‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.44Chapitre 59 sur 67 · L. Ib · texte numérisé non relu

L. Ib

GiRCiEXSOHX (Otto-Gottlieb-Leonhard). Médecin allemand né à Erlau, le \% juillet 1784, était le fils d'un pasteur. 11 fit ses humanités à Dorpat à partir de 1800, puis étudia la médecine à l'Université de cette ville et prit le bonnet de docteur en 1806. 11 s'établit l'année suivante à Wolmar (Livonie) devint médecin pensionné du cercle en 1809, conseiller collégial en 1826, conseiller aulique en 1829. Il s'est fait connaître avantageusement par des travaux sur le développement des centres nerveux.

GIROFLEE. 723

I. Diss. inaug. med. de methodo specifica. Rigae, 4806, gr. in-S". — II. Dfls RiirJ.enmarkssystem. Eine anatomische Abhandlang als Einleilung zur Physiologie itnd Pathologie dièses Systems. Higa, 1828, in-S". — III. Dilduugsgsachichte des Riickenniarkssystems, 7nit Benuizung der allgemeinen BiUIungsgeschichte. Riga u. Leipzig, 1857, gr. in-8°. — IV. Bemerkungen ûber die Deututig einigei- Tlieile des Fœtusgehirns. In MeckeVs Ai-chiv fiir Anat. und Physiol., 1827, p. 7)58, fig. Trad. en Iranç. dans Réperl. gcn. d'anal, et de ji/iysioL, t. V, p. 525, 1828. — V. Beobachtung ïiber den Sirotalbrand. In tiuss. Sammlung fiir I^aturw. u. îleilkunde, M. II, p. 202, 1817. L. Ih.

«âiROD (Je.\n-François-X.\.vier). « Si quelqu'un a des droits à un éloge public, n'est-ce pas le citoyen modeste qu'une province cntièi'e désigne comme son bienfaiteur, qui méprisa la fortune et ne chercha point la gloire ; auquel une utile témérité lit biaver mille fois la mort; qui, concentrant dans sa paliie ses travaux et ses vertus, ne vécutque pour elle et mourut en la servant?... Son nom n'a point été répété par les cent bouches de la Renommée, mais il n'y a pas dans sa province un seul cultivateur qui l'ignore et qui le prononce sans attendrissement. Ses succès, quoique très-importants pour l'État, n'ont point été vantés par ces enthousiastes qui jugent les talents et créent des réputations, mais il n'y a point dans la Franche-Comté de village où sa mémoire ne soit honorée et oij sa mort n'ait causé des regrets ». Yoilà en quels termes Vicq-d'Azyr s'exprime à l'égard de Girod {Éloges, ^Y cahier, 1786, in-4'').

J.-F.-X. Girod naquit en 1755 à Mignovillard, village situé près de Salins (Jni'a), d'un père qui était médecin dans cette localité. Après avoir été reçu docteur dans l'Université de Besançon (6 juin 1758), et avoir fréquenté les. hôpitaux, il resta à Mignovillard, partageant son temps entre l'étude de la médecine et celle des mathématiques. Plus tard, en 1765, il devenait médecin en chef des épidémies de la province en remplacement de Faure et partait pour Besançon, où il remplit ces importantes fonctions jusqu'en l'année 1785, luttant ainsi, pendant vin"-t ans, contre les deux plus grands iléaux qui puissent aflligcr le peuple : la contagion et la misère. Voyageant sans cesse dans sa province, et la confiance publique le suivant partout, il en profita pour éclairer les peuples sur leurs premiers besoins; il combattit les préju-és, il détruisit les eireurs, il fit fuir devant lui ces troupes de charlatans qui inondaient les campagnes et vendaient au laboureur crédule de l'espérance et des poisons. Parmi les grands services qu'il a rendus on doit surtout rappeler l'établissement de l'inoculation dans sa patrie, opération aïeule de la vaccination et que Giiod parvint à si bien établir en Franche-Comté, que depuis 1765 jusqu'à 1782 il inocula, dans un but préventif, le virus variolique à plusieurs millions d'hommes Ibrts, robustes, l'employant surtout au commencement d'une épidémie, ou lorsqu'on était menacé par la proximité d'un foyer. La fin de cet homme de bien devait être le reflet de savieentièro. Ayant appris, en effet, qu'une épidémie de fièvres intermittentes pernicieuses régnait à Ghatenay, près de Dole, Girod vole aussitôt au secours des malades. Attaqué lui-même de cette fièvre après six semaines de fatigues, il voit par la marche des accidents qu'elle lui sera funeste, et il Tannonce à France, à un ami, entre les bras duquel il meurt à la fin du septième accès, le 5 septembre 1783. ^- ^• UIËIOFLE. Voy. Giroflier.

