ligne foncée, est un peu plus dense et plus colorée. Cette zone est relativement peu épaisse, son rayon n'ayant guère que le tiers du rayon total. On y voit à la loupe des fibres, condensées surtout dans la partie centrale ; et çà et là des poijils foncés qui ne sont pas autre chose que des gouttelettes oléorésineuses.
Le Galanga renferme des grains de fécule de 5 à 4 centièmes de niiUimètre de diamètre, dont la forme générale est en massue ou en petite bouteille, avec un bile marqué à la portion élargie.
On a longtemps ignoré l'origine botanique du petit Galanga. Sur l'autorité de Linné, la plupart des auteurs l'ont attribuée jadis au Maranta Galanga L. {Alpinia Galanga Willd.); mais il a été bien établi que Cette espèce produit le qrand Galanga, dont il sera question plus loin. Guibourt avait cru reconnaître le rhizome dans celui de VAltellenia cldnensis Willd. [Languas chinensis Retz.). Mais depuis lors, M. Hanbury, a fait connaître, d'après M. Hance, laphmte mère de la substance. C'est un Alpinia, qui a été indiqué par M. Hance sous le nom à' Alpinia officinar uni et dont les caractères sont:
Plante à port de roseau, à longs rhyzomes rampants, recouverts de grandes écailles glabres, blanchâtres ; rameaux aériens de 60 centimètres à un mètre de haut, munis de feuilles engainantes, coriaces, glabres, lancéolées, rétrécies à leur point d'attache à la gaîne, munies d'une ligule développée, oblongue, scarieuse au sommet. Les Heurs forment une grappe simple, terminale, courte r elles sont blanches, élégantes, tachées et veinées de rouge foncé. L'audrocée est formée d'une étamine fertile, à filet court, dressé, à anthère bisoculaire, sans appendice. L'ovaire est tomenteux, surmonté d'un style dilaté au sommet et relié. Le fruit est globuleux, tomenteux, à péricarpe coriace, contenant plusieurs graines arillées, anguleuses, très cohérentes.
La plante croît dans l'île de Hainau, dans le sud de la Chine, et peut-être aussi dans quelques provinces méridionales de l'empire chinois.
'i" Le grand Galanga, Galanga de l'Inde ou de Java [Radix Galangœ majoris) diffère du })récédent par ses dimensions considérables et la teinte de sesdiverses parties. C'est un gros rhizome ramifié, ayant de 11 à 25 millimètres de diamètre dans les parties cylindriques et jusqu'à 41 dans les portions renflées. La surface extérieure est plus rouge que celle du petit Galanga, et la coupe transversale montre un tissu pâle, blanchâtre, dans la couche extérieure, un peii,'
GALATllÉE. 447
plus foncé au centre. La structure est analogue, seulement les gouttelettes oléoclésineuses sont petites et rares. Il a une odeur moins aromatique, moins agréable, il n'a pas la saveur brûlante du Galanga officinal.
La plante qui le produit est VAlpinia Galaïuja W., originaire de Sumatra et cultivée dans l'Inde et l'archipel indien. [Voy. Au'inu.). Pi-
Bibliographie. — RuMPiiius. Herbarium àmboinense , V, tab. G3. — FlCckiger et IIanbury. Pharmacographia. — IIaxbuiiy. Hislorical Notes on Ihe Bndix Gakingœ of Pharmacy. lu Science Papcis, 370. — IIaxce. Journal of the Linnean Sodiely, 1S7Ô, XIII, 6. — Glibourt. Drogues simples, 5° édit., II, p. 199. — -G. Planciio.x. Délermination des drogues simples, l, 620. ■ "^"'":"'^ Pl.
§ II. Emploi médical. Comme il a été dit plus haut, c'est le Galanga officinal qu'il convient surtout d'employer. C'est un médicament d'une saveur piqu;mte, chaude et aromatique, dont l'action n'a rien de spécial. On le présent comme stomachique, en infusion, à la dose delOgrammes par 500 grammes d'eau bouillante; ou en poudre à la dose de 1 à 10 grammes en plusieurs prises. On le fait quelquefois infuser dans du vin ou l'on en prépare une teinture alcoolique. On l'emploie aussi en mastications contre le mal de dénis. Le petit galanga entre dans le baume de Fioravanti. D.
.., . GALATES. La question de l'origine des peuples Calâtes ou Gaels, de leur identité prétendue avec les Celtes, de leui's migrations, ,ejtc<,,ia,éléiSoigneusenient étudiée à l'art. France, p. C90 et suivantes. ' ' ' ' ■ . D.
