‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.43Chapitre 15 sur 61 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

GATAXT (Les Deux).

Ciayaiit (Louis). Chirurgien et anatomiste ce'lèbre. De Vaux lui a consacré une notice dans son Index funereiis chirurcjorum Parisiensium. Il le dit natif de Clermonl en Beauvaisis, membre de l'Académie des sciences (1666), chirurgien consultant des armées du roi, « le premier des anatomistes de son temps », démonstrateur d'anatomie, soit comme professeur particulier, soit comme professeur dans les écoles de chirurgie. Il n'aurait pas été étranger à la découverte du canal Ihoracique ; dans tous les cas, il embrassa avec passion les données fournies par Pecquetet il a, par son enseignement, singulièrement vulgarisé la découverte. Il mourut à Maestricht le 18 octobre 1873, après avoir enrichi les recueils de l'Académie des sciences des trois mémoires suivants :

I. Observ. sur les valvules de la veine crurale, sur celles de la veine axillaire et sur celles du canal thoracique, 1666, t. I, p. 24. — 11. Observ. sur la communication de la veine émulgente avec le canal thoracique, 16(j6, t. I, p. 25. — III. Observ. sur Veffelde la transfusion du sang d'un jeune chien dans un vieux, t. II, p. 88. A. C.

Garant (Louis). Fils du précédent. 11 naquit à Paris en 1647, fut docteur en médecine de la Faculté de Paris (19 décembre 1670), médecin du roi, et mourut le 20 février 1719, ainsi que le constate l'acte suivant pris sur un registre de la paroisse Saint-Sulpice :

« Ledit jour (21 février 1719) a été fait le convoy et enterrement de Louis

« Gayant, conseiller du roy, médecin ordinaire de Sa Majesté, docteur en niéde-

u cine de la Faculté de Paris, âgé d'environ soixante et douze ans, mort d'hier

« en sa maison rue de Seine. Et y ont assisté M" Estienne Garnier, avocat en

« parlement, conseiller du roy, expéditionnaire de la Court de Rome, beau-

« fère, W Antoine Copineau, procureur au Parlement, nepveu du défunt, qui

u ont signé: G-^rkieu, Copireau. »

Louis Gayant fils a joui d'une grande réputation dans son temps comme praticien; il a tenu, comme on dit, le iiaut du pavé. Nous ne lui connaissons que des thèses qu'il a soutenues ou fait soutenir à la Faculté de médecine de Paris :

I. Est-ne lotium Xù),coîcw; extrementuni ? (aff.). Prêsid. : Jacq. Mentel, 1669.— II. An puerperce febri correptce, purgamentis defectœ, cœdendœ cubitu vence? (aff.). Présid., Cl. Berger, 1609. — III. An spiritus animales in cerebri substantia procreantur ? (aff.). Bachelier: Pierre Yon, 1671. — IV. An artliritidis origo semper ab artcriis? (neg.). Bachelier : Pierre Daquin, 1675. A. G.

GAY-LUSSAC (Louis-Joseph). Célèbre chimiste français qui a rendu trop de services indirects à la science biologique pour ne pas avoir sa place ici. Il est né le 6 décembre 1778, à Saint-Léonard, dans le Limousin, où son père Antoine

GAY-LUSSAC. 9i

Gay, juge au Pont-de-Noblac, possédait une propriété connue sous le nom de Lussac. Sa première éducation fut confiée à un abbé qui émi-ra pendant la Révolution, puis il eut pour maîtres Courty et J.-B. Albert. En novembre 1794, il se rendit à Paris et fut placé dans une pension à Nanterre, et le 27 décembre 1797, il fut reçu à l'École polyteclmique, puis en 1800 à l'École des ponts et chaussées, où il gagna l'amitié de l'illustre chimiste iJerlhollet. Ce dernier lui associa sou fils dans l'exploitation d'un établissement industriel fondé à Arcueii pour le blanchiment des toiles par un procédé nouveau, l'emploi du chlore. Mais cet établissement ayant cessé de fonctionner au bout d'un an, Gay-Lussac fut nommé le 1" janvier 1802 répétiteur à l'École polytechnique, où il suppléa plusieurs fois Fourcroy dans son cours de chimie pratique, et au mois de juillet de la même année professeur de ))hysique à la Sorbonne. Il échangea celte chaire, en 1852, contre celle de chimie générale au Jardin des Plantes. En 1851 , les électeurs de sa ville natale, se rappelant la conduite impartiale et courageuse de Gay-Lussac, sous la seconde restaui^ation, lors de la réorganisation de l'École polytechnique jugée trop bonapartiste, l'envoyèrent à la Chambre des députés. Le 7 mars 1859, il fut nomme pair de France, poste auquel l'avait pour ainsi dire désigné BerthoUet, en lui léguant une partie de son costume de pair.

Gay-Lussac avait été en outre nommé membre du comité consultatif des arts et manufactures en 1805, membre du conseil de perfectionnement des poudres et salpêtres en 1818, essayeur du bureau de garantie de la monnaie eu 1829, puis chimiste de la direction des tabacs, monopuleur des alcoolomètres, etc., etc. En 1806, il avait remplacé Brisson à l'Académie des sciences, et il était en outre membre de la Société d'Arcucil et de diverses autres sociétés savantes.

Gay-Lussac mourut à Paris, le 9 mai 1850, après une carrière admirablement remplie, et laissant des travaux remarquables sur les branches les plus importantes de la physique et de la chimie. Ce ne fut pas sans regrets qu'il quitta ce monde, au moment où il pressentait les merveilles que la science allait enfanter : « C'est dommage, disait-il, de s'en aller; ça commence à devenir drôle. »

En 18U4, Gay-Lussac fit deux ascensions en ballon, la première en compagnie de Biot, la seconde seul, dans le but de vérifier si la force magnétique de la terre diminue quand on s'élève dans les airs ; il arriva à une hauteur de 7016 mètres et fit en outre des observations remarquables sur la loi de décroissance de la température et de l'état hygrométrique. C'est dans cette même année 1804 que Gay-Lussac, en faisant l'analyse de l'air au moyen de l'eudiomètre de Volta, remarqua pour la première fois que l'oxygène et l'hydrogène, considérés en volumes, s'unissent pour former de l'eau dans la proportion simple et fixe de 100 d'oxygène et de 200 d'hydrogène.

En 1805, Gay-Lussac entreprit en compagnie de Guillaume de Humboldt un voyage en Italie et en Allemagne, durant lequel il fit des observations trèsimportantes sur les volcans, sur la chaleur centrale, sur le magnétisme terrestre, etc., et se lia à Gottingue avec le célèbre naturaliste Blumenbach.

En 1807, Gay-Lussac étudia les changements de volumes des gaz et des vapeurs sous l'influence des variations de température et détermina leur coefficient de dilatation, et l'année suivante il établit la loi des combinaisons des substances gazeuses entre elles, loi qui a été le fondement de la théorie atomique; en 1815, il découvrit le cyanogène, mettant ainsi hors de doute la

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