C.-II. G
«ALVAMOCAUSTIQUE. Voy. CAUTÉRISATION.
G,%LVAi\OMÉTBE. Le galvanomètre est un appareil destiné à reconnaître l'existence des courants électriques, à déterminer leur direction et, dans de certaines limites, à mesurer leur intensité. 11 est basé, en principe, sur l'expérience d'Œrsted {voy. Électricité), en vertu de laquelle une aiguille aimantée placée dans le voisinage d'un courant est déviée, la déviation étant déterminée parla règle d'Ampère que le pôle nord de l'aiguille aimantée est dirigé vers la gauche du
courant. ^ «
Pour une même distance, l'action du courant sur l'aiguille aimantée étant proportionnelle à la lono^ueur de ce courant, on conçoit facilement qu'il f'g- i-
y a intérêt, pour augmenter la déviation, à faire décrire un circuit complet au fil autour de l'aiguille ; on reconnaît d'ailleurs facilement, sans qu'il soit nécessaire d'insister, que les aclions|des diverses parties de ce circuit sont concordantes.
GALVANOMETRE.
C'est à cette disposition, imaginée par Schweigger, qu'on a donné le nom demulliplicateur. Pour se servir de cet appareil, on place le cadre sur lequel est enroulé le fil dans la direction du méridien magnétique; l'aiguille aimantée située à l'intérieur du cadre, et suspendue par un fil ou supportée par un pivot, se dirige, par conséquent, dans le plan du cadre, lorsque le courant ne passe pas, et s'en écarte plus ou moins lorsque le courant traverse le circuit.
La déviation subie par l'aiguille dans ces circonstances dépend de deux éléments distincts : l'action du courant qui, pour un même circuit, varie avec l'intensité et tend à écarter l'aiguille de sa position d'éauilibre, et, d'autre part, l'action magnétique de la terre qui tend à la ramener a celte position. Pour augmenter la déviation, il conviendrait de diminuer l'action magnétique. On pourrait bien diminuer l'influence de la terre, en prenant une aiguille moins fortement aimantée; mais, comme on diminuerait dans la même proportion l'action du courant sur l'aiguille, il n'y aurait en réalité aucun gain. C'est par l'emploi d'un système asiatique que Nobili a levé la difficulté et a indiqué une disposition qui permet d'obtenir une grande insensibilité.
Un système asiatique est constitué par deux barreaux ou deux aiguilles aimantées, placées parallèlement l'une au-dessus de l'autre, de telle sorte que les pôles de nom contraire soient en regard, et reliées par une tige rigide. Si les intensités, les moments magnétiques des deux barreaux, sont égaux, un pareil système librement suspendu n'aura aucune force directrice et conservera dans l'espace la position quelconque dans laquelle on l'aura placé. En réalité, les
deux aiguilles ne sont jamais rigoureusement égales et le système a une force directrice faible et qui peut être rendue aussi faible qu'on le veut.
Etant donné un multiplicateur, plaçons un système astatique de telle sorte que l'une des aiguilles soit dans l'intérieur du circuit, l'autre se trouvant en dehors (fig. 5). Nous avons déjà indiqué que les diverses actions du circuit sur l'aiguille intérieure ab sont concordantes.
Pour l'aiguille extérieure, l'application de la loi d'Ampère montre aisément que l'action de la partie BG du courant tend à faire tourner le système asiatique dans le sens où l'aiguille intérieure est déviée; les autres actions, il est vrai, produiraient un effet opposé. Mais il faut remarquer que les parties AB, CD, DE, sont respectivement plus éloignées de l'aiguille
Fig. 3.
GALVANOMETRE.
extérieure et produisent, par suite, un effet moins considérable, de telle sorte que l'action totale est plus grande que s'il n'y avait qu'une aiguille. En résumé, l'action du courant sur le système magnétique est augmentée ; l'action de la terre qui s'oppose à la déviation est diminuée et, conséquemment, pour un courant d'intensité donnée, la déviation doit être augmentée.
11 ne faudrait pas croire d'ailleurs que Tastaticité absolue diit être favorable, s'il était possible de la réaliser; le galvanomètre se comporterait absolument alors comme une balance folle. L'action de la terre n'existant plus, le moindre courant qui passerait dévierait l'aiguille de 90 degrés, de telle sorte qu'il n'y aurait plus moyen d'effectuer des comparaisons d'intensité, des mesures; d'autre part, l'aiguille une fois déviée, si le courant cessait de passer, ne reviendrait plus dans le plan du méridien magnétique, puisque l'action de la terre serait nulle, et l'on ne serait pas averti de la cessation du passage du courant. Mais ces inconvénients ne sont pas à craindre, car l'astaticité absolue est pratiquement irréalisable.
L'astaticité réalisée par Nobili parle procédé que nous venons d'indiquer peut être obtenue par d'autres moyens : c'est ainsi qu'un barreau aimanté placé dans le voisinage d'une aiguille peut, par tâtonnements, agir de manière à contre-balancer l'action terrestre ; ce procédé, qui demande une certaine babitude, présente d'ailleurs un avantage réel, en ce que l'on peut faire varier l'astaticité entre des limites étendues.
Dans quelques cas particuliers, on a généralisé l'idée de Nobili en employant un système astatique et un double circuit dans lequel les fils étaient enroulés en 8, chacune des aiguilles se trouvant dans l'une des boucles; on reconnaît facilement par l'application de la règle d'Ampère, et en tenant compte des distances, que les actions accumulées des ^
diverses parties du circuit produisent un gain réel sur le simple multiplicateur.
Dans les modèles de galvanomètres qui sont le plus fréquemment employés, le système astatique est supporté par un fil de cocon sans torsion, maintenu à son extrémité supérieure par une potence (fig. 4); le fil traversé par le courant, soigneusement entouré de coton ou de soie qui isole chaque spire de la spire suivante, de manière que le courant doive traverser le circuit entier, est enroulé sur un cadre présentant sur sa face supérieure une ouverture centrale qui donne passage à la tige reliant les deux aiguilles. Un cadiran divisé est placé sur le cadre et l'aiguille supérieure porte une pointe qui, se mouvant sur les divisions, indique les déviatious obtenues. Souvent ce cadran, et même la bobine-, est en cuivre rouge pur; il résulte, en effet, d'une observa lion de Gambey que, par suite des courants d'induction qui se pro-
Fig. 4.