GJlLAAGJl des niARAlS. i\om donné parfois à l'acore vrai [Acorm ca-
IqnimL,). Pl.
GAEAXT DE î\'lHT. Le CesfrMmrfiuniwm, delà famille des Solanées. Pl.
GALÀMT. d'hiver. Un dès lioms qu Galanthus nivaïis L. Pl.
'■vin;:. ,''y"'\ y-. '■■ y '>;n! ;
, GALAATDIXE. Gcilanthus L. Genre de plantes monocotylédones appartenant à la famille des Amaryllidées. La seule espèce du genre est le Galanthus nivalis L. ou Galanthine perce-neige, qui est abondante dans toute l'Europe moyenne; elle fleurit dès le premier printemps, aussitôt que la neige se retire. C'est ûnô charmante plante, bulbeuse, dont la hampe, de '15 centimètres de hauteur environ, est comprimée, trigone, et porte à son extrémité une fleur unique, pendante, dont le périgone a trois segments extérieurs concaves, ovales, oblongs, blancs, demi-étalés et trois segments intérieurs échancrés, de moitié plus courts que les autres, marqués d'une tache et de lignes vert-jaunàtres.
Les bulbes soht réputés vomitifs et fébrifuges. On Ids à ètnployés'ausfei en cataplasmes, comme les bulbes de lis, à titre d'émollients et de résolutifs; on en faisait autrefois une eau distillée cosmétique. Pl.
Bibliographie. — Linné. Gênera, 401. Species, 413. — Lamarck. Encyclopédie, II, p. 590, et Illustrations des genres, 230. — De Candolle. Flore française, 1878. — Gremeu et Gq- 'DRO.\. Flore de France, III. Pl.
.. ■ GALATllÉE [Galathea, Fabr.) . iGenre de Crustacés de l'ordre des Décapodes et du groupe des Macroures, dans lequel il forme le type de la petite famille des Galathéides.
Par leurs caractères généraux, les Galathées offrent de grands rapports avec les
AiS GALBANUM.
Langoustes et les Scyllares, mais leurs antennes externes filiformes et les grosses pinces allongées, cylindriques et épineuses qui terminent leurs patlfs antérieures constituent des caractères distinctifs bien tranchés. Ces Crustacés ont d'ailleurs les mouvements très-rapides, et lorsqu'on les saisit ils agitent vivement leur abdomen contre leur poitrine à la manière des Ecrevisses. Ils sont en général d'un rouge brun plus ou moins vif, agréablement varié de bandes d'un beau bleu d'azur. La céphalothorax, de forme ovalaire, présente sur le dos des sillons transversaux plus ou moins profonds dont les bords sont garnis de poils courts dirigés en avant; la cinquième paire de pattes est tiès-petite et très-grêle; enfin l'abdomen, aussi large à la base que le céphalothorax et à courbure peu prononcée, est terminé par une nageoire caudale bien développée, composée de cinq lames dont la médiane, plus grande, est divisée en plusieurs lobes arrondis.
Parmi les espèces de ce genre, deux {G. strigosa L. et G. squaniifera Leach) se rencontrent abondamment sur les côtes de la Méditerranée et de la Manche, où on les pèche toute l'année. Le G. {Munida) rugosa Fubr., au contraiie, ne païaît guère s'éloigner des côtes d'Angleterre. Ces trois espèces sont comestibles, mais leur chair est beaucoup moins estimée que celle des Langoustes ou des Homards.
Sous le nom de Galathée, on connaît également un genre de Mollusques- Lamellibranclies-Siphoniens, delà famille des Cycladidés, proposé par Bruguières dans l'Lncyclopédie méthodique, et adopté par Lamarck {Annales du Musémn, t. V, p. 430, pi. 28). Le G. radiata Lamk, qui en est le type, se rapproche beaucoup des Cyclades. La coquille, très-épaisse, équivalve, subtrigone et couverte d'un épiderme verdâtre lisse et brillant, est pourvue d'un ligament extérieur court et bombé; la charnière présente à la fois des dents latérales distantes et cinq grandes dents cardinales sillonnées, dont trois sur la valve gauche et deux sur celle de droite. L'animal a le corps épais, le manteau soudé en arrière, le pied large, obiong et comprimé et les siphons, nettement séparés, gai'nis de papilles.
Ce Mollusque se rencontre assez communément sur la côte N.-O. de la Guinée, notamment sur la côte de Malaguette, où il vit enfoncé dans le sable à Fembouchure des fleuves. Sa chair coriace et de mauvais goût sert cependant d'aliment aux naturels dans les temps de disette. Ed. Lefèvre.