GIROFLÉE. Nom de plusieurs Crucifères de genres différents, distinguées ordinairement les unes des autres par la couleur de leurs fleurs. La Giroflée jaune

724 GIROFLIER (botanique).

OU G. suissard, Violelte-Giroflée, est le Cheiranthtis Cheiri L. La Giroflée de.s dames est la Julienne [llesperis malronalish.); on la nonune encore Giroflée musquée. Les Giroflées blanche et rouge sont les Malthiola anima, grœca. Toutes ces plantes sont plus ou moins stimulantes, piquantes, notamment leui' orgiine de végétation et leurs graines quand on les divise ou les broie. Leurs pétales sont souvent riches en essences très-odorantes. Ces derniers servent quelquefois encore en parfumerie. Les feuilles des Giroflées passaient pour déteisives, diurétiques, antispasmodiques, céphaliques, etc. On ne les emploie guère aujourd'hui en médecine. H. Bn.

Bibliographie. — Mér. et Del., Dict. Mal. méd., III, 578. — Caz., PI. niéd. nid., ('d. 5, 486. — II. BiN., nist. des pi., III, 181, 229, 231, 258. H. Bn.

tiiuofrXlBîR, iilROVl.E [CaryophyllusT.]. § I. Botanique. Le Giroilier est un arbre dont les boutons constituent les Clous de Girofle ou Gérofles, Girofles. Ses fruits mûrs sont les Anthofles, Clous-matrices ou Mères de Girofle. Les pédoncules ou pédicelles lloraux, également aromatiques, sont les Griffes de Gii'ofle. Toutes ces parties appartiennent au Caryophyllns aromaticus L. [Spec., 735), qui est le Myrlus Caryoplujllus Spueng. [Syst., II, 485), YEugenia caryophyllata Thunb., et qui doit prendre le nom d'E. aromatica, puisqu'il est aujourd'hui reconnu que les Caryophyllns de Tournefort ne sont autre chose qu'une section du genre Eugeriia, caractérisée par la longueur du réceptacle floral, c'està-dire de l'ovaire infère, légèrement comprimé ou subcylindrique. Scsélaminesorit été considérées, mais à tort, comme plus nettement tétradelphes que celles de tous les autres Eugeiiia. VEugenia {Caryophyllus) aromatica est un arbre des Moluques, introduit et cultivé dans la plupart des régions tropicales des deux mondes. Ses feuilles opposées sont ovales, oblongues, aiguës ou acuminées aux deux extrémités. Ses fleurs sont groupées, au sommet des rameaux ou dans la dichotomie des branches, en cymes composées, ordinairement tripares, plus ou moins corymbifoi'mes. Ses ovaires et son calice sont, dit-on, d'un pourpre noirâtre, et ses pétales, d'un blanc plus ou moins teinté de pourpre en dehors. La hauteur de l'arbre est de 50 à 40 pieds ; il ressemble beaucoup à un Myrte de grande taille. Ses feuilles sont persistantes, glabres, très-aromatiques, de même que les autres parties de la plante. Sa corolle, globuleuse dans le bouton, se détache de bonne heure par sa base. On assure que l'arbre n'est réellement tiré que de cinq petites îles du groupe des Moluques : Bachian, Makiyan, Mortir, Tarnati et Tidori, qui forment une chaîne à l'ouest de la grande île de Jilolo, où le Giroflier n'existerait pas, dit-on, naturellement. C'est avant l'arrivée des Portugais à Amboine que, selon Bumpliius, le Giroflier y avait été introduit ; on l'y cultive depuis, ainsi qu'à Haruku, Saprana, Nusalant, à Sumatra et à Pinang. On pense que c'est principalement une forme spéciale de l'espèce, plus basse et plus odorante, qui est cultivée pour l'usage commercial. Les Chinois connaissaient cette plante, d'après M. Magers, dès le commencement du 5" siècle de l'are chrétienne. Au A'' siècle, les Clous de Girofle étaient fort répandus en Europe. On croit toute fois que le Caryophyllus dont parle Pline était déjà le véritable Girofle. Jusqu'en 1055 où les Hollandais les expulsèrent des Moluques, les Portugais eurent le monopole de l'exploitation du Girofle. A partir de cette époque, le gouvernement hollandais dirigea vers les petites îles où le Giroflier est indigène des expéditions annuelles qui avaient pour but [la destruction de tous les pieds spontanés ; on espérait ainsi concentrer la culture et la production à Amboine et dans les îles

GlROKLIKIl (kmploi médicu.). 725

avoisinantcs. Les Moluijues, dit-on, ne produisent plus aujourd'hui de Girofle. Poivre réussit en 1770 à introduire l'arbre aux îles Mascareignes, d'où il fut porte à Zanzibar et à Cayenne. Crawfurd {Dict. Ind. Id. [1856], art. Clove), cité par Hanbury, se demande comment les Européens ont pu acquérir la notion des f)ropriétés de Girofle, alors qu'il est certain que les indigènes des îles dont il est onguinirc ne l'ont jamais employé comme condiment ou médicament. On récolle les boutons quand ils rougissent, car ils sont blanchâtres, puis verts. A Zanzibar, on les cueille à la main et on les l'ait sécher au soleil (quelques-uns disent à la fumée et à l'ombre), ce qui les brunit; la récolte se fait deux fois 1 an. Aux Moluques, on les abattait aussi en partie avec des perches de bambou et on les faisait tomber sur des draps. On dit qu'un bon arbre donne 4 livres 1/2 de clous par an et quelquefois jusqu'au double.

L'odeur des clous est due à une essence contenue dans la paroi du réceptacle, sous l'épiderme, et qui se retrouve dans le périanLhe, le pédicelle, etc. Elle est renfermée dans des réservoirs doublés d'une ou deux couches de petites cellules sécrétantes et sortant de ces cellules pour s'accumuler dans la cavité de cette soi'te de canal sécréteur, de forme ordinairement clliptitiue. L'essence, qui forme les 16 ou 17 centièmes du poids des Clous, est formée, dit-on, d'un mélange d'un hydrure de carbone particulier et à'EagénoL On y trouve aussi de VEugénine, matière cristallisable, de la Caryophylline, substance neutre et insipide, et de l'acide salicylique. En un demi-siècle, Bourbon a produit près d'un million de kilogrammes de Girofle. H. Iîn.

BiuiiOGRAniiF: . — TouRNEFORT, Insf. Rei herb., 342. — L., Gen., n- 060. — J , Gen., ôli. — L^MK., DicL, U, 718; lllustr., t. 417. — Ga;rtn., De frucl., I, f. 55. — DC, Prodr., Ht, '2(il. — liNDi,., Gen., n° 052t. — Buckw., Ihrb., t. 558. — Guid., Drorj. simpL, éd. 7, III, 272, fi"-. 2(i2. — Tunp., iii Dict. se. naf... Ail. — Rosenth., Synojis. pi. diap/ior., 925. — Behg et Sui3f., D.ost. Gew., t. Ifl, d. — H. li.v., Hist. des plantes, VI, 311, 540, (ig. 28N, 289.

H. Bn.

§ II. Emploi médical. Les boutous du giroflier, qui sont la partie employée en médecine, présentent une partie étroite tétragone ou ({uene, qui est la portion en tube d'un calice en entonnoir, terminé par quatre divisions concaves, et une partie globuleuse, fust ou tête, constituée par les pétales encore soudés entre eux, recouvrant les organes sexuels et environnés par les dents saillantes du calice. Celte forme les l'ait j^ouvent dé>igner sous le nom de clous de girofle. Parfois la partie globuleuse se détache, dans le transport, et il ne reste plus que la portion rétrécie, avec les dents calicinales, qui prend alors le nom de griffe de girofle. Les bons girofles doivent être lourds, faciles à casser, d'une couleur plus ou moins brune, résultant bien moins de l'exposition au soleil ou à la fumée que de l'exsudalion de l'huile essentielle, qui leur donne en aspect gras, brillant.