GALBA. Nom donné aux Antilles au Ccdophyllwn calaba L.
GALBAi^jLm I. Matière médicale. C'est une gomme-résine produite par un certain nombre de plantes de la famille des Ombellifères : on n'est pas complètement fixé sur la plante dont on la retire ; elle provient de plusieurs espèces de férules, de deux surtout, qui sont : 1° Fenda galbaniflua (Boissier et Buhse) et ■une variété de cette dernière, Ferula gummosa : toutes deux se trouvent dans le nord de la Perse, au pied des montagnes de Demawend; 2" Fenda rubricauUs qui se trouve aussi dans le nord de la Perse, en abondance sur les pentes d'Ehvund près d'Ilamadan. D'après Buhse, les plantes ne sont as incisées dans le but de récolter le galbanum ; le suc s'écoule spontanément de la tige, surtout de ses parties inférieures et vers la base des feuilles et se concrète en larmes, qui sont d'abord d'un blanc laiteux, mais qui deviennent jaunes au bout d'un certain temps d'exposition à l'air et à la lumière.
GALBANUM. -i49
Le commerce Xournit le galbanum mou et le galbanum sec : le premier, qui est le Galhaniim levanticum, se présente en gouttes ou en larmes et en masses, et est même quelquefois fluide ; le volume des larmes varie depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'une noisetle et quelquefois d'une noix. Ces larmes sont translucides, de forme variable, de couleur brune, jaune ou grise, leur cassure est cireuse et grasse. Quand le galbanum est en masse, il contient très-souvent des impuretés.
Le galbanum sec se présente aussi en larmes ou en masses, ces dernières étant, comme dans la variété précédente, formées par des larmes adliérentes, mais se détachant facilement les unes des autres ; elles ne sont ni gluantes, ni cireuses, comme dans les masses du galbanum mou ; elles sont jaunâtres à l'extérieur, blanchâtres et souvent opacjues à l'intérieur, à cassure inégale ; dans les masses de galbanum sec, on rencontre quelquefois des tranches minces de la racine de la plante.
Le galbanum en général a une odeur aromatique particulière; sa saveur est amère et désagréable ; il se distingue facilement des gommes-résines d'assafœtida et de sagapenum par son odeur aromatique non alliacée, de la gomme ammoniaque et de l'opoponax en ce que ses larmes sont moins foncées que celles de ces deux gommes-résines et qu'elles se colorent en violet, sous l'action de l'acide azotique (réaction incertaine) ; le galbanum chauffé avec de l'acide chlorhydrique concentré donne lieu à une coloration rouge qui tourne au violet et au bleu, surtout si on ajoute un peu d'alcool; l'assa-fœtida, traitée de la même manière, prend une coloration rosée, puis verdâtre, et la gomme ammoniaque n'est pas modiflée : cette dei'nière réaction se produit très-facilement et est très-sensible.
Falsifications. On mêle quelquefois le galbanum mou et en masses avec d'autres substances résineuses d'un prix inicrieur; ce mélange ne peut être reconnu que par l'habitude et par un examen comparatif avec un échantillon de galbanum de bonne qualité. Souvent on y ajoute des substances terreuses pour en augmenter le poids : ces substances restent comme résidu lorsqu'on traite le galbanum par l'eau et l'alcool ; l'incinération sert aussi à constater leur présence.
11. Chimie. L'analyse du galbanum, faite autrefois par Meissner et par Pelletier, a donné à ces chimistes les résultats suivants :
MEISSNER. PELIETIER.
Résine 63,8 66,86
Gomme 27,6 19,28
Mucilage végétal 1,8 »
Huile volatile 5,4)
Eau 2 i ^'^^
Matières insolubles 2,8 7,52
Le galbanum donne avec l'eau une émulsion de couleur blanchâtre; l'eau en dissout 1/4, l'alcool les 2/5 environ : le galbanum est d'autant plus riche en huile essentielle qu'il est plus mou. Cette huile essentielle peut s'extraire par distillation avec de l'eau; c'est un liquide incolore, bouillant entre 160 et 165 degrés et qui possède l'odeur du galbanum; elle est isomérique avec l'essence de térébenthine, sa densité = 0,8842 ; elle dévie à droite les rayons de lumière polarisée de 0",1857; son indice de réfraction —1,4542; traitée par l'acide chlorhydrique, elle donne un composé cristallin dont la formule est C-''H^^HC1, semblable donc à celle du monoclilorhydrate de térébenthène.