Les fleurs du giroflier qui restenisur l'arbre donnent lieu, comme fruit, à une drupe de la grosseur d'une amande ou d'une olive, renfermant un noyau dur, noirâtre ; l'odeur et la saveur en sont très-faibles : c'est ce qu'on appelle des anthofles ou clous-matrices de girofle, mère?; de girofle.

On sait génér.ilement comment, grâce au dévouement du naturaliste voyageur Poivre, intendant de l'île de France et de l'île Bouibon au siècle dernier, la culture du giroflier, monopolisée d'abord par les Hollandais qui, après avoir évincé les Portugais, avaient exigé de leur tributaires asiatiques la destruction de tous les girofliers en dehors de leurs colonies d'Amboiue, Banda, Java et Ternate, fut d'abord propagée en 1769 dans nos colonies des Seychelles et plus

Î2'^ • GIROFLIER (emploi médical)

fard dans nos possessions des Antilles et à Cayenne : il serait donc superflu d'insister sur ies détails de celte hardie tentative.

On trouve dans le commerce plusieurs sortes de girofles; les principales sont le girolle des Moluques, ou anglais (parce qu'il nous vient par l'intermédiaire des Anglais), gros, obtus, obscurément quadrangulaire, clair, comme cendré et à surface légèrement huileuse : c'est le plus estimé ; le girofle de Bourbon, plus petit, mais offrant à peu près les mêmes caractères; le girofle de Cayenne, grêle, aigu, sec et noirâtre : c'est le moins aromatique et le moins estimé ; enfin le girofle des Antilles, le plus grêle de tous, de couleur rougeàtre, et toujours mélangé d'une certaine quantité (en moyenne 5 pour 100) de griffes.

Suivant une analyse àe'ïvomm?,Aov{ï [Journal de pharmacie, I, p. 304), on trouve dans les girofles 18 pour 100 d'huile volatile, un tannin particulier, mie résine insipide, de la gomme, des matières extractives, de la fibre végétale et de l'eau.

Le principe actif des girofles est l'huile essentielle, préparée principalement en Hollande et que l'on obtient en distillant ceux-ci avec de l'eau salée, pour élever le point d'ébullition.

Cette essence, de consistance oléagineuse, incolore quand elle est récemment préparée, brunit fortement avec le temps et surtout l'exposition à la lumière solaire; elle jougit par l'addition de l'acide nitrique, à la façon de la morphine, de la brucine, etc. ; elle possède l'odeur du girofle, et a le goût Acre, caustique : sa densité varie de 1 ,055, 1 ,065, à 20 degrés ; insoluble dans l'eau, elle se dissout dans l'éther, l'alcool et l'acide acétique.

L'ne analyse perfectionnée a permis à Ettling de reconnaître qu'elle résulte du mélange d'un hydrocarbure isomère avec l'essence de térébenthine (G-^Il'" en éq.) , et d'un principe acide, V acide eugénique ou eugénol, essence de girofle oxygénée, (:nVHy* ou C^oiP^O^; le premier, peu abondant, d'une densité de 0,918 à 18 degrés, bouillant à 142 ou 145 degrés, serait incapable de former des sels , tandis que le second, d'une densité de 1 ,079, bouillant à 245 degrés, se combinerait avec plusieurs bases (Bonastre). Après lui, Lodibertet plus tard Bonastre {Journ. de pharm., XI, p. 101 et 529), ont trouvé dans le girofle des Moluques et de Bourbon, et non dans celui de Cayenne, un principe résineux, cristallisable en aiguilles rayonnées fines, soluble dans l'éther et l'alcool, m;às non dans l'eau, la caryophylline, dont la composition, selon M. Dumas (C-HP^O^), en ferait un isomère du camphre desLauracées : ce serait l'oxyde de l'essence de girofle neutre. L'eugénine de Persoz paraît identique à la caryophylline.

Le girofle exhale une odeur forte et persistante, assez agréable généralement ; à petite dose, sa saveur est piquante et plaît ordinairement, mais, lorsqu'il est en grande quantité, elle devient chaude et bientôt insupportable. Quant à l'huile essentielle, elle doit être fort divisée, sur du sucre, par exemple, pour ne pas exercer une action caustique sur les tissus avec lesquels on la met en contact. Les effets produits parle girofle ou son essence sur le tube digestif, et consécutivement sur le système nerveux et l'appareil circulatoire, se rapprochent notablement de ceux que nous venons de décrire à l'occasion du gingembre. L'abus ordinaire de cet aromate, dans les pays d'origine, donnerait même lieu à de la constipation, à des troubles cérébraux et sensoriels, etc.

Le girofle n'était pas connu des Grecs ni des Latins ; la mention que fait Pline [Hist. nat., lib. Xll,cbap. vu) du caryophyllonne; se rapporte évidemment pas à notre girofle; la première indication précise s'en trouve seulement dans Paul

GIROLA. 727

d'Égine, au septième siècle (lib. YIU, cap. m, éd. Guntlier Ândernach. p. 30. Paris, 155-2), qui fait remarquer que le mot de caryophyllon, signifiant feuille de noix, ne s'applique nullement à la plante qu'il semble désigner, mais s'entend d'une espèce de fleur d'un arbre de l'iiule. noire, de près d'un pouce de longueur, odorante, acre, chaude et sèche au troisième degré, etc. Les Égyptiens toutefois en auraient eu connaissance antérieurement, s'il est vrai qu'un collier de clous de girofle ait été trouvé dans un sarcophage antique par Caillaud (cité par Mératel DeLens).

Quoi qu'il en soit, l'usage du girofle se répandit promptement, lorsque les Portugais, au seizième siècle, vinrent faire concurrence sur les marchés d'Europe aux Vénitiens, qui antérieurement étaient à peu près les seuls à en fournir à l'Occident. C'est encore aujourd'hui l'un des aromates les plusemployés dans l'art culinaire et on parfumerie, pour la confection de sachets aromatiques, d'eaux spiritueuses, dentifrices, etc.

Bien qu'il figurât dans trente-six formules des anciens Codex, et qu'il continue à faire piirtie de plusieurs d'entre elles (laudanum de Sydenhani, liniment de Rosen, baume de Fioravanti, etc.), le girofle n'est plus guère prescrit dans les oi'donnauces magistrales. La mention que nous avons iaite de ses propriétés physiologiques autorise cependant à penser qu'il peut trouver son emploi comme stimulant diffusible, cordial, stomachique, carminatif, dans les cas de dyspepsie atonique, flntnlente, chez les personnes âgées, etc. L'huile essentielle, nous l'avons déjà dit. nepeutêtre ordonnée, dans les mêmes circonstances, que diluée ou incorporée dans une substance inerte, par suite de sa causticité. Cette propriété l'a fait recommander pour cautériser la pulpe des dents cariées et faire ainsi disparaître la douleur dont celles-ci sont le siège. Pour cela, on introduit dans la cavité de la dent malade une boulette de coton imbibée d'une goutte d'essence de girofle, en prenant bien garde que l'essence n'aille pas toucher la muqueuse voisine, qui pourrait être excoriée par ce contact. Enfin, incorporée dans de l'axonge ou de la glycérine, elle est employée en frictions, dans les cas de faiblesse ou de paralysie des membres, de débilité générale et âc douleurs rhumatismales.

Ses contre-indications, comme la plupart de ses indications, sont celles dn gingembre.

On prescrit le girofle en poudre, en pilules (toujours avec de la gomme ou du sucre, afin de faciliter la pulvérisation et de retenir l'huile essentielle), à la dose de 0,20 à 0,30 centigrammes et pins par jour ; on en fait une infusion (mêmes doses) et une teinture ; l'huile essentielle s'ordonne par gouttes, soit mélangée avec une poudre inerte, soit en potion (1 à 5 gouttes par jour).

Er,. Ih.

tiiROLA (LoREiNzo). Médecin italien de Turin, nommé en 1851 professeur d'encvclopédie médicale et quelques années après professeur de pathologie générale à l'Athénée royal de Turin, fut, à partir de 1858, l'un des rédacteurs du Glornale délie scienze mediche. Nous connaissons de lui :

Instiluiiones paChologiae gcneralis, nosologiae atque tlierapeuticae medicae, praemissis tolius medicinae piolegomenis atque hùtoria, ad iisiim jn'aelectionum academicarum. Pars 1. Proleg medicinae atque historia, necnon pathologia generalia. Taurini, 1836, in-8°.

Page 1